Messi au PSG : La retraite par capitalisation

Le championnat de Ligue 1, ancienne Division 1, a souvent été confondu par les plus grands joueurs avec un sanatorium. Et visiblement ce n’est pas fini, en tout cas tant que l’euthanasie ne sera pas autorisée.

Il y a ceux qui décident brusquement de stopper leur carrière, ceux qui ont fini depuis un moment et ceux qui viennent simplement perdre quelques années pour gagner beaucoup. Allez savoir pourquoi, ça tombe souvent sur le PSG. Voici l’équipe-type des phases terminales de ces trente dernières années.

Les gardiens du coffre-fort

Bodart. Lorsqu’il arrive à Bordeaux en 1996, il n’a que 34 ans. Il n’est jamais trop tard pour débuter une carrière.

Menzo. Lorsqu’il arrive à Bordeaux en 1997, sa carrière n’est pas finie. Elle ne commencera jamais.

Mondragon. Metz lui avait offert un passeport pour l’avenir. Rien n’est encore fini.

Chilavert. Le meilleur gardien du monde était Paraguayen. Le plus mauvais était Strasbourgeois.

Kopke. Lorsqu’il arrive à Marseille en 1996, il est surnommé meilleur gardien du monde. Ce n’est pas un oxymore, ça va le devenir. L’OM, à l’époque, ça ne vaut rien. Deux ans plus tard, Kopke, ça ne vaudra plus grand-chose.

Barthez. Pas prolongé à Marseille, il n’écoute pourtant que son courage et signe à Nantes. Ducourtioux est à Sedan. L’amour du jeu.

Dutruel. Sans trop savoir comment, son CV affiche FC Barcelone. Ça n’a pas vraiment servi sa carrière internationale, mais il a obtenu un contrat de deux ans à Strasbourg pour fêter ses 31 ans. Blessé un an et demi, il s’arrêtera là.

Ils assurent leurs arrières

Lizarazu. A son atterrissage à Marseille, en 2004, Liza n’a fait que quatre saisons de trop et un Euro loin d’être pathétique si on le compare à celui de Desailly. L’OM méritait-il un tel respect ? Le Bayern sans aucun doute.

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Tennis, US Open : Bêler Sebastien

Grosjean n’a pas toujours été ce Jean Alesi d’hypermarché. Un jour il a été le nouveau Noah, puis le nouveau Leconte et finalement il n’a même pas été le nouveau Pioline. C’est toujours mieux que nouveau Gasquet, Monfils ou Simon.

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La faillite de la bande à Jo est l’occasion de faire un retour sur les vingt-cinq dernières années du tennis tricolore. Comme ça on n’aura pas à humilier Forget. Une période fort peu brillante où se sont succédées, les bouclettes de Pioline, la casquette de Grosjean et le niveau un peu pourri des autres. Pourtant tout le monde avait imaginé que Tsonga et ses copains allaient renverser la hiérarchie.  Bilan : Noah reste Noah. Et Lucas Pouille, Lucas Pouille. Mais lui au moins n’a pas encore disputé sa dernière saison. Voici les cinq meilleurs tennismen des ces 25 dernières années, qui n’ont pourtant rien gagné

5. Gasquet

Plus on avance dans les temps, plus Richie le prodige a des chances de faire partie des cinq meilleurs puisque même Pioline finira par disparaître du classement, sauf si on en allonge la durée. Cette fois, c’est Leconte qui saute à l’ancienneté. Dommage, car une finale à Roland ça vaut plus que des demies à Wimbledon et un quart à Roland. Ca fait, en tout cas, toujours pas lourd pour Mozart.

4. Monfils

En junior il avait tout gagné ou presque. Ensuite rien, ou presque. A Roland c’est le plus régulier des gars à qui on avait promis de dominer le tennis mondial et intergalactique. Le reste de sa carrière ne vaut pas grand chose hormis trois quarts et une demie à l’US Open. Il a aussi rajouté un quart à Melbourne.

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De Maradona à Messi : Le magicien dose

Qui aurait cru qu’un jour Maradona évoluerait au PSG ? Qui aurait cru qu’un gars qui n’a gagné la Coupe du monde que chez les ados, serait considéré comme l’équivalent de Maradona ?

Nous allons maintenant vous raconter ce qu’était vraiment le football argentin. Et vous allez voir que c’est autre chose que Messi.

Raconter l’Argentine sans parler de dictature, d’empanadas ou d’Eva Peron, c’est surtout ausculter le destin de Ramon Diaz. En 1979, il est le meilleur buteur des bleu et blanc champions du monde des moins de 20 ans. Ramon, qui ne sait pas encore qu’il évoluera un jour dans le même club que Rui Barros ou Christopher Wreh, plante à 9 reprises, trois fois de plus que Diego. Mais c’est pourtant Diego qui termine meilleur joueur. Ça sent déjà pas très bon.

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Jeux olympiques, Tokyo : Jeux interdits

Le Japon n’a jamais trop aimé les étrangers. Avec le Covid il les aime encore moins. Alors quand il s’agit de mêler tout ça avec des JO, il les aime plus du tout.

Il est 21h45 jeudi dernier dans le quartier de Ueno, non loin du parc et du zoo du même nom. Comme chaque soir des dizaines de japonais viennent digérer et surtout boire leur journée de travail dans les izakaya, ces tavernes où l’on peut se restaurer sur le pouce. Ici des bières, là quelques brochettes de peau de poulet accompagnées d’Edamame, ces petites fèves vertes bien meilleures que celles que l’on obligeait nos enfants à manger dans les années 90. A première vue, rien ne change par rapport à une soirée ordinaire dans la capitale du pays du soleil levant, hormis un grand nombre d’échoppes fermées bien plus tôt que d’habitude et des rues plus vides qu’à l’accoutumée. A première vue mais pas que. 

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Judo, Riner aux JO : Teddy loser

Personne n’a donc pu inverser la tendance, pas même lui. Le panneau publicitaire de près 2m s’est écroulé, comme prévu. Avant de redécouvrir toutes ces jolies choses ci-dessous, souvenons-nous que le story telling de sa légende a été réécrit : l’hagiographie La quête autoproduite par ses soins et sa boite de com France TV, faisait donc désormais référence à la quête de la médaille de bronze. On avait pas bien compris. Vive la communication.

Même les monuments les plus solides finissent un jour par se fissurer. Celui-là semble avoir été détruit pour toujours. En attendant la quête de la huitième place en 2024.

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La légende JO : Franck exposé tôt

Avec Stephan Caron et Catherine Plewinski, Esposito c’est le pionnier. Mais à l’époque seul Jean Boiteux savait à quoi ressemblait une médaille d’or. 

Francky a 21 ans à peine lorsqu’il participe à ses premiers JO en 1992. Prometteur, il prend la médaille de bronze au milieu d’une natation encore naufragée. Le papillon va alors s’envoler mais pas trop haut. Quatre fois recordman du monde, quand même, en petit bassin, recordman d’Europe en grand bassin et médaille d’argent mondiale en 1998, voire multiple champion d’Europe. Mais alors pourquoi le considère-t-on comme une légende de la nation ? Sans doute parce qu’il n’a jamais jamais été champion olympique et que c’est en le voyant perdre partout que ses successeurs ont décidé de gagner tout le temps.

Les meilleures équipes de tous les temps (1/3) : Un Pelé et quelques tondus

On avait plus vu une équipe jouer aussi vite et aussi bien depuis bien longtemps. L’Italie, son vieux et ses inconnus a survolé le tournoi en se faisant dominer par l’Espagne. N’est-ce pas le gage des grandes équipes ? Mais où les classer dans l’histoire de ces trente dernières années. On en saura plus l’année prochaine mais on leur garde une place. 

Voici le classement le plus attendu de toute l’histoire du Vestiaire : les 25 meilleures équipes nationales de ces 30 dernières années. Et on commence par 12 à 24.

12. Brésil 2002

Sur le papier, une finale Brésil-Allemagne ça a de la gueule. Sauf que c’est l’Allemagne de Jeremies, Schneider, Bode et Neuvillle, même si Bierhoff et Ziege rentrent à la fin. Sauf que c’est le Brésil de Rivaldo, Ronaldo, Ronaldinho et Roberto Carlos, et Denilson à la fin. La Coupe du Monde était promise à la France alors les autres ne sont pas venus, à part Ronaldo. Dans ces éditions-là, c’est toujours une bande de Brésiliens qui gagne et il y a toujours un Kleberson qui en profite pour signer à Manchester mais pas longtemps.

13. Danemark 1992

On ne les connaissait pas avant à part Michael Laudrup. On ne les connaîtra pas après à part Brian Laudrup. Entre temps ils vont battre tout le monde mais ça ne durera qu’un mois. Et si tout ça était de la faute au gardien de Manchester ?

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Tour de France, Ullrich, 25 ans après : Rudy la truffe

Les anciens junkies ne finissent pas tous en hôpital psychiatrique après avoir agressé une prostituée. Il y en a aussi qui se suicident. Et les autres ?

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Tout commence le  20 juillet 1996 à Saint-Emilion.  Lors de l’avant-dernier Tour de France avant la découverte du dopage. L’histoire a même oublié le nom du vainqueur. 

Un vainqueur qui aurait pu être danois. Il l’avait même été un temps. Certains l’avaient vu se balader en jaune sur les routes girondines. En deux étapes, il avait plié la course. Une petite dose dans les Alpes, une plus grosse dans les Pyrénées et Thévenet manqua de s’étouffer avec les glaires de Patrick Chêne. Ça, on vous l’a déjà raconté. Mais ce matin-là, au départ de Bordeaux, notre vieux chauve n’est pas très bien. Le dosage de Berzin n’est décidément pas le meilleur, les 70 km/h seront difficiles à atteindre, autant oublier tout de suite les 80. Il mise quand même sur l’aérodynamisme de son crâne pour limiter les dégâts. Mais son jeune coéquipier allemand, deuxième du classement général à quelque 4 minutes, table lui sur une jolie casquette à l’envers. Magie du vélo, c’est le bon choix.

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Euro 2021 : Les melons d’or

Tout le monde dira que c’était écrit d’avance. Pourtant il était difficile de croire que le miracle de 2018, n’allait pas se reproduire. Que Pavard pourrait encore se faire passer un bon joueur, ni vu, ni connu. Maintenant il est vu et connu.

Comme le quotidien référence, toujours à la pointe de l’actualité, vérifiée ou non, l’écrivait il y a bien longtemps, le sélectionneur des Bleus était à l’époque tout près du PSG. Au moins autant qu’il était proche de remporter l’Euro cette année. La Fontaine avait pourtant annoncé ce qui arrive à la grenouille quand elle veut se faire plus grosse que le boeuf. Dans notre histoire le boeuf, c’est aussi Deschamps.

Il est étonnant que personne n’ait encore écrit ou dit qu’il s’agissait de la compétition de trop. Il faut dire que personne n’en avait émis le soupçon durant les conférences de presse. Inévitable conférence de presse devenue, désormais, la seule source d’information d’un journaliste digne de ce nom. Voilà ce qu’il faudrait se contenter d’apprendre dans les écoles de journalismes qui restent : assister à des conférences de presse, reporter et commenter ce qu’il s’y est dit. Puis éventuellement enquêter à posteriori en regardant à la télévision la mère Rabiot faire chier le père Mbappé. On parle bien des parents, pas des joueurs.

Il y a pourtant toujours une compétition de trop un jour ou l’autre. Certains savent l’éviter, d’autres, aveuglés par l’image qu’ils ont d’eux-mêmes ne l’évitent pas. Il y eut Lizarazu et Desailly en 2004, Thuram en 2008, et bien-sûr Domenech qui n’a semblé faire que des matchs en trop durant l’intégralité de sa carrière d’entraîneur. Certains diront qu’il a fait monter Lyon en Ligue 1, d’autres qu’il y a eu 2006. Il n’en reste pas moins que son Euro 2008 est pas beaucoup plus dégueulasse que le cru 2021 de Deschamps. Et tous les deux avaient Benzema. On connait la suite. Vivement le Qatar.

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La légende Angleterre : Nottingham Forest Gump

En célébrant les Pays-Bas, le Vestiaire avait vu juste. Alors que l’Euro est enfin sur le point de devenir interessant, occupons-nous de la dernière équipe qui n’a encore rien montré. 

L’Angleterre avait enterré Steven Gerrard alors qu’il arrivait encore à uriner tout seul. Désormais même Rooney a rejoint le cimetière des rougeots.  Il ne reste donc plus personne, l’Angleterre est donc prête. Enfin. 

Un Euro ou une Coupe du monde sans l’Angleterre, c’est presque comme un Euro ou une Coupe du monde sans la France ou Gourcuff dans un bateau avec une fille. Ca n’a pas de sens. Et pourtant c’est arrivé. Pas très souvent ces dernières années on vous l’accorde. C’est arrivé à l’Angleterre à l’issue d’une période magique où elle avait possédé pendant 10 ans une génération sans égal dans le jeu ou le nombre de rouquins. Ferdinand, Campbell, les Neville, Terry, Gerrard, Lampard, Beckham, Shearer, Rooney et même Owen ou  Mc Manaman. Le prénom Paul qui était encore toléré à l’époque permettait aussi à Ince, Gascoigne et Scholes d’en faire partie.

On peut même ajouter Southgate pour les nostalgiques d’Hartley. Avec ça difficile de comprendre qu’après 1996 il n’y ait même pas eu la moindre demi à défaut du moindre demi car Sheringham a aussi le droit de vivre. Tout ça pour finir face à la Croatie sans Suker, coaché par un type nommé comme une voiture de course qui n’a même pas tué Senna. Ils peuvent toujours dire que c’est la faute à Torres et Malouda, ils ont quand même eu leur chance. Après ça rien de tel qu’une bonne taule contre la France.

Cette fois tout est oublié et tout le monde, comme en 2018, a encore envie de Kane. La vanne n’est évidemment accessible qu’à une certaine génération.

La légende Euro, Pays Bas : Dennis de justice

En attendant que l’Euro devienne interessant sans pour autant faire mourir des joueurs, continuons le tour d’horizon des nations empruntées qui n’ont pas marqué la compétition de leur empreinte.


Pays-Bas 96 c’était légèrement moins faible que Pays-Bas 2021. Mais c’était pas beau quand même. Toujours rien depuis 1988 ? Toujours rien.

Rater un tir au but quand ça compte et qu’on a encore rien fait ça fait toujours des dégâts, surtout quand on élimine son équipe. C’est arrivé à Pedros cette année-là mais on s’en fout, car c’est aussi arrivé à Seedorf. Dans cette équipe des Pays-Bas, la plus faible jamais alignée jusqu’alors, il n’est pas titulaire contrairement à son pote de Ligue des Champions 95, Kluivert. Mais comme lui, il est la star de demain, même si pour un milieu défensif, un peu offensif,  il est toujours difficile de faire la Une du Sun même en attrapant comme tout le monde la femme de Karembeu. La fille de Suaudeau,c’était Makelele. Si vous suivez pas c’est pas grave, ils ont tous joué au Real sauf Suaudeau.

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La légende Euro, Portugal : Rui barré

Le Portugal a longtemps été la meilleure équipe d’Europe et parfois du monde. Mais elle a attendu de devenir moyenne pour le prouver. Et si elle était encore moins bonne que  la dernière fois ?


Détrompez-vous, le Portugal avait déjà remporté une grande compétition avant 2016. Notamment en 2004 à domicile et c’est la Grèce qui avait soulevé le trophée.

Ainsi, les Portugais de 2004 dominent de la moustache et des épaules un Euro organisé pour eux, chez eux. Un tournoi superbe qui n’aura pas vu que les magnifiques fins de carrières de Lizarazu pris de vitesse par un Zagorakis, et Desailly pris de vitesse par Santini. Imaginez aussi un Tchèque de Lyon meilleur buteur, l’année où la République Tchèque ne joue pas la finale. Et donc le Portugal qui confirme enfin toutes les taules collées à l’Argentine en -20ans et ce titre mondial de 1991 à la maison. 2004 moins 1991, ça fait 13 ans, Figo commence à avoir les dents qui baignent. Rui Costa aussi.

Rui Costa promettait alors de devenir l’un des plus grands joueurs de l’histoire. Treize ans plus tard, il n’était devenu qu’un bon joueur sans plus mais meilleur buteur de son équipe tout de même avec pas moins de deux réalisations avant le chef d’œuvre final que nous allons vous conter dans quelques instants. En 1991 il était déjà l’architecte du but de la demi-finale contre l’Australie. En finale face au Brésil, il se mettra sur son 31 pour offrir le 0-0 victorieux à ses coéquipiers grâce au tir au but manqué d’Elber qui a donc bien été international un jour. Il ne faut jamais insulter le passé.

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La légende Euro : Gheorghe clowné

Jusqu’à l’Euro, le Vestiaire redécouvre les joueurs empruntés durant la compétition et ceux qui ont marqué la compétition de leur empreinte depuis 20 ans. Même les cul-de-jatte. Aujourd’hui, le Moldovan du riche, l’un des trois meilleurs numéro 10 de tous les temps. 


 

Il est 20h45 à Charleroi ce 21 juin 2000, un Roumanie-Angleterre a priori ça n’intéresse personne. Même si assister au spectacle de cirque de Nigel Martyn dans les buts, ça vaut toujours le déplacement pour une fois que ce ne sont pas des Roumains. Ce jour-là il n’en prendra que 3, suffisamment quand même pour éliminer son pays d’une compétition qu’ils ne pouvaient que gagner. Mais la véritable attraction est dans les tribunes, où Dieu a installé l’un des siens. Un Roumain qui n’envisage pas de partenariat avec la RATP car il en a déjà un avec Maradona.

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Ligue 1, PSG humilié : Le vilain petit Qatar

On ne va pas faire semblant de se souvenir de l’époque Hechter ou du titre de Gérard Houiller. On ne va pas non plus faire comme si le Paris Saint-Germain était encore français. Monaco l’est sans doute davantage. Il n’est pas non plus un club, même Bordeaux y ressemble plus.

Il fut une époque où Paris était un grand club, en tout cas plus grand que Lyon ne l’a jamais été. Voici les cinq plus grandes dates de l’histoire du grand PSG de sa naissance à sa mort en 1997.

8 décembre 1992 : Ceux qui ont l’âge d’avoir connu le décodeur Canal+ quand il ressemblait à un gros répondeur téléphonique se rappellent parfaitement que le Grand Paris est né un peu avant l’époque où Denisot recevait Nagui afin de se foutre de la gueule de Reichmann qui allait présenter les Z’amours et était déjà imbuvable. Le premier souvenir de ce PSG est évidemment, Anderlecht et la tête de Kombouaré qui savait encore situer sur une carte l’île des Pins, Saint-Louis et Lifou. Ensuite il y eut Zamorano, Valdo, puis de nouveau Kombouaré. C’était de la C3, diffusée sur Canal avec Gilardi qui supportait Bietry mais on adorait ça. Puis Baggio a mis fin à l’histoire. Normal c’était Baggio.

15 mars 1995 : Le comité de censure du Vestiaire a longtemps hésité avant d’accepter de remettre dans la lumière Vincent Guérin. Trop frisé sans doute. On aurait préféré rappeler que l’année d’avant, Ricardo et le président du Liberia avaient claqué le beignet du Real de Butragueno avant se faire claquer en demi par Arsenal. En tout cas c’étaient des exploits. A l’époque on sortait le Barça en Ligue des champions et le Milan AC en profitait pour se faire humilier par le grand Ajax. Et ça commence à faire pas mal de demies.

8 mai 1996 : Inutile d’en dire beaucoup. Luis Fernandez qui entraîne NGotty, Noah qui prend du pognon à Denisot et une équipe en bois en finale. C’était la Coupe des Coupes, ça n’existe plus mais même les collégiens en voyage scolaire dans le Cantal trouvent une télé pour regarder. Et trouvent le moyen d’être émus.

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Rugby, La Rochelle : Ouest side story

Contre toute attente le Vestiaire ne chroniquera pas l’excellent podcast de Yannick Agnel consacré au Esport. C’est quoi cette connerie ?

Pierre Salviac a-t-il déjà foutu les pieds au stade Marcel-Deflandre ? Mais au fait qui connait encore Pierre Salviac ?

Oser s’aventurer à la fête de quartier de Port-Neuf à une encablure du stade, c’est risquer de croiser des individus un peu particuliers. Parmi les soulards et autres familles au RSA draguées par des politiques toujours en campagne, il est possible de rencontrer Jean-Pierre Ellissalde et ses claquettes, déguisé en aimable vendeur de bière, sa propre bière. S’il fallait une seule scène pour résumer la Rochelle et son club de rugby ce serait bien celle-là. Des boomers, du pognon et un ballon ovale au beau milieu d’un quartier prolo qui fait des barbecue les jours de match adossé au camping-car.

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Judo, Euro 2021 : L’arène Margaux

Pour ceux qui veulent connaître le bilan psycho-sportif et capillaire d’Amandine Buchard rendez-vous ici. Pour les autres on continue ensemble.

En attendant la Reine Margaux à Tokyo ?

Ce qu’il y a de bien avec l’équipe de France féminine de judo c’est qu’il y a toujours une championne pour remplacer une championne.

C’est finalement comme avec les garçons : quand un mauvais se blesse, il y a toujours un autre mauvais pour prendre sa place. C’est comme ça que finalement le dernier champion du monde qui ne portait pas le prénom d’un nounours s’appelait Loïc. A l’époque on ne savait même pas qu’un jour un petit Japonais un peu pataud fesserait le nounours devenu trop gras. Le niveau est tellement bas que le même Loïc a cru bon essayer de faire croire qu’il était toujours aussi fort sept ans après. Le canular a quand même tenu quelques secondes grâce à la participation amicale d’un Panaméen. Mais les Polonais goutent assez peu cet humour.

Joli Pietri

Pietri de talent un jour mais pas toujours médite sans doute Benjamin Axus tentant maladroitement de faire bouger ses grands compas sans visiblement avoir trouvé le mode d’emploi. Pas de quoi faire trembler un Chaine, tout médiocre soit-il, lui aussi. Quand il a entendu médiocre, Alpha Djalo a cru qu’on parlait encore de lui, il se trompait surement car sa prestation fut, pour une fois, et de loin, la moins crado de la journée chez les garçons, notamment grâce à son seoi du premier tour. Suffisant pour aller aux JO ?

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Rugby, Six Nations, Colonel Fabien, acte 4 : Le Crabos pince et dort

Il ne manquait plus que ça. Aveuglé par sa toute puissance le Colonel a décidé de s’en prendre directement au Covid. Lequel des deux survivra ? Après tout il est bien parvenu à ressusciter Dulin.

Pourquoi débuter un article avec une photo de Vahaamahina ? Qu’est ce qu’un Crabos ? Comment Galthié humilie-t-il l’Irlande sans deuxième ligne mais avec Gabin Villière ? Que retiendra-t-on de ce tournoi à part que Brice Dulin est très fort mais pas si malin ?

Tirer des leçons de ce cru 2020-2021 du XV de France, celui de Brice Dulin donc, n’est pas si aisé. Beaucoup s’y sont essayés, peu ont rendu une copie que l’on peut qualifier de propre. Commençons par le commencement. La dernière fois qu’un arrière a autant apporté à une équipe, Berbizier était encore vivant. C’était en 1994 au pays du long nuage blanc. Des terres où l’on peut faire du ski, du mountain bike, du rugby et, jusqu’à une époque récente, se noyer dans du jus de pvtiste.

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Ski, Pinturault : Luc le blond

Le Vestiaire n’a pas souvent osé s’intéresser à la poudre blanche. En tout cas, pas celle qui a permis à Alexandre Pasteur de faire virer Thierry Adam. Comprenne qui pourra. Voici enfin les dix meilleurs skieurs français de ces trente dernières années.

1991-2021. A-t-on le droit de classer Franck Piccard ? Rendez-vous à Albertville.

10. Denis Rey
Si vous le croisez passez lui le bonjour de notre part. Il était à Albertville et croyez le ou non, c’était lui aussi un Top Gun et il aurait bien aimé qu’on fasse une bd sur lui. Mais l’histoire ne retient que ce qui brille. A un Thierry près, il était champion olympique aussi.

9. Franck Piccard
Il n’est que dixième mais évidemment le meilleur c’est bien lui depuis Calgary. Présent le jour J à quatre ans d’intervalle et sous les yeux de Killy, Barnier et Platini en survet rouge s’il vous plait. C’est quand même un peu emmerdant de mettre Crétier devant lui. Des nouvelles de Denis Rey ?

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XV de France : 10 à Lamaison

Il semble si loin le temps où l’on regrettait Camberabero. L’ouvreur qui jouait ailier lors du match du XXe siècle contre l’Australie en 1987.  Jalibert et N’Tamack ont déjà réussi plus de bon matchs en Bleu que Michalak durant toute sa carrière internationale à l’ouverture. Et pour cause, il était bien meilleur en 9. Et du coup en 9 il est pas non plus dans le classement.  

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Par Peyo Greenslip Jr

Alors que Trinh-Duc semblait prendre une belle roue d’avance avec une prestation correcte en dix ans, il a finalement explosé en vol. En attendant de voir si Jalibert, N’Tamack et Carbonnel ont le niveau, voici un dernier rappel des cinq meilleurs ouvreurs tricolores de ces 30 dernières années. Un classement qui n’a pas changé depuis neuf ans. Voire vingt. Promis, si la France se remet un jour à gagner le tournoi, on ne le rediffusera plus jamais en l’état.

5. Thomas Castaignède. Le Vestiaire lui avait déjà rendu l’hommage qu’il méritait. Etait-ce une raison suffisante pour l’écarter du Top 5 ? La concurrence est telle qu’il est indiscutable. C’est d’ailleurs sans lui que la France est allée en finale de la Coupe du monde 1999. C’est donc grâce à lui que le numéro 1 est numéro 1.

4. Christophe Deylaud. Moins doué que Castaignède, mais plus durable, à Toulouse comme ailleurs. Il a remporté la Coupe du monde 1995, mais c’est Mesnel qui a disputé la troisième place. Comme quoi, finir sa carrière à Agen n’ouvre pas toutes les portes à part peut-être celles du journal Sud-Ouest.

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Foot américain, Superbowl : Des Bills mentaux

Comme souvent depuis sept ans que la première version de cet article a été commise, nous republions notre classement des 10 meilleurs quaterbacks de ces 25 dernières années. Comme à chaque fois, certains vont demander l’entrée de Kurt Warner et d’autres la première place pour Brady. Cette fois, on est convaincu, comme l’était Joe Montana par Didier Roustan il y a bien 30 ans désormais.

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10. Jim Kelly

Ce classement n’étant pas réservé qu’aux puristes, il aurait été difficile de ne pas mettre Kelly dixième tant il s’est troué au cours des 4 Superbowls qu’il a disputés. Il a pourtant considérablement fait évoluer le jeu, réussit à lui seul à emmener des Bills sans âmes jusqu’à la nuit magique. Marino non plus n’a rien gagné, mais la manière est moins humiliante que pour Jim.

9. Elie Manning

S’il n’avait pas un frère qui s’appelait Payton, on saurait sans doute qu’il s’appelle Elie. Il a gagné des Superbowls mais qui s’en souvient ? Pourtant c’était il n’y a pas si longtemps.

8. Dan Marino

On vous le disait à l’instant, il a pensé à jouer longtemps pour soigner ses stats à défaut de son palmarès. Plus fidèle à ses dauphins qu’à sa femme, Marino était le le joueur vedette du milieu des années 90 peut-être parce qu’on préférait les losers. C’était le roi des yards gagnés à la passe mais c’est comme Stockton, ça veut pas dire grand chose. Huitième quand même.

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L’édito : Teddy tueur

Prendre une grosse gamelle peut parfois avoir du bon. Se faire humilier par un Japonais puis par un Normand un peu Breton aussi. Teddy a donc fini par trouver suffisamment de motivation pour redevenir Riner. A croire même qu’il a lu les jolies choses écrites par le Vestiaire il y a quelques mois. L’ancienne légende du judo bouffie d’arrogance, de gras et de fric s’est muée en légende du judo toujours bien vivante puissante et pleine de pognon. A ce rythme et s’il garde ce poids, cette forme, cette envie et pourquoi pas cette humilité toute nouvelle pour lui, il est difficile de concevoir l’apparition d’un adversaire capable de le faire tomber. Il faudrait déjà qu’ils arrivent à saisir l’élastique de son pyjama. Trop grand, trop fort. Six mois encore à tenir en travaillant sans trop ouvrir sa grande gueule et ni Harasawa, ni Kageura, ni même Tushishvilli ou Jean-Luc Rougé ne pourront ébranler à nouveau le monument.

Pendant ce temps-là, Larbi Benboudaoud va sans doute devoir remettre son kimono si on veut espérer une autre médaille masculine à Tokyo.

Canal+, Bolloré : S’embraser sous le Guy

Pendant que Michel Drucker sucre ses dernières fraises, le monde du journalisme perd deux de ses phares avec Hubert Auriol, l’ancienne vedette de Koh Lanta et Georges Pernoud l’amoureux de la mer et surtout du pognon. Céline Géraud n’aurait-elle pas présenté l’île de la Tentation ?

C’est l’affaire du siècle. Après avoir viré le présentateur du journal du sport en chambre, Canal+ s’est maintenant débarrassé du gars qui commentait le foot. Qui le regrettera vraiment ?

Il ne faut pas s’y tromper. Si le monde médiatique est en émois, ce n’est pas pour défendre la mémoire de Stéphane Guy dont à peu près tout le monde se fout à part peut-être une partie de sa famille. On a bien dit peut-être. En effet, il sera aussi vite oublié que ses prédécesseurs, hormis Thierry Gilardi sans doute, qui a eu la bonne idée de mourir en pleine gloire. Quant à ses talents, Guy n’était meilleur ni pire que les autres, c’était un commentateur Canal+, interchangeable, point à la ligne. Se faire dégager pour une phrase prononcée sans la moindre connotation raciste ou blasphématoire est en revanche beaucoup moins commun.

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Questions interdites : Manaudou est-il vraiment fini ?

L’épisode 1, s’appelait presque pareil. A l’époque on avait juste vu Flo mettre une rouste à Grousset sur 50 m après en avoir pris une par Morozov. Depuis rien n’a changé sauf que lui en a pris une de plus par Dressel comme il le reconnait bien volontiers. Et il refuse toujours d’affronter Max sur 100m. C’est effectivement peut-être un peu long pour un homme de cet âge.

Crédit : Deepbluemedia /LEN

Ça fait plus d’un an désormais que tout le monde se régale des exploits du grassouillet petit frère de Laure qui vise, rappelons-le quand même, le titre olympique à Tokyo sur 50m. Qu’a-t-on appris de nouveau ces derniers mois ?

On a vu que sur une course en petit bassin, dans cette merveilleuse invention, dont tout le monde se fout, qu’est l’ISL, il était toujours capable d’atteindre un niveau exceptionnel, comme à l’époque où sa balance affichait 10kg de moins. Ce qu’on a vu aussi c’est que, quels que soient ses compléments alimentaires, ceux de Dressel semblent toujours plus efficaces. Quand il s’est fait humilié à l’Euro en 2019, il avait invoqué le manque de compétition après deux ou trois ans d’arrêt. Ceux qui connaissent la natation, le sport et qui n’aiment pas se raconter d’histoire, voyaient plutôt la vieillesse comme explication. Il ne faut pas se tromper de combat. En France sur 50m personne n’ira le chercher, mais lui était venu chercher 21″50, voire 21″40 et pourquoi pas 21″30. Champion olympique il ne sera plus sauf à ce que Morozov, Fratus, Proud et Dressel montent dans une voiture conduite par Romain Grosjean sur une charmante départementale du Lot-et-Garonne peuplée de platanes.  La Russie a trouvé une autre solution. Ce handballeur raté, nageur surdoué, doté visiblement du même génie que sa soeur, serait même inspiré de bosser davantage son aller-retour afin d’aider son successeur de 21 ans à ramener un titre olympique en relais. Ça, Agnel ne l’a pas dit hier quand le documentaire sur les Prédateurs a remplacé la retransmission de France 4. Précision utile, ce n’était pas un documentaire sur Agnel et Boyon, ni sur Dressel et Manaudou. Le prédateur désormais s’appelle Maxime Grousset et il n’a pas terminé son repas.

Pendant ce temps-là, seul Agnel a nagé aussi vite que Grousset à l’âge de 21 ans sur 100m. Sur 50, personne.

1993, Gérard Houiller : Emil et images

Tout le monde rend hommage au coach qui a tout inventé ou presque dans le football. Comment perdre une Ligue des champions imperdable dès les quarts de finale,  comment créer la légende d’un triplé légendaire avec Liverpool sans Premier League ni C1 ou encore comment louper une Coupe du monde en perdant contre Israël. Mais Gérard Houiller a surtout inventé le prequel du Domenech show en étant le premier entraîneur à rendre ses conférences de presse d’après élimination moins chiantes avec ou sans Ginola.

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Mais son chef d’oeuvre reste 1993. Se souvenir de l’Automne 93, c’est comme évoquer Alesia, le British Open de Jean Van de Velde ou une vodka pute trop corsée à Miami.

On sait très bien ce qui s’est passé mais on a voulu l’oublier, volontairement. Car ça fait mal. Ca fait mal de revoir la gueule à Jacquet avec 18 ans de moins, ça fait mal de revoir le brushing de Kostadinov alors que celui d’Emmanuel Petit était tellement plus apprêté avec la moustache en cadeau. Enfin ça fait mal de savoir qu’Houiller a pu faire prospérer son « Take it easy » durant encore presque trois décennies avant de rendre les armes. C’était ça France-Bulgarie, rien de plus. Une douzaine de garçonnets habillés en bleu dépucelés à l’hameçon par 11 mercenaires des Balkans morts de fin, la chute du rideau de fer n’a décidément pas fait que des heureux. Et puis une chanson pourrie de Joe Dassin qui n’était pas là-haut sur la colline. On se disait qu’on ne revivrait jamais ça.

Houiller tue

D’abord on a vécu bien pire avec le miroir brisé de Tony Vairelles, la linguistique de Micoud et le survêtement d’Evra. Puis, l’Histoire a bagayé, mais pas à la façon de Christophe Josse, non. Elle nous ressert depuis 2006 que des Israel et des Bulgarie comme un dessert déjà vomi qu’il faudrait ingurgiter de nouveau. Seul le cuisinier change. Il y eut le Domenech show, le Requin Blanc puis Deschamps de ruine en 2014 qu’il finira par rebatir seul avec Kante.

Pendant ce temps-là le sélectionneur Houiller était serein .

Le Colonel Fabien, acte 3 : Brice dévisse

Pour aller d’Agen à La Rochelle, il n’y a qu’un seul chemin et ce n’est pas l’autouroute.

Pour la première fois depuis une vingtaine d’années, Jean-Luc Sadourny a enfin pu faire une nuit complète. Dimanche, le Columérin a reçu la confirmation que son pote le Colonel n’aurait plus besoin de ses services. Se débarrasser une bonne fois pour toutes de Médard, c’est un soulagement. Mais en même temps c’est pour cela qu’il a été engagé : retrouver, quels que soient les moyens employés, la filière qui rend les joueurs bons comme ils l’étaient en 1995. Après avoir supprimé (lire nos épisodes précédents) le reliquat, le Colonel a choisi un par un ceux qui ressemblaient le plus à des joueurs de rugby. « Les pleureuses » comme on les surnomme affectueusement sans aucun sexisme ont donc désormais la chance de ne disputer que le Top 14 . Et la Coupe d’Europe pour les plus téméraires. Tous, sauf un. Le seul rescapé, ressuscité d’entre les morts, Brice Dulin. Ce n’est pas faute pour le Colonel d’avoir tenté de l’abattre comme les autres alors qu’il gambadait dans la campagne francilienne.

Brice du vice

Mais avec ses appuis singuliers le mètre 76 est parvenu à se faufiler entre les balles pour trouver refuge à quelques encablures des barres de Port-Neuf. Le quartier défavorisé de l’Ecole Descartes, qui donne sur la mer. Là-bas, coincé entre l’allée du Mail et l’excellente poissonnerie Moreau, Brice a enfin pu voir de près à quoi ressemblait un ballon ovale. Et ce qu’on pouvait faire avec. Il faut dire que quand Grégory Alldritt lui a fait découvrir la supérette U express et les marginaux qui la squattent, Brice a vite compris que l’argent ne faisait pas forcément le bonheur de jouer au rugby.

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La légende Maradona : Le cercle du poète Despeyroux

Un seul homme a réussi à dominer Maradona, il était Toulousain et défenseur ou presque.

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Trente ans après le début de sa carrière, vingt ans après son arrêt, Pascal Despeyroux est resté le même. Qui ?

« Le problème, c’est que j’étais tout sauf un technicien et à cause de mes pépins physiques ma combativité ne suffisait plus. » Nous ne sommes pas en 1986, mais en 1997. Pascal Despeyroux approche de la retraite, Saint-Etienne aussi. Onze ans ont passé depuis le début de carrière du Toulousain. Du titre de champion d’Europe espoirs 88 avec Cantona au dépôt de bilan de Perpignan avec David Marraud en 97, les choses de la vie arrivent dans l’ordre. Aux oubliettes son but qui envoie la France en finale de l’Euro espoirs, son meilleur souvenir reste donc d’avoir marqué un but à Olmeta lors d’un Saint-Etienne – Lyon. Est-ce l’atmosphère du derby, le maillot vert ou le plaisir d’avoir assisté à un doublé d’Etienne Mendy ? Toujours est-il que Despeyroux est devenu Stéphanois dans l’âme, et pourtant la concurrence s’appellait Chaintreuil, Lambert et Bouquet.

El Pibe à l’hosto

Despeyroux a couru derrière cette gloire arrivée très vite. Taclé surtout, puisque c’est tout ce dont Maradona se souvient de ce 2 octobre 1986. Dribbler Marcico et Passi en même temps est pourtant arrivé à d’autres que lui, mais il a pris pour tout le monde. On jouait depuis 3 secondes. Despeyroux a toujours entendu de ses entraîneurs que le foot c’était taper dans un meneur de jeu. 325 matches de D1, une bonne centaine d’avertissements, pourquoi pas plusieurs dans le même match à l’occasion. L’Histoire n’oublie jamais de rendre hommages aux héros : pour sa dernière sélection en Equipe de France – la troisième -, Despeyroux était titulaire contre la Tchécoslovaquie. Kastendeuch, Casoni, Amoros, Sauzée, Pardo et Sonor étaient là eux aussi.

Quelques années après avoir refusé d’être consultant sur Canal, Despeyroux fit les beaux jours de Sud Radio.

Les meilleurs ailiers : Dolce Habana

Dominici est-il le meilleur ailier français de tous les temps ?

Voici notre top 10 des meilleurs trois-quart ailes de ces 25 dernières années, avec plein de Français dedans. Et oui, c’est bien l’un des seuls postes de derrière où l’on a souvent pas eu à avoir honte. Donc pas de Rougerie. Aujourd’hui on a quand même un peu honte.

10. Vincent Clerc

Il a quand même remporté la Coupe du monde 2011. Dans une génération d’où l’on ne retiendra que Dusautoir c’est quand même pas mal. Et c’est toujours mieux que durant les 8 ans qui ont suivi où on ne retenait personne.

9. George North (ou Shane Williams)

Si Clerc est champion du monde 2011, alors North aussi. C’est quand même le Pays de Galles qui a remporté la demi-finale. Sinon on a aussi Shane Williams en stock.

8. Jason Robinson

Comme on n’a pas le droit de mettre Underwood, beaucoup trop humilié par Lomu en 1995, on va faire représenter l’Angleterre par son meilleur arrière placé à l’aile et lui aussi champion du monde. Pourtant il était moins bon qu’Underwood.

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Christophe Dominici : Le jour où Lamaison est tombé sur le chien

En 2011 comme en 1999, l’équipe de France était presque aussi mauvaise. L’histoire a fini de la même façon.

C’est le 31 octobre que la Coupe du monde 1999 a vraiment commencé pour l’équipe de France.

Ce jour-là le futur ex quinze le plus nul de tous les temps a rendez-vous avec l’histoire. Skrela-Villepreux explosés par Lomu, tout un peuple attend ça depuis la cuillère de bois du dernier Tournoi où les Bleus avaient tout de même écrasé l’Irlande 10-9.  Mais une autre Irlande, sans O’Driscoll. La promesse est belle, le staff a mis les joueurs pour : Garbajosa, Bernat-Salles, et Dourthe derrière, Lièvremont, Juillet, Pelous, Tournaire, Ibanez et Soulette devant. Ce n’est pas une blague. Aux manettes, Galthié encore simple bouche-trou columérin et Lamaison en 10, Aucagne était sur répondeur. Sinon il y aussi de vrais joueurs comme N’Tamack, Dominici, Magne et Benazzi, suffisant pour prendre 70 points, du jamais-vu en demi-finale. Sauf qu’au commentaire c’est Christian Jeanpierre.

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L’édito : Requins et Rougé

Pour la première fois de l’histoire de sa longue histoire, l’heure est enfin venue pour le Vestiaire d’écrire le nom de Killian Le Blouch. On ne pourra pas accuser ses parents le manque d’originalité dans ce choix de prénom, il y a 31 ans, personne ne savait que Hamdaoui serait toujours un second choix derrière Bouthier, Ramos, Dulin et pourquoi pas Ougier. Mais bon, on ne peut pas non plus donner tort au Colonel Fabien qui a quand même permis à tout un pays de ravaler son vomi après 20 ans d’emprise sur le jeu du Capitaine et ses capitaux. Pourtant le Capitaine a réussi à se maintenir contrairement à celui de Le Blouch dont la médaille de bronze n’aura pas suffi à faire croire que les garçons savent encore faire du judo. Et encore, l’humiliation olympique de Teddy frimeur lui a été évitée. Pas celle des affaires de viols et harcelements en série et en tout genre ignorés depuis longtemps. Toujours ? Les résultats ne suffiraient donc pas à vivre paisiblement et à effacer les blessures de jeunesse. Qui l’eut cru ?

Pendant ce temps là, d’autres héros oubliés de notre jeunesse nous rappellent eux aussi que la victoire ne suffit pas toujours. Les requins resteront toujours des requins. Pas vrai Liza ?


Palmarès, les Centre : Sella folie

On a vérifié et effectivement le Vestiaire n’a jamais donné son classement des meilleurs trois quart centre. Il n’en a pas donné non plus la définition. Personne ne l’a jamais donnée car Stephane Glas, Richard Dourthe, Damien Traille et Tana Umaga sont difficilement comparables. Alors on va pas commencer aujourd’hui. Quand on pense que Castaignede a fini centre. Pourquoi pas Thierry Lacroix ?

Voici quand même la liste des cinq meilleurs centre de ces trente dernières années dans le monde. On va donc pouvoir mettre Sella dans le classement. Oui on sait il y a des premiers centre et des deuxièmes.

5. Brian O’Driscoll

Le vrai problème de Brian ce sont ses coéquipiers. A part Keith Wood peut-être. Aucun n’était capable d’être champion du monde. Il leur a appris à jouer au rugby en leur montrant comment plaquer, perforer une défense ou aller vite ballon en main. L’Irlande a donc arrêté de se faire humilier aux cinq ou six nations. Geoghegan n’y était pas parvenu. Déjà qu’ils arrivaient pas à écrire son nom. Thank you Brian !

4. Will Carling

Vous pouvez vérifier, il n’est pas champion du monde lui non plus. Vous me direz que Sella pas complètement non plus à cause de Benazzi ou Mandela et que souvent Will a fessé Philou et pas de la façon qu’il réservait à Lady Di. Dans celles là il n’y avait pas toujours Guscott qui regardait.

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Patrick Montel viré : « Les excuses c’est pas Monfort »

Avec la discrétion et l’humilité qui le caractérisent, Patrick Montel a donc tiré sa révérence. Une interview dans le Parisien, un sujet tout pourri dans Stade 2 et une dizaine de relances sur Facebook, sans oublier de citer Bashung.  Qui a dit bon débarras ?


Au moment de lui dire au revoir, il est temps de se demander qui était vraiment Patrick Montel en dehors d’un type que tout le monde adorait mais que personne ne supportait. 

C’est tout le paradoxe. Génial touche-à-tout et penseur des lumières mais aussi génial abruti sans aucun recul. Génial commentateur de sport, un brin naïf  mais très philanthrope. Voir trop.  Il était tout ça à la fois. Pour comprendre Patrick, il a fallu à notre spécialiste média, plusieurs années d’enquête, d’analyse de ses directs, de relecture attentive de chacun de ses mystérieux posts facebook, jusqu’à son fameux « mon collègue est un délinquant ordinaire » assorti d’un billet d’humeur sur sa vie privée où il avait confié la débordante passion de Nelson Monfort pour ses vieilles cassettes de reportage.

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F1, Italie : Et Senna s’Imola

Six ans qu’aucun pilote ne s’est tué en direct à la télé. Et toujours aucune nouvelle de Schumacher. A l’occasion de la fête des morts, souvenirs du Grand Prix le plus spectaculaire de l’histoire.

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1er mai 1994, Saint-Marin accueille la troisième manche de la saison, chorégraphiée par Franck Williams. Un spectacle rôdé.

Tout commence le vendredi 29 avril, durant la première séance d’essais qualificatifs, lorsque la Jordan de Barrichello décolle à 225 km/h et réalise plusieurs tonneaux que personne ne boira, pas même Bernie Ecclestone. Après un atterrissage renversé comme un vulgaire Beaujolais, goût banane, en début de soirée, le Brésilien s’en sortira quand même mieux (nez et bras cassé) que Niki Lauda au Nurburgring. Il a eu de la chance, son compatriote le plus célèbre en aura moins.

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Bernard Laporte : Oh capitaine, mes capitaux !

Bernard Laporte n’est donc pas complètement responsable de tous les maux du rugby français à en juger par sa relative popularité auprès de ses pairs. Mais seulement de 99% d’entre eux. Plus ?

Personne n’a jamais vraiment été capable de dire qui était Bernard Laporte. Un joueur moyen, un sélectionneur incompétent ? Un ministre incompétent ? Un escroc incompétent ? L’entraîneur du champion d’Europe le plus riche de l’histoire du Top 14 ? Un président de fédération  incompétent ? Difficile à définir, mais une chose est sûre, il est Bernard Laporte, il a été réélu et tout le monde a entendu parler de lui.

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L’édito Alaphilippe : Chair de Poel

On continue à s’emmerder avec un Pasteur, mais c’était le prix à  payer pour virer Montel et Thierry Bisounours. Le jeu en valait-il la chandelle ?

Comme dirait Hanouna, le type qui faisait la chenille chez Morandini avant de devenir aussi célèbre et riche que le Dalaï Lama, un peu moins drôle quand même, il ne faut pas se mentir. Depuis que Patrick Chêne est parti il y a une vingtaine d’année tenter de faire fortune avec sporever, sport365  ou sport 3-6-5 et Orange sport avec Renaud Marquot, nos mois de juillet sont devenus très compliqués. Et désormais nos mois d’août le sont aussi. Reviennent en mémoire de terribles souvenirs de Prudhommme, Sannier, Josse, Thierry Bisounours.  Hélas cela restait toujours plus confortable que de se farcir Pasteur. La bonne surprise c’est que Pasteur a confraternellement accepté de succéder à Patrick Montel qui a certainement dû tomber de l’armoire. Souhaitons lui d’avoir cette fois mis ses VHS en lieu sur.   Inutile de vivre dans les coulisses de France TV pour comprendre que Pasteur a surement évolué dans un passé proche sur une chaîne du groupe TF1 dirigée par l’actuel directeur des sports de France TV. Simple hypothèse de travail évidemment. Le contribuable français avait de toute façon fini de payer sa retraite à Montel. Autant qu’il en profite.

Pendant ce temps-là L’Equipe s’est trouvé un nouveau spécialiste vélo très pertinent. Il avait d’abord bien senti la victoire finale de Pinot, puis celle de Bardet, puis celle Roglic. C’est le même qui avait prévu une nouvelle ère avec Bernal. Peut-être se doutait-il qu’Alaphilippe pouvait devenir champion du monde. Mais c’est pas sûr.

Gasly ballot monte au créneau

Il a donc fini par y arriver. Des nouvelles d’Albon ?

Tout avait commencé, il y a bien longtemps. Bien avant le confinement mais après Panis quand même. Chez Toro Rosso, Gasly avait éclipsé un coéquipier plutôt bien côté, comme la série pour ados des années 90 qui porte son nom, Hartley.  Le gamin avait réussi à accumuler les kilomètres avec le moteur Honda en faisant quelques belles courses. Les patrons de Red Bull n’étaient donc pas totalement défoncés avec la boisson éponyme au moment d’offrir une promotion à l’ami Pierrot.  Il faut croire que la casquette était un peu trop grande pour une tête qui a trop tardé à gonfler. Ou l’inverse.

En tous les cas, entre courses ternes et performances peu enthousiasmantes, il avait fini par convaincre personne et surtout pas son employeur qui a jugé bon de le remplacer. Gasly a donc eu tout loisir de tester les progrès de la Toro Rosso. Les quelques milliers de suiveurs passionnés de F1 qui restent, auraient-ils agi de la sorte ?  Sans doute pas.

Albon jovi

En étudiant de plus près les caractéristiques de pilotage du perfide Albon qui lu a succé, sans même tenir compte des voitures fantômes de sa Mother, on se rend compte qu’une Red Bull ne pouvait lui permettre de s’exprimer pleinement et de confirmer son bon début de première saison en particulier face à la place occupée par Verstappen. Pour être tout à fait précis, la conduite avait donc moins d’importance que son profil moins Français et donc davantage porteur médiatiquement et commercialement. Suffisant pour rééquilibrer l’écurie? Evidemment non. Tel Liuzzi et Kyvat, il s’est donc brulé les ailes.

Pendant ce temps-là Gasly qui s’est rapidement refait la main à l’étage d’en dessous. Un coup de volant ne se perd pas aussi rapidement. Ca lui a donc bien servi de leçon.