Arsenal-Monaco : Jérémy régnait

Arsenal-Monaco, PSG-Barça, Barça-PSG et PSG-Barça entreront-ils un jour dans l’anthologie des plus grands matchs français en Coupe d’Europe au même titre que quelques autres branlées ou exploits historiques. L’Equipe le veut, nous on avait déjà dit non. Voici les 15 plus grands matchs de ces 20 dernières années. Pour l’occasion Monaco représentera encore la France.


15. OM-Milan 93

Pour quel autre match chercherions-nous la VHS sur priceminister tout en ayant pris soin de conserver son combi tv magnétoscope de la fac. OM-Milan c‘était Roland encore vivant qui n’insultait pas encore Larqué déjà mort, c’est Tapie qui n’en voulait pas encore aux couilles de Praud, et c’est Goethals qui alignait 9 joueurs défensifs face à Van Basten aux abois, Massaro aux fraises, et Papin aux chiottes. On les fout 15ème parce que c’était un peu joué d’avance et pas qu’à cause d’Eydelie. Et dans les buts c’est Barthez.

14. Manchester-Monaco 98

C’est le match qui permit à Trezeguet d’être champion du monde 3 mois plus tard. Pourtant l’entraîneur s’appelait Tigana, pourtant c’était à Old Trafford, pourtant Benarbia était titulaire. Carnot est même entré en jeu. Mais Solskjaer aura la bonne idée d’attendre un an pour en marquer 2. Tant pis pour Liza. Et dans les buts c’était Barthez.

13. Caen-Saragosse 1992

C’est vrai, c’était il y a 21 ans et ça n’a servi à rien. Pourtant on a rien oublié. C’est le jour où Gérard Houiller et nous tous avons cru que Gravelaine allait faire carrière ailleurs qu’au loto foot. Au retour, tout le monde s’est souvenu de celle de Stéphane Paille.

12. Nantes-Juve 96

Pourquoi tout le monde croit encore que si N’Doram avait eu la jambe plus longue, Nantes aurait mené 4-2 ? C’est des conneries : à ce moment-là il y avait 2-2, Renou n’avait pas encore marqué le 3e. Et à 4-2 de toute façon, il aurait manqué encore un but pour aller en finale, et c’est avec Gourvennec, Peyrelade et Renou qu’il aurait fallu le marquer, puisque Pedros avait mis un coup de pied dans la gueule d’un Russe au tour précédent, Ouédec était blessé, Kosecki était sorti et Deschamps était en face. Dans ces conditions, c’est déjà pas mal d’être douzième.

11. PSG-Milan 95

C’est sans aucun doute le PSG Denisot le plus fort avec la cuvée 93. A cette époque le PSG campait dans le dernier carré des Coupes d’Europe en éliminant le tout venant, parfois le Barça, parfois le Bayern et parfois le Real. Mais à cette époque ce qui compte en foot c’est l’Italie et en guerre c’est l’ex Yougoslavie. Milan c’est en Italie même avec Simone titulaire. Boban et Savicevic ça vient d’ex Yougoslavie. De toute façon en finale ça aurait été Van der Sar, Reiziger, De Boer, Rijkaard, Davids, Seedorf, Kluivert et Overmars, valait mieux pas y aller et rester tranquillement à cette onzième place.

10. PSG-Real 93

C’est le deuxième match du PSG dans le classement mais c’est aussi le dernier, car PSG-Steaua c’était beau mais c’était des préliminaires et les deux finales faut avouer qu’on s’en fout un peu et que dire de ce PSG-Barça en poules avec un rouquin en défense ou celui d’il y a deux ans avec Xavi déjà âgé de 55ans. On aurait aussi pu mettre le 1-6 de la Juve, c’était triste mais c’était de la Supercoupe. Par contre ce but de Zamorano juste avant d’aller se mettre en pyjama, et celui de Kombouaré au moment de dire bonne nuit à Papounet et sa perruque qui tombe par terre d’émotion, on n’a jamais vu mieux. En plus c’était Gilardi qui le racontait même si à l’époque on savait pas qu’il allait crever aussi vite. On parle de Gilardi, car Papounet il est toujours là.

9. Monaco-Real 2004

Pourquoi classer ici un match dont on se souvient surtout pour les conneries de Giuly et le jubilé de Morientes. Car ce Real-là n’avait aucune chance de se faire sortir par ce Monaco-là. C’est sans aucun doute le plus grand exploit de l’histoire mais ce n’est que Monaco.

8. PSV-Lyon 2005

Retenir seulement le penalty volé à Nilmar en prolongation, c’est oublier un peu vite la trace que Nilmar laissera au club. C’est bien de jouer sans attaquant, mais ça fait faire 1-1 à l’aller et au retour et ça fait de Wiltord votre meilleur buteur. Et merde, tant pis pour Malcolm X : Essien et Abidal pouvaient-ils décemment marquer un tir au but ? Marcelo, il fait chier avec ses jeunes Brésiliens, parce que le PSV a été à une séance de tirs au buts de la finale et qu’elle aurait été contre Liverpool.

7. Milan-Lyon 2006

Une petite télé, une bande de potes étudiants dont un puceau, mais lequel, et une gastro : il y avait tout, ce soir-là, pour passer une superbe soirée européenne. Lyon avait la meilleure équipe d’Europe, mais aussi le pire attaquant brésilien. Il s’appelait Fred ou Carew, et il était tellement mauvais qu’il avait laissé Diarra marquer le but du 1-1, qui aurait pu suffire à aller en demi-finale si Abidal n’avait pas été obligé de jouer une 88e minute avec interdiction de faire une connerie. Avant de regarder la demi-finale Arsenal-Villareal à la télé deux semaines plus tard, Benzema a vu tout ça du banc et s’est promis de ne plus jamais croire Aulas. C’est ainsi que Lyon ne réussira pas à remporter deux ligues des champions consécutivement sinon ça aurait mérité mieux que les 7ème et 8ème place.

6. Auxerre-Dortmund 93

Il n’y aura jamais qu’un seul véritable Auxerre-Dortmund et ce n’est pas celui de Ligue des Champions 97 car les Dieux du football ne supporteraient pas de voir Lilian Laslandes titulaire dans les 10 premiers. En 1993, deux clubs français sont en demi-finale de Coupe UEFA et dans ces deux clubs il y a Auxerre qui remonte deux buts au retour. Mais dans clubs français il y a français et Stéphane Mahé en est un. D’un côté, il a de la chance car en Colombie il aurait été récompensé autrement que par un simple transfert au PSG. Il y a une morale : il entraîne Saint-Nazaire.

5. Auxerre-Ajax 93

Qui aurait cru qu’un jour Daniel Dutuel ferait rêver la France sur une passe de Lilian Laslandes remplaçant. C’est arrivé à la dernière minute et on s’est dit : Vahirua, Cocard, Martins et Baticle c’était pas que de la merde. Mais on se l’est pas dit longtemps.

4. Bordeaux-Olympiakos 2010

Si ce match est quatrième ce n’est pas seulement parce que notre rédacteur en chef est bordelais ou parce que ce fut le dernier match de la carrière de l’ancien Zidane. Blanc ne connaissait pas encore Nasri, il pensait que le foot c’était simple et percutant comme un va-et-vient entre Chamakh et Gourcuff. Ciani marquait pour les deux équipes, et ni le Bayern, ni la Juve n’y avaient résisté. L’Olympiakos allait donc dégager vite fait et Gourcuff se faire voir chez les Grecs.  Blanc a rejoint l’équipe de France et Gourcuff celle de Closer.

3. Barça-Lyon 2009

Pour une fois, il faut prendre l’aller en compte où comme d’habitude Barcelone avait été mauvais, mais Henry était un grand joueur. Au retour, Barcelone fait comme contre tous les autres : les vingt plus belles minutes de l’histoire du foot pour marquer trois ou quatre buts, ce sera quatre. Ils sont tous là, et ils ne le seront plus ensuite : Eto’o, Henry, Messi, Iniesta et Xavi. Pedro ne sert qu’à laver les chasubles, et ce n’est même pas la peine de parler à Guardiola d’Ibra ou Villa. Piqué et Puyol sont déjà là, avec Marquez, donc Lyon va revenir à 4-2 et grâce à Benzema sur l’occasion du 4-3. Seydou Keita peut parachever le chef d’œuvre. Le Bayern prendra la même en quarts, Chelsea prendra Iniesta en demi et Messi fera une tête contre Manchester en finale.

2. Bordeaux-Milan 96

Celui-là on vous l’a déjà raconté. Gernot Rohr était entraîneur et Milan avait comme d’habitude dans les années 90 sa meilleure équipe de tous les temps.

1. Monaco-La Corogne 2004

Deschamps voudrait nous dire qu’il est le plus grand entraîneur du monde qu’il s’y serait pas pris autrement. La plus grosse branlée en Coupe d’Europe c’est donc lui qui la met, il réussit à faire marquer 4 buts à un mec qui s’appelle Prso et en plus Monaco c’est toujours pas un club français. Avec ça il a été en finale et tout le monde a zappé sur Le Gigolo de M6 après.  Sinon ça ne valait évidemment pas la première place.

Ligue 1, Bordeaux : Ca Planus pour moi

plastic

Pénible vainqueur à l’arrachée d’un promu, Bordeaux semble avoir déjà perdu son trophée. Pendant le même temps, la meute a faim. Face à Grenoble, presque vice-champion de France de Ligue 2 en 2008, Mamadou voulait juste faire un foot. Comme au Parc Borély, il a dribblé tout le monde et ce n’était plus drôle pour personne au bout de deux minutes. Surtout, Lyon a décroché un nul dans un fauteuil chez le demi-finaliste de la Coupe de France 1999 et le PSG de Coupet a muselé le Montpellier de Valderrama, à 10 +Coupet contre 10.

C’est la crise à Bordeaux. A 60% de son potentiel, avec une équipe de départ pas si loin de l’équipe type en Coupe de la Ligue, Bordeaux est encore loin d’avoir trouvé ses marques. Lens en a bien profité, et à 1-1 on ne donnait pas cher de la peau des Bordelais. Invaincu depuis 34 matches de L1 à Chaban (26 victoires, 8 nuls), Bordeaux a encore du chemin pour ressembler au grand Lyon, qui même en jouant mal, mettait toujours des taules à la fin. On est loin de la grosse machine sûre d’elle qui bat des records.

Les observateurs de la L1 n’en espéraient pas tant. Le champion chahuté dès la première journée par un promu et l’OM, impitoyable à Grenoble, est déjà champion. Ou presque, nuancerait volontiers Sacco et son équipe, toujours soucieuse de ne pas raconter de conneries. Bordeaux inquiète, Bordeaux pas prêt, la Gourcuff-dépendance, l’affaire Chamakh, quand tout ça sera réglé, ça ira un peu mieux. Bordeaux finira la saison à combien de buts ?

Henrique va tous les Souley

Henrique, lui, s’en fout, il ne partira pas. Il a pourtant fait tout ce qu’il faut pour, de la glissade dès la 2e minute aux erreurs de marquage sur tous les coups de pied arrêtés. « Tant mieux, il faut de la communication. Les petits réglages, c’est normal à ce moment de la saison », remarquait un consultant bien connu de Canal. Planus, formé à Bordeaux, Henrique au club depuis trois ans, ça peut vraiment se régler ? L’espace d’un instant, Alou Diarra s’est transposé en Ligue des Champions, le responsable lui est apparu tout naturellement. La bonne nouvelle est venue du banc : en répondant aux questions de Canal+ par des phrases monosyllabiques, Mickaël Ciani a gagné sa place sur le terrain. Bordeaux est décidément une machine bien huilée : Henrique ne pouvait pas mieux lui souhaiter la bienvenue.

Disque de Platini

Gagner leur place, Chamakh et Gourcuff n’ont pas ce souci. Le premier était annoncé sur le banc, au profit de Bellion, par La Voix des Sports. Raté. Difficile de dire qui du Marocain ou de Bellion s’est senti le plus honoré. Chamakh a foiré sa première mi-temps et à peine mieux réussi sa deuxième. L’Equipe pense pareil, mais aussi que son but ne change rien. Le Vestiaire n’est pas tout à fait d’accord. Et Cavenaghi ?

Gourcuff, lui, continue son choix. Milan ou Bordeaux, il avait bien répondu à la première question. Maintenant, c’est une grande carrière ou pas. Si oui, il ne sera pas loin des 20 buts, de l’Afrique du Sud avec un numéro 10 et d’un club anglais ou espagnol dans un an. Attention, le train ne passe pas deux fois. Diomansy Kamara, assis face à l’horloge de Craven Cottage, ne comprend plus.

Jaro kiri

Dimanche, Chamakh et Gourcuff se sont réveillés en deuxième mi-temps. Bordeaux a construit sa victoire en deuxième mi-temps. Plasil, qui avait commencé dans la voie d’insertion, a totalement disparu de la circulation en deuxième période. Les coincidences sont parfois troublantes. Gouffran, sa pointe de vitesse et sa première passe décisive de la saison se marrent bien. Plasil peut rendre bien des services, mais on ne distingue pas vraiment lesquels, encore. On se doute juste qu’il peut en rendre plus que Traoré, sinon pourquoi serait-il là. Fernando n’a toujours pas la question, si seulement Blanc avait su qu’il restait. Même chose pour Cavenaghi. Blanc ne sait toujours pas si on le remarque sur le terrain parce qu’il redescend au milieu pour participer au jeu ou à cause de ses cheveux. La réponse est dans son nombre d’occasion voire de but.

Pendant ce temps-là, Alou Diarra et l’OL se rappellent leur aventure commune, quand il ne jouait pas. Qui des deux est le plus nostalgique ?