Mutu: La retraite par capitalisation

retraite

Le championnat de Ligue 1, ancienne Division 1, est souvent confondu par les plus grands joueurs avec un sanatorium. Il y a ceux qui décident brusquement de stopper leur carrière, ceux qui ont fini depuis un moment et ceux qui viennent simplement perdre quelques années. Allez savoir pourquoi, ça tombe souvent sur le PSG. Voici l’équipe-type des phases terminales de ces vingt dernières années.

Bodart. Lorsqu’il arrive à Bordeaux en 1996, il n’a que 34 ans. Il n’est jamais trop tard pour débuter une carrière.

Menzo. Lorsqu’il arrive à Bordeaux en 1997, sa carrière n’est pas finie. Elle ne commencera jamais.

Mondragon. Metz lui avait offert un passeport pour l’avenir. Rien n’est encore fini.

Chilavert. Le meilleur gardien du monde était Paraguayen. Le plus mauvais était Strasbourgeois.

Kopke. Lorsqu’il arrive à Marseille en 1996, il est surnommé meilleur gardien du monde. Ce n’est pas un oxymore, ça va le devenir. L’OM, à l’époque, ça ne vaut rien. Deux ans plus tard, Kopke, ça ne vaudra plus grand-chose.

Barthez. Pas prolongé à Marseille, il n’écoute pourtant que son courage et signe à Nantes. Ducourtioux est à Sedan. L’amour du jeu.

Dutruel. Sans trop savoir comment, son CV affiche FC Barcelone. Ça n’a pas vraiment servi sa carrière internationale, mais il a obtenu un contrat de deux ans à Strasbourg pour fêter ses 31 ans. Blessé un an et demi, il s’arrêtera là.

Lizarazu. A son arrivée à Marseille, en 2004, Liza n’a fait que quatre saisons de trop et un Euro loin d’être pathétique si on le compare à celui de Desailly. L’OM méritait-il un tel respect ? Le Bayern sans aucun doute.

Heinze. Incontournable au PSG entre 2001 et 2004, il veut jouer arrière central, mais Pochettino est là. Ensuite, Manchester et le Real. Finalement, il veut bien jouer latéral gauche, mais Evra et Ramos sont là. A 31 ans et toujours 1,78m, il devient enfin défenseur central à Marseille. Pourtant, Diawara et M’Bia sont là. Tant pis, il jouera arrière gauche.

Makelele : Pas très bon en début de carrière, le meilleur à la fin, le PSG découvre la suite.

Dhorasoo : Un an à Milan finit presque par en faire une star, il est sélectionné chez les Bleus, évidemment par Domenech. Retour à Paris pour une saison de merde, il fait la Coupe du Monde quand même, évidemment c’est Domenech.

Jugovic : Il signe en même temps que Deschamps à Monaco, en 2001. Les deux ont les cheveux gris, l’un est entraîneur, pas l’autre.

Hugo Leal : Le phénomène. Il signe au PSG à 20 ans, et se trouve tellement bien payé à rien foutre qu’au bout de 3 ans c’est déjà la retraite.

Rai : A son arrivée au PSG en 93, c’est une star au Brésil, incontournable titulaire. En 94, le Brésil finit champion du monde, Rai finit sur le banc. Mais Rai finit star au PSG. C’est pas mal ?

Burruchaga : A son arrivée nantaise en 1985, Burruchaga a 23 ans, qui peut le soupçonner d’avoir voulu mettre fin à sa carrière ? En revanche son passage à Valenciennes à 30 ans est beaucoup plus suspect, ses 6 mois de prison avec sursis à peine moins.

Denilson : Lorsqu’il arrive à Bordeaux en 2005, Denilson est considéré comme un gros nul depuis 7 ans, mais on se dit qu’il doit bien savoir faire quelque chose quand même. Quand il repart en 2006, il est considéré comme un gros nul qui ne sait pas faire grand chose quand même.

Savio : Au Real, on ne savait pas vraiment ce qu’il valait mais on avait une petite idée. Son transfert à Bordeaux en a dit beaucoup, sa saison encore plus. Qu’en pense Saragosse ?

Micoud : Un maître chanteur. Quatre bonnes saisons à Bordeaux, et le chantage affectif : il se fait aduler en Allemagne et cache qu’il a 33 ans pour mieux revenir en Gironde. Deux ans plus tard, à la fin de son contrat, l’empathie a disparu.

Ronaldinho : Quand il arrive au PSG, il ne lui reste que deux bonnes saisons à jouer, il les fera à Barcelone. Le nouveau Ronaldo se propose alors de devenir le nouveau Raï, il se rétracte un temps avant de devenir le nouveau Leonardo.

Leonardo : A son arrivée au PSG en 1996, il se souvient qu’il était titulaire au début de la Coupe du monde victorieuse du Brésil. Il jouait arrière droit. Redevenu milieu, il fait un bon match sur les 9 années suivantes, face à Bucarest.

Okocha : A son arrivée au PSG en 1998, Okocha est une star au Nigéria. A son départ en 2002, il signe à Bolton.

Gallardo : Au Parc des Princes en 2007, tout le monde se souvient qu’il a joué à Monaco, sans y faire grand chose. Paul Le Guen va finir par l’oublier, Ortega aussi. Hugo Leal s’est trouvé un successeur.

Letchkov : Il rejoint l’OM en 96, le Mondial était en 94. Deux ans, ça compte chez les chauves.

Völler. A son arrivée marseillaise en 1992, Rudi a 32 ans et toutes les chances d’en finir. Un brin malchanceux, il fait une grosse saison et gagne même la C1. Coup de chance, il rentre dans le rang l’année suivante (six buts).

Klinsmann. De la même invasion que son compère Rudi en 1992, Jurgen est censé en avoir déjà fini. Décidément très incorrect, il fait le même coup que Völler et relance carrément sa carrière.

Raducioiu. A son arrivée sur le sol américain en 1994, Raducioiu a 24 ans et vit dans l’ombre vampirique de George Hagi. Il plantera quatre buts. A son arrivée sur le sol monégasque en 2000, il a 30 ans et vit dans l’ombre de lui-même. Il jouera douze matchs en deux saisons.

Wolfarth. A son arrivée à Saint-Etienne en 1993, Wolfarth a 30 ans. Il se souvient de ses débuts à Duisbourg, en 1981, et de ses cinq titres bavarois. Lorsqu’il quitte Goeffroy-Guichard, en 1994, personne ne se souvient de lui.

Ravanelli. Juve-Middlesbrough-OM, en général ça cache quelque chose. Lazio-Derby County-Dundee-Perouse en l’occurrence.

Anderson. Après 1.000 belles saisons dans divers clubs de France et de Navarre, il se fait installer une tente dans les tribunes du Camp Nou en 1997. Les piquets sont vétustes, Aulas lui offre un toit l’année suivante. Curieusement, en France, il a le niveau, mais allez savoir pourquoi, il a sept sélections chez les Auriverde, Ronaldo 97.

Elber. Au Bayern c’était un avant-centre moyen dans un championnat faible. A Lyon, toujours très inspiré, c’est un avant centre faible dans un championnat moyen. Aulas s’en rendra compte plus vite que pour Fred, mais moins vite que les sélectionneurs brésiliens (quinze matches).

Simone. A son arrivée au PSG en 1997, il est un remplaçant moyen, mais au Milan AC depuis huit ans, au poste de Van Basten, Papin et Weah. Il sera un consultant star qui parle pas très bien français sur L’Equipe TV puis sur Canal.

Kluivert. A son arrivée à Lille en 2007, Kluivert n’est pas le grand-père du joueur qui donna la C1 à l’Ajax en 1995. C’est le même, mais avec un passage à Newcastle en plus.

Vieri. A son arrivée à Monaco en janvier 2006, il ne fait plus Bobo. Neuf matches et quatre buts plus tard, c’est la rédemption, l’Atalanta sautera sur l’occasion.

Morientes. A son arrivée à Monaco en 2003, il est indésirable au Real. Il revient en grâce au Real en 2004 : treize matches.

Saviola. A Monaco en 2004, il est le successeur de Morientes. A son départ, il est celui de Nonda.

Koller. Dès son arrivée à Monaco en 2006, on se demande ce qu’il va foutre dans ce classement. Sparta Prague, Lokeren, Anderlecht, Dortmund, il n’a pas bougé : toujours 2,02m.

Moldovan. La métamorphose de Nantes ne lui vaut non pas un, mais deux passages. Il est champion de France au premier, pas au second. Pourtant, Yapi-Yapo se souvient d’un grand professionnel venu du Servette Genève.

Weah. Furtif marseillais lors de la saison 2000-2001, il se rend trop vite compte que les fonds d’investissement du Golfe valent déjà plus cher. Dommage, il en était presque à autant de buts que de kilos en trop.

OM : Dassier trempé

Jean-Claude Dassier s’est peut-être fait dégager comme une merde mais parfois ça fait du bien. Il est si sympathique. Souvenez-vous, c’était il y a quelques mois voire quelques années.

Quand Alexandre Delpérier n’interviewe pas Raymond Domenech en exclu, il a parfois le temps de trouver des idées originales. Comme envoyer les caméras de Direct 8 déambuler dans le 400 m² de Jean-Claude Dassier sur les hauteurs provençales. Six ou sept modestes canapés, une cuisine américaine à peine plus grande que le stade Vélodrome, Jean-Claude c’est un peu vous et moi. D’ailleurs, il s’appelle Jean-Claude, comme ton parrain qui a toujours rêvé d’habiter un vingt-six pièces.

Mako ou maquereaux ?

Jean-Claude, c’est pas le football qui lui en a foutu plein les poches. Avant les droits télé, il y a eu la télé : « A l’époque, je gagnais bien ma vie« , se souvient, nostalgique, le saint-patron phocéen. Il ne se souvient pas en revanche de son dernier sourire. C’était en 1991, quand il visionne les essais de Marianne Mako avec  Thierry Roland  : « Celle-là elle a le talent où il faut. » Mathoux, Kupferminc, Houy, Tzara, Hardy, Jeanpierre, Jaillant, Praud, c’est bien lui, le patron des sports. Les pet shop boys 90 minutes avant le doublé de Kostadinov, c’est lui aussi. Tout n’est donc pas à jeter. Il se débarrassera quand même du Top buts. C’est au service des sports de TF1, devant les reportages de Vincent Hardy, qu’il prend l’habitude de relativiser. Un mort par overdose en pleine orgie, ce sont les risques du métier. Une interview ratée de Pascal Praud, c’est un pléonasme, il finira quand même par le virer de LCI. Car entre-temps, J-C est devenu le patron de la chaîne info d’à côté.

Brandao de morues

Passionné d’animaux, il n’a pas son pareil pour renifler un minou. Ferrari, Lapix, Theuriau, Moulet. La chance du débutant. Pulvar ? Simple pigiste. « T’es vachement bien, t’es super, mais Machine est plus jolie que toi. » L’égalité des chances. Et puis arrive Marseille, sa bonne mère, ses viols sur autoroute, ses chants injurieux. « Taïwo, j’arrive pas à lui en vouloir. » Jean-Claude c’est un peu notre grand-père. Sauf que les blagues racistes du dîner ne le font pas rire. Il ne rit jamais, même quand il prend une branlée aux municipales sur le bassin d’Arcachon. Mais au fond il s’en branle, sa villa a triplé de valeur même si son voisin c’est Julien Courbet.

Pendant ce temps-là, Pape Diouf pensait que le foot français est raciste. Qu’il rende sa Mégane décapotable.

Ligue 1 : Le stade hideux

Il y a sept ans, Lyon et Monaco se livraient une course-poursuite sans merci. Rien n’a vraiment changé.

Lille : Dix ans après, Landreau est de nouveau champion de France. Et pourtant, Denoueix, Carrière, Da Rocha, Berson, Fabbri et Moldovan ont cédé leur place à Garcia, Rami, Chedjou, Mavuba, Balmont et Sow. Hazard est déjà un putain de grand joueur.

Marseille : Mandanda meilleur gardien de Ligue 1, les trophées UNFP obéissent à des forces obscures. Si ce n’est pas de la défiance envers les frères Ayew, c’est quoi ? Attention quand même, ils pourraient mal le prendre et partir, auquel cas Gignac pourrait signer. Qui l’imagine vraiment en Ligue des Champions ?

Lyon : La surprise de la saison. Personne n’attendait les Lovren, Diakhaté, Cissokho, Toulalan, Pjanic ou Briand à ce niveau. Et pourtant, une équipe de copains peut réaliser l’impossible. Cris a notamment fait une tête. Lisandro et Bastos se sont relayés et Kallström a été le meilleur avec Gomis. Il faudra confirmer.

Paris-SG : La meilleure équipe de France espérait bien en finir avec Coupet. C’est fait, mais il a fallu finir avec Coupet. Kombouaré savait pourtant que Nênê ne jouerait qu’une demi-saison. Battre Lyon plus de deux fois n’aurait pas été une mauvaise idée.

Sochaux : Martin a réussi une belle saison mais attention, il y a carrière et Carrière. Faty en sait quelque chose, lui qui part « par la grande porte » à Sivasspor. Finir européen en ayant perdu deux fois contre Lyon ça frôle l’incident psychiatrique.

Rennes : Craquer quand on peut être champion, en voilà une mauvaise coincidence. M’Vila en équipe de France, en voilà une mauvaise coincidence ? A part ça, deux nuls contre Lyon, il y a l’embarras du choix.

Bordeaux : Carrasso vient de re-signer, le maintien est assuré pour les trois prochaines saisons. Mais entre resigner et résigner il n’y a qu’un accent d’écart : l’accent brésilien. Diarra peut s’en aller tant qu’il vaut un peu de pognon, les Sané font le même boulot pour moins cher. Et c’est pas plus dégueulasse, tout ça reste bien Modeste quand même. Une victoire contre Lyon c’était bien le minimum.

Toulouse : Être orphelin de Gignac n’oblige pas à prendre Santander et Tafer. Toulouse a payé pour le savoir : ils n’ont marqué que trois points et deux buts de plus que l’an dernier, et ils n’ont battu Lyon qu’une seule fois. 

Auxerre : Une équipe de bras cassés et un Boli derrière ça a toujours suffi en attendant mieux même quand le i devient un y. Un Martins a toujours fini par arriver, un Cocard à chaque oeil. Avec une attaque un peu meilleure, Lyon aurait pu prendre 4-0 en Bourgogne.

Saint-Etienne : Quand une Payet s’était essayée à Nulle part ailleurs, elle n’avait pas eu le niveau mais avait pris le boulard quand même. Redevenir un grand club ça prend du temps, sinon pourquoi c’est Montel que France 2 foot envoyait à Geoffroy Guichard.

Lorient : L’Europe entière s’arrache Amalfitano et Gameiro, Ecuele Manga est le meilleur défenseur de France et Gourcuff est le maître du beau jeu. Comment contester leur titre de champion ? En revanche, ils n’ont battu pas réussi à battre Lyon deux fois.

Valenciennes : Battre Lyon en milieu de saison fait toujours un drôle d’effet. Le constat fait froid dans le dos : que serait la vie sans Pujol ?

Nancy : Avec un Hadji, Nancy connaît la recette : il faut être solide derrière et avoir Wimbée dans les buts. Mais Hadji prend de l’âge et Lyon ramasse 3 points à chaque fois.

Montpellier : Tout miser sur les coups de pieds arrêtés d’Estrada, c’est d’un banal. Tout arrêter juste parce qu’on a perdu la finale de Coupe de la Ligue, c’est d’un banal. Faire partie des 4 équipes à avoir tout perdu contre Lyon l’est moins.

Caen : Battre Lyon en début de saison fait toujours un drôle d’effet. Y aller Mollo trop longtemps c’est dangereux.

Brest : Egaliser contre Lyon en fin de saison fait toujours un drôle d’effet. On finit par croire que Roux est une vaut 15 millions en septembre, qu’Elana est invincible en octobre, que le titre est jouable en novembre et qu’on peut gagner plus de quatre matches en 2011. Enfin, sans Ginola et Le Guen, il fallait quand même se maintenir.

Nice : Remonter deux buts à Lyon en fin de saison fait toujours un drôle d’effet. Pourtant François Clerc a dit qu’il était international quand il est arrivé. Heureusement, Mouloungui l’est vraiment, lui.

Monaco : Se faire condamné par Lyon à la dernière journée, ça fait désordre. Welcome en Ligue 2, ça sonne plutôt bien. Il fallait bien que ça arrive : passer son dimanche au Park emmerde royalement son altesse depuis trois ans déjà.

Lens : Leclercq est un spécialiste de la mise en bière. Deux ans après, c’est sa tournée. Mais quand on ne réussit même pas à prendre un point contre Lyon peut-on mériter autre chose.

Arles-Avignon : Trois victoires, un nul contre Lyon, relancer Meriem et faire connaître Ghilas, ce fut un chef d’œuvre de bout en bout. Dommage qu’il y ait eu ce match nul contre Lyon.

Pendant ce temps-là, les virées au casino seront remplacées par Casoni.

L’Edito : Mémoires d’un Enfoiré

Nous aurions aussi pu lire la dernière martingale de Sébastien Chabal, mais nous aurions couru le risque de le trouver sympathique. Et donc nous nous serions privés de nous demander qui des joueurs du Top 14 ou des arbitres sont les plus nuls. Nous serions aussi passés à côté d’une vanne facile sur le joueur, souvent « sauvagement attaqué par les médias« .  Sauvagement ça veut dire quoi ? Remplir des pages de journaux alors qu’on est une grosse bouse ou bousiller la mâchoire d’un mec en lui rentrant dedans ? On ne le saura sans doute jamais, autant célébrer un autre sportif aussi gros, à peine plus talentueux, et qui comme Chabal n’a joué au rugby que pour faire une bonne blague.

Les mémoires d’âne Franck

Celle de Taïwo était pas mal, même Aulas n’avait pas osé contre l’ASSE. Dans la phrase  « Pour enc… le PSG » citée par un grand quotidien de sport, faut-il comprendre que les points de suspension en pages intérieures font moins vendre qu’une Une sans points de suspension en pleine Coupe du monde ? On ne le saura jamais non plus. Ce qu’on savait en revanche, c’est que le cyclisme était une science exacte. Comme à l’époque de de Rebellin et Vandenbroucke mais ça on vous l’a déjà raconté, heureusement le Tour de France est plus indécis.

Pendant ce temps-là, le Barça du Nord joue désormais en orange, le Barça du sud en blanc, mais sans Di Maria dans tous les cas. Etrange.

Manchester-OM : Devil fantôme

 

Etre éliminé par Manchester ne laisse jamais de regrets. L’OM a fait encore plus fort : il peut regretter le match aller, ses deux conneries des 5e et 75e minutes au retour et tout le reste du match retour.

L’OM attendait un huitième de finale depuis si longtemps qu’il n’allait pas passer à côté. Inquiéter Manchester à Old Trafford, acculer les Red Devils, accumuler les occasions, aucun doute c’était le retour du grand OM, sans compter deux Abedi Pelé sur le terrain, pour un seul à l’époque. C’était aussi le retour de la charnière Heinze-Diawara avec Taiwo à gauche. Les buts encaissés en poule à Porto n’étaient évidemment qu’accidentels.

Echouer à un but du Manchester le plus nul depuis l’arrivée de Brian McClair, l’expérience sera précieuse. D’ici là, il faudra apprendre quelques trucs et astuces. Faire une tête de la tête et pas de l’épaule, cadrer une volée ou centrer sur une tête après un bon dribble. Une dernier secret pour l’année prochaine : savoir gagner un match contre un adversaire nul à chier, pas solide, pas technique, pas puissant, qui ne compte que sur un gardien et un attaquant. Les papiers d’avant-match sur Ryan Giggs n’étaient donc pas si anodins.

La Giggs du cul

Mais Christian Jeanpierre l’a dit : « On aura quand même vu un très grand Ryan Giggs ce soir. » « Giggs est un grand joueur. » « Giggs va gagner du temps avec l’expérience qu’il a. » Il avait pourtant dit un peu plus tôt « Fanni qui élimine Giggs sur un droite-gauche ». Il avait aussi dit « bonne intervention de Diawara, ah non c’est Fanni. » Mais Manchester ce n’est pas que des vieux plus très bons : c’est aussi des jeunes pas très bons. On comprend mieux pourquoi le Cristiano Ronaldo du pauvre est si important. Attention quand même, l’Equatorien Valencia revient.

Pendant ce temps-là, Deschamps a pu analyser dès qu’il a vu Astorga. « Manchester a de grands joueurs devant, ça fait la différence. » Ainsi ce ManU-OM est aussi l’avènement de Chicharito. Toujours pas de regrets.

Ligue 1, OM : L’Abedi vient en mangeant

« Cette équipe n’a pas les moyens de ses ambitions. » Officiellement, l’OM veut faire aussi bien que l’an dernier. Didier Deschamps n’est pas idiot quand même.

Les grands clubs ne sont jamais prêts à la première journée. Le champion en titre n’échappe pas à la règle, l’OM a donc vu les choses en grand. Caen devait lui en mettre neuf, mais Caen reste Caen. Privé de Priou, entraînés par Dumas, les Caennais ont bravé les éléments contraires pour planter l’OM au dernier moment. Finalement, c’est mieux comme ça, Mbia a pu montrer à quel point il avait envie de rester. Pas de regret, El Arabi aurait aussi eu dix mètres d’écart avec Hilton et puis Leyti N’Diaye avait pris son petit pont en première mi-temps.

C’est Caen le bonheur

Leyti N’Diaye, c’est dit. Avec lui, Deschamps avait tenté la méthode douce avant le championnat. Revenu de prêt d’Ajaccio, révélation des matches de préparation et même buteur : les indices étaient visibles, mais les dirigeants ne les ont pas vus. Le titulariser au Vélodrome pour la première journée, ça frôle l’ultimatum. Mais ce n’est pas tout : remplacer Valbuena par Benarfa pour bien montrer lequel fait ses valises après avoir été le meilleur en préparation, c’est vicieux. Dommage que Caen ait été si mauvais, le changement aurait pu avoir lieu dès la première mi-temps. Pour que tout soit clair, Dédé a mis tout le monde dans le même sac à la fin : « Cette équipe doit être renforcée, mais apparemment on ne peut pas. » Samassa a donc marqué.

Dassier tente bien de réfléchir à voix haute : « Il faut reconnaître que notre équipe était diminuée, Diawara était absent. » Voilà. Lucho lui était bien titulaire, Mandanda, Mbia, Azpilicueta, Taiwo, Cissé, Kaboré, Valbuena et Niang aussi. Abédi Pelé c’était pas obligé, mais une Coupe du Monde correcte ça doit bien vouloir dire quelque chose. Avec autant d’absences, normal que l’OM ait si mal défendu, si mal attaqué, se soit si mal replacé et ait autant manqué de repères collectifs. Les miracles ne se produisent qu’une fois. Arbitrage ou pas, les dix points de retard à la trêve ne peuvent pas toujours être comblés. Deschamps se dira-t-il que la proposition de Liverpool n’était pas si mauvaise en septembre, octobre ou attendra-t-il novembre ?

Le Milan AC et le Real prennent peur, la Ligue des champions approche à grands pas.

L’Edito : Pour quelques taulards
de plus

c-fou

Le Prince Charles n’est pas mort-né. Il a mutiné dans l’Arsenal. Mais dans ce cas, qui a rupiné ? Et tapiné ? Pas Thierry Bisounours, quand même.

Fernando Torres blessé,  Higuain mono buteur malgré vingt occasions de but (deux tirs en 83 minutes, un cadré) contre David Villa un poil moins en réussite. A la fin du Mondial, l’histoire retiendra-t-elle la question qui s’impose : le football international sera-t-il aussi fort que la C1 ? Les joueurs de l’équipe de France aimeraient y répondre, à condition qu’ils le putes, Ribéry et Govou n’ont d’ailleurs aucun avis sur le sujet. Du coup, Domenech a provoqué un show, prévu dimanche prochain sur un canapé rouge.

On l’aura compris, il ne manque pas grand-chose aux Bleus pour éviter le bordel. En Ligue 1, c’est pareil, l’OM est devenu intouchable malgré les arbitres et l’opposition des grosses cylindrées. Comme un symbole, c’est Taiwo l’homme décisif. Autre symbole, Auxerre est un intouchable deuxième, c’est à croire que le meilleur buteur de la saison dernière peut à tout moment se faire voler la vedette par Kazim Kazim.

Un meneur à 2 francs Zizou

Il ne faut pas se plaindre, si on était en Liga la défense de Nancy trouverait la solution pour empêcher Niang de marquer et tout le monde verrait le Sénégal champion du monde quand même. On aurait aussi pu vous raconter que Chelsea avait réussi a mettre un but à Tottenham, que le géant Scholes avait marqué de la tête sur une passe d’Evra et que cela pourrait être le même homme que le médiocre latéral de l’équipe de France. Mais personne n’aurait cru que le Barça pouvait être accroché par l’ancien club de Ouedec. En revanche, Bordeaux a bien été accroché par Lyon, oui par Lyon, mais Triaud a fini par révéler le montant des offres faites à Gourcuff. Faute avouée ?

Sinon, il y avait aussi les championnats de France de natation, avec les fameuses nouvelles combinaisons chair beaucoup moins chères, mais apparemment moins efficaces aussi puisque les 100m ne se nagent plus en 46 secondes et le 50m en 20 sec. Pour fêter ça, on laisse Chavanel dédicacer sa seizième place à Joubert et Asloum : « Il ne me manque pas grand-chose, mais je n’y arrive pas. » Pareil pour Loeb, à chaque fois il laisse de l’avance aux autres, mais ça ne suffit jamais.

Pendant ce temps-là, il y avait aussi du tennis en France. Nadal, c’était à Monaco et quand on joue tout seul ce n’est pas du tennis. On parle donc bien des victoires de Patience à Angers et de Jeanpierre à Cholet.

Ligue des Champions, Olympique de Marseille : Mille ans, à chier

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Qui a éliminé les Pays-Bas de l’Euro 1996 ?

Les clubs français ont été témoins bien malgré eux d’une révolution culturelle :  l’arrivée du nouveau catenaccio, celui que tout le monde peut  faire. Défendre parce qu’on ne sait pas tenir le ballon, mettre tout le monde devant à la fin et rater autant de passes que possible pour filer des munitions à l’adversaire. Deschamps en savait aussi son équipe capable, il ne pensait pas que le Milan avait retrouvé toute sa verve et son génie Ronaldinho. Capable du pire comme du pire, il aurait même pu tirer, courir et  faire des passes précises. Le Vestiaire s’est trompé, Ronnie n’est pas fini, il a juste arrêté le foot, pas les talonnades. Milan inspiré par son créateur s’est mis au niveau. Ce n’est effectivement plus le même Milan depuis le match aller.

Koke en stock

Pirlo et Cissé se disputaient le titre de joueur le plus jeune du match, sous les yeux rêveurs d’Ambrosini, Seedorf, Heinze, Morientes et bien sûr de Deschamps, une dizaine de Coupes du Monde à peine. Les deux équipes ont tout tenté pour se qualifier en Europa League en gagnant mais Marseille a finalement choisi le nul,  Brandao était titulaire ou les nuls, Diawara n’est plus à Bordeaux.

Marseille a disputé hier soir le match le plus important de sa saison et de ces 15 dernières années. Ces soirs-là, on révèle son vrai niveau ou on a du mal à le cacher ?

Mandanda : Consonne : L, consonne : L, voyelle : O, consonne  :R, voyelle : I, consonne : S. Six lettres : Lloris. Il y avait aussi en huit lettres :Carrasso.

Bonnart : Chalmé n’a-t-il pas réussi un centre ?

Diawara : Lobé sur les longues ouvertures, mal placé tout le temps, simplement mauvais. Blanc pourrait bien se débarrasser de lui prochainement. Mais qui en voudra ?

Heinze : 31 ans, déposé sans feinte par Boriello qui avait simplement choisi de courir à côté de lui. Ca va finir par se savoir.

Taiwo : Il n’a pas lâché le ballon d’une semelle. Deschamps n’avait pas pensé à ce style de marquage, il va finir par en discuter avec Rool.

Cissé : 31 ans, il court encore.

Cheyrou : Etre à son maximum ne suffit pas toujours. Il faut parfois du talent aussi.

Abriel : Il y aura au moins un Lorientais en huitièmes.

 Brandao : Ce que le foot a offert de pire.

Niang : Aussi Troyen que Marseillais. Mais avant il avait au moins Djukic, Boutal ou Goussé pour l’aider.

Koné : Il n’a raté qu’une occasion. Suffisant.

Benarfa : A couru tout seul sur un côté sous les yeux du survêtement de Valbuena.

Milan

Dida : 36 ans. Thiago Silva : 25 ans. Nesta : 33 ans. Zambrotta : 32 ans. Oddo : 33 ans. Pirlo : 30 ans. Seedorf : 32 ans. Ambrosini : 33 ans et capitaine. Pato : 20 ans. Borriello : 27 ans. 

Et bien-sûr Ronaldinho, 29 ans : la virgule qui termine en 6 mètres, les coup francs dans les nuages, les talonnades, il n’y a donc pas besoin d’accélération. Pour revenir au top niveau ou pour impressionner Christian Jeanpierre ?

Ligue 1 : Le trophée Deschamps pion

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Hatem Benarfa n’a jamais eu de vrai prof de professionnalisme. Enfin entouré de plusieurs bons élèves cette année, il passe son diplôme pour la dernière fois.

Abedi Pelé et Jean-Jacques Eydelie ne sont plus là, pourtant Didier Deschamps sait à qui donner ou ne pas donner le ballon. Dédé est de retour à Marseille après en être parti pour faire une glorieuse carrière qu’il avait déjà bien entamée. Ironie du sort ou lassitude du chômage, Deschamps n’a pas pris le temps de trancher.

En revanche pour Hilton, Zubar, Civelli, Givet et Mears ça a été très rapide. La défense marseillaise venait quand même de boucler une saison comme la 5e meilleure de Ligue 1, n’encaissant que 4 buts contre Paris, 3 contre Nancy et Lyon au Vélodrome. Injustice, s’écrie depuis un club de Golfe, Eric Gerets qui, comme chacun sait, est un grand entraîneur. Son offre de contrat pour Hilton tient toujours, allez comprendre. Besogneux, jusqu’au-boutiste et volontiers humiliant sur le terrain, la Desch’ s’est réjouit que le droitier Lucho Gonzalez sache faire des passes. Cheyrou souffle, il est gaucher, mais Ziani, lui, a compris.Vérification faite, l’Argentin arrive à l’OM avant ses 30 ans et en plus il est international. Ca sent la grosse pointure, heureusement un but contre son camp et une fracture de la clavicule arrivent toujours à point nommé.

Sa Niang au chat

Diawara d’un côté, Heinze de l’autre, le PSG de Ronaldinho avait sensiblement la même défense. Les archives sont formelles, ça n’a jamais emmené en finale de Ligue des Champions mais Deschamps connaît son affaire, Rodriguez et Givet peuvent en témoigner, ils ont des preuves photographiques. Le petit Laurent Blanc n’ignore pas qu’on ne gagne pas sans une bonne défense et Bonnart-Taiwo, ça fait que 2 sur 4. Voire 1 sur 4, comme le stipule le contrat de Cyril Rool. Dans le doute il a aussi pris le polyvalent Mbia, sur les recommandations du Vestiaire. Deschamps est un sentimental, son aventure à trois avec Edouard Cissé et Morientes remonte à longtemps mais il n’a pu s’empêcher. Avec Brandao, l’Espagnol a même une carte à jouer. L’amour rend peut-être aveugle mais pas con, l’entraîneur marseillais a quand même gardé Niang.

Pendant ce temps-là, Baky Koné marque but sur but en amical et l’OM semble parti pour vraiment jouer le titre jusqu’au bout. Mais que fait Gerets ?

Ligue 1: Le palais des Congré

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Domenech, Margotton et Saccomano ont-ils composé l’équipe-type UNFP du championnat de Ligue 1 ? Hervé Mathoux doit avoir la réponse.

C’est un bien beau tour de magie qu’a réalisé l’Union des footballeurs professionnels. Faire composer par ses membres une équipe-type sur son poids médiatique plus que sur son talent, fallait y penser. Le Vestiaire, qui n’aime décidément pas qu’on se foute de la gueule du monde, a donc demandé à son spécialiste d’enquêter sur le réel niveau des joueurs qui la composent. Voici la véritable meilleure équipe du championnat.

Carasso: C’est pas parce qu’Arribagé est parti, qu’il y a plus de boulot.
Il appartient à la meilleure défense du championnat, sans doute un simple hasard

Chalmé: Un bon gros Bonnart. Contrairement à Fanni, il ne sera pas Fanny.

Congré: C’est pas parce qu’Arribagé est parti qu’il fallait continuer à saloper le boulot. Il appartient à la meilleure défense du championnat, sans doute un simple hasard.

Diawara: A son débit, jouer au ballon c’est pas son truc. A son crédit, son seul concurrent c’était Hilton, Hansson, Mangane ou Rami.

Mathieu: Le roux de secours de la meilleure défense du championnat, sans doute un simple hasard. Bon frappeur de balle comme Taiwo. Bon défenseur. Comme Taiwo ?

M’Bia: Si les recruteurs Lyonnais ne confondent plus Makoun avec Diarra, ils seraient bien inspirés de confondre M’Bia avec Essien.

Toulalan: Lyon a été sauvé de l’Europa league. L’un de ses trois joueurs valide du club n’y est sans doute pour pas grand chose.

Gourcuff: Zidane n’a jamais été champion de France, Gourcuff n’a jamais marqué en finale de C1 ou de Coupe du monde. Un détail.

Niang: Jusqu’à la 25ème journée, Marseille jouait avec sa sardine à 7 points de Lyon. Depuis, Marseille joue le titre avec 4 points d’avance sur Lyon. Niang est revenu à la 25ème journée. Sans doute un simple hasard.

Benzema: 17 buts en 33 matches pour la saison la plus merdique de sa carrière. C’est faible. Le plus mauvais Lyon de la décennie est encore troisième. Sans doute un simple hasard

Chamakh : De très loin, le meilleur joueur de la saison. Aucun passage à vide, même durant l’hibernation de Zidane. Indispensable dans le jeu, il n’a plus ou moins offert que 6 victoires sur les 11 dernières journées. Heureusement ce n’est pas là que le championnat s’est joué.

Laurent Blanc: Le meilleur entraîneur 2008 ne l’est plus en 2009. Mais qui entraîne Bordeaux maintenant ?

On voulait bien d’eux, mais on a trouvé autre chose

Gignac: On voulait bien de lui, mais avec la meilleure défense du championnat dans son équipe, être le meilleur buteur devrait offrir un peu plus qu’une quatrième place. A la 27ème journée Toulouse avait deux points d’avance sur Bordeaux, aujourd’hui 14 de moins. Ca veut dire quoi être décisif ? Enfin, s’il suffisait de marquer plein de buts pour être le meilleur, Mario Jardel serait l’égal de Pelé et Djibrill Cissé jouerait à Sunderland.

Lloris: On voulait bien de lui, puisque qu’il est le meilleur et que son rayonnement est international. Mais comme Eric Durand à son époque, les gardiens des petits clubs sont toujours les mieux mis en lumière.

On voulait bien d’eux, mais faut pas déconner quand même

Fanni: L’effet équipe de France. On voulait bien de lui, mais pourquoi Savidan n’est pas nominé ?

Hilton: On voulait bien de lui, mais si Marseille a rien foutu derrière en Coupe d’Europe, c’est que de la faute à Civelli ? Il reste le patron de la défense marseillaise, à moins que ça ne soit Zubar. Gerrard, Benzema et Agüero hésitent. Le meilleur stoppeur UNFP de ligue 1 appartient donc à la sixième défense. Sans doute un simple hasard.

Taiwo: On voulait inévitablement bien de lui depuis que Jurietti est passé chez les vétérans. Mais le meilleur latéral UNFP de ligue 1 appartient à la sixième défense. Sans doute un simple hasard.

Benoît Cheyrou: Longtemps surnommé le Bruno du pauvre, on voulait bien de lui. Mais depuis, il s’est fait un prénom ou son frère a fait oublier le sien ? Le meilleur récupérateur français UNFP appartient donc à la sixième défense. Sans doute un simple hasard.

Michel Bastos: On voulait bien de lui,  jusqu’à la 30e journée, il était alors le meilleur étranger de France depuis Juninho. Depuis la 30e journée, il est le meilleur étranger de Lille depuis Kluivert. Heureusement à la 30e journée le championnat était déjà joué.

Sessegnon: Le surnom du petit Okocha faisait beaucoup rire le Parc des Princes avant Noël, du coup on voulait bien de lui. Depuis quelques mois, on se souvient qu’Okocha a joué au PSG. Le meilleur milieu offensif UNFP appartient donc à la quatrième attaque de Ligue 1. Bordeaux et Marseille n’ont marqué que 14 buts de plus que le PSG.

Hoarau: Le fait que Benzema ait un ratio buts/minutes jouées supérieur ne veut rien dire.

Gerets: Et si le meilleur entraîneur UNFP finissait deuxième ?