Dopage : Et Ullrich ramait

Les anciens junkies ne finissent pas tous en hôpital psychiatrique après avoir agressé des prostituée. Il y en a aussi qui se suicident. Et les autres ?

lopa

Tout commence le  20 juillet 1996. Lors de l’avant-dernier Tour de France dont l’histoire a oublié le nom du vainqueur. 

Le vainqueur aurait pu être danois. Certains l’avaient vu se balader en jaune sur les routes girondines. En deux étapes, il avait plié la course. Une petite dose dans les Alpes, une plus grosse dans les Pyrénées et Thévenet manqua de s’étouffer avec les glaires de Patrick Chêne. Ça, on vous l’a déjà raconté. Mais ce matin-là, au départ de Bordeaux, notre vieux chauve n’est pas très bien. Le dosage de Berzin n’est décidément pas le meilleur, les 70 km/h seront difficiles à atteindre, autant oublier tout de suite les 80. Il mise quand même sur l’aérodynamisme de son crâne pour limiter les dégâts. Mais son jeune coéquipier allemand, deuxième du classement général à quelque 4 minutes, table lui sur une jolie casquette à l’envers. Magie du vélo, c’est le bon choix.

Continuer la lecture de « Dopage : Et Ullrich ramait »

Cyclisme, Mondiaux : Thomas du tronc

Brochard le voyait bien lui succéder. Pour qui il se prend ce Brochard ? En plus pas certain que Thomas ait eu un contrôle positif à l’EPO étouffé à l’arrivée.

Quand il se déhanche sur son vélo, il a toujours l’air de souffrir alors qu’il ne souffre pas. Armstrong souffrait-il ? 7e, alors qu’il avait préféré la 70e place jusque-là, Thomas Voeckler vient de réaliser ses meilleurs Mondiaux. Pas parce qu’il aime ça, juste parce qu’ il était le leader. Et quand on le met à cette place-là, plus rien ni personne ne compte, on se mettrait même à trouver Armstrong sympa.

A l’amorce du dernier tour, Voeckler n’a pas attaqué avec Contador. C’est Contador qui a attaqué avec Voeckler. « Seuls les Espagnols ont tenté de durcir la course avec nous », regrette encore le maillot jaune. Nous, c’est-à-dire lui puisque c’était lui le leader. Il avait d’ailleurs pris à ses côtés Vincent Jérôme, que l’on appellera Europcar, pas parce que son nom est sans intérêt, juste parce qu’on a aucun respect pour lui comme la plupart des habitants de la planète à commencer par Thomas. Europcar, donc, s’est étonné avant la course qu’on remette en cause sa présence au strict plan tactique. Et il s’en était expliqué : « Je vais m’occuper de Thomas toute la journée. Il faut éviter qu’il prenne les bidons, les musettes. C’est un ensemble de détails sans doute. Mais s’il prend une musette dans la roue avant, sa course est terminée. Donc mon rôle peut avoir son importance. » Ca veut dire quoi larbin exactement ? C’est dommage, il n’a pas précisé si à la fin il devait prêter sa femme à Thomas pendant qu’il allait retirer 10 plaques au distributeur. Thomas a des frais, comme tout le monde.

Mimo laid

A chacun ses rampes de lancement. Voeckler pourrait aimer de ses équipiers qu’ils dégagent la route, mais il préfère qu’ils dégagent de la route. « Je ne serai pas le seul à occuper ce rôle. Nous n’avons pas encore eu de briefing mais Thomas est notre leader et l’équipe a été construite autour de lui. » Chavanel a dû apprécier, quand il n’arrivait pas à finir la course les années précédentes, de se sentir entouré de la sorte par ses lieutenants, notamment par Voeckler. Mais quand le patron dit humilité, c’est humilité. « Leader, c’est un statut que je me sens prêt à assumer. Mais on est neuf coureurs. Ça ne veut pas dire qu’il y aura huit coureurs à mon service et qu’il n’y a que moi dans l’équipe. » Pas avant le dernier tour en tout cas. « Par contre, c’est clair que c’est la première fois que je suis dans de telles dispositions pour aborder un Championnat du monde. Même si huit coureurs ne sont pas là pour se sacrifier à 100 % pour moi, si les conditions l’exigent, ça sera le cas. » Les conditions l’ont exigé à partir du km1, avec ou sans menace, ça seuls les intéressés le savent. « Le choix de Thomas est logique », avait d’emblée précisé Mimo. « Je n’ai pas de problème avec Sylvain, on se respecte. Il n’y aura aucun problème entre nous j’en suis certain », avait aussitôt répondu Voeckler, même rien ne prouve qu’il tenait les dents de la mère Chavanel dans une pince coupante.

Si Voeckler est là, c’est bien que le public trouve toujours que c’est lui le plus sympa. On va pas demander à un sélectionneur d’aller chercher plus loin. « Ce n’est pas mon travail, c’est celui du sélectionneur de faire en sorte que l’équipe soit soudée. » Elle l’a été : Chavanel 57e, Delage 84e, Coppel, Jérôme, Gallopin, Bouet, Vichot, Roy do not finished.

Pendant ce temps-là, on nous rétorque que le taulier a quand même protégé le top 10 de Rolland au dernier Tour. Mais Rolland il a pas gagné deux étapes et il a pas fait les Mondiaux devant. Et encore on parle pas de couvertures de Vélo mag parce qu’on sait pas bien ce qu’est Vélo mag.

Chavanel : Le Mayo tricolore

La Quick Step est championne de France, et sans équipiers s’il vous plaît. Deux ans de travail récompensés.

Il y a trois ans, Le Vestiaire se demandait si Mimo était le surnom de quelqu’un d’intelligent. Un an plus tard, il signait en Hollande, trois ans plus tard il arrive sur le Tour avec du bleu, du blanc et du rouge, un bien Joly maillot. Voeckler n’est même pas jaloux. 

Dans un peloton dopé à 80%, Sylvain Chavanel étonne. Il arrive parfois à rivaliser avec les plus grosses chaudières et parvient même exceptionnellement à les accompagner dans les vingt derniers kilomètres. Mieux, il leur tient tête en contre-la-montre. Dopé, pas dopé ? Difficile à dire, mais là n’est pas la question. Son parcours global laisse penser qu’il est propre même si, ni Salanson, ni Moreni, ne peuvent témoigner de sa probité. Mais son niveau de réflexion peut faire imaginer le contraire. Avec une tactique un poil plus élaborée, il aurait pu empiler les bouquets et finir par ressembler à Jalabert. Jusqu’à parler de bétail ?

Le nouveau Chavanel, qui sait maintenant comment gagner, a choisi une autre voie royale dite « Virenque » : Patrick Lefévère. Que peut-il se passer dans la tête d’un coureur qui décide d’aller dans l’écurie Mapei-Quick Step ? Se dit-il que c’est une équipe qui a toujours eu beaucoup de résultats ou que c’est un élevage de drogués ? Les deux réponses attesteraient du génie de l’homme. L’un est un génie naïf qui excelle dans l’art abstrait, l’autre est un génie désespéré. Il y a une troisième voie, celle du « milieu », comme on dit dans le jargon. Le plus surprenant, c’est que cette décision coïncide avec l’éclosion du marmot. Lefévère avait donc jeté son dévolu sur un mulet compétitif qu’il savait pouvoir transformer en « pur-sang », comme on dit également dans le jargon.  Le haut-niveau, c’est aussi un entourage. Le sien est au choix, incompétent ou dedans jusqu’aux veines.

Maillot Amaridiot

Dans l’hypothèse où il serait le seul coureur propre du peloton, il peut difficilement espérer remporter un grand Tour. Par contre, Chavanel a appris à y briller, comme le Vestiaire l’avait prédit. Et pas seulement en attaquant tous les jours comme avant, mais plutôt en se comportant comme un leader, ce qu’il est apparement depuis un bon moment. Nous lui avions soufflé l’idée en 2008, il s’en était rendu compte sur la Vuelta : un chrono avec, et même devant, les meilleurs, des bonifs et le tour est joué. Enfin pas complêtement, il faut aussi faire quelques efforts dans la montagne, limiter la casse dans les jours sans et se reposer en plaine. C’est le b-a ba du vélo, lui n’a pas voulu le comprendre et a préféré flinguer le peu de carrière qu’il a eu et qu’il lui reste. Il déclarera sans doute prochainement qu’il se sent mieux avec une Flêche Brabançonne, une étape du Tour de France qu’avec un meilleur classement que Di Gregorio.

Pendant ce temps-là, les anciens coureurs se commandent des acides aminés. Mais ils n’en vendent pas. Consultant en dopage, c’est un métier ?