Tennis, Tsonga : L’accident ?

Christian Bîmes l’a accueilli en héros à l’aéroport, persuadé qu’il gagnera le prochain grand chelem français. Tsonga ressemble de plus en plus à Clément et consorts. Mais ressemble-t-il à Noah ?

L’histoire du tennis français est comme Gervais Martel : elle bégaie. Jo-Wilfried Tsonga a battu Nadal en trois sets, au terme d’un match ébourrifant, après un parcours exceptionnel. Suffisant pour en faire le futur numéro un mondial. Pourtant, contrairement à Thierry Tulasne ou Arnaud Di Pasquale, il n’a jamais été numéro un mondial junior. Seulement dauphin, comme Julien Jeanpierre…

Les lauriers pleuvent, Denisot fait plus d’audience qu’avec Mauresmo, à qui seule Mireille Dumas s’intéresse désormais. Mais son parcours n’a rien d’inédit. Clément, en 2001, sur ces mêmes terres australes, élimina Robredo, Martin, Federer, Rusedski, Kafelnikov et Grosjean. Avant de sombrer, drapeau bleu et blanc à la main, contre Agassi en finale. Les Français sont toujours des finalistes souriants sur la photo d’après-match, avec le petit trophée du cocu. Sympathique : un petit mot pour le public et une déclaration uniforme : « Je n’ai pas de regret, j’ai tout donné. » Le Vestiaire l’avait écrit avant la finale : s’il joue à son meilleur niveau, il gagnera. Il a baissé de pied donc il a perdu. Ne pas avoir de regret, se satisfaire du parcours, c’est avoir l’ambition d’un sprinter français.

Mat, maté, Mathieu

Tsonga, comme Clément, Pioline, voire Escudé (demi-finaliste à Melbourne en 98… à 22 ans) et même Mahut, à son niveau (finale perdue contre Roddick au Queen’s après un match d’anthologie contre… Nadal), ont établi la jurisprudence française. Sans parler de la finale de Coupe Davis de Mathieu contre Youzhny en 2002, un modèle breveté pour des années. Une semaine auparavant, il gagnait tout et devenait le futur sportif français vainqueur de grand chelem. Un parcours hors du commun, porteurs d’espoirs aussi grands que Mario Ancic, autant suivi d’effets qu’une prédiction du président de la FFT après quelques jeux de flûtes au champagne avec la femme à Chamou.

Son parcours montre que Jo-Wilfried est dans la forme de sa vie, en ajoutant Adélaïde. Pas qu’il est un joueur plus prometteur que les autres loosers chroniques précédents. S’il joue deux demi-finales de grand chelem dans l’année, il se distinguera des autres. Roland Garros et surtout Wimbledon seront deux révélateurs plus fiables que la fidélité de Virenque. Seul Pioline a réussi à confirmer en retrouvant Sampras en finale de Wimbledon par la suite. Clément, lui, n’a jamais confirmé : sa finale l’a conduit à se lancer dans le tennis exhibition avec Llodra. Au passage, la France du tennis peut lui en vouloir d’avoir flingué la carrière de numéro 1 mondial de la vache Grosjean, sans réaction après sa demi-finale perdue, malgré deux sets d’avance. Faire une Mathieu contre un autre Français, ça c’était fort.

Communication Le Vestiaire : Le million, le million

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Chers lecteurs,

En ce début d'année 2008, le service promotion vous informe que notre site vient de tourner une nouvelle page de sa brillante carrière. Non, nous n'allons pas nous débarasser de notre spécialiste tennis, car contrairement à la quasi-totalité de la presse et même de certains de nos lecteurs (qui ont oublié d'attendre que la finale se joue pour venir fanfaronner), il n'a pas pronostiqué la victoire certaine de Jo-Wilfried Tsonga à l'Open d'Australie la veille de la finale. Au fait, il a fait quoi ce fameux champion ?

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Par contre, à l'occasion du millionnième visiteur, nous allons organiser un grand quizz afin que vous puissiez enfin connaître votre véritable niveau de connaissance qui est, à n'en pas douter, très faible. Il y aura un gros cadeau à la clé et pas seulement une place pour assister à un premier tour de double avec Mutis à Roland Garros. Patience, Olivier, plus que quelques jours.

Les derniers sont les premiers

Enfin, nous passons un cap avec la remise des Brahim d'Or des plus grands exploits sportifs de l'année 2007. Et, surprise, notre public rejoint nos positions. Puisque les grands gagnants sont l'équipe de France de rugby, dont nous avons relaté avec brio le parcours lumineux, et Amélie Mauresmo, une ancienne tenniswoman. Elle aura au moins gagné quelque chose.

Enfin nous allons accueillir dans nos colonnes un nouveau chroniqueur avec de la bouteille et une plume bien affutée. Son premier papier sera publié prochainement. Nous attendons vos commentaires.

Voici l'adresse mail officielle du Vestiaire, que vous retrouverez de façon permanente dans la rubrique 'nous contacter' : equipe.vestiaire@yahoo.fr

Foot, L1 : Mertocard, un mercato pour les tocards (2/2)

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C'est l'histoire d'un génie du football, qui révolutionne le marché des transferts. Il part dès qu'il commence à jouer. Le vainqueur est…

Voilà notre messie, aux sonorités de défenseur chevelu champion d'Europe. Gérald Cid, c'est lui, a signé à Nice. Six mois avant, il était encore à Bordeaux. Les dirigeants voulaient le faire prolonger, car le Cid se faisait une place dans le gotha pas fourni de la défense bordelaise. Quand on a Jemmali et Jurietti, mieux vaut parer aux suspensions. La mi-saison approche, Cid joue de plus en plus avec Marc Planus. Mais en février, alors que tout va bien, il s'engage avec Bolton. Remarquable soufflet : écarté, il manque la finale de la coupe de la Ligue et ne joue plus jusqu'à la fin de la saison.

Le Cid baille au Corneille

Arrivé à Bolton, il commence la saison sur le terrain. En une demi-saison, il dispute 7 matches, soit plus que Trezeguet sous Domenech. Pas si mal pour un départ à l'étranger. Mais le feignant Cid en veut moins. Il part après cinq mois et rejoint donc Nice qui n'a pas besoin de lui en tant que titulaire puisque le club est dans une forme étincelante, y compris Bamogo. A 24 ans, il a plus que jamais les yeux de Chimène pour le banc des remplaçants.

Pendant ce temps-là, Frederic Brando, Samuel Boutal et Steve Marlet cherchent toujours un club.

Bruits de Vestiaire

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Vos Bruits de Vestiaire sont de retour ! De Pelous à Bouras, en passant par les ouvriers chinois tombés au chantier d’honneur, ils rendent cette semaine hommage à ceux qui nous ont quitté en 2007.

Omnisports. Le sous-ministre ès porc, Bernard Laporte, a lancé l’idée d’une Fête du sport, sur le modèle de celle de la musique, chère à Jacques Langue. « Parce que le sport doit être une fête, j’envisage de créer un événement national autour des valeurs qu’il véhicule », a dévoilé l’ancienne égérie de Madrange. Sa date ? Le 12 juillet, « jour mémorable de la victoire des Bleus » de Deschamps et Boghossian. Pour commémorer la prise de la pastille ?

Jeux Olympiques. A en croire nos confrères du Sunday Times, les autorités chinoises, aussi transparentes que Vincent Vittoz à Canmore, auraient « couvert » les décès d’une dizaine d’ouvriers sur le site de construction du stade olympique. Le journal britannique affirme que le silence des familles des victimes a été acheté au prix fort : 17.400 euros. A quatre euros la journée de travail, la somme représente tout de même presque 12 années de salaire. Que demande le peuple ?  

Judo. Djamel Bouras a été condamné par la cour d’appel de Paris à une amende de 500 euros pour avoir traité de « connard » un chauffeur de bus de la RATP. Selon plusieurs témoins, l’ex-judoka avait invité le fonctionnaire à sortir de son véhicule pour s’expliquer. A croire qu’il a l'oreille mauvaise. Comble du ridicule, le suppôt de Bayrou a séché l’audience en raison d’un mouvement de grève à la RATP. Des vrais connards…

Rugby. Fabien Pelous marche sur les traces de Kastendeuch. L’ancien capitaine du XV de France n’a pas pris de chandelle dans le nez pour son dernier Mondial, mais il fera aux municipales de Toulouse ses premiers pas en politique, sur la liste de Jean-Luc Moudenc, pas peu fier d’avoir déniché « un regard neuf sur la ville ». Pelous, à qui on n’avait plus associé l’adjectif « neuf » depuis son arrivée au SC Graulhet, s’est défini comme ayant « une culture de gauche et des tendances de droite ». Il a sûrement manqué une carrière à l’ouverture.

Cyclisme. Frank Vandenbroucke fera cette saison son retour à la compétition sous le maillot de l’équipe Mitsubishi, née sur les cendres de l’ancienne Jartazi. L’enfant terrible du cyclisme belge sera associé à une brochette de coureurs jusqu’alors sans contrat pro : Verheyen, Omloop, Van Dijk ou Tombak. Des chômeurs belges, un sponsor japonais, une licence estonienne et un suicidaire drogué… Le renouveau du cyclisme est en bonne voie.

Golf. La commentatrice vedette de Golf Channel, Kelly Tilghman, a été suspendue deux semaines par sa direction pour avoir déclaré que les joueurs du circuit pro devraient « lyncher Tiger Woods dans les contre-allées » pour espérer le battre. Le Tigre (ci-dessus avec sa femme) a accepté les excuses de la journaliste, estimant qu’il n’y avait « pas de mauvaise intention de sa part ». Elle aurait très bien pu demander de lui casser les deux jambes à coups de putter.

Tennis, Open d’Australie : Jo le Maxi

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Jo Woodbridge Tsonga a signé un exploit retentissant ce matin en faisant déclarer à Christian Bîmes qu'un Français pouvait gagner un Grand Chelem.

Finalement, il l'a vite su. Rafael Nadal, au bout du premier set, avait trouvé un maître. Son sourire écoeuré, dans le dernier jeu sur un smatch pleine ligne du Français, ressemblait à celui des Messins après chaque match de L1 cette année. Gilles Simon avait un plan, Tsonga l'a appliqué.

Complet poulet

Mais pour l'appliquer et qu'il marche au point que Nadal se sente Clément pour quelques heures, encore faut-il être talentueux. Bîmes, qui s'y connaît plus en gastronomie qu'en tennis, l'a aussi remarqué, même si son repas trop arrosé l'a poussé à comparer Tsonga à Leconte. Nadal était aussi loin de la balle que Boetsch contre Agassi dans les archives de l'INA. Le match qu'il vient d'accomplir le place d'office dans le top 10 des matches les plus aboutis de l'histoire, quelques encablures devant Mutis.

Il a eu, l'espace de deux heures, la puissance du meilleur Safin (avec un coup droit jamais vu sur le circuit), le service du meilleur Sampras, la volée du meilleur Edberg, la décontraction du meilleur Federer et le tempérament du meilleur Nadal. Imprenable, il n'a laissé que sept jeux à un adversaire qui n'avait pas perdu un set depuis le début de la quinzaine. S'il réédite le même match, il gagnera le Grand Chelem, Federer ou pas en face.  Et dire que si Gasquet n'avait pas eu mal à l'orteil droit, il était sûr d'éliminer Tsonga…

Foot, L1 : Mertocard, un mercato pour les tocards (1/2)

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C'est l'histoire d'un génie du football, qui révolutionne le marché des transferts. Il part dès qu'il commence à jouer. Qui est-il ?

On pensait que le mercato d'hiver ne serait animé que par les catégories habituelles. Les habitués : Toifilou Maoulida, qui a raté assez de penalties pour ne rester que six mois à Auxerre ou Matt Moussilou, parti fêter le Nouvel An au Qatar et qui s'est rendu compte qu'il n'était pas loin du niveau des équipes réserves qataries. Jérôme Leroy, qui a autant de cartes vitales que Jacky Duguépéroux a d'inscriptions Assedic, a innové en restant à Rennes, avec un moustachu. Mickaël Madar, lui, a arrêté sa carrière et Nouma s'est lancé dans le cinéma.

Il y aussi les remarquables choix de carrière : Mavuba à Villareal qui met six mois pour comprendre qu'il a été recruté pour faire le nombre. Faé, encore apprenti footballeur et lycéen, qui quitte le nid familial trop tôt pour se perdre à Reading. Djemba et Berson avaient pourtant créé une jurisprudence, mais comme le pense la grosse tête Pascal Praud, « Faé y penser avant ».

Et puis, vient le messie…  

Natation : Nicolas Manaudou mis salamandre

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Ses clichés intimes retirés du net, Laure Manaudou pensait en avoir fini avec le X. Voilà que son ancien club en remet une couche.

Il y a comme une certaine ironie à voir Laure Manaudou sous le coup d’une plainte contre X, quelques semaines seulement après que sa salamandre a effrayé l’accro nique. « Faux et usage de faux, abus de confiance, escroquerie, vol et usage de chèques volés, falsification et usage de chèques falsifiés, recel de vol et subornation de témoin. » On comprend mieux pourquoi Philippe Lucas et son ex-protégée avaient quitté Melun à la hâte, les poches aussi pleines que celles de Roland Courbis.

On comprend aussi pourquoi elle a enfin décidé d’abandonner Ambérieu-en-Bougé, comme Le Vestiaire le lui demandait ici et . A en croire son nouveau coach mulhousien, toujours officieux, comme ses carnets de chèques, Laure Manaudou aurait elle-même demandé de l’aide pour rattraper le retard accumulé par le petit frère.

Le camouflet de la paix

« Nicolas était dans la plus mauvaise des positions. D'abord, c'est son frère. Ce qui lui a permis d'accéder à un certain type de relation et de confiance, mais d'un autre côté, sur le plan affectif, il est très difficile d'entraîner quelqu'un d'aussi proche. Il était dans une situation difficile. Je crois que c'est une des raisons principales pour laquelle Laure a fait évoluer sa structure », a déclaré Lionel Horter, qui a emmené Maracineanu au titre mondial quand Stasiulis était encore vierge.

La tatouée a quand même mis quatre mois à comprendre qu’on ne préparait pas des Jeux Olympiques avec 70 cm de profondeur et des minimes pour seule concurrence. « Ce qu'elle va trouver à Mulhouse, c'est un environnement, un groupe qu'elle n'avait pas à Ambérieu », s’est félicité Law and Horter.

Pendant ce temps-là, la presse française se refuse à parler d’échec pour Nicolas Manaudou. C’est pourtant un camouflet terrible que lui inflige sa propre sœur. Il pourra toujours se venger en mettant sur le net ses bulletins de notes du CE2.

Les questions interdites du sport : Qui osera se débarrasser de Coupet ?

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Comme prévu, Grégory Coupet n'est pas au niveau de Vercoutre. Lequel a au-dessus de lui au moins trois gardiens en Ligue 1.

Contre Toulouse, un ballon dans les six mètres et il regarde Fabinho marquer. Et l'homme aux six doigts de saluer la femme à Fred et tout le public de Gerland comme il se doi(g)t. Quatre jours plus tard, il est surpris par un Japonais du Mans d'une frappe aussi lourde qu'Eric Carrière. Et à Lens, il regarde le mal prenommé Toifilou Maoulida ouvrir le score sur un centre en cloche encore sous son nez, que même le Letizi russe aurait été chercher. Avant d'encaisser une tête de Bisevac après un plongeon aussi inutile que Papin sur le banc d'en face.

Du haut niveau au caniveau

Bref, Coupet est nul, et il ne la ramène plus devant les médias. La Halle aux vêtements le sonde déjà pour récupérer ses survêtements. A quelques mois de l'Euro et vu son âge canonique, la grande vague de l'inquiétude devrait balayer les certitudes du mari de la mère Denis. Seulement, l'omerta brise l'évidence. Coupet est le numero un, et à son meilleur niveau, il est intouchable.

Un détail : il ETAIT intouchable. Le marot David, opéré des croisés en 1994 à l'age de Coupet, ne retrouva jamais son moins mauvais niveau. Problèmes de détente, d'explosivité, comme Coupet en ce moment. Et Wiltord n'est plus là pour lui réapprendre à mieux sauter que ses pairs.

Landru serial looser

C'est ce qui rendra la situation intenable rapidement. Un Coupet déclassé ne permettra pas à la France d'être championne d'Europe. Autant Mickaël Landru a bénéficié de l'absence de concurrence pour rejoindre les Bleus et a confirmé avec régularité qu'il n'avait pas les épaules, autant Coupet doit faire face à une génération fabuleuse.

Lloris, Pelé et Mandanda, voire Ramé sont à l'heure actuelle, clairement au-dessus des numéros 1 et 2. S'en passer serait criminel, et pas seulement aux yeux de Houiller et Ginola.

L’instant Le Vestiaire, foot : La réddition du Cap’tain deutsch

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Pour la nouvelle année, l'équipe du Vestiaire vous propose une nouvelle rubrique, l'instant Le Vestiaire, ces instants où une carrière a basculé. Premier exemple avec Sylvain Kastendeuch.

20 mai 2001. Saint-Symphorien est plein comme un œuf pour moquer une dernière fois son capitaine, l’homme de Molinari à la gueule de mineur mosellan. Un jubilé du riche pour le deuch, contre Bordeaux. A la 6e minute, Bonnissel déboule à gauche et déborde aussi bien que Marion Bartoli. Goeffroy « Sex » Toyes, trop lent, oblige cap’tain gueule cassée à couvrir. Une dernière fois, sa conscience professionnelle parle. Contrairement à lui, muet pendant une semaine à cause de ce maudit ballon en pleine gueule.

KO, il quitte le terrain sur une civière, sous les applaudissements d’un public qu’il n’entend plus. Le nouvel adjoint aux sports à Metz met fin à 19 ans de carrière comme ni Weah, ni Pouget ne l’auront fait.

Foot, L1 : Le troubl-Lyon

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Alors que tous les voyants sont au vert, Lyon ne s’est pas renforcé pendant le mercato.

César Delgado, Crosas arrivent, Fred, Belhadj et Fabio Santos sont sur le départ. A priori, voilà un mouvement de remplaçants. Sauf que pour un club qui joue la Ligue des champions, les remplaçants doivent aussi avoir le niveau. Or Fred, dans sa bonne forme, est meilleur que Rui Baros. Heureusement, il semblerait que l'idée de se rapprocher géographiquement de Rennes refroidisse notre cocu. Belhadj sera toujours meilleur que François Clerc à gauche, même s’il a réussi la performance de ne pas s’imposer avec seulement Grosso devant lui.

Clerc comme de l'opprobre

Et Fabio Santos est bien plus riche que Crosas, jeune Espagnol qui jouerait déjà s’il était aussi fort que Fabregas. Le Brésilien, après avoir été nul pendant un an, s’est hissé au niveau européen. Mais le retour de Toulalan l’a remis sur le banc, et il a préféré retourner au pays. Il a déclaré vouloir revenir en juin. Aussi crédible que de voir Pedretti faire du cinéma.

Le problème pour Lyon, c’est que si Benzema, Toulalan et Grosso se blessent, on se retrouvera avec Baros, Bodmer et Clerc sur le pré en coupe d’Europe. Dans ces conditions, même les Rangers avec Darcheville auraient gagné.

Foot, L1, Lens : Le vilain druide qui gache la forêt

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Jean-Pierre Papin ne pourra même pas faire ses courses au mercato. On lui a refilé une carte Leclercq périmée. En plus, Druide, c'est pas un vrai métier.

« Disons que je suis intervenu sur certains choix pour l’équipe. » En une phrase, Daniel Leclercq a brisé deux omertas. La première, c’est que Papin n’est plus l’entraîneur de Lens, pas même l’adjoint. La seconde, c’est que Leclercq fait un vilain druide qui a trop abusé de cervoise. Pas une occasion en une heure de jeu contre le PSG au Parc, seul Metz peut rivaliser. S’il a tenu à garder Papin, c’est sûrement pour le mettre à la place de Maoulida et Pieroni.

Entre Santini et Lemerre

Leclercq, grâce aux incompétences du jeune Papin et du barde bègue Martel, a réussi une potion miracle : redevenir entraîneur sans que le précédent soit parti. Point de serpe, mais un portable et une risée générale pour Papin, qui aurait certainement préféré présenter sa femme à Wiltord plutôt que de vivre ça. Les joueurs sont peut-être encore sous le choc. Il faut dire que voir leur coach en tribune, en train de bousiller son forfait, ça n’aide pas à bien jouer. De toute façon, le druide reste abscons : fils spirituel de Lemerre, il a aussi hérité du débit de Santini. Lens a un pied en L2.

Pendant ce temps-là, Saint-Etienne pense à une solution identique (Santini). Roussey, qui connaît la musique (Hasek s'en souvient), a déjà dit qu’il préférait les Assedic.

Tennis, Open d’Australie : Les premiers seront les derniers

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Comme chaque année, le début de saison sourit aux Français. Manque de chance, ce sont les vieux ou les tocards qui brillent.

Llodra qui gagne un tournoi (ATP et Challenger confondus), Santoro qui sort Blake, Benneteau qui gagne plusieurs matches à la suite… Les débuts de saison sont moins relevés qu’une finale de championnat de France entre le Team Lagardère et l'AS Patton Rennes. Il y a quelques années, Santoro fut même numéro 1 mondial à la Race, ce classement renouvelé d’une saison sur l’autre, grâce à sa victoire dans un tournoi du Golfe Persique, début janvier, où Rodolphe Gilbert aurait pu être tête de série.

La période défaite

Quand on ne peut pas prétendre à un dernier carré de Grand Chelem, autant être malin et gagner du fric pour les onze mois suivants. Si Mutis avait su, il porterait du Levis plutôt que Fabio Lucci. Amélie Mauresmo y a donc songé cette année. Mais elle ne repoussera pas la retraite longtemps. Sa « préparation » l’a conduite au second tour et une défaite contre l’imbattable Patty Schnyder. Et elle est déjà blessée. Même Kournikova aurait sa chance.

Richard Gasquet, conscient qu’il manque encore d’expérience dans l’approche de sa saison, a déjà compris son erreur. Il a merdé dans le premier tournoi et sait qu’il ne pourra pas profiter de points d’avance, lui. Avant l’Australie, il demande officiellement l’indulgence s’il perd. Il devient donc officiellement moins ambitieux que Papy Grosjean, qui a toutes les chances de redevenir numéro 1 français.

Ski, Coupe du monde : Grange en fait un foin

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Entre Gasquet qui demande le droit de perdre et Thierry Clopeau qui croit toujours faire une bonne émission, tout le monde pensait que l'hiver allait être froid et long. Mais voilà, en France, il reste quelques pistes de ski. 

Une fois de plus, Le Vestiaire ne s'est pas trompé. Le 29 novembre dernier, notre spécialiste ski s'était rendu à Beaver Creek pour assister, comme il en a l'habitude, à une épreuve de la Coupe de monde, le super combiné. Le slalom débutait, et notre chroniqueur s'ennuyait au moins autant que Sergi Bruguera face à Thierry Champion au 2e tour de Roland Garros 93. Soudain, il fut sorti de sa torpeur par une situation assez cocasse, un Français, quasi-inconnu, venait au prix d'une course éblouissante de s'emparer de la seconde place finale.

Aussitôt, il avertit la rédaction en chef de notre site. Il affirma qu'il venait de voir naître le grand champion que nous attendions depuis Denis Rey (qui termina une jour quatrième d'une épreuve). Personne, dans le monde médiatique, ne fit une analyse similaire, et surtout n'osa aller plus loin qu'une simple brève de circonstance pour saluer un podium tricolore. Personne, sauf l'équipe du Vestiaire qui, grâce à sa connaissance parfaite du sport et sa grande expertise du ski, dès le 2 décembre dans un édito, décrivit sans détour le brillant avenir auquel se destinait Jean-Baptiste Grange. Le 17 décembre, nouveau coup d'éclat de ce dernier, il remporta Alta Badia et Le Vestiaire persista, en lui promettant la Coupe de monde de slalom.

St Jean-Baptiste

Début janvier, il enfourcha une porte dans la seconde manche à Adelboden. Un quotidien sportif, à l'image de toute la presse, s'empara de ce non-évènement, et fit preuve, une fois de plus, d'une incompétence magistrale en parlant de déception et soulignant l'inconstance du jeune homme. Le Vestiaire, par contre, avait repéré sa très belle première manche (10e) et savait qu'il regagnerait très rapidement. Ce qu'il fit hier à Wengen. Nous décidâmes alors d'aller encore plus loin dans notre édito, et d'évoquer pour la fin de saison, peut-être deux, voire trois globes de cristal si toutefois il s'aligne sur chaque course. Aujourd'hui Jean-Baptiste Grange a encore gagné et, pour la première fois, la presse sportive commence à se questionner sur un tel phénomène. Le Vestiaire, plus d'un mois avant tout le monde, avait dit qu'il dominerait la planète ski. Il le fait, et sauf à prendre Cavagnoud, ou Ian Picard pour modèle, continuera de le faire. Excellente nouvelle, à quelques mois à peine des JO d'été…

Les questions interdites du sport : Faut-il supprimer la jusrisprudence Jacquet ?

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Personne n’ose aborder le sujet, le vestiaire brise l’omerta.

« Si j’avais été là, il m’aurait écouté » Ainsi parle Jacques Marchand notre maître à tous au cours d’une conférence offerte à de jeunes journalistes mais aussi un futur banquier. Il a vu Spiridon Louis remporter le premier marathon Olympique, il a souvent combattu son confrère Péricles pour ses mœurs contre-nature malgré le respect sans orifice qu’il lui inspirait, il a soutenu à raison Champollion dans ses incessantes recherches « pourtant illisibles », il a enfin réalisé la dernière interview d’un Copernic à l’agonie. Pourtant, après un bail au sommet du journal L’équipe et du Tour de France, un jour, les Amaury ont décidé de se passer de lui. Etrange décision que celle de déboulonner ce petit grand-père à l’haleine incertaine. Bizarre sentiment de le voir regretter de ne pas avoir pu sortir Gerard Ejnes et Jerome Bureau de leur entreprise de démolition du futur Dieu Jacquet. Papi Marchand de cercueil a bien raison, s’il avait été là, cela aurait donné une autre tournure au traitement médiatique de certaines compétitions sportives qui suivirent 98. La Corée 2002, le Portugal 2004 mais aussi France 2007.

Un cadeau pour Lemerre Noël

2002, la France a déjà sa deuxième étoile assurée, et presque personne ne vient relever le danger représenté par un triste match face à la Belgique. Un match sans intérêt face à la Corée, une fatigue croissante, et un excès de confiance comme seul le rugby a pu en connaître un depuis. Lemerre n’est plus à sa place, les joueurs sont rois sans jouer, le desastre est gros comme l’égo d’Asloum quand il avait les cheveux jaunes. 2004, Lizarazu et Desailly font encore partie de la défense la plus forte de l’histoire. Ce qui n’a donc aucun sens. Santini est depassé. Personne ne bouge, la France se plante. Ne revenons pas sur le cas Laporte maintes fois commenté dans nos colonnes.
Un évidence s’impose: la presse a évidemment une influence inévitable, plus ou moins importante, sur les choix sportifs des uns des autres. Elle se doit d’en jouer avec doigté et sincérité. L’affaire Jacquet, devenue jurisprudence, empoisonne les commentaires et analyses depuis maintenant 10 ans, entraînant une gestion des carrières et compétitions plus qu’approximatives au point que François Clerc s’est retrouvé en équipe de France, que Laporte est resté 8 ans, et surtout que Fred n’a rien su de la générosité horizontale de sa femme. Il faut cesser d’avoir peur qu’un soir de victoire de l’an 2000, au micro de Pascal Praud ou d’un de ses con frêres lêche-cul, Deschamps fasse dans le réchauffé en s’en prenant au même journal mis en cause 2 ans plus tôt. Traumatisant.

Trop Praud, pas assez Pro

Praud ne sévit plus mais surtout, Deschamps était vraiment fini. De surcroît, nous l’avons déjà dit ici, la critique des années Aimé, aurait été justifiée si elle avait été légèrement plus mesurée. Une gestion catastrophique, cruelle et insensée de la liste des 28 devenue 22. En effet, personne n’a oublié que Martin Djétou et Pierre Laigle faisaient partie du club des 6 (avec Ba, Lamouchi, Anelka et Letizi). Des matchs et résultats très plats. Un seul paramêtre avait été omis, hélas pas le moindre, cette équipe de France ne perdait quasiment jamais, grâce à une défense aussi solide et dure qu’une queue de loth consommée par la femme à Chamou. Et ne pas perdre, ça peut être utile quand on veut être champion du monde. A L’euro 96, l’équipe perd, en demi-finale aux tirs au but après un 0-0, une compétition qu’elle aurait sans doute gagnée. Un brin de compétence supplémentaire aurait suffit à une analyse plus juste. Quelques mois après la vengeance médiatique de Jacquet, Jerôme Bureau avouait d’ailleurs en off à un de nos journalistes qu’il ne pensait pas s’être trompé. En réalité, il avait en partie raison, en partie seulement et ce n’est pas toujours suffisant.

Toujours est-il qu’après un France-Allemgne 3-0, en 2003, Vincent Hardy, décidé à caresser voire à lécher le torse et les mollets de Thierry Henry, lui adressa un somptueux:  » Vous êtes un esthète! ».

Foot, L1 : La pompe Afrique

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Délestée de ses Africains pendant trois semaines, la Ligue 1 va perdre temporairement le peu de talent qui lui reste. Pour preuve, l’équipe type des Africains de L1, qui terminerait sans souci sur le podium.

Gardien

Tony Sylva (Lille) : il a enfin pris la relève de Jacques Songo'o, sans la ressemblance avec Eddy Murphy.

Défenseurs

Ibrahima Camara (Le Mans) : Dans la grande famille Camara, Zoumana et Titi ont un fils et il est bien meilleur que ses parents, en même temps c'est pas dur.

Apam (Nice) : Nice a recruté Jeunechamp pour palier son départ. Vivement que le Nigérian revienne. Ou Chrétien (Nancy), l’une des révélations nancéennes. Face à lui lors de France-Maroc, Rothen avait été nul, ce qui est bon signe, même si le Parisien n'a besoin de personne : les piquets d'entraînement du PSG lui prenne la balle.

Sall (St-Etienne) : Athlétique et rapide. Bref tout ce que n'a jamais été Vincent Hognon.

Mensah (Rennes) : Le roc ghanéen est très fort depuis son arrivée en Bretagne. Lyon s’intéresserait à lui pour revendre au plus vite Clebar Anderson et le grabataire Patrick Muller.

Milieux

Jean II Makoun (Lille) : le milieu au nom de fils à papa royal n'a pas son pareil pour faire des fautes.

Youssouf Hadji (Nancy) : il dispute sa meilleure saison. Plus qu'un départ à l'étranger et il sera aussi riche que son frère, l'emir Mustapha.

Gervinho et Sessegnon (Le Mans) : le premier a des dreadlocks, l’autre des cheveux courts. Sinon, ils sont rapides et techniques et en L1, ça fait la différence.

Feindouno (St-Etienne) : Patrick Montel a reçu des projectiles de ses confrères en tribune presse de Geoffroy-Guichard, à force de s'égosiller « le magicien de la L1, le magicien de la L1 ! » Juste parce qu’il sait dribbler et qu’en L1, c’est rare.

Attaquants

Baky Koné (Nice) : il est pris trois fois sur quatre au hors-jeu (et une fois sur deux, à tort), c’est qu’il va trop vite pour les défenses, les arbitres et Laslande, surtout depuis qu'il s'est fait voler son scooter. Ne jouera plus à Nice la saison prochaine s’il continue sur ce rythme.

Mamadou Niang (OM) : derrière Benzema, le meilleur attaquant évoluant en France. Cissé lui devra son transfert prochain.

Foot, L1 : Le PSG ne sait pas tirer un Gouffran

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Paris, capitale des nouvelles modes : un grand club que même les promesses de salaires gallardiens ne sauvent plus. Gouffran préfère rester à Caen.

« Je sais qu’un jour, je regretterai peut-être d’avoir laissé passer ma chance de jouer au PSG. » Yoann Gouffran, s’il n’a même pas les talents grammaticaux de Franck Dumas, garde le sens de l’humour. Evidemment, de regrets, il n’y aura point. Sa décision est limpide : il préfère rester dans son modeste Malherbe que d’investir dans la mauvaise herbe du Parc des Princes. Si ce choix raisonnable de ne pas signer au PSG n’est certainement pas une première, l’avouer, c’en est une. Bergeroo, Fernandez, Artur Jorge, Lacombe, Halilhodzic, Fournier y ont participé, mais il fallait l’aura et l’ego d’un Le Guen pour concrétiser : le PSG est officiellement un club honni.

Mercato hiver naze

Gouffran ne viendra pas. Cela laisse augurer d’un bon mercato : le PSG ne peut que promettre du pognon, même plus une pléiade de bons joueurs. On annonçait Tiago (Juventus), Fred (Lyon), des joueurs de bon calibre, même s’ils jouent moins dans leur club que Babacar Gueye à Metz. On peut douter de leur venue, sauf pour Fred car Aulas semble vraiment avoir envie de le virer. Mais le Brésilien, qui sait que Wiltord a de la famille en Ile de France, voudra-t-il emmener sa femme se frotter à la vie parisienne ?

Les arrivées risquent donc d’être insuffisantes. Et les départs ? Si Rothen s’en va, Loris Arnaud sera titulaire. Lui, même à Caen, il ne jouerait pas.