Open d’Australie : Comment devenir un champion Andy leçon

Alors cette saison de la confirmation, bien ou bien ?

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Tout démarre souvent par une fiche wikipedia, mais cette fois non. Ça commence par une phrase de John McEnroe : « Murray est le futur numéro 1 mondial. » Encore une provoc à la con du du vieux Johnny. Il aurait presque pu être pris au sérieux s’il avait dit ça en janvier dernier, avant l’Open d’Australie. Murray était le dernier vainqueur en titre d’un Grand Chelem, l’US Open 2012. Mais non, il a fallu qu’il annonce ça juste avant l’US Open 2013. On en savait déjà beaucoup : une finale perdue en Australie contre Djoko qui n’était pas redevenu Djoko, un Masters 1000 (Miami), pas mal de défaites en quarts, un forfait à Roland-Garros, une finale gagnée à Wimbledon contre Djoko qui n’était toujours pas redevenu Djoko. Un deuxième Grand Chelem qui suit un bilan sur terre battue qui dépasse tout ce qu’il a pu ne pas accomplir par le passé : trois victoires, trois défaites. La saison de la confirmation confirme donc quelque chose : pas grand-chose n’a changé. Car au bout de cette saison qui devait sceller son avènement, il lui reste un titre du Grand Chelem, un titre au Queen’s, des défaites en gueulant, un abandon, et une opération qui lui offre un forfait au Masters. Il pense vraiment qu’il est devenu Nadal ?

Et puis fin septembre, est venu l’opération chirurgicale du dos. La fameuse, celle après laquelle Federer, Djokovic et Nadal courent encore. Ca veut dire beaucoup un tweet. Il suffit juste de tous les lire ici. Le 23 septembre il se fait opérer et il écrit, photo de la salle de réveil à l’appui : « la première chose que j’ai demandé à mon réveil : ai-je gagné ? » Sympa ce Murray. Le 24 il écrit qu’après deux jours à l’hosto il réalise à quel point il aime son métier. Le 26 il présente la couverture de son livre Seventy-seven, my road to Wimbledon glory. Le 29 il félicite son frère Jamie qui a gagne en double à Bangkok. Le 2 octobre il poste des photos d’Arsenal-Naples. Le 4 il regarde le dernier épisode de Dexter, le 6 il revoit le chirurgien et le soir il commence la saison 3 de Homeland. Il est devenu un putain de champion.

A New York, Murray avait offert à Big John un quart de finale en guise de confirmation. Wawrinka aurait pu lui laisser un set, mais non.

Palmarès Wimbledon (1/2) : Les fumeurs d’herbe

Pioline méritait sans doute d’y être mais une seule finale c’est du foutage de gueule. Alors il ne sera que premier du classement des Français un autre jour. Voici les meilleurs joueurs de Wimbledon depuis 1990 et on voit pas vraiment l’intérêt de ce classement. Raison de plus pour le découvrir en deux temps. Aujourd’hui, les plus nuls des meilleurs.

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15. Patrick Rafter

On le présente comme le dernier grand serveur-volleyeur, mais pas comme le dernier des serveurs-volleyeurs. C’est bien dommage : une demie, deux finales, aucun titre, c’est à croire qu’il était uniquement beau gosse. C’est vrai qu’il l’était, et il est uniquement là pour ça sinon on aurait choisi Todd Martin, sa tête de pasteur de Sept à la maison, ses demies et ses quarts. Mais qui avait envie de la voir sur le court, à part ses adversaires ?

14. Tim Henman

Non seulement il n’a joué que pour Wimbledon, mais il n’a joué que Wimbledon. A part une demie par erreur à l’US Open et à Roland, Henman a passé sa carrière à marquer ses points à Wimbledon. Ca donne quatre demies, mais c’était trop dur que ce soit Sampras, Ivanisevic ou Hewitt en face. Il n’a jamais fait de finale mais il était vraiment pas bon.

13. Andy Murray

Ce n’est pas en pleurant sur le court le dimanche soir qu’il va émouvoir la Reine, et encore moins sa maman. Dès qu’il tombe sur un top 2, c’est fini et quand en fait c’est pas fini, ça suffit quand même pas pour aller au bout. Une finale quand même, comme Washington, le joueur pas la ville.

12. MaliVai Washington

En 96, alors qu’il reste sur six premiers ou deuxièmes tours consécutifs, il va en finale. Sortir Enqvist, prendre Radulescu en quarts et Todd Martin en demie n’auront pas été les moindres de ses mérites. Krajicek ne lui a heureusement mis que trois sets en finale, l’honneur est sauf et on ne l’a plus revu ensuite.

11. Boris Becker

Il a été vieux très vite, mais est resté jeune longtemps. Avant 1990, c’est quatre finales dont trois titres mais ça compte pas. Après, c’est trois finales, deux demies et deux quarts. Il était chez lui, mais il avait loué à Sampras.

10. Andy Roddick

Qui a oublié sa volée de revers dans le tie break du 2e set en finale 2009 contre Federer ? Tout le monde. C’est bien le problème, et c’est pareil pour sa demie 2003 contre Federer, sa finale 2004 contre Federer et sa finale 2005 contre Federer.

Stakhovsky sera-t-il 1er ou 2e ? Réponse demain.

Wimbledon, Tsonga : Ace aventura

Servir fort rend bien des services, surtout si ça évite de faire des revers.

Il était une fois un joueur de tennis qui n’aimait pas trop les échanges longs, qui cognait fort aussi souvent que possible, qui volleyait comme il pouvait. Bref, un joueur qui n’écoutait pas trop Winogradsky à l’entraînement. Il aimait aussi les gonzesses et les micros. C’était en Australie en 2008. C’est pareil à Wimbledon 2011.

Entre temps, Jo est aussi devenu ce gros fils de pub qu’il a au fond toujours été. C’est comme d’écouter Forget sur un banc de Coupe Davis, ça peut perturber une carrière. On finit par dire qu’on a été élevé sur terre battue et que sortir Almagro à Monte-Carlo est un signe. Et surtout on se persuade que ça n’use pas tant que ça les tendons rotuliens et qu’une carrière c’est long.

L’herbe à pipe

On en arrive aussi se frustrer parce que Karlovic peut gagner un match sur herbe sans jouer un échange. C’était à Wimbledon 2010, Winogradsky pouvait regretter la qualité de retour de service de son poulain. Aujourd’hui, Wino a dégagé, la qualité de retour est toujours la même que Mahut, mais Tsonga reprend un set à Murray. Attendre le bon moment pour attaquer, faire des amortis, varier les effets, savoir défendre : le tennis ne l’intéresse pas vraiment. Et tenir des diagonales de revers sans faire de faute, c’est comme aller en boîte juste pour un smack, c’est bon pour Gasquet. Et quoi encore, bouffer diététique ?

Progresser est interdit à Tsonga depuis le début : il ne fera jamais mieux qu’en Australie, ça impliquerait que ses volées gagnantes étaient volontaires. Le vrai Tsonga sert, tape en coup droit, quitte à passer son match dans le couloir de gauche. Le vrai Tsonga se la raconte pendant le match, se rue à l’attaque surtout quand il ne faut pas et gagne des matches au mental parce que s’il essaie autre chose, le moindre top 30 finira par être le moins mauvais.

Wimbledon, Mahut : Dancing Queen’s 2

c-fou

Il rêvait d’être Stefan Edberg, il a hérité du faciès de Kevin Bacon. Rien de tel pour briller à Londres et nulle part ailleurs.

Il y a connu ses plus belles heures, pas plus d’une trentaine, en cumulé, quand même, parce que tout avait commencé par Todd Reid en 2003 et Antony Dupuis en 2004. Inconnu, sauf aux interclubs d’Angers TC et à Surbiton, Mahut sort de nulle part en 2007 pour battre Bjorkman, Ljubicic, Nadal, mais aussi Clément pour réussir le gros coup de son jeune début de carrière. Le gros coup inclus évidemment une balle de match en finale contre Roddick. Roddick qui, fair-play, apparaîtra souriant sur les photos quelques minutes plus tard avec un gros trophée dans les mains.

Un record qu’Isner à rien

C’est le déclic : huitième de finale en 2008 et 2009, trois victoires en qualif’ avant de voir le Lu au premier tour en 2010, puis Verdasco au deuxième en 2011. Perdre face à un spécialiste de terre battue en méforme : le Queen’s est décidément le gazon de tous ses possibles. Et puis en 2006 Nico eut le droit de s’inscrire à Wimbledon. Un troisième tour, la promesse est belle. Il la tiendra en 2007 avec un deuxième tour. Puis les trois années suivantes avec un premier. Que ce soit Gasquet, Tursunov ou Vliegen qui le sortent, tout le monde s’en fout. Alors, en 2010, il change de cible : quitte à ne pas aller au troisième tour, autant faire parler de soi avant. Au besoin, on peut entrer dans l’histoire avec trois balles de break en 11 heures de jeu. Entrer dans l’histoire, ça veut dire succéder à Clément, Santoro ou aux deux ? 

Et cette année, un premier tour avec un break en deux occasions. Ca fait deux en 13h de jeu. Pourquoi changer une équipe qui gagne ?

Wimbledon, Mahut : Dancing Queen’s

c-fou

Il rêvait d’être Stefan Edberg, il a hérité du faciès de Kevin Bacon. Rien de tel pour briller à Londres et nulle part ailleurs.

Il y a connu ses plus belles heures, pas plus d’une trentaine, en cumulé, quand même, parce que tout avait commencé par Todd Reid en 2003 et Antony Dupuis en 2004. Inconnu, sauf aux interclubs d’Angers TC et à Surbiton, Mahut sort de nulle part en 2007 pour battre Bjorkman, Ljubicic, Nadal, mais aussi Clément pour réussir le gros coup de son jeune début de carrière. Le gros coup inclus évidemment une balle de match en finale contre Roddick. Roddick qui, fair play, apparaîtra souriant sur les photos quelques minutes plus tard avec un gros trophée dans les mains.

Un record qu’Isner à rien

C’est le déclic : huitième de finale en 2008 et 2009, trois victoires en qualif’ avant de voir le Lu au premier tour en 2010. Mahut réussit même à se faire breaker deux fois par Karlovic. Le Queen’s est la terre de tous ses possibles. Il ne sera plus jamais le même. Enfin à Cherbourg, Johannesburg, Orléans, Wroclaw et Metz, on ne l’a pas trouvé tellement changé les années suivantes. Les blessures à l’épaule certainement. C’est le mal des serveurs-volleyeurs gazonnés : Gasquet, Tursunov et Vliegen n’avaient pas fait le rapprochement sur les courts annexes de Wimbledon en 2007, 2008 et 2009.

Cette année, il a changé de cible : quitte à ne pas aller au troisième tour, autant faire parler de soi avant. Au besoin, on peut entrer dans l’histoire avec trois balles de break en 11 heures de jeu. Entrer dans l’histoire, ça veut dire succéder à Clément, Santoro ou aux deux ?

Wimbledon, Federer : Un rien Falla cieux

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S’inscrire quand même à Wimbledon après leur fin de carrière, Sampras et Agassi n’avaient pas osé. Mais Roger est le plus grand.

C’était le 2 juin dernier, Le Vestiaire vous annonçait la retraite du plus grand joueur de tous les temps. Depuis, il ne s’est presque rien passé, à part une défaite sur herbe contre Hewitt. C’était en finale de Halle, le gentleman agreement oblige tous les ans les autres bons joueurs à s’inscrire au Queen’s et pourtant, Federer n’a reçu qu’une assiette et pas le trophée. Tout revient brutalement à la surface et le puzzle – qui n’est pas toujours le ménisque de Nadal – se recompose : Marcos Baghdatis qui lui serre la main en souriant à Indian Wells, l’inscription à Estoril, ne pas penser au revers slicé contre Soderling. Inévitablement, ce que tout le monde redoutait a fini par arriver : « Perdre en quarts à Paris ne m’a pas rendu fou, je l’ai digéré très vite. »

Plus rien ne Lleyton

Falla en a bien profité : servir pour le match contre le maître peut certainement s’encadrer au-dessus de la cheminée. Offrir le débreak coûte 6-0 au cinquième, ça reste Federer, ça reste Falla. Mal jouer en Grand Chelem, le grand Federer a toujours su faire. Ne pas courir au premier set, à la rigueur au début du deuxième, c’était marrant. Et si vraiment Wawrinka ou Clément étaient dans un mauvais jour, il pouvait maintenir son nombre de fautes directes par set juste en-dessous de celui de son adversaire, c’est-à-dire très haut.

Ce n’est plus le cas, Federer joue sans réfléchir. Andy Murray, incapable de murmurer un son dans un micro un soir de finale de Grand Chelem, ça ne l’émeut même plus. Les fautes de Monfils, le palmarès de Soderling, la volée haute de revers de Roddick, les secondes balles de Davydenko, les balles de set de Haas, les amortis de Tsonga : plus rien ne le fait rire. Federer a tout gagné, et même si Fabulous Fab conteste, il a tous les records. D’ailleurs, il ne compte plus les points. « Tout ce qui m’importe désormais, c’est de remporter Wimbledon encore une fois. C’est déjà un bel objectif, non ? Me battre ici, où je joue mon meilleur tennis, c’est très difficile : à moi de le prouver. »

Quand il parle de lui et quand il joue, Federer n’est plus lui-même. « Je pense que j’ai retrouvé mon jeu à Madrid, que j’ai bien joué à Paris et que j’ai fait de bons matches à Halle. » Et pour une fois sans rire : « Je savais que Falla était difficile à jouer. Il a vraiment fait un grand match. Moi, j’ai vraiment joué un grand cinquième set. »

Si Federer a arrêté le tennis, heureusement, il lui reste Andy Murray. Consultant sera une belle reconversion : « Peu importe ce qui s’est passé depuis Melbourne, je pense qu’Andy est un des principaux candidats au titre. Peut-être qu’il faut un peu ignorer ce qui est arrivé depuis l’Australie et juste se souvenir qu’Andy est très dur au mal dans les matches au meilleur des cinq manches. » Roddick avait gagné en quatre manches en 2009.

Wimbledon : Andy manchot

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A Wimbledon, l’ancienne Henman Hill s’appelle depuis deux ans le Murray Mount. Un hasard ?

Le circuit ATP est un monde de brutes, bien trop dur pour le petit Andy. Non content de faire du racket en lui volant ses titres et sa Ferrari, les grands l’humilient sous les yeux de maman. Nous sommes bien sûr le 31 janvier, Andy a eu un break d’avance et même cinq balles de set. Il le dira plus tard, en se mouchant un bon coup, il méritait un quatrième set, mais le mérite c’est comme à la balle au prisonnier, ça n’empêche jamais les CM2 de mettre le ballon dans la gueule des plus nuls. Ça fait donc 6-0 pour Federer en finale de Grand Chelem, le Suisse est bien le plus grand, même les plus beaux coups droits à mi-court ne le surprennent pas, pas plus que les volées à mi-court et les amortis à mi-court. Contre le maître, ça se termine toujours par une attaque gagnante.

Fish and cheap

Mais cette année, Andy ne pleurera pas. Hewitt a battu le maître à Halle, c’est l’année où jamais, quitte à tenter deux ou trois attaques de revers par match. Comme en 2007, la confiance est là, Andy a de nouveau eu Gasquet à l’usure des cinq sets, les leçons de tennis dans les deux premiers lui ont toujours fait le plus grand bien. Et si Andy attaque déjà son cinquième Wimbledon avec pour tout trophée un set gagné en demi-finale contre Roddick, ça lui donne de l’expérience. Mardy Fish en a tremblé au Queen’s lorsque le petit lui a collé un 6-1, heureusement contre Murray le tennis se joue en deux sets gagnants et les tie-breaks rapportent toujours gros. Ça fait cinq perdus sur les six derniers, maman suspecte un gros pipi culotte. Peut-être, mais cette fois Fish était 90e mondial alors qu’à Miami, fin mars, il était 101e. Fish deux fois, Tipsarevic, Soderling, Kohlschreiber, deux fois Ferrer, Berdych et un 6-0 laissé à Baghdatis : Jérémy Chardy rougit un peu vite, ce n’est pas sa liste de bourreaux.

Pendant ce temps-là, les genoux de Rafael Nadal n’ont rien pu faire contre Feliciano Lopez. Le Vestiaire n’en avait évidemment pas dit mot.

Wimbledon : Le géant vert

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Il possède le record d’aces en match (55), la plus grande taille du circuit (2,08m) et un record du second service le plus rapide (231 km/h) supérieur à la somme des vitesses des services d’Arnaud Clément durant toute sa carrière. Pourtant, il n’a jamais fait un revers de sa vie. Voici l’étrange histoire du service volé, l’épaule qui valait 3 millions.

Avec Andy Roddick, il reste sur six tie-break d’affilée. Avec Sam Querrey, pas loin. Les médecins ont encore du mal à identifier cette pathologie rare chez les quarts de finaliste de Grand Chelem. Et pourtant, Ivo Karlovic est encore là. Sa carrière débute en février 1999, chez lui en Croatie. Ljubicic n’est pas encore une épave qui bat des Français quand le petit grand Ivo perd contre l’Israélien Weelgen (6/7, 7/5, 6/7). Un mal pour un bien : Ivo a trouvé sa voie. Il ne s’emmerdera plus à essayer de jouer plus de deux coups, ce sera ace et retour gagnant ou rien.

Au tournoi de Leeds suivant, les progrès sont foudroyants. Il expédie Sherwood en demies (7/6, 7/6), avant de tomber avec les honneurs en finale contre Koll (6/7, 6/7). La machine est lancée : Merry (6/7, 7/6, 7/6) puis Olivier Rochus en finale (7/6, 7/6) ne résistent pas. Il enchaîne Elseneer à Mulhouse (7/6, 7/6), Zib à Prague (7/6, 6/7, 7/6) Fornar à Bristol (7/6, 6/7, 7/6) et Bastl à Grenoble (7/6, 7/6). Les Grand Chelems s’ouvrent, et il brille à Wimbledon 2004 en sortant Lopez (n°22), (7/6, 7/6, 6/7, 7/5). C’est alors le temps des premiers doutes pour un joueur qui a sûrement grandi trop vite. Grisé, il se présente à Wimbledon 2005 sans se méfier de Bracciali, et c’est l’accident. A 6/7, 7/6, 3/6, 7/6, on lui apprend que dans le cinquième set il n’y a pas de tie-break. Tétanisé, il perd 12/10. Mais Ivo a de la suite dans les idées.

Drag Queen’s

Il élimine Patience au premier tour de Roland 2006 (7/6, 7/6, 7/6) et retrouve la confiance. Au Challenger de Sunrise la même année, les observateurs sont sous le choc. Dix sets joués, huit tie-break, il prépare son retour sur le devant de la scène. A Surbiton en 2007, il confirme en étrillant Childs (7/5, 6/7, 7/6) puis Jones (7/6, 4/6, 7/6). Il remporte Nottingham, Houston et Stockholm puis dégote une résidence secondaire au Queen’s, pour environ 50 points ATP par an. Il y bat Safin 7/6, 7/6 et frôle des exploits contre Nadal (7/6, 6/7, 6/7) en 2008 et Roddick cette saison (6/7, 6/7). Il remporte de nouveau Nottingham en 2008 en s’offrant notamment Querrey (7/6, 7/6), Monfils (7/6, 7/6) et Verdasco en finale (7/5, 6/7, 7/6.) Sa stature change, même si Stadler (n°128) ne s’en rend pas vraiment compte une semaine plus tard à Wimbledon. Tsonga le trouve injouable, Devaarman, Stakhovsky, Chiudinelli, Gil et Kubot ne voient pas de qui il parle.

Le grand moment de sa carrière, avant aujourd’hui, fait encore soufrir Federer. 7-6, 4-6, 7-6, Ivo découvre les quarts de finales d’un masters, c’était à Cincinatti, ça vous change un homme. Kohlschreiber est évacué 7-6, 7-6.

Wimbledon : Et pour Santoro de plus

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Roland-Garros vient de se terminer. Puisque la terre battue n’est pas vraiment le fort des Français, ça doit être l’herbe. Gasquet est dispensé, allez comprendre.

Par notre consultant, Fabrice Cent euros

Julien benné tôt

L’exploit de Soderling contre Nadal à Roland il y a trois semaines, c’était lui. Le Lenglen qui scande « Julien, Julien », c’était déjà lui. Djokovic sur un grand court à Wimbledon, c’était encore pour lui. Il y a gagné un tie break et des « Come on Julien ». Orgueilleux et insatiable, le champion en voulait plus. Balle de match Djokovic, la gueule dans les bâches, il a tenu parole.

Marion kart

Une blessure, une défaite contre Razzano, Razzano elle-même, une folle rumeur qui voudrait qu’elle ait joué la finale en 2007 : Marion Bartoli s’est préparée comme jamais pour attaquer Wimbledon. Malheureusement, ne pas laisser un jeu à son adversaire compromet fortement ses chances pour le second tour.

A la française

Nicolas Mahut et Edouard Roger-Vasselin n’ont pas que le Challenger de Cherbourg en commun. Ils ont aussi le panache des joueurs qui n’abdiquent pas, même menés de deux sets. Du haut de son saladier, Youzhny les contemple en se demandant ce qu’il a bien pu faire de plus en pareille occasion. Comme le disent Vliegen et Koubek, à l’impossible, gros nul n’est tenu.

Qué Serra Serra

Quand on gagne les cinq premiers jeux pour finalement se retrouver mené 7-6, 6-1, 5-1, doit-on opter pour un trou noir passager ou y voir un 18-3 en à peine plus d’une heure ?

Cent euros

Les bookmakers aussi sentaient qu’il allait faire un coup.

Le maître des Clé

Même sans entraînement, Roger Federer ne dira pas le contraire : sur herbe, il faut varier. Arnaud Clément l’a parfaitement compris et appliqué, contre Del Potro. Revers dans le filet, un premier service pour cinq deuxièmes, des coup droit décentrés, un lift plein couloir, volées hautes, volées bâches, retours de service. Son illustre aîné aux 68 tournois du Grand Chelem ne saurait trop lui conseiller d’ajouter à l’avenir quelques balles cotoneuses, sans trop frapper. Après 47 Grand Chelem, c’est toujours bien d’enrichir son jeu.