XV de France : Viens donc faire un tour à Lambey

Ça fait maintenant près d’une dizaine d’années que le Vestiaire n’a plus pris le temps de livrer son expertise sur le rugby français. D’abord parce que nous ne publions plus depuis cinq ans, après le départ de notre rédacteur en chef au pays de Vahaa. Ensuite car notre dernier spécialiste s‘est découvert une carte de presse dans la vraie vie en même temps qu’une passion pour l’extermination des fonds marins du Pacifique. Son prédécesseur fait la course avec des buveurs de dr Pepper bodybuildés. Enfin le tenancier originaire du poste, le seul et unique Peyo Greenslip chante des comptines pyrénéennes à sa descendance. 

Par l’amicale des anciens Peyo Greenslip

Bref, il était difficile de trouver les arguments pour les convaincre de sortir de leur retraite exotique pour commenter les énièmes exploits d’un chroniqueur de C8. Il n’y a pas donc pas de petits ou grand revenus, il n’y a que des revenus. Et puis, est arrivée cette semaine. Un entre deux matchs savoureux où l’on a découvert que Vahaamahina quand il n’est pas en train de manger des yahourts à 10 euros avec maman et notre ancien consultant à la Tamoa, devient capitaine du  XV de France sans être mis au courant. On a aussi appris qu’on récompensait N’Tamack en le remplaçant par la roquette lourde Basta. Enfin, on a surtout eu confirmation que le problème ne vient désormais plus seulement des joueurs, mais de cet homme à moustache moins dangereux qu’Edwy Plenel sauf quand il s’agit de rugby. Lièvremont n’avait que Dusautoir, Saint-André personne et même pas lui-même, Novès est arrivé et parti un peu trop tôt. Mais Brunel, lui a la chance d’avoir une nouvelle génération en train d’éclore en partie grâce à la semence féconde de certains anciens sacrément doués à l’horizontale comme à la verticale.

Parra chute

L’occasion de se débarrasser enfin des Huget, Basta, Parra, Picamoles ou Guirado qui polluent le Top 14 et son excroissance internationale depuis si longtemps. N’importe quel commentateur de réseau social, entre deux charges contre les vaccins et les bouchers-charcutiers tout en rappelant que l’homme n’a jamais marché sur la lune puisque les ombres ne coincident pas, s’est même rendu compte que ce rugby de bourrin n’était plus celui pratiqué par les Blacks, les Anglais et Guy Novès. Et que pour faire évoluer cette culture, inventée par Bernie au début du siècle, maintenant qu’on a les joueurs, il faut les faire jouer. Quitte à prendre des branlées, autant qu’elles servent à quelque chose.

 

 

 

 

Du coq au vain (4/5) : Le Crabos pince et dort

Octobre 2007. En tuant le jeu à la française, en s’appuyant sur une seule et même génération, un ancien demi de mêlée béglais laisse un champ de ruine et Jo Maso. Il aurait juste laissé le champ de ruine, on n’en serait peut-être pas là. La suite, c’est un encadrement de juniors qui va faire n’importe quoi avec ce qu’il peut.

noise

Le Super 14 est finalement un tout petit peu plus fort que son homonyme français, pourtant au Top. Les champions d’Europe sont finalement un tout petit peu plus nuls ques les champions du monde 2007, 2003, 1999, 1995, 1991, et 1987.

France-Afrique du Sud (17-42), juin 2010. Quarante-neuvième minute, le nouveau petit prince du rugby français, accessoirement demi d’ouverture, assure parfaitement sa passe dans les mollets de son capitaine, qui rate de peu son aile de pigeon, mais parvient quand même à servir un ailier sud-africain, qui n’a alors que 90 mètres à parcourir. Poitrenaud, bien placé en couverture, peut tranquillement admirer la fréquence de son vis-à-vis qui dépose le ballon dans l’en-but tricolore. Quel plus beau symbole que les trois meilleurs joueurs français donnant leur pleine mesure à l’unisson ?

Spring boxe

Il ne faut pas s’y tromper, à une grosse quinzaine de conneries près, les Français ont joué à leur meilleur niveau, le même qui leur fit dominer les grosses équipes européennes quelques mois auparavant. Irlandais, Anglais et Gallois auraient d’ailleurs encore pris une volée par ces Bleus, pour la simple raison que ces nations ne valent plus rien ogive entre les mains. Fallait-il vraiment se réjouir d’un Grand Chelem acquis contre personne par une équipe sans âme et autant de joueurs valides ? Qui se souvient qu’il y a longtemps, un homme que l’Hexagone a oublié malgré ses lunettes, bâtissait des murs avec les paupières de Betsen et la prostate de Pelous. Ça jouait pas, ça gagnait peu, mais ça évitait les branlées. Désormais, ça essaie de jouer, mais c’est naïf comme Bastareaud dans une soirée table de nuit. Puisque conquête, défense et discipline sont des concepts aussi tabous qu’en 1992, peut-être que le Midol n’aurait pas dû faire croire que les Bleus étaient une grosse équipe. Ça aurait évité aux tricolores de se Reichel, mais au moins Lièvremont n’est pas dépaysé et continue d’entraîner les moins de 21 ans.

France-Fidji (34-12), 13 novembre 2010. Les Néo-Zélandais étaient déjà pris, les Sud-Africains on avait déjà pris. Pas de chance. Il ne restait ce week-end plus que les Fidji pour jouer au rugby et ce n’était même pas à l’extérieur. Ce premier test d’automne avait décidément tout du match piège : un public habitué à la médiocrité, les cendres de Gareth Thomas sur la pelouse et une pluie à ne pas sortir Dussautoir de Marcoussis.

Difficile, dans ces conditions, d’espérer beaucoup du XV tricolore. On savait en plus les Fidjiens mieux préparés au crachin atlantique : la moitié d’entre eux jouent à La Rochelle. Les autres sont à Castres ou à Agen, on a d’ailleurs pu s’en rendre compte, par moments, sur les remises en jeu, les mêlées, les touches, les placages, les ballons portés, les passes sautées, le jeu au pied et quelques autres petits détails.

Good Traille

Encore fallait-il à nos Français prendre le match par le bon bout de la lorgnette. Ce qu’ils ont fait, avec courage, en ne lâchant rien d’autre que le ballon après avoir été menés au score (3-6). C’est dans ces moments-là qu’on voit les grandes équipes et Marc Liévremont a assurément couché des géants sur le papier à l’heure de faire sa liste. Lui seul pouvait avoir, à dix matches de la Coupe du monde, l’inspiration géniale de redonner une douzième chance à la doublette magique d’Aguilera, Yachvili-Traille.

La Nouvelle-Zélande est encore loin après tout. A quoi bon se trouver une équipe-type quand on peut faire plaisir à tous ses joueurs ? Les nouveaux ont en tout cas appliqué les consignes tactiques à merveille : multiplier les en-avants pour récupérer des mêlées, il fallait y penser. Ca s’appelle jouer sur ses points forts. Et Météo France est formelle : il pleut aussi parfois à Montpellier. Les avants argentins sont prévenus.

France-Argentine (15-9), 20 novembre 2010. Et une semaine plus tard à Montpellier une équipe naissait et Galthié n’y était pour rien. A force de voir arriver chaque semaine des joueurs dont on n’avait jamais entendu parler,  on avait fini par croire que Marc Lièvremont ne savait pas où il allait. C’était avant la Mosson et le récital argentin : zéro essai à zéro. Mela culpa. Le staff tricolore a donc trouvé son XV idéal. La preuve : « Les approximations des Français face à l’Argentine ont poussé les entraîneurs à miser sur la stabilité et la continuité pour préparer la réception de l’Australie ». Les stagiaires Internet du Midol sauraient-ils aussi écrire au second degré ?

Clerc obscur

A dix mois de la Coupe du monde, tous les voyants sont ovaires. On attendait de voir jouer nos Bleus au sec, on n’a pas été déçus : ils ont fini juste en-dessous de leur moyenne d’un essai par match contre l’Argentine. Pas mal, quand même, en ayant joué 80 minutes sans demi d’ouverture. Avec un peu plus de réussite, de créativité, de mouvement, de percussion, de vitesse et d’automatismes, la France aurait même pu humilier davantage les Fidjiens hispanophones. Mais ne faisons pas la fine bouche : peut-on demander à un joueur qui apprend un nouveau poste tous les trois jours de penser en plus à ne pas échapper le ballon sur les placages ? Aurélien Rougerie, son Talent d’or sous le bras, nous souffle d’autres questions : Un mec qui a pris deux intervalles peut-il être l’homme du match ? Qui de Marc Andreu ou de Vincent Clerc est le plus grand ? Damien Traille rêve-t-il encore de Josh Lewsey la nuit ?

France-Australie (16-59), 27 novembre. Les Fidji et l’Argentine n’avaient été qu’une gentille mise en bouche. Un amuse-gueule, on le savait bien : le XV de France, à part en touche, se met toujours à la hauteur de son adversaire et nos tauliers bleus avaient gardé sous la semelle plus que le gazon abîmé de la Beaujoire.

Promis juré, les Australiens et leur mêlée de tarlouzes allaient remonter dans leur Airbus Qantas le slip kangourou détrempé par quatre-vingt minutes en enfer. On allait voir ce qu’on allait voir : quinze mecs en jaune piétinés comme des Aborigènes, étouffés par les placages hauts et abasourdis par la rumeur fracassante de tous les costume-cravate du Stade de France. Avec un peu de chance, on verrait aussi du jeu et des essais, mais il ne faut jamais vendre la peau du koala avant de l’avoir plaqué.

Au Bonnaire d’édam

Ces salauds de sudistes ont pourtant gâché la belle année du rugby tricolore et son Grand Chelem triomphal. Mais avait-on déjà vu manœuvre plus fourbe ? Les Français s’attendaient à jouer les derniers vainqueurs de la Nouvelle-Zélande. Ils ont vu débarquer l’amicale des gendarmes du sud-ouest. Comment voulez-vous qu’on s’y retrouve ? Ajoutez à cela un froid polaire auquel les moustachus sont évidemment beaucoup mieux préparés et vous comprendrez pourquoi Le Vestiaire, après avoir émis quelques doutes depuis trois ans, refuse aujourd’hui de tirer sur le corbillard.

Il préfère retenir les coups de pieds variés de Morgan Parra au-dessus des regroupements : une fois en touche, l’autre à cinquante mètres. Les Wallabies n’ont pas su comment s’y prendre pendant trois minutes. Et quand bien même ils marquaient leur premier essai sans avoir à se soucier de passer par les ailes, nos Bleus, héroïques, répondaient de la plus belle des manières : personne dans cette équipe si soudée n’avait envie de se mettre en avant, alors, la mêlée s’est chargée de gratter cinq points sans même entrer dans l’embut. Ca évite les fautes de main.

L’USAP le moral

Et puis, la belle mécanique tricolore s’est enrayée après la pause et la cabane est tombée sur Médard. On a alors compris pourquoi l’USAP et sa première ligne destructrice pointaient à la dixième place du Top 14. Guirado aurait par contre peut-être dû ne pas mettre son strapping devant les yeux avant de remplacer Servat. Il aurait sans doute pu lancer un peu plus droit et apprécier le récital offensif du triangle d’or Huguet-Palisson-Porical, dont les automatismes étaient parfaitement huilés après zéro match ensemble et deux jours de boulot dans la salle télé de Marcoussis. Vincent Clerc et Clément Poitrenaud ont aussi apprécié leur sens du placement défensif sous le jeu au pied australien.

Mais était-ce bien là l’essentiel ? Lièvremont, le cœur grand, a pu faire plaisir à tous ses joueurs. Même Ouedragogo, puni devant ses parents à Montpellier, a eu cette fois l’occasion de passer à la télé sur une chaîne même pas câblée. Encore eut-il fallu qu’il porte un ballon. On a beaucoup vu Traille, en revanche, et le score s’en est ressenti. La Trinh-Duc-dépendance est de plus en plus criante en équipe de France, qui finit quand même ses tests d’automne sur un bilan positif : deux victoires, une seule défaite. Ca sent encore le Grand Chelem. Vivement le tournoi 2011.

Retrouvez ici le premier opus de 2010, les années 2009, 2008 et 2007.

France-Fidji : L’impact du LOU

Qui d’Imanol Harinordoquy ou d’Alain Bernard a la plus grande envergure ?

Néo-Zélandais et Sud-Africains étaient déjà pris. Pas de chance. Il ne restait ce week-end plus que les Fidji pour jouer au rugby et ce n’était même pas à l’extérieur. Ce premier test d’automne avait décidément tout du match piège : un public habitué à la médiocrité, les cendres de Gareth Thomas sur la pelouse et une pluie à ne pas sortir Dussautoir de Marcoussis.

Difficile, dans ces conditions, d’espérer beaucoup du XV tricolore. On savait en plus les Fidjiens mieux préparés au crachin atlantique : la moitié d’entre eux jouent à La Rochelle. Les autres sont à Castres ou à Agen, on a d’ailleurs pu s’en rendre compte, par moments, sur les remises en jeu, les mêlées, les touches, les placages, les ballons portés, les passes sautées, le jeu au pied et quelques autres petits détails.

Good Traille

Encore fallait-il à nos Français prendre le match par le bon bout de la lorgnette. Ce qu’ils ont fait, avec courage, en ne lâchant rien d’autre que le ballon après avoir été menés au score (3-6). C’est dans ces moments-là qu’on voit les grandes équipes et Marc Liévremont a assurément couché des géants sur le papier à l’heure de faire sa liste. Lui seul pouvait avoir, à dix matches de la Coupe du monde, l’inspiration géniale de redonner une douzième chance à la doublette magique d’Aguilera, Yachvili-Traille.

La Nouvelle-Zélande est encore loin après tout. A quoi bon se trouver une équipe-type quand on peut faire plaisir à tous ses joueurs ? Les nouveaux ont en tout cas appliqué les consignes tactiques à merveille : multiplier les en-avants pour récupérer des mêlées, il fallait y penser. Ca s’appelle jouer sur ses points forts. Et Météo France est formelle : il pleut aussi parfois à Montpellier. Les avants argentins sont prévenus.

Pendant ce temps-là, les All Blacks n’ont même pas mis cinquante points à l’Ecosse. Petits joueurs.

L’Edito du Vestiaire : Jonah le mou

bimbo

Les sportifs nostalgiques ont souvent horreur de la fin de saison en Ligue 1. Pourtant, Canal retransmet la Coupe de Bretagne et la Ligue Mondiale bat son plein. Vivement le Tour du renouveau.

Le Vestiaire n’échappe pas à la règle. Après une saison « la tête dans le Guesdon », comme dit le jargon de notre consultant vélo, c’est le temps des congés. Visionnaire, Le Vestiaire avait gardé un oeil sur le monde du sport ce week-end. Il y avait quelques matches de rugby, mais c’est pourtant la victoire des Bleus chez les Blacks qui a retenu notre attention. Longtemps Marc Lièvremont gardera en mémoire le triomphe bleu dans l’enfer de Dunedin. Il pourra en retenir que ses joueurs ont poursuivi sur leur irrésistible lancée d’Italie-France. Quel peut donc être le point commun entre ces deux matches ? L’Angleterre et l’Irlande ont une petite idée, Tillous-Bordes ne voit pas.

Pietrus de talent

Canal+ aussi avait flairé l’événement, en invitant sur son plateau l’un des meilleurs joueurs du monde du Top 14, le presque champion du monde et d’Europe Byron Kelleher. « Byron, est-ce que cette victoire peut donner un ascendant psychologique aux Français sur les All Blacks, qui seront dans le même groupe en 2011 ? » Il fallait oser. « Médard et Picamoles vont devenir des piliers de cette équipe. » On va quand même pas se foutre de leur gueule à chaque fois sans qu’il réagissent.

Réagir, c’est justement ce que Peugeot a fait face à Audi. Pour mettre tout le monde à l’aise, Le Vestiaire n’en dira pas pas plus. De là à bifurquer vers le demi-finales de Pro A et l’incroyable retournement de Villeurbanne made in Foirest face à Nancy, il n’y a qu’un pas que Le Vestiaire ne franchira pas non plus. La Coupe des Confédérations, le frère Pietrus du riche, Valverde, Grumier, pourquoi pas un premier tour Razzano-Cornet à Bois-le-Duc tant qu’on y est ? Faute de triomphe de Santoro à Halle, le vainqueur est bien sûr le championnat régional d’Auvergne d’athlétisme.

Pendant ce temps-là, un ancien président de fédération française d’un sport de raquette bien connu et sa Bîmes-bo trouvent que la réception de TF1 n’est pas bonne. Le Lay pasteurisé, c’est bon pour la Santé.

6 Nations : De Galles à égal

rafa

Marc Lièvremont n’est sûr que d’une chose avant la deuxième journée du Tournoi : la France ne peut mathématiquement plus accrocher le Grand Chelem. Pour le reste, les joueurs se débrouilleront.

Lundi 9 février, Marcoussis, 9 h 23. Milou N’Tamack n’a pas fermé son oeil valide du week-end : le patron lui a encore demandé de trouver les responsables de la défaite. Le 10 Sport a mis la moyenne à tout le monde la veille, ça ne l’aide pas vraiment. Alors, il fait comme d’habitude. Alignés depuis vingt minutes au bord du terrain synthétique, pas un de ses joueurs ne bouge, le Centre national est aussi calme que le Stade de France un soir de match. Lionel Faure, au bout de la rangée, est le premier à tousser. C’est le coupable idéal : personne ne remarquera son absence. Chabal est sacrifié pour l’équilibre de la mêlée, il serait capable d’étouffer Barcella. On bouge un autre gros pour la forme et l’affaire est réglée. Pourquoi donc changer une ligne de trois-quarts si flamboyante dans ses 22 ?

Le faux-pas irlandais était quand même bien malheureux : le réalisme d’O’Driscoll et l’arbitre n’ont pas aidé les Bleus. Tillous-Borde et Beauxis méritaient à la rigueur d’être revus ; Jauzion et Nallet beaucoup moins, mais ce n’est que l’Ecosse en face, après tout. Le XV du Chardon a montré ses limites physiques sur les genoux de Lee Byrne. Il a beaucoup de coeur, mais peu de talent, et aucun joueur capable de faire la différence. Il faut sacrément bien connaître le rugby pour sortir un nom de cette équipe. Cris Paterson ne compte pas, ça fait 20 ans qu’il profite des voyages.

Pays de Galles – Angleterre

Une étude officielle montrait en 2003 que le nombre de femmes battues doublait au Pays de Galles les jours de match, qu’il quadruplait après une défaite et qu’il était multiplié par huit en cas de défaite contre l’Angleterre. Les amoureuses galloises vont passer une belle Saint-Valentin.

Ca fait un an maintenant en tout cas que Warren Gatland montre à Jo Maso qu’on peut gagner en envoyant du jeu, même avec Tom Shanklin et les bottes de Stephen Jones. A sa décharge, le Néo Zélandais gallois a de loin la plus belle ligne arrière de l’hémisphère Nord. Byrne est aujourd’hui le meilleur 15 du monde et Shane Williams a été clôné sur l’autre aile. Son absence pourrait quand même faire douter le XV du Poireau, jamais aussi prenable que quand il est favori. L’Angleterre s’est en plus rassurée samedi dernier, malgré le coiffeur d’Andy Goode.

Italie – Irlande

Jamais l’Italie n’avait autant donné l’impression d’usurper sa place dans le Tournoi. On croyait la voir progresser d’année en année ; elle n’a en fin de compte pas beaucoup plus de légitimité que la Géorgie. Elle fait le nombre, c’est tout, et Nick Mallett réussit jusqu’ici à en tirer encore moins que Berbizier, c’est fort. Il a tout de même pour lui le sens de l’innovation : pourquoi donc chercher un demi de mêlée quand on a un troisième ligne sous la main ?

Les commentateurs de la BBC en ont déjà fait une expression : on ne rate plus sa passe de quatre mètres, on fait une ‘Bergamasco’ ; Yachvili n’avait pas déposé le brevet. L’Italie-Angleterre avait lancé le Tournoi sur un des plus mauvais matches de la décennie. A voir jouer l’Irlande, ça risque de ne pas être beaucoup mieux, dimanche. Qui aura donc le courage de se taper les 80 minutes ?

Pendant ce temps-là, L’Equipe Magazine aime fouiller pour rien dans ses archives.

XV de France : Le Lièvre et le tort tuent

dieux

Une fois de plus, Le Vestiaire ne s’en était pas douté. Marc Lièvremont n’est pas l’homme de la situation. La plupart des joueurs non plus. Aujourd’hui, la presse parle de regrets, d’indiscipline, de manque de réalisme. Ca s’appelle impuissance et nullité.

Le Quinze de France est donc nul. De la tête aux pieds. Des managers aux remplaçants, personne n’a le niveau international, encore moins le niveau pour battre des Irlandais. L’échec vient de loin ou plutôt de haut : il s’appelle Bernard Laporte. Le Vestiaire l’avait expliqué dès 2007. En tuant le jeu à la Française (ça existe), en s’appuyant sur une seule et même génération, l’ancien demi de mêlée béglais n’a laissé qu’un champs de ruine et Jo Maso. Beau joueur, mais très vilain dirigeant. La suite, c’est un encadrement de gamins puceaux qui ont fait n’importe quoi avec ce qu’ils peuvent.

Des Irlandais sado, des bleus Maso

Une volée dans le tournoi, une rébellion contre le jeu ultra-défensif de papa, pour un semblant de retour un jeu offensif de papy. 215 joueurs aussi tendres les uns que les autres et finalement Chabal. Lièvremont ne sait pas quoi faire. Sur le terrain on ne lui avait jamais demandé de schémas tactiques. A Casteljaloux non plus. La Fédérale 3 est un monde magique.

Rentrée des classes, Marco invite N’Tamack et un nouveau chez lui. Il nous promet plus de rigueur et une victoire contre l’Irlande.  Le Vestiaire ne voit que six  joueurs valides, ils ont 50 ans (Harinordoquy, Jauzion, Poitrenaud, Heymans, Chabal, Nallet). Héritage d’une époque ou l’on battait les Anglais au Tournoi, mais pas en Coupe du monde. Aujourd’hui, ça ne suffit plus. On veut battre tout le monde en jouant comme les Blacks, mais chez les Blacks, il y a les Blacks. Lièvremont n’a que des Bleus sous la main. Tout le monde rêve des Maoris, il ne suffit de vouloir faire pareil pour y parvenir.

Il ne suffit pas de vouloir faire pareil, pour savoir faire pareil. Indiscipline et inefficacité, ça veut dire pas le niveau. O’Driscoll à lui tout seul est supérieur à toute la sélection tricolore, une seule action lui a suffi pour le rappeler. Lièvrement ignore comment apprendre à défendre, il ignore même qu’il faut défendre. Pas un fondamental n’est respecté, Albaladejo se retourne dans sa tombe.

Au début des années 1990, notre Quinze ne battait jamais l’Angleterre par indiscipline. L’équipe de France a corrigé ses défauts petit à petit avec les joueurs qu’il faut pour parvenir en demi d’une Coupe du monde 1995 qu’elle aurait pu ou dû gagner. C’était Berbizier. Puis c’est le grand Chelem 1997 malgré Skrela. L’Angleterre est morte. En 2003, la France est la meilleure équipe mondiale, mais son entraîneur est le pire. 5 ans après, il n’y a plus de rugby en France, plus d’équipe nationale, plus que Philippe Saint-André, qui n’a pas été essayé. Les grandes équipes d’Ovalie, c’est aussi parfois de grands entraîneurs . Et de bons joueurs ?