Thierry Henry : Il fenormono

Le Vestiaire avait déjà réservé un sort au cousin éloigné de Darcheville.

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Ils étaient une trentaine à postuler au panthéon du Vestiaire. Tous avaient une particularité que Fred ne possède pas. Et Wiltord n’y est cette fois pour rien. Après un débat houleux sur la véritable place de Titi Camara, il en reste une poignée. Voici les cinq meilleurs buteurs de ces vingt dernières années.

5. Davor Suker

Le Croate représentait le cas le plus épineux pour notre spécialiste. Il est le seul des cinq à ne faire fondre aucune prostituée sur son passage et à ne s’étendre que sur sa femme, à deux ou trois étudiantes près. Pour autant, il réussit le petit exploit de virer Papin, Van Basten et Trezeguet du club. La carrière internationale de JPP s’est arrêtée en 1986 alors que dix ans plus tard, il écumait encore les tavernes bavaroises, girondines et bretonnes. Il était pourtant en période de top, comme Marco le Hollandais, l’avant-centre le plus efficace au monde. Si Van Basten a souvent mis les buts qu’il fallait, jusqu’à gagner un Euro à cinq buts, il bénéficiait d’un collectif sans égal. C’est Gullit qui bat l’URSS, alors que c’est Suker qui finit troisième de la Coupe du Monde 1998. C’est Suker qui est le seul à transpercer dans le jeu la meilleure défense toutes époques confondues. Il avait de bons partenaires, mais sans lui, ils n’auraient connu, à l’instar de Bafe Gomis, que le premier tour. Enfin, Suker, c’est la Ligue des Champions 1998 assortie de quatre buts en sept matches. Trezeguet a gagné l’Euro, mais jamais la C1.

4. Hristo Stoichkov

C’est l’incontournable des cinq. Avec une équipe encore plus faible que celle de Suker, il va lui aussi en demi-finale d’une Coupe du monde dont il finit également meilleur buteur, à égalité avec l’accidenté Salenko. Comme Suker, il remporte une Coupe des champions comme titulaire indiscutable de l’onirique attaque barcelonaise, la même qui va encore en finale deux ans plus tard lors de la taule milanaise. Son caractère dégueulasse ne suffit pas à faire oublier son insondable talent.

3. Romario

Est-ce parce qu’il est le meilleur marqueur de l’Histoire derrière Pelé, juste devant Ostrowski ? Est-ce parce qu’il a offert au Brésil une Coupe du monde que ni Zico, ni Socrates, ni Dirceu, ni Falcao, ni Careca, ni Valdeir n’avaient su aller chercher ? Ou est-ce parce que Barcelone en a fait un Dieu vivant en une seule saison ?

2. Thierry Henry

Encore un Français sur le podium, mais il est le seul dans cette catégorie. A 20 ans, il plante sept buts en neuf matches de C1, jusqu’à la branlée turinoise en demie. Une précocité que seul Benzema a connu, au détail près qu’il n’est qu’ailier des champions de France 1997. La suite, c’est un repositionnement dans l’axe pour faire oublier Ian Wright. D’ailleurs, c’était qui ? Et des buts et des buts à ne plus savoir qu’en faire. Décisif partout, tout le temps, de l’Italie au Brésil, en passant par l’Irlande. Même Platini s’est fait dégager, mais Henry, personne n’ose. Logique, c’est le meilleur. Son boulard et ses infidélités n’y feront rien. Sur le côté à Barcelone, il marque encore et fait marquer et devient avec Iniesta l’élément essentiel de la plus grande équipe de clubs de tous les temps.  On aurait voulu mieux, notamment qu’il ne se contente pas d’emmener Arsenal en finale de Champion’s League, ou qu’on ne lui pique pas chaque année ses Ballons d’or. Il devrait en avoir au moins trois. On aurait voulu la première place, mais devant c’est presque plus beau qu’un contrôle de Govou.

1. Ronaldo

Il devait être le nouveau Pelé, comme D’alessandro, Ortega, Saviola, Riquelme, Aimar, Tevez ou Messi le nouveau Maradona. Lui l’a été, il est même devenu Ronaldo. Quand Van Basten et Papin cherchent encore sur eBay à compléter leurs jambes respectives, Ronaldo est revenu aussi fort après avoir perdu ses rotules. Son explosivité a été compensée par son sens du but visiblement inné. Seul joueur de l’Histoire à n’avoir jamais connu de mauvaise saison sur le terrain, il s’est imposé partout où il a mis les pieds. Comme Ronaldinho, son ratio ne descend jamais en-dessous de 0,50, mais on ne parle pas de grammes par litre. Du plus grand au plus petit club. Il n’a disputé comme Zidane, Maradona ou Henry que trois finales de Coupe du monde pour deux succès seulement, ses quinze buts lui pardonnent. Il est le plus rapide, le plus agile, le plus sûr de lui, le plus complet. En un mot, le meilleur.

Ont également été cités : Bergkamp,comme Cristiano, même pas champion d’europe ;  Inzaghi, si c’est une blague, c’est moins drôle que de mettre Vieri ; Eto’o, la Coupe du monde, la Coupe du monde ; Drogba, viré par Anelka ; Shearer, l’équipe d’Angleterre, ça comptait à une époque, mais c’était déjà pas la sienne ; Bebeto, victime des numéro 1 et 3 du classement ; Weah, victime collatérale ; Oman Biyik, Eto’o est meilleur ; Chevtchenko, Suker et Stoichkov y sont bien arrivés, trop tard ; Owen, il a gagné quoi ? Le Ballon d’or, tiens tiens ; Gullit, le faire valoir de Van Basten ;  Klinsmann, Milan, Juve, Barça, Madrid, Bayern, Manchester, non ? Tant pis ; Voller, la moustache c’est un peu trop glamour pour notre classement ; Riedle, et dire que le Danemark n’aurait même pas dû participer ; Ibrahimovic, ? ; Batistuta, la fidélité ça paye ni sur le compte en banque, ni sur le palmarès et ça ne fait même pas gagner la Coupe du monde ; Brolin, une Coupe du monde, ça ne suffit pas toujours ; Raul, l’Espagne a enfin gagné, mais il n’était pas là ; Kluivert, une carrière de deux ans et ce n’est même pas un Dieu au Camp Nou ; Sukur, à une lettre près, il était dedans ; Zamorano, Kombouaré m’a tuer.

La légende : Papin de sucre

En ce moment, l’OM a Gignac. Il est aussi international.

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C’est le plus grand avant-centre français de tous les temps, un des cinq meilleurs au monde et pourtant, il ne viendrait à l’esprit de personne de le citer dans un tel classement. Et Christophe Horlaville, il a marqué 28 buts en 37 matchs de Coupe des Champions ?

28 juin 1986, on joue la 43e de minute de France-Belgique. C’est l’instant que choisit Jean-Pierre Papin, 22 ans, pour marquer le deuxième but de sa carrière en Coupe du Monde, le dernier. Le meilleur ratio buts marqués matchs joués de l’Histoire des bleus n’aura donc plus jamais d’autre occasion à ce niveau, à la différence de Guivarc’h, qui n’en fera pas meilleur usage. Il ne sera jamais Just Fontaine, mais il ne sera jamais Florian Maurice non plus, la malchance parfois s’arrête. La suite ne sera qu’une succession de mauvaises fréquentations. 185 buts olympiens en évoluant aux côtés de Bruno Germain. Un déménagement fortuit chez Marco Simone à une époque où on ne déménageait pas chez les Simone, avant d’aller payer quelques bières de remerciement à Kostadinov, et enfin Baup finit par lui filer un coup de pied au cul pour aller vérifier les légendes sur le climat breton. Baup, déjà.

Papin sec

Si Papin n’a obtenu aucun titre international en Bleu, ce n’est pas qu’à cause de Henri Michel, Michel Platini, Gerard Houiller ou Aimé Jacquet, c’est aussi grâce à Fabrice Divert, Pascal Vahirua, Jean-Marc Ferreri, Daniel Xuereb et Christian Perez. Lequel rappelle le plus Zidane ? En club, Papin marquait 15 buts ou plus partout, à Valenciennes comme à Milan. Il gagnait les matches à lui tout seul, en équipe de France aussi. Sauf à Bari en 91, à Munich en 93, à Paris en octobre et novembre 93. Sa cheville lui offrira quand même une Coupe de l’UEFA, face à Zidane, Liza et Duga avant d’aller leur piquer la place en Gironde pendant qu’ils piquaient la sienne sous un trophée en or. On a la revanche qu’on peut.

Si tout le monde continue de le faire chier avec Patator et les Guignols, c’est que son chef d’œuvre restera à jamais l’Euro 92. Sur une seule jambe, il plante deux fois en trois matches après avoir gagné tous les matchs de qualif avec Canto. La France s’arrête au premier tour, malgré les cris de Saccomano sur le dernier but. Il était de Larsen.

Et s’il avait été aligné lors de la demi-finale France-Allemagne en 86 ? On ne saura jamais si ça aurait changé l’histoire, mais on connaît l’histoire avec Bellone et Stopyra .

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La Légende OM-Milan : Mozer fucker

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Comment peut-on devenir le plus grand entraîneur du monde quand il n’y a ni joueur, ni club, ni sélection nationale dans son pays d’origine ? En rencontrant Bernard Tapie.

C’est l’histoire d’un club qui va battre en finale le Milan de Capello avec Abedi Pelé.  Un club qui va aller en finale avec Waddle et Abedi Pelé en battant le Milan de Sacchi. L’auteur de ce miracle, sans doute un des plus grands exploits de l’histoire du foot, s’appelle Raymond Goethals. Il n’est ni Italien, ni Hollandais, ni Portugais, ni même Français. Il est belge, comme les frères M’Penza. Comme Luc Nilis, tout sauf un Hazard. On peut donc venir d’un pays où le foot n’existe pas et faire deux finales de C1 en deux participations, rester invaincu, battre deux fois le meilleur club du monde tout ça sans Essien, Juninho, Diarra et Tiago. Difficile de faire mieux. Et pourtant, c’est possible : le faire avec des joueurs moyens, voire nuls, des joueurs qui auraient raté deux Coupe de monde successives, qui n’auraient pas passé le premier tour de l’Euro 1992, qui n’auraient été titulaires qu’en France, qui n’auraient rien gagné en sélection nationale ou qui ne seraient venus que pour une retraite bien méritée. Goethals aurait-il eu tout ça sous la main ? Vérification.

Amoros, par amour du flou

Le 29 mai 1991, Marseille affronte  l’Etoile Rouge de Belgrade. Une équipe de superlatifs, puisque son milieu est, avec la Suède 1994, France 1998-2000 et le trio lyonnais 2005-2006,  le meilleur quatre jamais aligné depuis 20 ans : Savicevic, Prosinecki, Mihajlovic et Jugovic. Pourtant la Yougoslavie sera privée de son doublé Euro-Coupe du monde pour des raisons qui lui appartiennent.

En face, Goethals aligne son habituel huit offensif : 1-5-2-3. Avec la défense de l’équipe de France Amoros-Boli-Casoni associée à Di Meco et Mozer. L’adjectif mauvais serait dur, mais il va si bien à Germain et Fournier alignés juste devant. En attaque, on mise tout sur le meilleur, Papin et ses adjoints Waddle qui est ailier et Abedi Pelé. Si on compte bien, on a donc, un latéral retraité de 29 ans, un bout de la charnière de l’équipe de France 1988-1993, un stoppeur brésilien de 31 ans qui n’aura jamais connu une finale de Coupe du monde, la doublure de Lizarazu, celle de Van Basten, l’ailier de Newcastle, Tottenham, Sheffield, Falkirk, Bradford, Sunderland, Burnley, Torquay et un  finaliste de la CAN sans oublier Germain et Fournier. Rappelons que cette équipe a sorti Milan en quarts de finale et pour éviter les sous-entendus, précisons le Milan de Berlusconi.

Deux ans plus tard, c’est avec presque pire mais sans Olmeta. Individuellement, les Marseillais, exceptés le gardien et Angloma, sont évidemment plus faibles à tous les postes, comme le prouveront brillamment Deschamps et Desailly en novembre 1993. En attaque, c’est 33 ans, une saison de haut niveau et donc une finale de CAN. Et pourtant, c’est suffisant puisque c’est Goethals qui entraîne.

Inter-OM : Völler de poule

Dans la cassette OM les années champion, l’OM avait besoin d’être champion pour aller loin en Coupe d’Europe ?

Aussi fière d’exhiber les plaques rouges de son décolleté, Nathalie Ianneta n’a pas fait languir trop longtemps son réalisateur préféré : un chiffre, un seul, le 19. Dix-neuf ans après, l’OM est de nouveau en quarts de finale de C1. Ca valait bien des félicitations en duplex à André Ayew, sans carte de presse bien sûr, défaite à Ajaccio oblige.

Même sur Canal, le maquillage et les synthé ne redonnent aux gens qu’une première fraîcheur toute relative. La preuve, Papin était en sur le plateau pour analyser le match de TF1. A l’époque, Biétry n’avait même pas son numéro de portable. Eh non. France football valait 12 francs et ne sortait qu’une fois par semaine avec un sujet sur Bocandé de temps en temps. Sauzée, lui, mettait des triplés, si les fractures comptaient Diawara serait le successeur. Chaque époque mérite son leader. Cette année, enfin hier, il est venu du banc : Brandao qui remplace Valbuena et Rémy, et derrière Mandanda se charge des passes : avec ça on peut voyager. C’est huilé comme une attaque Völler-Boksic avec Ferreri sur le banc. C’est beau comme à l’époque : contrôle du dos, reprise en plein milieu. Peut-être que Boksic aurait choisi la poitrine et fait exprès, chacun ses spécialités.

Produit Boksic

Le retour du grand OM, celui dont tout le monde rêve, ce n’est pas tellement d’avoir deux fils Pelé. C’est qu’on reconnaît bien l’équipe de 93, capable de transposer en Coupe d’Europe son niveau de Division 1. Et ça marche. Deschamps est toujours là bien sûr. Il n’est pas le seul à avoir vingt ans de plus et à mériter le costard et une place de choix sur le banc : Diarra, Diawara, Cheyrou et pour les quarts Bracigliano. L’épine dorsale des grands OM a toujours fait froid dans le dos, l’axe Mandanda-Diawara-Mbia-Valbuena-Rémy ressemble bien à Barthez-Boli-Desailly-Boksic-Völler.

Il y a aussi les petits jeunes qui ont une avenir international tout tracé : Marquet en 93, Morel, Amalfitano, Nkoulou, Azpilicueta, Gignac, Kaboré, Fanni, Jordan Ayew cette année. Si les petits cochons ne les mangent pas ceux-là, on ne sait pas jusqu’où ils iront. Et dans une compétition autrement relevée : Nicosie pourrait se dresser sur la route de l’Olympe en quarts. C’est vrai qu’à l’époque, y avait pas Lyon.

Pendant ce temps-là, le Bayern n’en a mis que sept. C’est en huitièmes que la compétition commence vraiment.

Dortmund-Marseille : Eculés de Sammer

Dortmund a réussi l’un des plus beaux exploits du football français.

Mai 93, Didier Deschamps entame un tour d’honneur, la bave aux lèvres bien avant que les médecins de la Juve ne s’en mêlent. C’était le temps de l’émotion, de la gloire et du foot français au sommet, l’avant Houiller en somme. Presque vingt ans plus tard, c’est à nouveau le temps de l’exploit et du tour d’honneur : Gignac est enfin blessé. L’OM n’a donc pas volé ses branlées en février, avec un peu de chance c’est même Nicosie qui s’en chargera. L’Allemagne a décidément quelque chose contre la France, et l’imagination débordante qui va avec même quand Goebbels n’est plus là.

Boli à baldaquin

Nkoulou venait de passer 90 minutes à distribuer un ballon du match à chaque spectateur, il y avait bien de quoi entamer un tour d’honneur. Diawara impérial sur le premier but allemand, Mbia spectaculaire sur le second, avec Nkoulou et Diarra ils étaient au moins quatre Marseillais à se disputer le Ballon d’or, comme en 1993. Ayew ne savait pas, sinon il aurait été bon. Après tout en 93, déjà il n’avait pas empêché l’OM de gagner. Depuis des mois, on pressentait que refaire d’un Abedi Pelé un titulaire indiscutable, et parfois même lui laisser être le meilleur joueur de l’équipe, aurait des conséquences irréversibles. Il a donc fallu lui adjoindre le soutien de Djimi Traoré deux fois de suite pour voir les vérités en face : Jimmy ça s’écrit pas Djimi et Marseille n’a pas besoin d’un adversaire bon pour être mauvais.

Mais, et c’est la seconde bonne nouvelle après le beau match de merde de Lucho, voir la vérité en face c’était surtout voir Dortmund deux mi-temps, ce que même l’Europa League s’épargnera au printemps. Le mur jaune, Kohler, Sammer : les photos dans le couloir du Westfalenstadion qui n’est plus le Westfalenstadion rappellent que ce club a gagné la C1 pas plus tard qu’il y a quinze ans. Qui aurait pu penser qu’Amalfitano fasse si mal à un si grand d’Europe ?

Un paquet de Klopp

Ianetta et ses grappes de raisins aux oreilles ont tenté de le faire croire à Deschamps après le match mais, contrairement à Margotton au garde-à-vous, il n’écoutait plus. Valbuena non plus n’a rien écouté avant de rentrer, comme d’habitude, et c’est ainsi qu’il est le meilleur. Perdre des ballons, penser à sa gueule, ça ne l’a jamais empêché d’être la star. Une star ça peut se la raconter jusqu’à prendre le numéro 10 de Zidane en équipe de France pour sa première sélection, ça peut aussi scénariser sa joie avec un rictus d’épuisement on ne peut plus logique après 16 minutes d’effort. Ca peut tout oser tant que ça marque le but décisif, et que Diawara soit très mauvais ou juste à chier, l’OM en revient toujours au même point. Personne n’aurait demandé ça à Gignac de toute façon.

Pendant ce temps-là, Margotton demande à Houiller comment battre le Barça.

OM : Deschamps et du blé

Alors que Brandao n’a aucune raison de ne pas revenir, les frères Ayew peuvent s’interroger. Ils joueront, mais est-ce une bonne chose ?

Avec 4 nouveaux joueurs, si l’OM n’a pu conserver son titre, le club compte bien récolter les fruits de son recrutement de l’été dernier. Et pourtant d’après nos informations, Gignac aurait décidé de rester une saison de plus. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, Lucho est toujours là, alors qu’il aurait très bien pu être fatigué et parti après la Copa America. Heureusement celle-ci est déjà finie pour la pire Argentine de l’histoire. L’OM ne sera donc pas privé de son stratège. De toutes façons, le stratège ne l’a pas jouée car le stratège n’est pas un stratège. C’est donc reposé, rasé et toujours tatoué au mollet comme les grands que l’Argentin a pu enrouler un coup franc contre Montpellier en amical. Montpellier a gagné 1-0. Les propositions ne vont pas tarder. 

Alou, ah l’huile

C’est visiblement pour combler le départ de Mamadou Niang que l’OM est passé à l’action très tôt : deux défenseurs, deux milieux. On peut aussi dire un relégué, un champion de France 2009. Et surtout deux Lorientais : malin, Abriel pourra leur expliquer comment on passe le temps à Marseille. On n’est jamais à l’abri d’une bonne pioche : Amalfitano était quand même suivi par Séville. Le voilà le stratège.

L’OM l’an dernier, c’était avant tout une défense, quand Mbia était d’accord. Le recrutement clot désormais le chantier de l’attaque. Diarra et Nkoulou sont grands, ils mettront bien quelques coups de tête. Finis les 1-1 contre Auxerre sous les sifflets du Vélodrome : Gignac, Valbuena et Rémy n’auront plus aucune raison de trouver la pelouse du Vélodrome gigantesque, en cherchant un attaquant qui sait faire ce qu’eux ne savent pas, c’est-à-dire à peu près tout. Au cas où, Valenciennes a aussi de bons attaquants qui n’ont jamais joué la Ligue des Champions.

Pendant ce temps-là, le Vestiaire a dépêché un émissaire à Lorient pour comprendre comment Gourcuff a gagné son premier titre : multi-millionnaire.

Question interdite : L’OM peut-il gagner la Ligue des Champions le 22 mai ?

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A l’occasion de la demi-finale de L1, Le Vestiaire revient sur le parcours de l’incroyable vainqueur de la Coupe de la Ligue.  Voici pourquoi l’OM est passé si près de son deuxième voyage de la saison à Santiago Bernabeu.

Parce que l’arbitrage ne fait gagner que deux points par match à Marseille

C’est l’heure du sprint final, l’OM peut compter sur ses forces vives. Quand Ideye marque un but valable, mais qui permet à Sochaux d’égaliser à la 89e minute, c’est toute la défense marseillaise qui joue Bien le hors jeu. La semaine suivante, quand le ballon heurte la main de Lachor alors qu’il ne regarde pas le ballon, mais l’horloge du stade indiquant la fin du temps additionnel, c’est tout un club qui réclame l’arbitrage Viléo. Il n’y a pas mieux pour trancher le débat sur les mains volontaires ou non : involontaire, c’est quand l’OM mène déjà. La semaine suivante, Diawara fera la même mais l’arbitrage Viléo est en panne. M. Turpin préfère donc siffler un hors-jeu de Rivière et annuler l’égalisation, ça compense l’intervention superbe de Cissé sur la cheville de Matuidi à l’origine du but de Valbuena.

Parce que Valbuena est le meilleur joueur marseillais

Didier Deschamps a fini par se rendre à l’évidence l’hiver dernier. Valbuena n’attendait qu’une chose, prouver qu’il pouvait apporter quelque-chose. Si tous les clubs potentiellement intéressés au mercato ont fini par avoir un doute, il avait heureusement un contrat bien valide avec l’OM. « Il est si mauvais que ça le petit ? », ont successivement glissé Brandao, Abriel, Kaboré et Koné à leur entraîneur. Niang est toujours là et ne suffit toujours pas, Brandao est toujours là et ne sait toujours pas s’il est droitier ou gaucher. Lucho, lui, a Maradona tatoué sur la cheville, à force il se pourrait que le Pibe en Aimar. Gourcuff aussi tire bien les coups de pied arrêtés et ralentit le jeu sans savoir accélérer. Dans sa nouvelle formule, l’OM est devenu une machine capable de ne concéder que neuf occasions franches à Saint-Etienne. Les clubs portugais, ukrainiens et russes devront se méfier en 8e de finale d’Europa League 2011. En plus, Mandanda a trouvé la parade pour ne plus encaisser de but, il se sert de Bagayoko et Riviere ou alors il ne touche plus le ballon avec les mains mais avec de grands tubes blancs . Pourquoi n’y pense-t-il jamais les mardis et mercredis soirs en début de saison ? Delgado, Pjanic, Butin et Benalouane s’étaient pourtant appliqués.

Parce que Deschamps ou le hasard font bien les choses

Une grande équipe, c’est avant tout un grand entraîneur. Le milieu Cissé-Kaboré-Lucho, c’est lui. La défense Bonnart-Diawara-Mbia-Heinze, c’est aussi lui. Et peu importe si les mauvaises langues disent que le milieu Mbia-Cheyrou-Lucho et que la défense Kaboré-Diawara-Heinze-Taiwo c’était déjà lui. Taiwo qui défend mal, Brandao qui attaque mal, Niang contraint de finir la saison à gauche, Abriel sur le banc, Morientes fini, les dictées bourrées de fautes de Ben Arfa, Gerets qui se barre dans le Golfe en laissant un merdier sans nom : certaines choses sont de toute façon inéluctables. Ce n’est pas comme si Valbuena était  redevenu titulaire par défaut, que Mbia avait reculé par défaut ou que Cheyrou avait été viré parce qu’un ancien Libournais est meilleur que lui. Pour enfin conquérir le titre, Deschamps a finalement sorti sa botte secrète au mercato d’hiver : contrairement à ses deux concurrents, il a vendu la C1 et la C3. Jean Fernandez et René Girard y avaient songé dès l’été dernier.

Parce que le niveau marseillais est supérieur au niveau européen

Si Marseille est si fort ce n’est donc pas seulement à cause de l’arbitrage et de la faiblesse de l’adversité. L’exemple de Bordeaux et Lyon est frappant, puisque ni l’un ni l’autre ne semblent en mesure de lutter pour le titre alors qu’ils se sont baladés jusqu’en quart-de-finale de Ligue des Champions. Mais il est vrai que la C1, c’est autre chose que Boulogne, Saint-Etienne, Nice ou Sochaux. A coup sûr, si l’OM avait pu participer, ils se seraient eux aussi bien amusés. Avec un peu de chance, ils seraient tombés dans le groupe le plus faible, pas celui d’Arsenal, mais celui avec Milan, Madrid, Zurich et Marseille. Un groupe si faible qu’aucun club n’aurait passé les huitièmes, se faisant par exemple humilier par Lyon ou par Manchester. Oui, ce même club anglais qui aurait ensuite été humilié à son tour par le Bayern. Pas le Bayern de Lahm, Demichelis, Pranjic, Tymoshchuk et Robben humilié par Bordeaux en poule quand même ? Non, le Bayern de  Lahm, Demichelis, Pranjic, Tymoshchuk et Robben demi-finaliste de Ligue des Champions.

Pendant ce temps-là, l’équipe la plus faible de l’histoire de la C1 va se faire humilier ce soir, mais elle est quand même en demi-finale. Pas de nivellement pas le bas.

Ligue 1, OM : Deschamps de ruines

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L’élection de Fabrice Abriel meilleur joueur de novembre est la récompense de 17 ans de travail de sape des recruteurs marseillais. Combien de titres déjà ?

Entraîner la Juve en Série B, battre le Real en Ligue des Champions avec un petit club et disputer la finale avec la même équipe sans gagner la Ligue 1, ça rend intouchable et ça donne envie. Pour succéder à plein de types qui n’ont rien gagné, la Commanderie en a donc voulu un autre. Après un passage par la caisse de retraite, le système Deschamps s’est donc installé à Marseille. Soleil, pognon, pouvoir. Comment faire baisser encore le niveau d’une équipe faible ? En prenant aussi bon mais plus vieux. Et M’Bia alors ? Soit blessé, soit pas très bon. Il est effectivement incontournable devant la défense, l’effet Cissé probablement. La nostalgie de Rennes passera, Bonnart ne Mans presque plus.

Defense d’être bon

Heinze : On ne présente plus Gabi Heinze le combattant. Il aime quand c’est difficile : il était évidemment titulaire contre Montpellier (4-2), à Valenciennes (2-3), contre Monaco (1-2), à Lyon (5-5). Et le but de Borriello à Milan, c’est lui, il a aussi joué l’aller (1-2), et les deux matches contre le Real (0-3 et 1-3). Euphorique, il vient de s’offrir un penalty à Lorient. Le doublé d’Oliech ? Il n’aurait pas voulu rater ça. Il est d’un an plus jeune que Hilton et la différence saute aux yeux, il marque des buts. C’est déjà ça.

Diawara : Comme Heinze, il n’a que 30 ans. Et on ne la lui fait pas sur les grands clubs : conduite sans permis, erreur, penalty et expulsion en trois minutes à Santiago-Bernabeu, science du placement même contre Lyon, il apprend vite. Le doublé d’Oliech ? Il n’aurait pas voulu rater ça. Comme Heinze, il a trouvé la parade : se faire passer pour un attaquant. C’est déjà ça.

Rool : Payé pour être doublure de Taiwo, il fait preuve d’un grand professionnalisme : deux matches contre Montpellier et Valenciennes, un carton jaune pour garder la main. Cinq buts encaissés, mission accomplie : Taiwo est intouchable. C’est déjà ça.

Au milieu de nulle part

E. Cissé : 866 minutes de jeu en championnat et un match référence : à San Siro contre le Milan AC. La première visite à l’hospice est souvent un révélateur. 31 ans, quinze ans de carrière à peine, c’est déjà ça.

Abriel : Le nouveau Cheyrou. C’est un compliment le samedi. Et le mercredi ?, se demandent Milanais et Madrilènes. Auteurs de trois passes décisives lors du match du siècle OL-OM, il a fait une entrée fracassante dans la cour des grands. Quoi Cris-Toulalan ? Plus expérimenté qu’il n’y paraît, il n’a que 30 ans. C’est déjà ça.

Attaque cérébrale

Lucho Gonzalez : Il a commencé sa saison en se fracturant la clavicule. C’était bien vu, on ne s’est aperçu de son niveau qu’en octobre. Il court après sa forme du passé, et ça finit par le crever. Quatre buts, dont deux en Ligue des Champions, et un penalty sur la barre, c’est tout à fait correct pour un passeur. On oubliait : 17,5 millions d’euros. Mais l’avenir lui appartient, il n’a que 28 ans. C’est déjà ça.

Morientes : Un but en onze matches, dont quatre titularisations, Gignac n’est pas choqué, Deschamps un peu plus. Remplaçant de Brandao devrait mettre tout le monde d’accord. Son CV indique Real, Liverpool, Valence et 33 ans. L’aventure à Monaco, c’était en quelle année déjà ?

Pendant ce temps-là, Benarfa aurait une touche avec l’Olympiakos et Valbuena avec personne. Alain Perrin, lui, est libre.

Real Madrid : Benzema, le sourire du Völler (2/2)

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Le Vestiaire vous a présenté hier le nouveau Real Madrid. Aujourd’hui, le Vestiaire se penche sur l’avenir de son meilleur joueur. Le prochain entraîneur, la retraite de Raul, le mercato : beaucoup d’incertitude pèsent sur l’équipe. Pour le caïd, il y en a beaucoup moins. Il était bon avant, il le sera après. En attendant, des sourires, des passes, du théâtre rémunéré, de la prétention. Le hasard fait bien les choses, il n’est plus black listé en bleu, et son tranfert a coûté cher. Voici pourquoi à l’inverse du Real, lui ne peut pas échouer cette année.

Car Domenech ne joue plus

C’est l’histoire d’un déjeuner secret dont tout le monde connaît l’existence. Raymond Domenech se rend à Madrid, manque de bol Zidane n’est pas là, donc il se rabat sur l’autre Zidane, le jeune. Les deux ne s’aiment pas, paraît-il, mais ils ont une passion en commun : ils savent se foutre de la gueule du monde. Benzema n’avait donc pas envie de rentrer contre la Roumanie. Il n’avait plus trop envie de jouer à Lyon non plus, mais à l’époque il s’était gardé de le dire. A croire que ça ne servait pas ses intérêts. Par contre, chier sur la sélection, ça permet de prévoir un mea culpa et un retour en grâce. Les erreurs de jeunesse sont parfois judicieuses. Raymond a d’ailleurs beaucoup aimé la fin de sa phrase, pourtant ils ne l’avaient pas écrite ensemble. Par contre, ils ont pu la relire ensemble après la convocation de Benzema. Peut-être ont-ils ri, Pires et Giuly c’est moins sûr, Gignac on verra. Remplaçant contre les Féroé, Benzema est bizarrement entré en jeu. Il a bien pensé à ne rien foutre sur le terrain en tirant dès qu’il pouvait sans jamais arrêter de faire la gueule, mais bizarrement cette fois il a préféré filer des ballons de but à tout le monde en souriant. Après, si Henry et Anelka ont choisi de ne pas marquer, il ne peut pas tout maîtriser. Comme les gens ont eu l’air d’apprécier le nouveau Benzema, il s’est dit que marquer ne serait pas de trop.

Contre l’Autriche, la leçon d’humilité a continué. Il devait bien ça au public. C’est donc avec une grande humilité qu’il a ouvert le score, qu’il a fait jouer tout le monde même Govou, qu’il a dribblé de temps à autres tous les Serbes sur le côté gauche, qu’il a fait des passes aveugles pour Clichy, qu’il a défendu et récupéré des ballons dans les pieds serbes, qu’il a félicité Henry et Gignac pour leur but. C’est avec une très grande humilité qu’il a souri quand il s’est aperçu que la caméra s’est arrêtée sur lui une fois sur le banc et répondu aux médias qu’il était au service de l’équipe de France après le match. Il en a pris l’habitude à Madrid, en pensant humblement être le meilleur. C’était avant que l’entraîneur se titularise dans ses pattes, d’avoir Granero sur le côté, Ronaldo qui lui demande les ballons la bouche en coeur pour mieux tirer à sa place et Kaka qui finit par s’y mettre. Au moins, Lassana Diarra évite de lui traduire la presse.

Car Higuain n’a jamais joué

CR ailier, Kaka meneur, Raul retraité, Van Nistelrooy nul, Higuain argentin, Karim n’a aucune raison d’avoir peur, d’ailleurs il n’a pas peur. Plus largement dans le monde aucun avant-centre susceptible de venir à Madrid n’a son niveau. Florentino le sait, Zidane lui a dit. Personne n’aurait mis 35 millions d’euros pour un joueur qui en aurait valu moitié moins l’année suivante, si ça n’avait pas été une urgence. C’est amusant de faire croire que Villa était trop cher, mais CR au sortir d’une saison minable a été payé à peine plus. Villa est un bon buteur espagnol mais il a joué à Gijon et Valence, a 27 ans et a mis 3 de ses 4 buts de l’Euro contre la Russie, l’autre contre la Suède et joue cette saison en Europa Ligue contre Rudi Garcia. Et ça le monde entier est au courant.

Car Raul ne joue plus

S’il n’a aucune concurrence nulle part, c’est bien qu’il y a une raison. La presse espagnole pensait l’avoir compris pendant les matches de préparation puis les vraies rencontres sont arrivées. Au bout de 5 il avait mis 3 buts, au bout de 9, toujours 5. L’explication est simple, il suffit de lire le premier épisode de notre enquête. Benzema moins confirmé  que les autres ne s’emmerde plus à aller dans l’axe qui est pourtant toujours son poste de départ de chaque match car il y a des petits malins qui s’y sont garés en double file. Il va essayer de faire gagner son équipe en faisant marquer les autres. Ingénieux n’est-ce pas. A chaque interview, il rappelle donc que c’est grâce à lui. Puis précise que c’est la faute des autres. En dehors de considération tactique, il respecte aussi ses partenaires axiaux. Raul, qui sera toujours meilleur quand il n’y a pas de place au moins pendant 45 minutes, Cristiano et Kaka qui ont déjà été reconnus et les autres qui sont nuls. L’analyse de son début de saison ne dit pas autre chose : contre Xeres il marque alors qu’il n’a plus que Van Nistelrooy dans les pieds, contre Tenerife il en met 2 alors que tout le monde est là mais la 45e minute est passée et que Kaka fait l’un des deux bons matches de sa saison, quitte l’axe et fait des passes.

Car Zidane ne joue plus

Kaka a pour lui la sagesse du père de famille catholique, Ronaldo l’immaturité du gamin des favelas à qui on offre un walkman, Raul l’orgueil du papy chef de famille qui a trimé toute sa vie sans une once de reconnaissance autre que celle de ses proches qui est surtout de la crainte. Benzema n’est que le correspondant français surdoué venu compléter sa thèse de doctorat sur le football espagnol par le prisme de Santiago Bernabeu. Comment organiser une telle communauté ? Claude Sautet n’étant plus disponible, il ne reste que Dieu. Ca tombe bien, c’est le conseiller du président.

Car Papin et Anelka ne jouent plus

Il reste le cliché de la vedette locale qui s’exile dans un gros club, melon oblige. La situation de Benzema ne leur ressemble en rien. Il n’a que 21 ans, ce qui en fait un cas d’exception. Jamais, en dehors de Ronaldo, le vrai, un joueur doué n’a rejoint une si grande équipe aussi jeune. Cristiano arrive à Manchester à 18 ans, mais il ne coûte rien car il n’a rien fait, Anelka n’a fait qu’un an de haut niveau. Benzema arrive, après deux grosses saisons, dans un club où quatre places au moins sont libres devant. Anelka et Owen, en plus d’être moins doués et moins armés mentalement, débarquent dans le club de Raul. Papin, même s’il est aussi bon, arrive dans celui de Van Basten. Aucun président ne voulait ces joueurs pour les aligner mais juste pour ne pas qu’ils apportent à d’autres.

Être le meilleur comme Henry n’a jamais fait gagner de Ballon d’or, le côté sympa de Zidane ça marche mieux. Il a le choix, ça dépendra des matches. Benzema n’a plus qu’une chance d’échouer, que le Real échoue avec. Pellegrini y met du sien, pas certain que cela suffise. La défense madrilène n’est pas aussi sceptique.

Ligue des champions, OM, Girondins, OL : Boli et bien élevé

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Bordeaux, Lyon et l’OM sont décidément maudits. Ils sont encore contraints de jouer la Ligue des Champions. En plus, c’est de nouveau une mauvaise année, les meilleurs sont là.

« Pas de chance au tirage », c’était le titre du quotidien de référence l’année dernière à la même époque. Preuve qu’ils ne disaient pour une fois pas des conneries, Chelsea, Rome, Fiorentina, Liverpool, Bayern, Atletico, c’est sans aucun doute beaucoup plus impressionnant que Milan, Juve, Liverpool, Fiorentina, Bayern et Real cette année. Pourtant, aussi faiblard soit-il, le tirage de cette année, pourrait cette fois ne pas sourire autant que d’habitude aux représentants tricolores. Voici pourquoi :

Parce que Bordeaux va bien finir par se Chalmé

Le Vestiaire soulignait en début de semaine les inquiétudes soulevées par le début de saison des Girondins. Privés de Diawara et Ramé, les hommes de Laurent Blanc n’ont enfilé que 7 buts à leurs adversaires. Privés de Henrique, il n’en ont encaissé aucun. En plus ils n’ont pas réussi à se débarrasser de Chamakh et ses 3 buts. Coup de grâce, ils ont trouvé le moyen de se faire délester de 15 millions en oubliant de filer Gourcuff avec. Mais alors pourquoi Lolo riait autant en découvrant le tirage au sort ? 
Le terrible Bayern qui devrait prochainement sortir de la Bundes zone de relegation grâce à sa star qui veut jouer au Real, et la Juve qui n’a jamais aussi mal porté son surnom avec le partenaire de Deschamps devant et l’adversaire du Laurent Blanc provençal derrière. Tout a été très bien résumé par le Président Triaud si peu arrogant : Bordeaux affronte une équipe de 1985 et une de 1996, et le danger viendra surtout d’Israël. Pas mieux.

Parce que Jean-Claude va chier

Ce n’est plus un secret, le nouveau président de l’OM s’appelle Didier Deschamps. Coup du sort: son actionnaire est mort, et il n’y a plus d’entraîneur. Du coup, c’est un peu comme au jeu de l’entraîneur, tu prends les joueurs que tu veux même des potes qui font plus de foot et tu dégages les nuls. Mieux, tu peux même faire passer le service militaire à des recrues que t’es pas allé chercher. La suite on la connaît, c’est au moins un huitième de finale et d’habitude c’est finale minimum, surtout après avoir fait croire que M’Bia et Lucho tu peux t’en passer, parce qu’on peut pas être plus constipé qu’une équipe de vieux qui peut même plus faire Kaka. 

Et parce que Lyon n’a pas besoin de la femme de Fred pour beaucoup tirer, même sans passer par les préliminaires, tout en sortant la tête haute de la pelouse.

Les questions interdites : Le départ de Gerets est-il une bonne nouvelle pour l’OM ?

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L’entraîneur belge attend toujours une bonne offre de son actionnaire. Elle ne viendra pas, comme quand une direction ignore son gros nul d’entraîneur.

Saccomano ne s’en remettra probablement pas. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe : Eric Gerets s’en va, sans même fêter le titre de champion que l’OM n’est pas sûr d’avoir puisque comme Le Vestiaire le craignait, Zidane fait quelques piges à Bordeaux. Manœuvre désespérée pour donner encore un peu de mental à une équipe qui n’est pas la meilleure de France ? Ce serait bien vu, mais ce n’est pas ça. Gerets vient juste de comprendre que prendre une décision comme celle-là à Marseille ne pouvait pas être tenu secret. C’est comme pour le vrai niveau de Zubar : quand la vérité éclate, tout le monde en profite.

La vraie question est donc celle-ci : être un bon client pour les médias, pour les joueurs (surtout les mauvais), sortir des phrases choc ou la moitié de son équipe à la mi-temps quand elle fait n’importe quoi suffit-il à faire d’un entraîneur un grand entraîneur ? Une victoire à Liverpool pour le baptême du feu avec un but de Valbuena est-elle un exploit, nullement rendu suspect par un 0-4 au retour, qui donne un crédit illimité ? Eric Gerets a façonné son OM. Il l’a tellement changé qu’Albert Emon met machinalement son survêtement tous les matins et qu’il engueule M’Bami dès qu’il le voit.

Tapie dans l’ombre

L’OM était une équipe de fin de saison, ça n’a pas changé. L’OM était habituellement en crise l’hiver, il a réussi l’exploit d’encaisser trois buts nancéiens dans son stade le 21 décembre dernier. Seul Le Havre pouvait s’en vanter. L’OM était largement plus fort que le Zénith Saint-Pétersbourg, mais a choisi de faire l’impasse sur le match retour il y a un an. Le Shaktior Donetsk a rejoint l’URSS cette saison. On n’ira pas jusqu’à écrire qu’emmener l’OM en finale d’UEFA avec Drogba fait d’Anigo le meilleur entraîneur marseillais des 20 dernières années, ça s’appelerait de la cruauté.

Pour Sacco et ses amis, pour l’ancien spécialiste foot du Vestiaire, l’incapacité chronique de l’OM à aller au bout de ses épopées est restée un mystère. L’entraîneur n’a rien à voir là-dedans. Par contre, Hilton, Erbate, Koné, Mears, les 25 matches de Zubar, les contrôles orientés de Brandao, Samassa, Kaboré, Wiltord, c’est lui et Dreyfus n’avait rien demandé. Le niveau Ligue des Champions, lui, demandait une équipe capable de bien défendre et de bien attaquer dans le même match. La réponse marseillaise est dissimulée derrière le nombre de huitièmes de finale. Pour dépanner, Civelli est remonté de la cave en pleine saison, c’est futé. Lorient en a beaucoup souffert. Qui a dit que ça coûtait aussi l’UEFA ?

Pendant ce temps-là,  le Vélodrome a oublié que Papin et Boli ont joué dans la même équipe et que l’entraîneur belge, c’était pas Gerets. Pour la nouvelle crise, on dit merci qui ?

L’Hommage du Vestiaire : Guillaume, le quelconque errant

milano

S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer. Rarement un joueur n’avait autant marqué les matches de son empreinte. C’est un génie, probablement le meilleur joueur français. Gourcuff est pas mal aussi (vidéo colonne de droite), mais il lui faut encore bosser. Dans l’ombre, un petit jeune aux dents longues rêve de lui piquer son talent. Il s’appelle Benzema, mais il a une excuse : 3 ans de moins.

Papin dit de lui que c’est Van Basten, Zidane a cru apercevoir Trezeguet, Malouda a un autographe de Drogba. L’équipe de France lui tend désormais les bras. Comment ne pourrait-il pas être le nouveau Savidan ? A peine 24 ans et déjà porteur de la maturité, du niveau et du charisme de meilleur buteur sur Eurosport, justifiant que la presse en fasse des caisses. Il n’a pas marqué qu’à 12 matches sur 20, il était titulaire à chaque fois. Devant le but, c’est un tueur, il lui arrive même de cadrer. Et quand il ne marque pas, il sort à la mi-temps ou juste après. C’est donc un joueur décisif. Il sait se faire oublier tout un match et surgir de sa boîte pour remplacer Mamadou Sakho sur le banc. Il l’a même souvent fait cette saison : la régularité, sa principale qualité.

Jay Jay l’Amoroso

Comme les grands, il a sa valeur ajoutée : c’est la défense.  Lizarazu se fout un peu de sa gueule,  sa silhouette déguinguandée peut faire rire, mais il prend quelques ballons de la tête. Au final, c’est le prototype de l’attaquant moderne protéiforme, réunissant en lui toutes les qualités des meilleurs buteurs de l’Histoire. Spectaculaire comme Papin, régulier comme  Ronaldo, efficace comme Romario, décisif comme Benzema, technique comme Henry, adroit comme Trezeguet. En un mot, complet comme Thomas Deniaud. Mais surtout, comme Eto’o, il joue dans une des meilleures équipes d’Europe, bien aidé par le petit Okocha, au moins aussi bon que l’original sous le même maillot.

Derrière lui, le PSG s’est mis au diapason. En ne prenant que quatre buts par Bordeaux, le club de la capitale n’a pu rééditer l’exploit de Schirrhein, mais s’est confortablement installé dans le fauteuil de favori.

Les Avortons : Cantona que de la gueule

papillon

Le-Vestiaire.net poursuit son excursion dans les couloirs du temps. L’avorton du jour ne sera lui non plus dans aucun classement et ce n’est pas parce qu’il est mauvais acteur.

Le centre de formation de l’AJ Auxerre n’a pas servi qu’à faire de Guy Roux un entraîneur de légende, il a aussi sorti l’un des joueurs les plus extraordinaires toutes époques confondues. Franck Rabarivony l’était assurément pour des raisons obscures, Eric Cantona peut-être aussi, le mystère est moins opaque. Comme Jacques Mesrine, le King est adulé par plusieurs générations. L’un comme l’autre sont appréciés pour les mêmes qualités : leur franc-parler, leur courage, mais surtout leur orgueil et leurs dérapages violents trop souvent inacceptables.

La comparaison s’arrête là. L’un est un bandit assassin, l’autre ne tuait que les matches. Ceux qui ont connu Cantona se souviennent d’un artiste sans égal, comme le disaient les VHS, doublé d’un bad boy capricieux incapable de baisser son froc. Pour se rendre indispensable, il fallait savoir fermer sa gueule. Gravelaine et Pedros ne la fermaient pas, ils ne l’étaient pas. Cantona ne la fermait pas, pourtant il l’était. Henri Michel a su se passer de lui comme la Fédération saura se passer d’Henri Michel. Jacquet saura se passer de lui avec plus de succès. Trop de caractère, trop de talent, trop. Comme Papin, il ne sera pas aidé par la génération bleue qui précédera la première étoile, pas celle de Dalcin, qu’il n’aurait pas encore retrouvée. En Angleterre, il deviendra Roi, ce ne sera que justice, mais l’Histoire en a rarement quelque chose à foutre de la justice.

Cantona est une légende, pour ses excès sur le terrain et en dehors. Il aurait dû être beaucoup plus, comme son génie l’y autorisait.

Saison 5, épisode 5 : Céleste et bobards

Après 2002, l’Uruguay est décidément la bête noire de l’équipe de France, un peu comme la Roumanie, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie, le Paraguay ou l’Espagne. Mais après tout, les Boliviens avaient été aussi rudoyés par cette même Celeste (2-2).

Même L’Equipe s’en est aperçu, il n’aura fallu qu’un seul match. Mieux, il n’aura fallu que 45 minutes pour que le monde entier comprenne, hypocrites inclus, que l’équipe de France est au moins aussi forte qu’à l’Euro. Constat assez étonnant après un remaniement de staff aussi important. « Mais bon sang, qu’est-ce qui cloche ? », se demande « Maître Courage » Escalettes. Hier soir, il n’y avait pourtant pas que onze nuls, il y en avait vingt-deux, mais l’équipe de France, transfigurée depuis deux matches, n’a pas réussi à développer son jeu, comme depuis deux ans. C’est quand même bête.

C’est Escalettes qui va être content. Son choix est payant. Le match d’hier ressemble à s’y méprendre aux 42 derniers de l’équipe de France. Anelka, Henry, Ribery, Benzema ou Gourcuff. Est-ce si faible que cela ? Quoiqu’il en soit, Domenech est maintenant assuré de conserver sa place jusqu’à l’élimination de la Coupe du Monde 2010. Ce n’est pas maintenant qu’il va réussir à faire ce qu’il n’a jamais su faire. En plus, Maître Courage avait vu juste au lendemain de France-Tunisie : la naissance d’une vraie équipe. Hier, c’est zéro but marqué, comme contre l’Italie ou la Roumanie. Les temps changent.

Les papinazes de Savidan

« Savidan, c’est notre nouveau JPP », lance Larqué entre deux coups de lèche de Christian. Savidan vient alors de tenter sa 32e reprise de volée. Cette fois, elle est passé à 20 mètres, ça va bien finir par rentrer. Ainsi, Papin avait 30 ans lorsqu’il a débuté en Bleu. Et il était aussi connu pour tenter des gestes ridicules sans en planter un. L’histoire se réécrit sans cesse.

Domenech n’avait pas attendu la première minute tricolore de Stèèèève pour le flinguer : « Pour Savidan, c’est ce soir… Ou jamais ». L’ancien adversaire de Ribery en National, comme inscrit sur les fiches de Christian, a compris le message : il va essayer de marquer sur chaque action. Son contrat pour le Domenech Show passe par là. Gomis en avait mis 2, comme la Ligue où il évolue désormais. Prometteur.

Défense de gagner

Les latéraux se sont mis derrière au niveau des centraux. Fanni, c’est normal : il n’a que 26 ans, jouer avec les adultes, c’était pas prévu. Pour Evra, ça va bientôt s’appeler une habitude. Et Anelka va se faire appeler David. C’est ça de réussir toutes ses occasions en club, les prestations en équipe de France se remarquent. Lancé coté gauche, il repique dans l’axe pour se remettre sur son pied droit, mais au moment de frapper, c’est la chute.

Christian, conquis : « Anelka ! A côté… C’est pas idiot, c’est vraiment pas idiot. » Astorga, en pleine émulation, a dû frapper fort. Entre trois questions condescendantes, il jette son pavé à la gueule de Vieira. Comme tout le monde, excepté Escalettes, il a bien compris que la qualification serait un chemin de croix qui conduirait à l’enterrement de la génération Benzema-Ribery. Alors, il refuse pour la première fois d’obtempérer aux consignes de sa production. Hannezo n’a pas fait le déplacement, David joue cartes sur tables : « Patrick, vous allez vous qualifier pour la Coupe du monde 2010 ? » La réponse ne serait donc pas si évidente que cela. Qu’en pense Maître Courage ?

Escalettes se souvient de l’histoire de ce club qui descendit de division avec le même effectif et le même entraîneur. Le fameux électrochoc ne vint jamais. Il y avait des joueurs, mais pas d’équipe. Il ne trouva jamais le coupable. De toutes façons, il s’en foutait, JPP était de retour.