Thierry Henry : Il fenormono

Le Vestiaire avait déjà réservé un sort au cousin éloigné de Darcheville.

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Ils étaient une trentaine à postuler au panthéon du Vestiaire. Tous avaient une particularité que Fred ne possède pas. Et Wiltord n’y est cette fois pour rien. Après un débat houleux sur la véritable place de Titi Camara, il en reste une poignée. Voici les cinq meilleurs buteurs de ces vingt dernières années.

5. Davor Suker

Le Croate représentait le cas le plus épineux pour notre spécialiste. Il est le seul des cinq à ne faire fondre aucune prostituée sur son passage et à ne s’étendre que sur sa femme, à deux ou trois étudiantes près. Pour autant, il réussit le petit exploit de virer Papin, Van Basten et Trezeguet du club. La carrière internationale de JPP s’est arrêtée en 1986 alors que dix ans plus tard, il écumait encore les tavernes bavaroises, girondines et bretonnes. Il était pourtant en période de top, comme Marco le Hollandais, l’avant-centre le plus efficace au monde. Si Van Basten a souvent mis les buts qu’il fallait, jusqu’à gagner un Euro à cinq buts, il bénéficiait d’un collectif sans égal. C’est Gullit qui bat l’URSS, alors que c’est Suker qui finit troisième de la Coupe du Monde 1998. C’est Suker qui est le seul à transpercer dans le jeu la meilleure défense toutes époques confondues. Il avait de bons partenaires, mais sans lui, ils n’auraient connu, à l’instar de Bafe Gomis, que le premier tour. Enfin, Suker, c’est la Ligue des Champions 1998 assortie de quatre buts en sept matches. Trezeguet a gagné l’Euro, mais jamais la C1.

4. Hristo Stoichkov

C’est l’incontournable des cinq. Avec une équipe encore plus faible que celle de Suker, il va lui aussi en demi-finale d’une Coupe du monde dont il finit également meilleur buteur, à égalité avec l’accidenté Salenko. Comme Suker, il remporte une Coupe des champions comme titulaire indiscutable de l’onirique attaque barcelonaise, la même qui va encore en finale deux ans plus tard lors de la taule milanaise. Son caractère dégueulasse ne suffit pas à faire oublier son insondable talent.

3. Romario

Est-ce parce qu’il est le meilleur marqueur de l’Histoire derrière Pelé, juste devant Ostrowski ? Est-ce parce qu’il a offert au Brésil une Coupe du monde que ni Zico, ni Socrates, ni Dirceu, ni Falcao, ni Careca, ni Valdeir n’avaient su aller chercher ? Ou est-ce parce que Barcelone en a fait un Dieu vivant en une seule saison ?

2. Thierry Henry

Encore un Français sur le podium, mais il est le seul dans cette catégorie. A 20 ans, il plante sept buts en neuf matches de C1, jusqu’à la branlée turinoise en demie. Une précocité que seul Benzema a connu, au détail près qu’il n’est qu’ailier des champions de France 1997. La suite, c’est un repositionnement dans l’axe pour faire oublier Ian Wright. D’ailleurs, c’était qui ? Et des buts et des buts à ne plus savoir qu’en faire. Décisif partout, tout le temps, de l’Italie au Brésil, en passant par l’Irlande. Même Platini s’est fait dégager, mais Henry, personne n’ose. Logique, c’est le meilleur. Son boulard et ses infidélités n’y feront rien. Sur le côté à Barcelone, il marque encore et fait marquer et devient avec Iniesta l’élément essentiel de la plus grande équipe de clubs de tous les temps.  On aurait voulu mieux, notamment qu’il ne se contente pas d’emmener Arsenal en finale de Champion’s League, ou qu’on ne lui pique pas chaque année ses Ballons d’or. Il devrait en avoir au moins trois. On aurait voulu la première place, mais devant c’est presque plus beau qu’un contrôle de Govou.

1. Ronaldo

Il devait être le nouveau Pelé, comme D’alessandro, Ortega, Saviola, Riquelme, Aimar, Tevez ou Messi le nouveau Maradona. Lui l’a été, il est même devenu Ronaldo. Quand Van Basten et Papin cherchent encore sur eBay à compléter leurs jambes respectives, Ronaldo est revenu aussi fort après avoir perdu ses rotules. Son explosivité a été compensée par son sens du but visiblement inné. Seul joueur de l’Histoire à n’avoir jamais connu de mauvaise saison sur le terrain, il s’est imposé partout où il a mis les pieds. Comme Ronaldinho, son ratio ne descend jamais en-dessous de 0,50, mais on ne parle pas de grammes par litre. Du plus grand au plus petit club. Il n’a disputé comme Zidane, Maradona ou Henry que trois finales de Coupe du monde pour deux succès seulement, ses quinze buts lui pardonnent. Il est le plus rapide, le plus agile, le plus sûr de lui, le plus complet. En un mot, le meilleur.

Ont également été cités : Bergkamp,comme Cristiano, même pas champion d’europe ;  Inzaghi, si c’est une blague, c’est moins drôle que de mettre Vieri ; Eto’o, la Coupe du monde, la Coupe du monde ; Drogba, viré par Anelka ; Shearer, l’équipe d’Angleterre, ça comptait à une époque, mais c’était déjà pas la sienne ; Bebeto, victime des numéro 1 et 3 du classement ; Weah, victime collatérale ; Oman Biyik, Eto’o est meilleur ; Chevtchenko, Suker et Stoichkov y sont bien arrivés, trop tard ; Owen, il a gagné quoi ? Le Ballon d’or, tiens tiens ; Gullit, le faire valoir de Van Basten ;  Klinsmann, Milan, Juve, Barça, Madrid, Bayern, Manchester, non ? Tant pis ; Voller, la moustache c’est un peu trop glamour pour notre classement ; Riedle, et dire que le Danemark n’aurait même pas dû participer ; Ibrahimovic, ? ; Batistuta, la fidélité ça paye ni sur le compte en banque, ni sur le palmarès et ça ne fait même pas gagner la Coupe du monde ; Brolin, une Coupe du monde, ça ne suffit pas toujours ; Raul, l’Espagne a enfin gagné, mais il n’était pas là ; Kluivert, une carrière de deux ans et ce n’est même pas un Dieu au Camp Nou ; Sukur, à une lettre près, il était dedans ; Zamorano, Kombouaré m’a tuer.

Brésil : La république de Neymar

L’allusion à l’Allemagne dans le titre n’est pas complétement fortuite mais qui la comprendra avant 2014 ?

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Après dix ans passés à comprendre que le Brésil éternel n’est qu’une vaste connerie, l’année 2013 remet le foot dans le sens de l’histoire. Avant de parler de quelques phénomènes brésiliens, il faut rappeler qu’un Mondial organisé au Brésil  aura le Brésil en finale.

A partir de là, la question n’était déjà plus pourquoi, mais comment. Avec le Brésil, c’est simple : le sélectionneur importe aussi peu que le gardien, pourvu qu’il révèle un Pelé. Avant Scolari, Menezes en a essayé une cinquantaine et il a compris ce que Laporte, Lièvremont, Saint-André, Domenech et  Blanc ont sans doute compris, fini par comprendre ou pas : quand une génération est nulle, elle reste nulle si on a pas la star, même si on a trois ans pour travailler, quels que soit ses défauts d ‘entraîneur.

Scolari s’est posé moins de questions depuis novembre. Neymar joue à chaque fois, il a marqué 13 buts, de toute façon ça ne pouvait pas être quelqu’un d’autre. Autour, il fallait essayer de trouver ceux qui lui étaient le plus utiles. Il fallait s’appeler Jacquet pour penser à Guivarc’h, Scolari, pour penser à Fred. Benzema avait pourtant laissé un indice en répétant qu’il avait aimé jouer avec lui, mais il a aussi répété que Houiller était un grand entraîneur ; dans le doute, personne n’a rien retenu. Mais voilà, ce que Milan n’a pas vu en 2006, le Brésil le découvre : Fred marque des buts, et pour être plus précis il ne rate aucune occasion.

Luiz fait flipper Scolari

Pour trouver le bon système et la bonne place du Pelé à crête, Scolari a sorti les grands moyens : Ronaldinho, Luis Fabiano et Kaka ont été successivement convoqués. C’est vrai qu’il ne restait qu’un an et demi à Neymar pour apprendre ce qu’il faut faire ou absolument pas faire pour être Pelé. Robinho aussi était dispo, mais le gamin n’est quand même pas un abruti. Mais il reste un gamin, qui est émerveillé de jouer avec son Hulk en plastique. Le reste était déjà en boutique : des défenseurs qui s’arrachent à prix d’or et qui font parfois des passes décisives aux attaquants uruguayens, ce qui peut arriver n’importe quand durant un Mondial contre n’importe qui, un milieu de terrain pas connu qui joue au pays et dont le nom finit en inho. A côté de lui, il suffit juste de mettre un joueur qui décide de tout, donc qui ne soit plus Zé Roberto.

Décider de tout, c’est filer le ballon à Neymar quand il faut. Ca demande pas de dominer tout le match, mais le Brésil l’a jamais fait, juste d’accélérer de temps en temps et d’en mettre entre deux et quatre à tout le monde. Scolari a un an pour ne pas faire oublier le mot pressing à Neymar et interdire à Robinho d’emmener ses jeunes successeurs faire des passements de jambes avec les copines de Ronaldinho. Müller l’apprendrait, Xavi aussi, et ça les arrangerait beaucoup.

Pendant ce temps-là, Neymar n’a jamais eu un match important à jouer et Scolari envoie un à un tous ses titulaires en Europe. Sans doute un hasard. Parce qu’évidemment la Coupe des confédérations on en a rien à foutre, ça sert juste à dire que la grande Espagne est morte mais ça le Vestiaire l’avait dit il y a plus d’un an.

Les Palmarès 2012 : les 10

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De la fin des années 80 à nos jours, il y a toujours eu des footballeurs meneurs de jeu. En 2008, ils étaient 5. Depuis, Henry, Xavi et Iniesta se sont fait piquer un ballon tout dur et tout jaune.

6. Ronaldinho Gaucho

Contrairement à Eric Carrière, le Brésilien aurait pu en faire une bien meilleure. Malheureusement, le PSG s’est dressé très tôt sur sa route, avec à sa tête Luis Fernandez. C’était bien avant son livre et le Reims-doigt. Anelka lui-même n’y avait pas résisté. Une Coupe du monde, c’était un bon début. Un transfert au Barça, pourquoi pas, et enfin la saison de rêve qui lui avait octroyé in extremis notre cinquième place aux dépens de Del Piero, plus constant, mais moins marquant. C’était en 2006, Giuly s’en souvient puisqu’il portait les bouteilles. Ronnie offre le championnat et la Ligue des Champions au Barça. Depuis, il se fait appeler Bronnie. On nous a signalé un retourné, quelques coups francs et un transfert à Milan, entre plusieurs bars à filles de joie. A 28 ans, Stéphane Dedebant n’était pas encore buraliste. « Encore deux bonnes années avec un Ballon d’Or et Messi sera loin devant« . Il en a 3, au revoir Bronnie.

5. Gheorghe Hagi

Stefan Babovic, comme Branko Boskovic en son temps, a bien été surnommé le Messi des Balkans il y a 3 ans, à son arrivée à Nantes. Messi n’est donc pas l’égal de Maradona, c’est pourquoi garder le surnom de Maradona des Carpathes après sa carrière, ça classe un joueur. Hagi a deux bonnes raisons de le conserver : son incroyable lob contre la Colombie pendant la Coupe du Monde 1994, et surtout le reste de sa Coupe du Monde, où il emmène la Roumanie en quarts de finale, avec le scalp de l’Argentine au passage. Et scalper Batistuta et ses cheveux dégueulasses c’est pas facile. Sans Belodedici, Hagi aurait même vu les demies. Sans photos, les enfants de Gheorghe Mihali et Tibor Selymes n’y auraient jamais cru.

4. Roberto Baggio

Le plus constant. En club, il s’impose partout : Fiorentina, Juventus, Milan, Bologne, Inter puis Brescia, même si ça ne compte pas. De 1988 à 1994, il marque plus de quinze buts par saison. Il ne peut envier à Djorkaeff que le titre mondial. Il a eu trois chances. En 1990, il ne manque que la demi-finale (remplaçant), celle où l’Italie est éliminée. En 1994, il emmène la Squadra en finale et manque son penalty comme un grand pour laisser le titre au Brésil. Et en 1998, il a été le seul de la compétition à pouvoir éliminer la France, en quarts de finale. L’Italie, c’était lui, et l’Italie a été maudite jusqu’en 2006.

3. Lionel Messi

S’il veut bien se donner la peine de jouer aussi l’été, il aura bientôt rejoint Zidane et Maradona. Mais Zinédine il marque en finale de toutes les Coupes du monde qu’il joue et Diego, c’est Diego. Sinon, il met les mêmes buts que Ben Arfa, marque autant que Cristiano et fait plus de passes décisives qu’Ozil. Pour un peu on ne remarquerait même pas qu’il a été entouré de Xavi, Iniesta, Eto’o et Henry pour tout gagner.

2. Zinedine Zidane

Qu’il soit resté une petite racaille jusqu’à son dernier souffle peut s’oublier : outre les titres nationaux que tous ses rivaux ont épinglé, il a gagné la Ligue des Champions en marquant un but, la Coupe du Monde en marquant deux buts, puis achevé sa carrière sur une nouvelle finale de Coupe du Monde, où il marque une panenka qu’il rate mais qu’il tente. Sans Buffon, il aurait quitté la scène sur un nouveau globe, un nouveau doublé et certainement la tête de notre classement. Peu importe, Cannavaro et les médecins de la Juve sont déjà très fiers de lui. N’oublions surtout pas les expulsions, grâce à des coups de boule dignes de Cantona, ni les insultes qui fondent désormais la légende de Rothen.

1. Diego Maradona

Le meilleur, capable de faire entrer Burruchaga dans la légende tout en se droguant. Tout Maradona résumé, Govou aurait aimé trouver la recette, lui aussi. Le talent ne s’improvise pas. Comme ce retour en 1994, assorti d’un but et d’une suspension pour usage de drogue, apparemment c’était un accident. Comme ce poste de sélectionneur alors qu’il était cliniquement mort il y a quatre ans. Il s’est imposé partout et a fait gagner toutes ses équipes : l’Argentine, Boca Juniors, Barcelone, pas vraiment, et enfin Naples. Sa fin de carrière n’a pas été glorieuse, mais tout le monde s’en fout. Personne n’a jamais réalisé plus que lui, ni été plus indispensable à une équipe que lui et en plus à son époque on défendait encore, même en Liga.

Et Stéphane Carnot ?

Ligue 1, PSG : Le Doha d’honneur

Bientôt 85 millions dépensés : la patte gauche de Leonardo sévit toujours au Parc des Princes et elle semble toujours aussi gauche.  Le PSG doit tout gagner c’est pourquoi il se donne les moyens de tout perdre.

Parce que la Ligue 1 c’était plus facile avant

Qu’il est loin le temps où le PSG survolait la Ligue 1,  quand les matches au Parc étaient gagnés d’avance, quand un septuple champion de France rendait les armes trois fois par saison, quand Paris dominait physiquement et techniquement. C’était l’année dernière. Sur l’instant, des ajustements auraient suffi, autant tout changer. A ce stade de l’été, difficile de dire dans quel mur s’arrêtera le PSG. Si le béton n’a pas encore été livré, les briques sont déjà là.  Non content de s’intéresser à tous les nouveaux Pelé et Maradona de moins de 20 ans pouvant justifier d’une sélection, le club qatari a aussi acheté. Et pas dans n’importe quel club : en équipe de France. Matuidi, Menez, Gameiro sont venus garnir les fauteuils de stars à côté de Sakho et Hoarau. Il ne manque que Cabaye, M’Vila et Rémy, Blanc pourra venir entraîner ses remplaçants au Camp des Loges plutôt que de tous les rassembler pour faire briller un Sochalien en Ukraine. Sébastien Mazure et les quelques abonnés de CFoot n’ont pas fini de vibrer.

Parce que Chantôme n’est pas arrière droit

Comment se passer de son meilleur joueur ? Autant il a toujours été simple de trouver un autre poste à Bodmer, autant il serait dommage de mettre Chantôme à droite, quand bien même  Ceara n’a jamais su ecrire C1 sur son CV. Makélélé-Chantôme au milieu, c’était la clé de voûte du système parisien. Pour mieux profiter de ses arrières-petits enfants, Makélélé a décidé d’arrêter. Chantôme aussi, sagement conseillé par Leonardo, par Sissoko qui a presque joué une saison complète en trois à la Juve et par Matuidi, qui, si ce n’est le palmarès, la technique, l’aura et la science de Makélélé, n’a rien à envier à Makélélé. Nênê a hâte de savoir lequel des deux viendra, comme Chantôme, combiner en une touche. Jusque-là, une touche ne voulait pas dire que l’adversaire remet le ballon en jeu avec les mains.

Parce que Pastore a la rage

Le recrutement de Pastore obéirait à une triple exigence : dépenser du pognon, piquer un joueur auquel le banc de Chelsea faisait les yeux doux et réunir toutes les garanties pour que le joueur reparte libre dans son club formateur à l’hiver 2012. Des rares images obtenues de Palerme, des matches amicaux de l’Argentine, de ses 39 minutes jouées au Mondial 2010 et des vieilles photos d’Huracan, on voit que Pastore sait faire des petits ponts. Autant dire le geste qu’il faut pour réussir en Ligue 1. 45 millions, c’est à peine trois fois plus qu’Okocha. S’il réussit trois fois plus que lui, c’est-à-dire s’il réussit trois lucarnes au Parc Lescure avec un équivalent de Giresse sur le banc, il ne sera qu’un demi-échec.

Parce que Hoarau ne sait plus où donner de la tête

Etonnant constat. Paris a recruté une moitié d’équipe de France A’, ce qui à une époque voulait dire Déhu, Monterrubio, Gava et Vairelles. Paris veut aussi une méga-star, aussi appelée jeune et cher Sud-américain dont Thouroude a entendu parlé par Mourad Zehidi. Sans compter les joueurs de complément mieux payés que Sakho. Le PSG se résumera donc à : deux gardiens qui vont se tirer dans les pattes, Sakho qui rattrape les conneries de Tiéné, Nênê devant. Tout change : au milieu, il y a Makélélé en moins. Devant, il y a Gameiro en plus, qui peut rêver d’un destin à la Loko, à deux différences près : il n’arrive pas au PSG comme champion de France et il la garde dans le pantalon quand il rencontre des représentants de l’ordre le soir. Hoarau aussi est toujours là et il n’est pas seul : Erding reste, Menez est arrivé, avec Pastore ça sent ce que les entraîneurs appellent une saine concurrence six mois avant leur licenciement. Pauvre Bahebeck, finir sur un but contre Le Mans en Coupe de France.

Il y a aussi l’ancien enfant chéri de la Roma et son sacré CV : des matches de Ligue des Champions, ami avec Totti, un superlatif de la Gazzetta dello Sport, ami avec Benzema, une passe décisive contre le Brésil de la Copa America. Quatre buts, trois passes décisives au total : il faut désormais réussir une saison pleine pour signer au PSG.

Milan-Tottenham : Mille ans de trop

Gallas, Palacios, Crouch : le secret pour battre le Milan, c’est d’aligner Ibra.

C’est l’histoire d’un joueur qui s’est imposé partout, sauf au Barça. Il a même été la star incontournable partout, sauf au Barça. Et partout, sauf au Barça, il n’a jamais été loin en Ligue des champions. La conclusion pourrait sauter aux yeux si L’Equipe n’avait pas décidé de mettre une photo du successeur de Larsson dans la pire sélection suédoise de l’histoire en Une hier matin, pour vanter le retour des étoiles européennes. Ibra n’a pas fait mentir sa réputation d’homme de grands matches : perte de balle et but de Tottenham, faute et égalisation acrobatique refusée. Du spectacle, du génie. Et Gattuso qui se bat avec les Anglais parce qu’Inzaghi n’a plus de licence et que Yepes en a eu deux ou trois de trop à River, Nantes, Paris et au Chievo avant son premier huitième de C1 à 35 ans. Un hasard sans doute.

Mano à Pato

A la décharge de l’ancienne star de l’Ajax qui ne gagnait plus la Ligue des champions et de l’Inter qui ne gagnait pas encore la ligue des champions, il n’est pas le seul à porter le maillot du Milan. « Il est facile Robinho », a d’ailleurs salué Stéphane Guy. Qui est vraiment Robinho, qui est vraiment Stéphane Guy, on n’en sait toujours pas plus après ce match. Pato jouait aussi ou presque. Le départ de Ronaldinho est finalement un lourd préjudice : il avait l’œil à chaque partie, et même pour celles organisées en nocturne, c’est lui qui faisait les meilleures passes. Pourvu qu’Abate ne parte pas lui aussi, il n’y aurait plus d’attaquant. Et attention, en face, Gareth Bale sera là au retour. Il a déjà fait tant de mal à l’Inter, redoutable quatrième du Calcio.

Pendant ce temps-là, Ibra ne jouera donc pas ce soir son deuxième Arsenal-Barça. L’an dernier, il avait marqué un doublé avec Gallas-Vermaelen. Wenger pense que cette fois c’est la bonne avec Koscielny-Djourou.

L’Edito : Paclet par derrière

Laurent Blanc a désormais un nouveau défi : faire de Gignac, Rémy et Gourcuff ce qu’il a fait avec Planus, Chalmé et Gourcuff.

« Une mascarade ! » Sébastien Chabal a donc fini par avouer. Sa carrière, sa barbe, son niveau, son pognon : la vérité devait bien exploser un jour ou l’autre. Mais il ne parlait que du calendrier. C’est un peu comme si un ancien médecin de l’équipe de France de football n’apparaissait dans nos colonnes que pour faire le buzz avec des révélations sur le sang des champions du monde 1998, le dopage, Domenech.

Si avec ça, on ne bat pas notre record de visites, c’est donc que nos lecteurs préfèrent largement voir nue Ana Paula Oliveira ou Christine Arron. Mais si vraiment vous aimez l’authenticité du sport regardez l’expulsion de Desailly lors de France-Bresil, vous découvrirez peut-être qu’il est inutile de s’appeler Jean-Pierre Paclet et de donner des interviews à tout le monde. Ca n’a rien à voir, mais on aurait pu aussi parler de Nadal, Federer et Murray à quelques jours de l’US Open, dont l’issue paraît curieusement fort peu incertaine, un peu comme un rallye mathématiques avec Gasquet ou automobile avec Loeb.

Loeb d’une oreille

Sinon, Le Vestiaire promet de ne pas écrire que des papiers basket dans les jours à venir, car Causeur a été préféré à Lombahé-Kahudi et aussi parce que la Liga va reprendre et que le phénoménal Ibrahimovic est pressenti partout sauf à Barcelone. Laporta a bien fait de passer la main.  On va donc enfin pouvoir recommencer à se moquer de Higuain, encenser Benzema, qui n’est plus si grassouillet, et expliquer pourquoi le Barça n’est toujours pas très bon mais quand même un peu meilleur. Et Ronaldinho alors ?

Pendant ce temps-là, la Ligue 1 a battu la D1 russe. En plus, c’était un géant d’Europe qui joue la Coupe UEFA tous les ans.

Brésil : Un Kaka trop mou

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Dunga a choisi de se priver de Ronaldo, Romario, Bebeto, Zico, Dirceu, Socrates, Tostao, Rivelino, Garrincha, Didi, Vava, Pelé et Leonidas. Aura-t-il à le regretter ?

Le Vestiaire vous le dit depuis le début de l’année, le niveau du football de haut-niveau n’a pas baissé. Que Marseille ait pu être champion de France, que Lyon ait pu arriver en demi-finale de C1, que l’Inter ait pu affronter le Bayern en finale alors que Manchester et Chelsea n’ont pas vu les demies ne sont que des phénomènes accidentels, évidemment. Que Higuain puisse être titulaire dans une équipe ambitionnant un titre de champion du monde, que les attaquants du Brésil évoluent à Santos et Séville n’interpellera personne. Pourtant allez savoir pourquoi, depuis une semaine les observateurs ont  la curieuse impression de ne voir que des France-Uruguay.

N’allez surtout pas croire que tout ça est lié et que le Vestiaire fait une fois de plus la preuve de son expertise. Sinon le favori brésilien aurait la plus mauvaise équipe de son histoire. Kaka proteste, mais en a-t-il vraiment les moyens ces deux dernières années ? Rarement une attaque auriverde aura été aussi tranchante. Robinho n’a-t-il pas failli s’imposer au Real, mais aussi à Manchester City ? Luis Fabiano ne s’offre-t-il pas régulièrement une place dans les 10 principaux buteurs de Liga avec 15 buts cette année, soit à peine moins que Soldado de Getafe.

Télé Satana

Pise, Fiorentina, Pescaro, Stuttgart sans oublier le Japon et le Brésil, Dunga joueur a toujours manié l’ironie pour justifier ses titres de champion du monde. La farce n’est jamais trop épaisse, autant prendre Grafite de Wolfsburg, et Nilmar de Villareal, l’homonyme de l’ancien remplaçant de Frau à Lyon. Rennes, Le Mans et Lyon : Marcio Santos avait au moins eu la décence d’être titulaire à Bordeaux.

Si l’attaque brésilienne manquera donc beaucoup d’occasions, au moins elle s’en crééra. Le milieu droit de Galatasaray a un doute, le milieu gauche de la Juventus aussi. Le nouveau Dunga aussi, il était remplaçant de Fabregas à Arsenal mais le Panathinaikos offre toujours une seconde jeunesse aux milieux de terrain de 33 ans. En cas de défaillance en cours de match, Kleberson peut justifier de son contrat avec Manchester United rompu en 2005, il est rangé juste avant ceux de Besiktas et de Flamengo. Par contre il a égaré sa réplique de sa Coupe du Monde 2002. C’est aussi ça le football samba. Le Brésil 2010, c’est donc la vista de Lucio, la vision de jeu de Maicon, l’élégance de Juan, les inspirations géniales de Julio Cesar. Dunga n’a rien inventé, Mourinho plaide non coupable.

L’Espagne aurait même pu battre la Suisse, il n’y a donc pas le moindre nivellement par le bas. Dont acte.

L’Edito : Omeyer d’entre nous

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En août 2008, Le Vestiaire écrivait le plus grand Karaboué du monde. Un an et demi après, il n’y a toujours pas de quoi rire avec cette équipe de France de handball.

Si ce n’est qu’elle a terminé sa demi-finale avec Barrachet, Detrez, et Junillon sur le terrain. Si ce n’est qu’elle gagne avec Jerôme Fernandez dans son effectif, pour ce que la presse généraliste appelle « pas son rendement habituel ». On pourrait aussi ajouter que Guillaume Gille est toujours là lui aussi, mais même ce constat ne fait rire personne. Onesta ne pouvait pas aller plus loin puisque Sorhaindo était obligé de jouer. Finalement, le hand, c’est pas compliqué, ça peut même se jouer à trois plus un gardien. Kara, Abalo et Guigou ont  compris depuis longtemps.

Gille de la tourette

Pour le reste rien n’a bougé ou presque : « Elle est la meilleure du monde, à un niveau de domination jamais vu dans aucun sport, par aucune équipe, la génération 2010 a tout gagné et figuré dans toutes les demi-finales internationales depuis 2005. Son palmarès sur 10 ans, comme celui de Medhi Baala ou Brian Joubert, est effarant : championne du monde 2001 et 2009, troisième en 2003 et 2005, championne d’europe 2006 et 2010 et donc championne olympique. Plus largement encore, et plus fort que la génération Zidane en football, le handball français est sur le toit de l’univers depuis 16 ans. 8 demi-finales mondiales sur 9 dont 3 titres et 3 demi-finales olympiques dont 1 titre. Même la Croatie, malgré 2 titres olympiques et 1 mondial, n’a pas fait mieux, même la grande Suède n’a pas fait mieux, même l’Islande et le Costa-Rica n’ont pas fait mieux. » Pourtant, le handball ne sera jamais l’égal du football, même si Karabatic passera encore chez Patrick Sébastien, mais aussi maintenant chez Michel Denisot. C’est déjà pas mal rétorquerait Daniel Costantini, le géniteur.

Malabar Guigou

Puisqu’il reste une petite place dans l’édito, on ne parlera pas de l’époustouflante prestation de Ronnie contre Livourne, ou de la catastrophe Benzema, plus que jamais au pied du mur. Cela nous obligerait à augmenter notre spécialiste foot qui se permettrait de rappeler que la saison marseillaise était aussi annoncée. A part ça, Chabal est forfait pour le Tournoi, heureusement sa planche à billet va bien. Le Vestiaire en parlera donc bientôt.

Pendant ce temps-là, le nouveau Barça n’a pris que trois buts et Ingrid Jacquemod a fait un podium. Que ceux qui ne s’en foutent pas avant les JO nous fassent un article sur le sujet.

Ligue des Champions, Olympique de Marseille : Mille ans, à chier

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Qui a éliminé les Pays-Bas de l’Euro 1996 ?

Les clubs français ont été témoins bien malgré eux d’une révolution culturelle :  l’arrivée du nouveau catenaccio, celui que tout le monde peut  faire. Défendre parce qu’on ne sait pas tenir le ballon, mettre tout le monde devant à la fin et rater autant de passes que possible pour filer des munitions à l’adversaire. Deschamps en savait aussi son équipe capable, il ne pensait pas que le Milan avait retrouvé toute sa verve et son génie Ronaldinho. Capable du pire comme du pire, il aurait même pu tirer, courir et  faire des passes précises. Le Vestiaire s’est trompé, Ronnie n’est pas fini, il a juste arrêté le foot, pas les talonnades. Milan inspiré par son créateur s’est mis au niveau. Ce n’est effectivement plus le même Milan depuis le match aller.

Koke en stock

Pirlo et Cissé se disputaient le titre de joueur le plus jeune du match, sous les yeux rêveurs d’Ambrosini, Seedorf, Heinze, Morientes et bien sûr de Deschamps, une dizaine de Coupes du Monde à peine. Les deux équipes ont tout tenté pour se qualifier en Europa League en gagnant mais Marseille a finalement choisi le nul,  Brandao était titulaire ou les nuls, Diawara n’est plus à Bordeaux.

Marseille a disputé hier soir le match le plus important de sa saison et de ces 15 dernières années. Ces soirs-là, on révèle son vrai niveau ou on a du mal à le cacher ?

Mandanda : Consonne : L, consonne : L, voyelle : O, consonne  :R, voyelle : I, consonne : S. Six lettres : Lloris. Il y avait aussi en huit lettres :Carrasso.

Bonnart : Chalmé n’a-t-il pas réussi un centre ?

Diawara : Lobé sur les longues ouvertures, mal placé tout le temps, simplement mauvais. Blanc pourrait bien se débarrasser de lui prochainement. Mais qui en voudra ?

Heinze : 31 ans, déposé sans feinte par Boriello qui avait simplement choisi de courir à côté de lui. Ca va finir par se savoir.

Taiwo : Il n’a pas lâché le ballon d’une semelle. Deschamps n’avait pas pensé à ce style de marquage, il va finir par en discuter avec Rool.

Cissé : 31 ans, il court encore.

Cheyrou : Etre à son maximum ne suffit pas toujours. Il faut parfois du talent aussi.

Abriel : Il y aura au moins un Lorientais en huitièmes.

 Brandao : Ce que le foot a offert de pire.

Niang : Aussi Troyen que Marseillais. Mais avant il avait au moins Djukic, Boutal ou Goussé pour l’aider.

Koné : Il n’a raté qu’une occasion. Suffisant.

Benarfa : A couru tout seul sur un côté sous les yeux du survêtement de Valbuena.

Milan

Dida : 36 ans. Thiago Silva : 25 ans. Nesta : 33 ans. Zambrotta : 32 ans. Oddo : 33 ans. Pirlo : 30 ans. Seedorf : 32 ans. Ambrosini : 33 ans et capitaine. Pato : 20 ans. Borriello : 27 ans. 

Et bien-sûr Ronaldinho, 29 ans : la virgule qui termine en 6 mètres, les coup francs dans les nuages, les talonnades, il n’y a donc pas besoin d’accélération. Pour revenir au top niveau ou pour impressionner Christian Jeanpierre ?

Ligue des Champions, OM, Bordeaux : Pour le Plasil

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Se faire éliminer de la Ligue des Champions sur un doublé d’Inzaghi et deux passes décisives de Seedorf n’est plus un luxe des années 90. L’Equipe ne s’en remet pas, le demi-finaliste annoncé a déjà un pied dans la tombe. Ironie du sort, c’est un zombie qui l’a poussé.

C’est un soir de surprises. La titularisation de Kaboré n’est pas loin d’être la première, celle de Cissé pas loin d’être la deuxième, celles de Heinze et Diawara finiront par en être. Brandao ne se sent pas concerné, pourtant surprise il ne s’est pas créé une seule occasion du match. Un jour peut-être il ne débutera pas, pourquoi pas avant l’UEFA. Moi vivant, jamais répète régulièrement Sacco à sa bande. Deschamps répète à son Brésilo-Camara qu’il faut fuir le marquage, du coup il fuit le but, sûrement un problème de syntaxe, les cours de langue ne sont pas facultatifs. Deschamps a voulu lui coller un chien d’aveugle, c’était ça ou Morientes. Pas con sauf que Niang sert à autre chose d’habitude, par exemple marquer ou donner des buts. Résultat, les autres sont jaloux, pourquoi ne pas rien foutre tous ensemble ? Une mi-temps foutue en l’air et la vraie confirmation tombe à la pause : « Je crois qu’on est capable de faire mieux », Deschamps est presque aussi convaincu que convaincant. A force de répéter à ses joueurs que pourtant Milan est nul à chier, ils finissent par comprendre, sauf Lucho qui continue d’alimenter Brandao en bons ballons. Storari n’a jamais tiré autant de 6 mètres. Heinze égalise pour faire oublier qu’il est défenseur, malheureusement Diawara n’aura pas l’idée d’aller doubler la mise pour se faire oublier lui aussi.

Super pipot

Les frappes au-dessus, c’est sympa, les supporters apprécient toujours de ramener un ballon Ligue des Champions à la maison. Après l’heure de jeu, les Milanais abandonnent l’idée de courir, c’est l’heure de l’arthrose. Lille et Kader Keita se remémorent le souvenir ému de Milan, c’était à San Siro et ils avaient réussi un truc de plus que leur adversaire, c’est peut-être ça la clé. Niang enrhume la défense pour centrer en touche, Cheyrou se régale au milieu de terrain mais à chaque accélération c’est la tuile, Brandao est toujours planté là, tout seul devant. Lizarazu aiguise sa réplique, le temps pour la défense marseillaise de s’éxécuter et la sentence tombe. « C’est dur, on ne peut pourtant rien leur reprocher sur les intentions. » Bien entendu Milan mène, l’OM se doit de réagir. Dans ces cas-là, y a rien à faire, Taiwo se démerde toujours pour prendre le ballon et frapper de 40 mètres. Connerie de réalisme à l’italienne, ça n’a pas empêché Houiller de féliciter Deschamps à la fin du match, à croire qu’il le fait à tout le monde ou qu’il y connaît rien.

Juve d’instruction

Le premier tour de la Ligue des champions ne devait pas réserver beaucoup de surprises. Toutes les grandes équipes européennes jouaient des petits. Toutes ont gagné excepté la Juventus, tombée sur un nouveau venu dans le club des gros. Petit rappel : la Juve est favorite du groupe, en tête de la série A, et elle évolue à domicile. Le monde du football a enfin compris ce soir pourquoi Bordeaux écrase le championnat de France. Les Girondins ont joué à 77%, suffisant pour dominer la Juve, insuffisant pour coller une raclée. Gourcuff et Chamakh n’ont toujours rien prouvé, s’ils pouvaient démarrer leur carrière avant les huitièmes. 0-0 à la mi temps ça ressemble à 2008, 1-0 à la 66e ça ressemble à 2007, 1-1 à la 77e ça ressemble à 2009.  On va finir par croire que Blanc ne recrute pas aus hasard.  Bordeaux n’est pas terminé, mais Bordeaux est en route, Cavenaghi fait d’ailleurs du stop depuis bientôt deux ans, sans shampooing ni rasoir bien sûr. En plus, peut-être qu’un jour Gouffran sera là. Blanc a remis son petit pull, il demande du Manchester depuix deux ans, ça commence à rentrer. Si Ramé et Carrasso pouvaient décider lequel est le meilleur ça gagnerait du temps. L’Equipe.fr aimerait résoudre le même dilemme entre Henrique et Planus, on leur laisse encore un match pour comprendre, un conseil il suffit de regarder les feuilles de match.

Jeanpierre Mariole

Christian s’est enflammé devant l’oubli des dirigeants du Bayern qui ont laissé partir Oddo. Liza l’a rassuré, Oddo est un gros nul. On a l’impression qu’il n’est pas le seul. Christian a vu Milan hausser le niveau persuadé qu’ils en étaient capable. Jean-Mi supplée Liza et rappelle que Marseille à le droit de défendre à gauche aussi de temps en temps.
Centre raté de Kaboré, Larqué lance Lizarazu sur le rôle du latéral: « C’est vrai que quand on joue milieu on a moins de lucidité pour centrer. »
Christian a l’oeil. « Storari joue son premier match européen, il me semble pas d’un calme olympien. » Sûrement vexé par le jeu de mot, Larqué lui suggère d’en ouvrir un des deux. « Oui enfin il a pas été sollicité. »
L’amoureux du beau jeu fulmine devant l’antijeu. « Bien sûr qu’il y a carton pour Zambrotta. » Flamini salope les genoux de Mbia. « Des cartons, M. l’arbitre, c’est une honte. Je veux voir le ralenti. Pour moi c’est rouge. » Flamini se replace, le jeu reprend.

Pendant ce temps là Benzema endosse les habits de Papin. Les bleus pourraient bientôt récupérer leur buteur.

LdC : La victoire est Camp Nou

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Lyon savoure déjà les fruits de son exploit face au Bayern. Caen a fait les frais de l’euphorie Gone, le Barça serait sur la liste. Benzema ira-t-il chercher le Ballon d’Or ?

Pour un peu, Messi a failli prendre peur. Mais ses oreilles ont mal compris : la comparaison entre Govou et Ronaldinho s’arrête aux frontières des sombres vices avinés de Pepe Carvalho. Montalban, le Barrio Chino, la Casa Leopoldo : pourquoi Abidal et pas moi ? se torture Sydney. Il aurait tant aimé la Catalogne et sa capitale. Ou plutôt sa capitule, comme l’aurait volontiers précisé Sacco. La France du foot en cauchemardait, Lyon affrontera bien le Barça. L’ambition est là, les premiers effets du recrutement d’Ederson commencent à se faire sentir.

Messi, mais non

Pourtant, Le Vestiaire l’avait dit en pleine euphorie estivale : jouer des grands d’Europe est le meilleur tirage qui soit pour un club français. A part le recrutement d’un grand joueur, un nouveau président, un entraîneur de standing, le départ de Fred et l’aménagement d’une cellule de dégrisement à Tola Vologe, il ne manque qu’un exploit pour qu’Essien arrête de rire quand on traite l’OL de grand club. Le Barça, actuellement meilleur qu’en 2006, c’est parfait pour entrer dans l’histoire. Même si Grosso a de fortes chances de débuter dans la zone de Messi. Toulalan va avoir du boulot, comme en septembre 2007. Il faudra viser plus juste, Sergio Ramos vient de donner quelques indications à la Terre entière.

Benzemasque qui tombe

Durant ce même été 2008, comme en 2007, Le Vestiaire vous avait également présenté ce jeune joueur qui semblait légèrement supérieur à Cyril Chapuis. L’année dernière notre spécialiste lui promettait le meilleur. Avec toutes les précautions d’usage, il apparaît qu’il aurait devancé Fred au classement des buteurs et que ce même Fred n’aurait pas marqué l’unique but lyonnais contre Manchester. Il y a quelques mois, nous indiquions que la réussite lyonnaise, avec la retraite de Juni, ne passerait que par un seul joueur qui ne serait pas Wiltord, victime d’un mauvais Feydeau. La suite nous a donné tort, comme à chaque fois. Il n’a gagné que neuf des onze victoires de Puel en Ligue 1. Petite faiblesse en Ligue des Champions, mais c’est le dur apprentissage du très haut niveau. Si Benzema met deux triplés, Aulas aura eu raison de jouer avec Boumsong.

L’an passé, la confrontation avec Manchester avait suscité un léger doute. Bien vite balayé, avec un but d’avance. Cette année, un autre doute se fait jour. Lyon peut-il éviter de prendre une branlée ?

L’Hommage : Ambition impossible

Le sport français se donne enfin des objectifs élevés. Dès ce soir à Florence pour les Lyonnais, qui viseront le nul, si Benzema le veut bien. L’ambition est de retour. Qu’en pense David Skrela ?

Bernard Laporte peut être satisfait. Sa menace de quitter le Stade de France pour regonfler le moral de la patrie a porté ses fruits. La Marseillaise n’a pas été sifflée par les Uruguayens de Saint-Denis et son XV de France a encore été piétiné par l’Angleterre, celle de l’hémisphère sud, cette fois. Lièvremont et Szarszewski y ont vu des signes encourageants. Et si on essayait les entraîneurs de Pro D2 pour voir ?

Du puits au grenier

A moins que ça ne soit la croisade Euro 2016 menée par Eric Besson. Colette est fière, Thiriez aussi, mais l’Abbé Deschamps est comme Saint-Thomas, il veut voir son ravalement de façade pour le croire. Toute la France est pourtant  tendue vers cette grande échéance. Voire obsédée : Puygrenier veut être le nouveau Savidan. Il n’est ni vieux, ni attaquant. Qu’est-ce que ça veut dire ? Côté club aussi, on se prépare un avenir doré. Lyon songe à Chimbonda. Domenech a encore ses entrées à Gerland, la première C1 depuis l’OM se rapproche

A moins que ça ne soit, finalement, encore l’effet Tsonga. Mauresmo y croit, de toute façon, l’effet Noah elle a déjà donné. Aujourd’hui, la star du tennis français veut gagner des tournois. Une saine ambition, mais le pari est élevé : il faudra redevenir intouchable contre Nathalie Dechy (photo) en 2009. Et la première victoire de Nancy en Euroligue. Dans quel sport déjà ?

Pendant ce temps-là, les buts d’anthologie de Ronaldinho demeurent toujours la propriété exclusive des cassettes VHS.