Boxe : Le comte démonté Tiozzo

Arsene Goulamirian a donc ajouté son nom à une liste pas si longue mais fournie quand même où Carpentier Cerdan, Halimi, Boudouani, Medjkoune et Monshipour cotoient Benichou, Cherifi, Mormeck, Mendy, Lorcy ou MBaye. Et même Brahim Asloum. Mais pas Patrick Charpentier.  Et dire que chez les Tiozzo Fabrice a failli devenir plus connu que son frère Christophe.

Est-ce vraiment lui le plus grand boxeur français de tous les temps ? En tout cas c’est lui qui a le plus joli palmarès. Et Anaclet Wamba il compte pas?

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Boxe : Paques au Tyson, printemps à l’hosto

Souleymane Mbaye n’aime pas trop les classements à partir des seuls palmarès. Sans doute parce qu’il n’y serait jamais dedans. Voici donc les 5 plus grands boxeurs de ces 25 dernières années. Sans Ivan Drago Klitschko puisque la boxe n’existe plus.

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5. Mike Tyson

Le seul boxeur  qui faisait vraiment peur. A juste raison ça peut éviter de perdre un morceau d’oreille, d’être frappé ou violé aussi. Personne n’a jamais vraiment compris pourquoi Buster Douglas n’a pas eu peur en 1990.

4. Roy Jones Jr

Ce n’est pas le plus connu, mais sa vista et sa vitesse lui permettaient même de continuer à cogner son adversaire à terre. Ah bon c’est interdit ?

3. Oscar de la Hoya

Pourquoi lui et pas Floyd Mayweather, Bernard Hopkins, Shane Mosley, Ike Quartey, Felix Trinidad ou Terry Norris ?
Le pognon voyons, le pognon. Et la célébrité qui va avec.

2. Julio Cesar Chavez

A un moment même après 25 ans passés sur les rings, avoir gagné 108 combats en étant Mexicain ça mérite mieux qu’une troisième place. En plus ses combats duraient sans être chiants. 80 KO quand même, mais aller dormir au bout d’un quart d’heure ça permettait juste à Bouttier d’aller se soulager.

1. Evander Holyfield

Ce n’est pas seulement parce que sa carrière est devenue pathétique qu’il fallait lui préférer Lennox Lewis.
Ce n’est pas parce que Riddick Bowe et George Foreman étaient pathétiques qu’il fallait leur filer la première place.
Et puis lui il a éclaté  Buster Douglas, on oubliera donc l’épisode Michael Moorer.

Pendantce temps-là Mormeck a troqué sa ceinture contre un ruban rouge. C’est vrai que des ceintures il en a jamais eu beaucoup.

Mormeck et la littérature : Le retour du Comte démonté Tiozzo

Les plus grands auteurs sont morts, mais des intellectuels sont parfois tentés de rajouter un chapitre à leurs oeuvres les plus dramatiques.

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Il portait un joli nom pour donner des coups mais aussi pour en prendre. Et pourtant, ce n’était pas qu’un homonyme de Christophe Tiozzo : c’était son frère. Il était moins bon, se tapait beaucoup moins de gonzesses, gagnait moins de fric, en perdait moins aussi, prenait moins de coke et était moins connu. Mais il perdait autant.

12 rounds et une défaite aux points

Le 3 avril 1993, Fab n’a que 24 ans et les hanches lestées d’aucun titre lorsqu’il est cueilli à froid par le redoutable Virgil Hill, champion du monde en titre, après douze rounds très disputés. La défaite est amère mais elle est logique. Pourtant, pendant sept ans, Fabrice va ourdir la plus terrible des vengeances.
Très méthodique, il apprend à lire et se plonge dans le roman immoral d’Alexandre Dumas. Emprisonné injustement dans une image de nul, Fabrice, pour une fois très inspiré, change son identité en écrasant tous ceux qui se mettront sur son chemin. Son Abbé Faria sera Don King qui, croyant avoir affaire à un vrai champion, lui offre du pognon. La mystification est parfaite, la littérature a parfois bon dos.

1 round et une branlée aux poings

McCallum, Branco et Miller payent leur irrévérence.
Le 9 décembre 2000 est la date choisie pour mettre un point final à son immonde machination. Virgil Hill ne se doute de rien. Il a 36 ans. Quasi grabataire, pour lui la boxe n’est qu’un lointain souvenir. Pourtant, des liasses de papier de marque dollar vont avoir raison de sa retraite. Virgil peine à marcher, mais Fabrice se répand quand même dans la presse et lui promet un calvaire abyssal. Mais une agonie rapide. Les victoires sont toujours plus belles quand elles sont annoncées même si elles sont écrites à l’avance:  « Ce combat (de 1993, ndlr), je l’ai revu des centaines de fois … Je me souviens de tout. Il m’a hanté des nuits entières… Cette fois, j’ai de l’expérience. Je vais gagner et je vais adorer cette victoire. »

Jean-Claude Bouttier n’avait pas prévu qu’il serait couché à minuit, Fabrice Tiozzo non plus. Deux minutes et 59 secondes plus tard, il n’a utilisé que trois fois le tapis comme matelas. Déjà une petite victoire, il l’avait dit. Pourtant, il pleure.

Les palmarès : Les boxeurs français

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Dans un sport où il est aussi difficile de devenir champion du monde qu’en cyclisme sur piste, il ne suffit pas d’ouvrir sa gueule et de prendre des branlées pour briller. Sinon Christophe Tiozzo figurerait dans le classement. Voici les 5 meilleurs boxeurs français de ces 20 dernières années.

5. Mahyar Monshipour

Son palmarès ne mérite pas plus que celui des autres multiples champions du monde de figurer dans le classement. Mais sa lutte pathétique pour arriver au sommet, y revenir et y revenir encore, surpassent les sept triomphales années de Brahim Asloum pour parvenir à son premier titre mondial ou la nouvelle passion de Mormeck pour Holyfield.

4. Bruno Girard

Originaire de la même région que Patrick Charpentier, il aurait pu avoir la même destinée. Il eut la trajectoire inverse, s’emparant de tous les titres sur son passage avant la rencontre d’une vie. Tout s’arrêta face au premier français venu, Mehdi Sanhoune. Ça a un tout petit peu moins de gueule que de prendre une taule contre De la Hoya.

3. Fabrice Tiozzo

Tiozzo aurait pu venger son frêre en s’emparant de la première place. Mais après un parcours exceptionnel et une boxe tout aussi impressionnante, un petit péché d’orgueil lui fit oublier sa boîte de mouchoirs avant d’affronter Virgil Hill pour la deuxième fois. Du coup, 3 minutes plus tard, en plus du sang il y eut des larmes.

2. Laurent Boudouani

Boudouani aurait surement pris la première place s’il avait pu finir sa carrière en haut ou s’il s’était abstenu de monter sur le ring ce 5 octobre 1993 à Dijon. Regarder Boudouani exploser toutes les stars américaines justifiait de se taper Jean-Claude Bouttier même en différé car papa préférait Hollywood night après Jour de foot. Découvrir dans L’Equipe du lundi que Terry Norris avait mangé sa merde, laissait des regrets. Battre Castillejo, Jones, Daniels, Norris et Vazquez aussi. Mais perdre contre Razzano peut-être pas.

1. Anaclet Wamba

Longtemps, les jeunes amateurs de boxe lecteurs des pages sport de Sud Ouest Dimanche ont cru qu’il était invaincu. Normal, Anaclet Wamba a défendu 8 fois sa couronne entre 91 et 94 pendant que Delé et Jacob tentaient d’en ramener une autre. Pourtant Wamba avait pris soin de s’assurer deux défaites en début de carrière. Insuffisant pour ne pas être le meilleur.

La Légende JO, Boxe, Asloum : Redouane, raide mais pas one

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Il s’appelle Asloum, un nom de famille prédestiné pour briller aux Jeux Olympiques, mais aussi pour prendre des branlées. Redouane a choisi. Le mercredi 18 aout 2004, c’est un jeune boxeur de 23 ans, déjà champion de France amateur et gonflé à bloc qui se présente sur le ring d’Athènes. Son frère Brahim, aux commentaires, est confiant. Comme à son habitude, il dégouline même de fierté lorsque le redoutable Arménien Aleksan Nalbandyan, 33 ans, se présente à l’abattoir. Son intime conviction lui dit que brother Redouane va faire un gros tournoi. Pour cela, il aurait fallu qu’il marque plus de points que son adversaire du premier tour. 20 Pour Asloum, 27 pour Nalbandyan. Brahim est moins confiant, mais reste fier lorsque ses larmes se mélangent à celle de Rédouane, un rien dégonflé.

Boxe : Asloum, l’accident

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Il fallait bien que ça arrive. Brahim Asloum, a enfin gagné un championnat du monde. Certes, contre un inconnu, mais au moins il n'ira pas pointer aux Assedic lundi.

Le Vestiaire en parlait cet après-midi et, une fois de plus, il ne s'est pas trompé. Brahim Asloum, comme nous l'annoncions, a donc réalisé l'exploit. Perdre 11 kg et parvenir à l'emporter face au premier venu, ou plutot au troisième venu. Car souvenez-vous, en octobre dernier, même Acariès n'avait jamais entendu parlé de Reveco. Il pensait bien avoir trouvé le seul boxeur champion du monde capable d'être battu par son poulain, mais ce dernier n'est jamais à l'abri d'aller au tapis contre n'importe quel Julien Lorcy, pensait-il.

Une fois n'est pas coutume, on peut le féliciter, trouver des chèvres, il sait faire, l'OM en sait quelque chose. C'est vrai, ce n'est qu'une victoire aux points. Mais le principal, match truqué ou non, c'est bien qu'un Français gagne quelque chose, ne boudons pas notre plaisir. Enfin, le plus important c'est qu'on va retrouver notre Brahim à grosse tête, flambant neuf sur les plateaux. Mais la réalité est beaucoup plus cruelle. 7 ans pour devenir Champion du monde, ce n'est pas vraiment un exploit pour celui qui se voulait en 2000 la nouvelle future star mondiale de la boxe. Un lointain futur alors.

L’édito du Vestiaire : Mormeck, la mort d’un mec

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Patrick Charpentier avait montré la voie, Fabrice Tiozzo s'y est engouffré, Brahim Asloum a confirmé.

Don King doit en avoir ras le cul. Après Ali et Tyson, le promoteur avait cru que s'intéresser à des Français pouvait être prometteur. Après tout, c'est le pays de Marcel Cerdan, se disait-il. Mais voilà, on avait homis de lui préciser que c'était aussi la patrie de Julien Lorcy. Depuis quelque temps, il commence à comprendre. Tiozzo, et maintenant Mormeck. Le Don a pas fini d'en bouffer du looser.

Le plus ridicule, n'est pas forcemment la défaite en elle-même. Il est toujours possible de tomber sur plus fort que soi, surtout quand on est Français. Le plus dur, c'est l'humiliation qu'a subie Jean-Marc après avoir crané tant qu'il pouvait. Pas au niveau de son prénom (Ferreri a suvécu), mais bien par rapport à la présentation du combat. Les médias, ses entraîneurs et lui-même, tout le monde le voyait bien trop beau, bien trop puissant, bien trop talentueux. Ses sparring-partners déclaraient même qu'il leur avait fait mal. On leur souhaite de ne jamais boxer face à Haye, le bourreau du jour, ils risqueraient de décéder hâtivement. « Dans la forme de sa vie », « prêt comme il ne l'a jamais été », des superlatifs qui resteront gravés à jamais dans le panthéon des histoires les plus honteuses du noble art. Juste à côté d'un Tiozzo-Hill de gala…

Pendant ce temps-là, sans égale, Justin Hénin devient petit à petit la meilleure joueuse de l'histoire du tennis. Une place qu'aurait dû occuper Monica Seles si elle n'avait pas été poignardée en pleine gloire, en 1993, et condamnée à une fin de carrière à la Mauresmo.

Info Le Vestiaire, Boxe : Asloum enfin invaincu

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Selon nos informations, Brahim Asloum serait toujours boxeur. Pire, il serait même encore professionnel et combattra pour la dernière fois début décembre.

Il s'appelle Juan-Carlos, il n'est pas roi d'Espagne, mais, hélas pour notre ancien champion olympique, il est roi du monde. Invaincu en 17 combats, le déménageur Reveco pourrait donc être le nouveau bourreau d'Asloum le 8 décembre au Cannet. Brahim est plutôt beau joueur : pour se donner encore plus de chances de perdre, il a décidé de descendre d'une catégorie et de passer en mi-mouche. Condition sine qua non pour avoir le droit de se ridiculiser une troisième fois, il devra perdre 5 kg en 1 mois et demi. Et perdre, ça le connaît.

Point positif, Reveco, également numéro 1 de l'intérim, pourra l'aider à préparer sa reconversion. Acariès, son promoteur, est quant à lui résigné depuis bien longtemps : « Il a fait les JO dans cette catégorie. Ca peut le remotiver. J'espère que cette fois-là, il ne va pas manquer cette chance […] Quand on a des revers comme ça, on apprend. Ces deux défaites ne l'ont pas détruit, cela lui a plutôt appris quelque chose. » En tout cas, ça ne lui aura pas appris à changer de staff.

Et Louis le Marseillais, comme pour mieux montrer à quel point il s'en branle, d'avouer qu'il ne connaît rien de l'adversaire argentin, avant de conclure à propos du gaucho : « Je sais simplement qu'il est invaincu en 17 combats. Je vois le palmarès et je ne peux pas prendre ça à la légère. » Il manquerait plus que ça.

Pendant ce temps-là, Fabrice Benichou (prononcer Benisou) nous prouve qu'il sait écrire et nous raconte sa vie.

Par contre, on ne sait toujours pas s'il sait lire.

Exclue Le Vestiaire, Boxe, La légende : Patrick le Charpentier

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– Tiens, Seb, toi qui es journaliste. Marathonien ? Un seul ou deux N ? C’est pour une dédicace.
– Deux, mais pas à la suite…
– J’étais pas loin !

Du Charpentier dans le texte… Le court sur Pat’ aurait pu devenir cycliste – « mon rêve » – disc-jockey ou ébéniste. Il a fini boxeur comme on choisit un melon ; à l’odeur rancie sous la queue : « Je n’étais pas fait pour ce sport. » Sans blague. Trop petit ? Pas assez d’allonge ? « Non, franchement, sans être raciste, je m’appelle Charpentier, je suis blanc et je n’ai pas grandi dans un quartier difficile. » Bref, vraiment rien pour réussir.

Mais voilà, né en l’an de graisse 1970 à Vimoutiers – « avec un S » – il débarque à 4 ans dans les faubourgs de Fleury-aux-Choux, la barbe naissante et un QI à la hauteur des plus grands. La légende est en marche. Elle conduit le Fleuryssois vers une chance continentale, qu’il saisit en 1995 – « le 18 juillet, à 20 h 32, contre un Français avec un prénom de fille, Valéry Kayumba ». Pat’ a l’intelligence de ceux qui n’oublient pas. Surtout les trois lignes de son palmarès amateur : « 53 combats, 43 victoires, dont 37 avant la limite. » Il ponctue chaque fin de phrase d’une esquive rapide et d’un direct dans l’épaule. « Tu l’as pas vu venir celle-là, hein ? »

« Mais, Patrick, tu n’as jamais su boxer » (Acariès)

Il me reste deux doigts à la main gauche pour vous brosser ses années pros, qu’il énumère avec la même précision chirurgicale : « 33 combats, 27 victoires, dont 24 avant la limite. Quand les autres voyaient ça, ils prenaient peur. Charpentier, il allait toujours chercher le K.-O. » Il lui faut en effet moins de deux minutes pour mettre au tapis le carreleur espagnol Javier Martinez (25 novembre 1995) avant que l’arbitre ne mette fin aux souffrances du fantôme écossais Gary Jacobs, le 14 juin 1996, et n’accorde à Charpentier sa troisième ceinture continentale des welters ; bien assez pour maintenir un short trop petit pour lui.

C’est à un autre gabarit qu’il veut désormais s’attaquer : Oscar de la Hoya, « le meilleur, le plus médiatique ». Comme Brahim Asloum, l’abattage médiatique en moins, il n’avait battu jusqu’alors que des porte-serviettes. « J’ai demandé à Acariès », sous le giron duquel il était passé quelques mois auparavant, « de pouvoir l’affronter ». Réponse du p’tit Louis : « Mais Patrick, tu n’as jamais su boxer. » Qu’importe : « Je savais que j’avais une chance sur cent de le battre. J’ai voulu la prendre. »

300.000 $ les trois rounds…

Le reste n’est qu’un récit plein de bruit et de fureur : « Même si je ne l’ai pas reconnu à l’époque, j’ai été tétanisé par l’environnement du combat. » Il y avait de quoi : El Paso, Texas, 60.000 personnes. « Jamais aucun Français n’a boxé devant autant de monde. » Neuf ans après, Charpentier en mouille toujours son slip kangourou. Ce 14 juin 1998, il ne l’oubliera jamais. Enfin, surtout le début de soirée. « J’avais pour stratégie de laisser passer l’orage avant de mettre le turbo au quatrième round. Mais ça allait beaucoup trop vite. J’ai été touché très tôt dans le troisième et tout s’est enchaîné. »

Après 1 minute 56 secondes dans cette reprise fatale, Pat’ prend une droite « partie de loin. Je décide d’attaquer alors que je n’avais plus toute ma lucidité. Il se retire habilement et alors j’ai senti comme une aiguille qui me piquait. Si je la prends dans le nez, il me le casse sûrement. » Touchant de lucidité… Après, c’est le trou noir : « Je ne me rappelle plus de rien jusqu’aux vestiaires. Je crois que j’ai fini en pleurs au téléphone avec ma femme sans vraiment savoir ce qui m’était arrivé. » Humilié, mais plus riche de 300.000 dollars – De la Hoya en a pris 4.000.000 pour cette exhibition -, Charpentier rentre s’enterrer à Fleury-aux-Choux. « C’était l’aboutissement de ma carrière, j’avais pris la décision d’arrêter quel que soit le résultat. » Il n’a pas remis les gants depuis. Sauf pour faire sa toilette.

La légende, Boxe : Lorcy / Charpentier, même combat

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On s’est longtemps demandé pourquoi Julien Lorcy était surnommé « Bobo ». « Non ! », affirmait Jean-Claude Bouttier, ce n’était pas un lointain hommage au camarade Boris Elstine. Pour comprendre, il fallut attendre le 7 août 1999. Ce jour-là, un professeur italien dénommé Steffano Zoff lui administra volontiers une leçon de boxe et fit bobo au gentil Juju. Quatre mois auparavant, Lorcy avait réussi à ramener un bout de la paupière de Jean-Baptiste Mendy en guise de ceinture mondiale WBA.

Deux ans après, Julien menaça un pauvre Japonais de lui faire « bobo » s’il ne lui rendait pas son titre. Le nippon un peu moqueur mais très respectueux de son hôte (c’était à Tokyo), ne se fit pas prier pour faire cadeau de sa ceinture qui ne lui servait qu’à serrer son kimono. Cette fois, le gentil Julien n’attendit pas trois mois pour se faire étaler par un certain Raul Balbi que même Souleymane M’Baye battra quelques années plus tard. Avec deux nuls et quatre défaites, le bilan de « bobo » est flatteur, à moins qu’Hacine Cherifi ne soit pas le bon exemple. Apparemment, il n’y eut que Don King qui ne s’en aperçut pas.

Info Le Vestiaire : Asloum, le Japon avant la retraite

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Cela vous a peut-être échappé mais Brahim Asloum est bien boxeur professionnel. Oui, un peu comme Oscar de la Hoya, Mike Tyson ou même le redoutable énarque fleuryssois Patrick Charpentier. Un peu, car pour beaucoup il est plus proche d'Amanda Lear ou Michel Leeb, tant sa posture de people has been écumant les plateaux de télévision a plus marqué les esprits à l'époque où on le connaissait encore. Mais ça, c'était avant, quand crane péroxydé au vent après son titre olympique amateur à Sydney il avait choisi de l'ouvrir plutôt que de la fermer. On lui a longtemps laissé croire qu'il était une vedette en allant même jusqu'à lui offrir sur un ring de pognon un passage en professionnel, et plusieurs tocards à massacrer tant bien que mal. Seulement voilà, à un moment il faut gagner des titres. Alors Brahim s'est dit qu'il était fort et après un titre européen conquis de faible lutte, il a abandonné son titre pour aller conquérir la ceinture suprême de champion du monde. N'est pas Tyson qui veut, et le petit Brahim est allé se faire humilier par deux fois face à des adversaires un peu trop bons pour lui (Lorenzo Parra et Omar Narvaez). Que voulez-vous, on ne peut pas éternellement affronter les premiers baltringues venus juste pour satisfaire son égo.

Pourtant après son premier echec en 2005, notre looser national avait mis les bouchées doubles en allant jusqu'à faire des stages commandos en Amérique du Sud. Tout ça n'a bien sur pas payé, car le talent ne se gagne pas à l'entraînement sinon Chavanel aurait été mélé à l'affaire Puerto. Le signe qui ne trompe pas, c'est que son manager s'appelle Acariès et pas Don King, qui lui, a préféré miser sur Mormeck. Un hasard me direz-vous? Sans doute. Toujours est-il que Brahim aurait pu mourir étouffé par la honte s'il n'avait pas assisté au premier tour des -48kg aux J.O. d'Athènes en 2004.
Son petit frère Redouane, sans doute jaloux du niveau de son aîné, a mis, ce jour-là, un poing d'honneur à montrer qu'il etait le plus nul de la famille en se faisant lamentablement écraser sous les yeux embués de bonheur de Brahim. Ah, les mystères de la génétique!…

PS : Actuellement, le Rocky du pauvre d'entraîne à Las Vegas, pas sur que ça le rende bon, mais il semble qu'il pourrait affronter le jap Sakata champion WBA des mouches pour une ultime (?) chance mondiale. Rendez-vous en décembre et après, s'il a son permis il pourra toujours essayer de trouver un job à la RATP.

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