Stade 2 : Géraud défaut

Produire un Stade 2 en janvier 2013 c’est compliqué : l’actu c’est la Coupe de France, le Top 14, le Vendée globe et le Dakar en Asie ou un truc comme ça. Le seul invité dispo s’appelle Grosjean et c’est même pas l’ancien entraîneur de Gasquet ou le PDG de l’usine à fromage : c’est juste un pilote de F1 qui sourit tout le temps : quand il dit qu’il aime pas le foot, quand il dit qu’il tweete pas, même quand Géraud lui fait remarquer que tout le monde le traite de nul, y compris Panis. Mais le plus dur c’est sans doute de devoir se passer du célèbre écrivain à mèche grasse qui présentait l’émission jusqu’ici, devenu subitement indisponible. Comme un vieux journaliste ringard qu’on aurait viré comme une merde à bon escient.


Il est 17h30 : un bref jingle avec les quelques notes de la fameuse musique un peu rock et un peu insupportable et c’est parti. Les mèches blondes un peu dégueu de Chamoulaud ont cédé la place à celles de l’ancienne présentatrice de l’Ile de la tentation qui jure n’avoir cédé aux sirènes de TF1 que pour le challenge. Dire que c’était pour le pognon serait erroné d’autant qu’elle a poussé son challenge jusqu’à Orange sport, ses 13 000 abonnés et ses 15000 euros par mois.

Après un sommaire fort peu alléchant, Céline Géraud présente le plateau qui l’est davantage. Des jeunes sexy voire érogènes : Grosjean, Lafon, Lartot et surprise Patrick Montel est toujours là. Il fallait probablement justifier le maintien des questions à la con genre « Si Armstrong avoue, est-ce que ça va changer son opinion de lui ? ». Ce qui ne veut rien dire, mais on a affaire à de grands professionnels : « euh, votre opinion de lui ». On comprend en fait assez vite que s’il est là c’est surtout pour que ses généreux camarades se foutent de sa gueule. Lartot n’attend pas 5 minutes pour jeter un regard condescendant sur son voisin de table pour se moquer des culs de bouteille qui lui servent de lunettes.

Mais à peine le temps de s’appesantir sur les interventions à contretemps de Patrick que Géraud fait un détour par Alain Vernon, désormais interdit de plateau, qui sans même donner le score du match tente une interview du gardien d’Epinal : « Qu’est-ce qui se passe ? » Ben il se passe que ça fait 17 ans que t’étais au placard mon pote. Mais ça ne fait pas assez longtemps pour que le public ait droit à un résumé autre que celui des tirs au but. A quoi bon, il n’y avait eu que 3-3 après prolongation. Puis c’est parti pour le Dakar avec le minimum syndical de Holtz sans doute exigé par l’ancienneté et la promesse de lourdes indemnités prud’hommales.  Dans l’intervalle Montel ponctue chaque séquence par des tweets toujours très inspirés: « Lyon est tombé sur une épine… al« . Pas mal.

Gérotologie

Le temps pour Lartot d’avouer qu’il s’emmerde, pas à cause de Vernon mais du Top 14, que débute le quart d’heure Vendée globe. Personne n’aurait osé. Personne n’aurait osé non plus mettre Marie-Christelle Maury à l’antenne, d’ailleurs elle y est pas. Pourquoi un tel ostracisme ? Elle pue ? Est-elle grosse ? Moche ? C’est à n’y rien comprendre. Comme d’habitude depuis 12 ans, on lui a confié le reportage le plus intéressant de l’émission : Virtual Regatta. Des gens qui se prennent pour des skippers devant leur ordinateur. Passionnant. D’autant que les tamagotchi commençaient à nous manquer. C’est juste après que l’on comprend que Chamoulaud a vraiment été viré puisqu’un double duplex en direct s’installe entre le leader du Vendée globe et celui de Virtual Regatta.  C’est ce qu’on appelle le travail à la Chêne.

On saluera aussi cet extrait sur la star de Calais, Mickaël Gérard qui fut approché par les grands clubs dont le port de Calais qui finira même par l’embaucher.

Gouverner, c’est fait d’erreurs

 

« Il est injouable. » Arnaud Boetsch a de la mémoire : d’après ses calculs, jamais il n’aurait poussé la balle assez fort pour prendre un point à Nadal. Il ne doit pas être si mauvais ce Federer.

Faut-il être toujours le patron du circuit pour décider, à deux jours d’intervalle, de jouer son meilleur match et son pire à Roland-Garros ? Sauver deux balles de set dans la première manche, remporter la seconde au tie break, perdre la troisième et finir en quatre sets, c’est le choix du maître. Djokovic l’a subi le vendredi, Nadal l’a infligé le dimanche.

Le point commun est comme toujours Federer. Federer est le plus grand, Federer est fini, Le Vestiaire a déjà tout expliqué. Ceux qui avaient prévu un match de rêve dimanche ont toujours pu se repasser la cassette de la demie. La finale était pourtant instructive : une balle de set ratée puis un set perdu, 56 fautes directes, des sautes de concentration, Nadal mené 0-40 qui gagne 6-1. Les grands champions sont ceux qui jouent leur meilleur tennis aux moments importants. Du grand Federer, donc : on ne se remet pas si facilement d’un Roland-Garros gagné contre Soderling. S’il ne tombait pas toujours sur Monfils, Roger quitterait volontiers Paris précipitamment.

Taillé à la serbe

La seule possibilité de revoir Federer sur un terrain, après un an à perdre contre Berdych, Soderling et à gagner le Masters, était de lui trouver un truc qu’il n’avait pas encore fait. Il a battu tout le monde, il a fait pleurer Murray devant maman, il a gagné le double aux JO avec Wawrinka. Après ça, battre Nadal n’est plus assez vibrant. Mais il a entendu Pioline lui dire en début de tournoi qu’il n’était pas favori derrière Nadal et l’imbattable Djokovic. Il va donc humilier Pioline, puis l’imbattable Djokovic.

Djokovic frappe la balle dès le rebond ? Il ne fera que des volées. Djokovic s’est mis à gagner les points importants ? Il gagnera tous les autres et décidera qu’ils sont plus importants. Djokovic l’avait battu après avoir sauvé une balle de match à l’US Open quand le Serbe n’était personne ? Il le battra en sauvant une balle de set quand il est devenu quelqu’un. Djokovic dit « come on » en serbe ? Il dira « come on » dans un anglais parfait. Djokovic a été invité à Cannes par Denisot ? Il fera 5,3 millions avec Chamou un dimanche après-midi. Djokovic doit gagner la finale ? Il la perdra à sa place.

T’as pas sans Bâle ?

Etre le plus riche de l’histoire du tennis, même si Santoro a fréquenté Borotra, oblige aussi à savoir compter. Le record de McEnroe c’était aussi pour ce vendredi. Pioline, qui n’a décidément pas compris, le félicite chaudement et salue son grand retour, avec les yeux de celui qui le voit déjà favori pour dimanche. « Non, McEnroe n’a pas besoin de me payer une bouteille de champagne. J’ai dit à Novak au filet que c’était déjà spécial ce qu’il venait de faire. Rafa doit être content, lui qui venait de perdre quatre fois de suite contre Novak. » Il y en a pour tout le monde, le public et Chamoulaud sont en transe sans bien comprendre pourquoi l’humilité est plus belle avec un sigle RF calligraphié sur chaque habit.

Pendant ce temps-là, Federer a déclaré forfait à Halle. Le gazon, ça ne l’intéresse plus.

L’Edito : Patrice domine Guez

Le public de la porte d’Auteuil s’est-il vraiment plus régalé en croisant Michaël Youn bituré sur la route de la porte d’Auteuil ?

C’est une nouvelle fois l’écrasante domination du spécialiste tennis du Vestiaire qu’a consacré Roland-Garros. Le seul a avoir dit que Federer était toujours au top il y a deux ans et demi, le seul a avoir affirmé qu’il était fini dès l’année dernière et à ne pas avoir eu de doute sur l’issue de la finale. Un miracle n’arrivant qu’une fois, Djokovic se l’est offert. Federer ne sait plus jouer les moments décisifs, c’est ce qui le plaçait au-dessus des autres. Cette fois, Nadal a souffert et Federer a conclu le match sur un coup droit. Le hawk eye est formel, la balle a bien rebondi avant les bâches.

Mais Roland-Garros a aussi eu de bons moments. Golovin qui attend quinze jours pour dire quelque chose de censé, c’est le signe que Luyat attendait : « Federer, c’est un ego. » C’est pour ça qu’elle le voyait battre Nadal, il y a censé et censé. Le Suisse a raté sa finale, Luyat aussi : la veste cintrée de pianiste était une faute directe, même si en son temps Loth avait parfois honoré ces dames d’une queue de pie bien taillée. Le peignoir jaune d’Escudé, en revanche, ça ne va pas avec tout. Plus tôt le matin, Hanouna avait Pitkowski, c’était plus drôle, même avec Farcy et Duléry, mais c’était sur France 4.

Carré d’Haas

Puisque les fautes directes ont duré jusqu’au bout cette année, autant les citer toutes : les baskets roses de Le Foll à la matinale d’Itélé sont une chose, s’en servir pour annoncer que Stéphane Robert crée la sensation avec ses crema bisous en est une autre. A 31 ans, Robert s’est offert des points à défendre à Roland quand il en aura 32, tout arrive. Lauclair se souviendra-t-il de lui avoir déjà parlé ?

C’est tout le problème des Grand Chelem, les stars côtoient les autres. Brabo, qui n’est ni l’un ni l’autre, fit ainsi l’hagiographie de Veic en dévoilant que le Yougo n’a jamais vu un Espagnol de sa vie. Que Nadal à l’échauffement c’est comme la première fois qu’il est allé au cirque sauf qu’en Serbie il n’y a pas de cirque. C’est typiquement le Yougo qui se chie dessus face à un grand joueur. Il veut bien faire, mais il sait rien faire. Ainsi résumée, l’histoire d’un break volé à Nadal n’en est que plus belle. Dominguez s’en amuserait bien s’il n’avait pas mieux à faire : « Elle a un superbe gabarit la Russe. » Avec un tel panel de spécialistes, le cinéma de Fognini pour éliminer Montanes ne pouvait qu’attirer les moqueries de France Télé au sujet d’une prétendue déchirure musculaire. Le lendemain, il déclara forfait.

Pendant ce temps-là, Chamou marque son territoire. Pas en disant « il avait breaké , il s’est fait debreaker », mais en offrant les DVD des cinq finales à Nadal. A l’antenne bien sûr.

Stade 2 : Le Glou des autres

Familles recomposées, c’est pas gagné : Chamoulaud le sait, expliquer que piquer dans la caisse ce n’est pas respectueux de la vie en communauté c’est aussi compliqué avec son beau-fils qu’avec Monfort.

Le public a disparu, les jingles criards aussi. Aujourd’hui, Stade 2, c’est du reportage, de l’image, moins de bling bling et davantage de Romera, président de la société des journalistes. Le coup de pinceau est avant tout moral : Nelson est toujours là. Mais il ne parle plus de ses riches amis nucléaires, juste des questions web, d’internautes et de Lille peut-il être champion de France. Quand on est un vrai patriarche, on manie le compliment aussi bien qu’on évite le coiffeur. Chamoulaud a tout compris, pour la paix des ménages un duplex avec Peyron en vacances au large de la Catalogne est parfois un compromis nécessaire. Godard et Boyon sont aussi au large, mais chaque chose en son temps.

Du Boyon plein les fouilles

Du reportage, ils en voulaient, ils en ont eu. Ouvrir sur Thomas Bouhail confirme la tendance que le public en plateau n’est plus le bienvenu. Stade 2 revient aux sources, 32 minutes d’interview rugby juste à attendre que Saint-André daigne enfin féliciter son frère, c’est le service minimum et peut-être qu’un jour les gens connaîtront même la ProD2. Lartaud a pu acquiescer, ça prouve qu’à 18 ans on peut avoir vu le LOU. Le fantôme de Salviac, lui, a versé une larme. L’absence de danseuses en string et la présence d’une enquête sur la communication des sportifs sur Internet, avec Chabal qui tente de faire une phrase, c’est remuer le pathos dans la plaie.

Au moins, Karembeu n’est plus là toutes les semaines. Insipide, finalement, c’est un compliment.