Arsenal : Arsène hic

Quinze participations d’affilée, et la seizième est compromise parce que les Manchester, Chelsea, Tottenham et Everton prennent un peu trop de points : un monument du football européen est en voie de devenir gâteux. Mais qui est donc ce vieux monsieur ?


Les notices wikipedia ont décidément réponse à tout. Un officieux classement fait d’Arsenal le 6e club le plus performant de toute l’histoire de la Ligue des Champions, depuis 1992. 1992, c’était justement une année à perdre une finale de Coupe des Coupes, mais à quoi bon parler de l’époque où les cheveux étaient châtains jaunes, Monaco un club de foot où on ne payait pas d’impôts et l’amitié de Charles Villeneuve une simple relation sans intérêts. Et puis qu’importe : tant qu’Arsenal-Barcelone est tiré chaque année en 8e de finale, ça permet de vendre du beau spectacle et Barcelone en quarts.

Hervé Arsène

Ce classement devient plus passionnant quand on clique sur le critère sobrement intitulé « victoires finales ». La 6e meilleure équipe de C1 devient subitement la 16e meilleure équipe avec zéro trophée. Sacrés Valencians qui ont perdu deux finales, eux : ils chipent à nos Gunners la 10e place selon le critère « finales », heureusement Porto, l’Inter, Dortmund et Leverkusen sont restés à une finale eux aussi. Un clic sur la colonne suivante nous apprend qu’avec deux demi-finales, on est 10e du classement, derrière l’Ajax, mais avec Porto, Dortmund et Valence. Tel est naze qui croyait prendre. Au nombre de quarts de finale, Liverpool est derrière : 5, contre 6 pour Arsène. Et en plus ces nuls de Liverpool n’ont participé que 8 fois à la C1, 2 fois à la finale, 3 fois aux demies et souvent avec Smicer. C’est qui le grand club maintenant ?

Pendant ce temps-là, un rapide coup d’œil à l’effectif s’impose. Patience.

Gourcuff : La revanche d’une blonde

Eh oui, il sait faire une passe de l’extérieur du pied.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas wikipedia mais google qui est à l’origine de cette révélation. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les occurrences Gourcuff et renaissance offrent quelques dizaines de liens, dont des articles pas si vieux de journaux estimables. C’était en novembre, Gourcuff était convoqué en équipe de France et ses performances étaient jugées encourageantes. « Deux matches aboutis assortis d’une convocation en équipe de France » : ce n’est pas une vanne, c’est une citation. Dommage que le but de sa saison date de Rennes-Lyon en août, ça aurait eu de la gueule. Tant pis, de toute façon personne ne lui enlèvera ses zéro passe décisive et l’Intérieur sport où on voit qu’il n’est pas comme les autres, qu’il bosse plus, qu’il court plus longtemps, qu’il joue au basket avec des handicapés, qu’il fait du kayak en mer, qu’il est en retard un matin parce que ça le fait chier de se lever. Différent, quoi.

Play boy

A Lyon, Garde se réjouit de son influence et de sa sérénité retrouvée depuis le stage d’avant-saison. C’est un autre Gourcuff que celui de l’an dernier, avec ses 2 pauvres buts et 1 passe en 10 matches. Du coup, il ne lui préfère Grenier que deux fois sur trois. Si ça continue, sa renaissance le rendra carrément incontournable quand il faudra remplacer Malbranque. La concurrence, il a déjà connu ça à Milan avec Kaka et ça ne l’avait pas empêché de s’imposer à Rennes. C’était une autre vie, dans laquelle il réussissait à accélérer sans IRM de la cuisse le lundi suivant. Tout s’est compliqué depuis : l’équipe de France et surtout le titre à Bordeaux, avec 12 buts et 8 passes dans la même saison. Pour avoir été déçu de croire qu’il n’était pas Zidane, tout le monde s’émerveille qu’il sache viser un partenaire au moment de faire une passe ou qu’il arrête de tirer vers son propre but. Et maintenant Aulas s’énerve contre les gens mal intentionnés qui lancent des rumeurs Arsenal, Atletico ou Fenerbahce.

Pendant ce temps-là, Lyon a été éliminé à Epinal en Coupe et il n’était même pas là. Alors on se moque de qui ?

Open d’Australie : Murray cas

Rien ne dépendra plus de Federer et c’est un peu triste. Mais ça ne dépendra pas non plus de Murray et c’est moins triste.


Jusqu’au deuxième set de la finale, la question se posait franchement. Murray avait terrassé tout le monde, et battu Federer pour la première fois en grand Chelem. C’était moins une bonne nouvelle pour lui qu’une mauvaise pour Roger mais on a failli croire que Murray avait enfin trouvé comment dominer tout le monde, y compris sa mère et ses envies de pisser sur le court. Les rédacteurs en chef devenaient insistants et iconoclastes, la confiance s’envolait envers les meilleurs spécialistes, tout juste bon à entendre les conneries conjugales du moment.

Mais le doute n’était pas permis, en tout cas sur Murray. Etait-ce sa carte d’identité écossaise ? Son cou démesurément grand ? Ou les deux tie-breaks de sa demi-finale contre Federer ? En tout cas quelque chose clochait dans la domination nouvelle de Murray sur le tennis mondial. Il donnait l’impression d’enfin être offensif, Leconte était même estomaqué par ses coups fabuleux sans se rendre compte qu’un lob en bout de course n’est pas une attaque gagnante. Ou que placer une attaque au bout de la cinquantième frappe ce n’est pas être un serveur volleyeur. Ou que le service slicé ne suffit pas à gagner une finale.

Ivan le terrible

Et puis Djoko a commencé à frapper si bien que l’incroyable défense de Murray est devenu tout à fait croyable. Ça lui a rappelé son jeune temps, quand Federer et Nadal jouaient. Federer il jouait trop vite, et Nadal trop fort. C’était si bon de prier pour que la faute directe arrive d’en face, et parfois elle arrivait et le match se terminait avec un set dans la poche. Et maman était si fière qu’elle en pleurait de honte.

Pendant ce temps-là, Mauresmo a trouvé que Federer était plus mobile qu’avant, très tonique sur les jambes. Jusqu’en demi-finale quoi.

La légende CAN : Le lion de l’Yonne

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« Encore un qui n’aime pas la pluie. » Combien de fois l’a-t-il entendue, celle-là, les soirs de matches arrosés dans la très reculée cité icaunaise ? Didier Otokoré, débarqué d’Abidjan en 1985, a découvert le racisme de terroir en même temps qu’il rencontrait le joug de Guy Roux et le football français. Le temps de passer huit saisons (en moyenne 20 matches par saison, soit le total de Ghislain Anselmini à Lyon) à se faire traiter de tous les noms, y compris d’aveugle, non pas pour la qualité de ses passes mais parce qu’il est Ivoirien. Le très dioxiné Gérard Bourgoin en caquette encore.

La suite de sa carrière fut plus à son image : fantasque. Trois mois à Sochaux avant de partir pour le soleil cannois. Puis un an à Guingamp, le temps de comprendre que le Breton a beau être sympa, il a aussi peu l’habitude de l’Africain que l’Auxerrois. Et puis, histoire d’aller se faire du blé, il a fini à Dubai, parce que le seul milliardaire de l’AJA doit payer ses bétabloquants.

Mais la vie d’Otokoré, c’est aussi la sélection. En 1992, il remporte la coupe d’Afrique avec les Elephants et rencontre sa future femme Safia, devenue femme politique au PS, dans une sombre discothèque, le Bastring. L’ingénue amoureuse avoue, à propos de son fougueux mari : « Notre relation avait donc mûri et pour éviter tous ces va-et-vient, je l’ai rejoint en 1993 et nous nous sommes mariés peu après. » L’heure de la fin des va-et-vient extraconjugaux était venue. Le mariage, ça vous range tout au placard, même un joueur.

Croatie, Karabatic : Montpellier héros

30-23. C’est pas Krumbohlz qui prend ça d’habitude ?

Il faudra attendre longtemps avant de revoir la France championne de quelque chose mais on s’en fout un peu. On s’en fout depuis qu’on a découvert la vérité : même un handballeur peut être maqué avec une idiote, son frère avec une conne et être encore plus neuneu qu’elles. Du moment qu’elles écartent les guiboles comme dit Onesta avec son faux accent créé de toutes pièces pour ne pas qu’on le confonde avec Costantini. Ca risque pas, Costantini avait du talent, Onesta de la gueule. Sauf quand il démonte une table , prend que des vieux qui jouent en France pour préparer l’avenir ou sélectionne des futurs taulards pour mieux foutre la merde dans son équipe,  là il sait influencer son destin. Comme Karabatic :  quand il demande à sa meuf de parier, c’est pas lui qui parie. Quand il télécharge une application, c’est son smartphone qui l’encule.

La fée Kara bosse

Et sur le terrain, alors ? On aurait eu bien besoin d’un Didier Dinart pour solidifier la défense, mais 2001 et la grande Suède écrabouillée en prolongations c’était il y a 12 ans. Onesta ne pouvait décemment pas l’obliger à revenir, ou alors autant sélectionner Daniel Narcisse ou Jerome Fernandez puisque Jean-Louis Legrand n’est plus des notres et que Richardson humidifie Estelle Denis. Il était sans doute jaloux du maillot de bain de Nikola. Plutôt jouer ou jouir ?

Pendant ce temps-là, Dinart et Fernandez avaient le sourire. D’enfin ne plus voir Onesta ?

Lyon : Et Aulas se Gava

Aulas est de retour : Lyon est candidat au titre de champion de France 2016.

La veille d’un déplacement à Valenciennes est toujours l’heure d’un choix pour Jean-Michel Aulas. Aussi souvent que l’OL se fait torcher à Toulouse, il perd dans le Nord, même si ces dernières années Valenciennes y ajoutait la coquetterie d’être relégable ou presque. Ce n’est pas le cas cette année, mais Lyon doit quand même choisir ce que vaut sa saison. Confirmer ce qu’on entend, qu’elle correspond à la renaissance de Gourcuff, ou autrement formulé un but et zéro passe décisive en neuf matches, est à ce prix.

Ca sent le Pathé

Lyon est 2e, et son président est soudain pris de vertiges. Depuis 1994-95, il ne s’attendait pas à pareille orgie de victoires. Et Aulas reste le maître à ce petit jeu-là : 1er ex-aequo de Ligue 1 à la trêve, il attend avec impatience le mercato hivernal pour se donner les moyens d’atteindre ses objectifs : il a proposé Lisandro à la Juve ou plutôt il a proposé l’info Lisandro à la Juve à pas mal de journaux. Il a aussi tenté Gourcuff à Arsenal, des fois que Wenger serait vraiment sénile au point d’accepter un nombre à six chiffres. Plus pragmatique, Aulas a fait mine de prolonger Grenier – vicieux mais bien tenté – et a rappelé que Gomis, Bastos et Réveillère avaient promis de foutre le camp l’été dernier. « Si on a envie de partir, on accepte les propositions de l’extérieur. Là, ils m’ont fait de la peine. » Les petits effrontés sont en train de finir deuxièmes, c’était pas prévu. Même troisième, pour un tour préliminaire de C1, c’était pas le plan prévu : que deviendra Mvuemba si ça se produit ? Et Aulas ne peut plus compter sur les Lillois pour le sauver.

Auto Bafé

Alors, « il faut tirer les oreilles des joueurs qui sont entre deux eaux ». Qu’ils marquent 11 buts en 21 matches avec des dreadlocks, voire qu’ils achètent des lunettes pour promettre de reprendre leurs études après une garde à vue dans une affaire de viol en réunion ne change rien : ils n’ont plus la tête à Lyon. Aulas l’a décidé, et il n’est plus là pour faire dans le sentimental, sinon il aurait gardé Malbranque toute sa carrière. Il est là pour former, vendre le plus cher possible et amasser pour acheter des Brésiliens et gagner, comme avant. Comme ça, Florian Maurice peut se dire qu’il est un peu septuple champion de France lui aussi.

C’était en 2010 : « L’OM a pris des risques financièrement. Moins que nous, mais ils en ont pris beaucoup. C’est une prime à ceux qui prennent des risques, le football français progressera comme ça. »

Federer-Djokovic 2013 : Le content suisse

Roger a réussi ce qu’aucun n’avait réussi avant lui : continuer à gagner sans jouer. Le reste du temps, il s’appelle Djoko et il déchire ses t-shirt sur les courts australiens. Foutus héritiers.

Six titres dont trois Masters 1000 et un Grand Chelem : il n’avait plus fait aussi bien depuis 2007. Federer serait probablement considéré comme le plus grand sportif de l’histoire, capable de retrouver son meilleur niveau une fois la limite d’âge passée, s’il y avait eu un seul grand match la saison dernière. Mais 2012 a été ainsi : le niveau a baissé, et Murray s’est bien gavé avec la bagatelle d’un titre du Grand Chelem.

Mais tout cela n’entame pas l’incroyable pouvoir de Federer sur le tennis mondial. Il avait déjà tout : une collection de Grand Chelem, une collection de Rolex, une collection de pognon, une collection de couilles de Murray, et aussi Mirka dans les tribunes, les adorables jumelles, la présidence du syndicat des joueurs et cette pilosité sur les avant-bras mais pas sur les biceps qui le placent d’office au-dessus du lot. Il lui manquait encore l’opportunisme du champion, qui jouit de toute sa puissance. Il est fini et ne tient plus physiquement en cinq sets contre les meilleurs ? Il n’a plus qu’à prier pour que Wimbledon se joue sans Nadal. Pourvu qu’il n’ait rien à voir avec la mort du papy du numéro 1 mondial, en deuil aussi de sa concentration et de son niveau. Il ne resterait alors que Murray qui a très envie d’attendre les JO pour gagner à Londres.

Bâle neuve

L’impensable se produit, aussi majestueuse qu’une terre battue bleue à Madrid qui n’a rien à voir avec de la terre battue. Un Masters 1000 n’est jamais de refus, et tant pis si sur la rouge Roger ne gagnera rien parce que quand on est fini, on est quand même fini. Sinon pourquoi perdre contre Berdych en quarts à l’US Open ? Peut-être pour affirmer de ses que tout dépend de lui. « Bien sûr, Tomas a bien joué mais je trouve aussi que je l’ai aidé à se sentir à l’aise. » Aujourd’hui, il a digéré et collera très bientôt une branlée à n’importe quel Tchèque qui passera par là. « J’espère continuer à jouer pendant plusieurs années, parce que j’aime ça, j’aime la pression que procure le fait de jouer contre une nouvelle génération qui arrive et qui progresse rapidement. » Humilité et humiliations ont la même racine latine ?

Pendant ce temps-là, Murray mène 10-9 dans leurs confrontations, Nadal 18-10 mais Djokovic lui doit encore le respect (16-13). Alors comment lui a-t-il repris la place de numéro 1 ? Peut être en faisant trois finales de Grand Chelem et une demie, après avoir sauvé des balles de match et autres conneries visant à humilier un maximum d’adversaires. Le salaud, il se prend pour qui ?

Armstrong dopé avoue : La fédération internationale de cynisme

Festina et Z c’était pas mal, mais quelle équipe cycliste a plus gagné que Livestrong ?


C’était en 1997. Lance Armstrong s’apprêtait à signer chez Cofidis, il était juste un simple mortel, il allait attendre encore un an pour virer son premier directeur sportif, deux pour être sportif américain de l’année et trois pour pousser Pantani au suicide. Son armoire à trophées n’accueillait guère qu’un titre de champion du monde sur route et un testicule dans un bocal. C’était l’exploit de sa vie, il venait de le réaliser. Dans ces cas-là, soit on prend du recul, soit on prend du pognon. Et pourquoi pas les deux ? C’est cette année-là que quelqu’un de mal intentionné, peut-être lui, émettra l’idée de créer une fondation pour que son cancer ne reste pas impayé. Le bouquin confessions ne viendra qu’en 2004, pour ne pas alerter les autorités. 2004, c’est aussi l’année de son 6e Tour de France avec les copains Landis, Beltran, Ekimov, Hincapie, Padrnos. 2004, ou l’année où Nike et Livestrong se sont associés pour 7,5 millions d’euros par an pour la bonne cause. Une association de bienfaiteurs : ils ont vendu comme des petits pains les petits bracelets jaunes à l’effigie de la fondation, fabriqués avec le même silicone que celui qui sert en laboratoire pour isoler les veines avant les prises de sang. Le marketing de demain.

Financement au culte

La manœuvre était habile. Pour le lobbyiste, qu’est-ce qui ressemble plus au fait de lever des fonds que le fait de lever des fonds ? Qu’ils fassent avancer la recherche ou une bande de Discovery Channel sur des pentes à 20% importe peu. Tant que la cancer recule et que Lance gagne, Coca, Subaru, Trek, Oakley et Anheuser-Busch ne voient pas de raison de ne pas concourir à une si riche carrière à 100 millions de dollar pièce. C’est si beau un coureur qui ne tombe jamais. Livestrong porte bien son nom : avec un si beau pare-feu moral, Armstrong a pu prolonger la durée de vie de ses menaces à tous les Bassons du peloton. Le slogan de l’organisme de charité doit même être du patron : « unity is strength, knowledge is power and attitude is everything ». Le ver était dans le fruit, puisqu’à force de tout rafler, il faut justifier le mythe. Quelque courses à son nom, un come-back, du triathlon : Frankenstein n’aurait pas été jusque-là, surtout avec une seule couille.

Pendant ce temps-là, Armstrong peut toujours tenter de faire croire qu’il ne savait pas, que c’est Bruyneel, Mc Quaid et Verbruggen qui l’ont obligé, que Hincapie faisait peur à tout le peloton, comme Bassons et ses oreilles légèrement décollées et que Sheryl Crow était une chanteuse à succès.

Australian Open : Gaël mon vice

Tsonga lui a pris son coach, c’est que le 86e mondial doit être bon.

Gaël Monfils n’est pas tout à fait comme les autres. Quand Richard Gasquet reconnaît qu’il devrait jouer plus vers l’avant mais que sa tête dit non, mais aussi areu et caca popo, Gaël s’y essaie n’importe comment, foire, et reconnaît que s’il devrait changer pour progresser, il n’en a rien à foutre puisqu’il aime défendre. Ensuite il disparaît de la circulation, se sépare d’avec son entraîneur même s’il l’appelle Patrick Chamagne, et enfin il commande une interview à L’Equipe pour dire en substance qu’il n’est pas dépressif quand il ne joue pas au tennis. Logique, puisqu’il l’est quand il joue. Sans doute une histoire de gonzesses, et pas ce double mixte où il avait cartonné Dechy avec Cibulkova. Un vieux fantasme, mais pas aussi cochon que celui de Gilles Simon : être entraîneur-joueur. Monfils, lui, il veut un entraîneur.

Monf émerveille

Le plus amusant dans cette histoire, c’est qu’après avoir été autant absent que Nadal la saison dernière, Monfils a recommencé à torcher Kohlschreiber comme avant. C’est une seconde nature chez lui, d’ailleurs Dolgopolov n’a pas tellement cherché à résister. Qu’il revienne de six mois sans jouer, ou qu’il joue trois ans d’affilée, Monfils est le même joueur : s’il n’est pas blessé, il court partout six heures d’affilée et bat n’importe quel joueur au-delà de la 10e place mondiale. Et si en plus c’est à Roland Garros, il va en quart ou en demie. Sauf bien sûr les jours où il n’a pas vu un de ses psys, qui partagent avec le parfum du yaourt du petit déjeuner la responsabilité de son genou, de ses fautes directes et de sa tactique de match.

Fraise ou façon tatin, Monfils est toujours le même, le plus gros potentiel du tennis français. Sa technique et son jeu de défense feraient de Tsonga un top 4 mais s’il faut se concentrer toute une saison et ne pas perdre une fois de temps en temps contre un 400e mondial, c’est pas pour lui.

Pendant ce temps-là, Gasquet s’est fâché contre une arbitre, a débreaké et haussé son niveau quand il le fallait contre Montanes. S’il continue sur cette voie, plus rien ne pourra l’empêcher de faire sa conduite accompagnée.

Les aveux d’Armstrong : Le fantôme de l’Oprah

Michel Drucker et Eddy Merckx en sont encore tout retournés. On peut gagner et durer en pratiquant plus d’injections que Delarue, Carla Bruni et Evelyne Thomas réunis. Souvenirs.


Il faudra attendre sans doute longtemps pour retrouver un aussi grand champion que Lance Armstrong. Le Vestiaire a longtemps hésité avant de le classer parmi ses intouchables aux côtés de Jordan, Federer et Christian Bîmes. Mais si le basket, le tennis et la corruption ont trouvé leurs maîtres, pourquoi le dopage n’aurait pas droit au sien. Plus qu’un maître, Lance Armstrong est un Dieu. Professionnel jusqu’au bout des métastases, il n’aura jamais rien laissé au hasard, ce serait trop imprudent. En 1993, il a la bonne idée de devenir champion du monde. L’EPO vit ses premières heures de gloire en même temps que Lance qui pèse une tonne, fallait pas rater l’occasion. Deux ans plus tard, alors qu’il traîne son gras sur les pentes du Portet-d’Aspet, son copain Casartelli lit mal les panneaux et choisit le mauvais chemin, celui du cimetière. Lance n’a désormais qu’une seule idée en tête, autre que se faire de la pub sur le dos de son pote, il veut carrément le rejoindre. Mission accomplie en 1996. Lance fait les choses bien, son cancer est généralisé, moins de 10% de chances de survie. Mais l’EPO fait décidément des miracles, à part pour le visage d’Ugrumov peut-être, et elle ne va pas s’arrêter là. En 1998, allégé de ses couilles il arrive enfin à grimper plus vite que Gouvenou. Avant de grimper sur Sheryl Crow, Lance va en Espagne et finit juste devant Jalabert mais derrière Jimenez qui ne s’en remettra pas. Un coeur si fragile, un asile de paix. C’est durant cette même année que Jalabert se plaindra en juillet d’être traité comme du bétail mais pas à cause de ce que lui filait Manolo Saiz dans les fesses. Les 7 années suivantes permettront à Jean-Marie Leblanc, Gérard Holtz et Christian Prudhomme de serrer un bon paquet de fois la main du plus grand escroc de l’histoire. Pourvu que Bernard Laporte ne nous attaque pas en diffamation.

L’Edito Ballon d’or : La Messi est dite

Iniesta et Xavi sont donc des gros connards. Le jury du Ballon d’or ne pouvait pas le dire sur un autre ton, sinon il ne resterait qu’une hypothèse justifiant quatre ans de Messimania : les votants seraient vendus au sport spectacle. Et encore, si ces deux-là n’étaient pas là on se demande bien comment Messi ferait pour montrer à la centaine de téléspectateurs de Lequipe 21 son ridicule noeud papillon de marque. Messi n’est donc pas qu’un pantin sans cervelle bon qu’à jouer au foot, c’est rassurant. Mais cet argument est éculé autant que les larmes d’Iniesta qui n’a jamais autant détesté son copain nain et surdoué que lorsqu’il lui a dit qu’il était fier de ramasser tous les ans la récompense à sa place. Il ne pourra pas en dire autant à Higuain pour ce titre mondial et toutes ces Copa America mais il n’en pense pas moins. Pourtant, une fois n’est pas coutume, le Vestiaire est de mauvaise foi, nous n’aimons simplement pas les gens qui réussissent. Car Messi mérite sa victoire. La preuve, il répond à tous les critères :

Lionel en tonnes

Sur les performances individuelles, entre Drogba, Cahill, David Luiz et Casillas, aucun n’est parvenu à atteindre les 90 buts, hors il n’y a que ça qui compte avec les titres remportés. D’ailleurs collectivement, le Barça de Messi s’est presque imposé en Liga, en C1 et même à l’Euro. Du coup il était inutile de s’intéresser au palmarès, dernière étape du premier critère. En gros, il faut donc être le meilleur buteur parmi les deux  joueurs les plus médiatisés. S’ils étaient nés un peu plus tard, Sammer, Yachine et Beckhenbauer auraient dû monter d’un cran sur le terrain, faire des sextape ou être aussi grand que Pujadas pour intéresser le jury.
Car la suite des critères parle des qualités du joueur, son talent mais aussi le fair play. A l’évidence, aucun des 50 finalistes n’avait la moindre correspondance avec ce caractère et surtout pas Iniesta le plus méchant des hommes, donc difficile de juger. Question carrière Messi a moins de concurrence. Qui est le joueur le plus titré de l’Histoire du foot encore en activité et en course pour le Ballon d’or ? Qui a été élu meilleur joueur de l’Euro 2012, meilleur joueur de la finale et meilleur joueur de la finale de la Coupe du monde 2010? C’est pas Xavi, il n’est que l’autre joueur le plus titré de l’histoire du foot, meilleur joueur de la finale de C1 2009, et meilleur joueur de l’Euro 2008 mais il était pas en finale lundi soir. Enfin, comment passer sous silence la personnalité et le rayonnement de Leo Messi starifié tant qu’ils le peuvent par ses gestionnaires de fortune mais toujours aussi charismatique qu’Iniesta, Xavi et Pierre Moscovici sans la barbe.

Stade 2 : Géraud défaut

Produire un Stade 2 en janvier 2013 c’est compliqué : l’actu c’est la Coupe de France, le Top 14, le Vendée globe et le Dakar en Asie ou un truc comme ça. Le seul invité dispo s’appelle Grosjean et c’est même pas l’ancien entraîneur de Gasquet ou le PDG de l’usine à fromage : c’est juste un pilote de F1 qui sourit tout le temps : quand il dit qu’il aime pas le foot, quand il dit qu’il tweete pas, même quand Géraud lui fait remarquer que tout le monde le traite de nul, y compris Panis. Mais le plus dur c’est sans doute de devoir se passer du célèbre écrivain à mèche grasse qui présentait l’émission jusqu’ici, devenu subitement indisponible. Comme un vieux journaliste ringard qu’on aurait viré comme une merde à bon escient.


Il est 17h30 : un bref jingle avec les quelques notes de la fameuse musique un peu rock et un peu insupportable et c’est parti. Les mèches blondes un peu dégueu de Chamoulaud ont cédé la place à celles de l’ancienne présentatrice de l’Ile de la tentation qui jure n’avoir cédé aux sirènes de TF1 que pour le challenge. Dire que c’était pour le pognon serait erroné d’autant qu’elle a poussé son challenge jusqu’à Orange sport, ses 13 000 abonnés et ses 15000 euros par mois.

Après un sommaire fort peu alléchant, Céline Géraud présente le plateau qui l’est davantage. Des jeunes sexy voire érogènes : Grosjean, Lafon, Lartot et surprise Patrick Montel est toujours là. Il fallait probablement justifier le maintien des questions à la con genre « Si Armstrong avoue, est-ce que ça va changer son opinion de lui ? ». Ce qui ne veut rien dire, mais on a affaire à de grands professionnels : « euh, votre opinion de lui ». On comprend en fait assez vite que s’il est là c’est surtout pour que ses généreux camarades se foutent de sa gueule. Lartot n’attend pas 5 minutes pour jeter un regard condescendant sur son voisin de table pour se moquer des culs de bouteille qui lui servent de lunettes.

Mais à peine le temps de s’appesantir sur les interventions à contretemps de Patrick que Géraud fait un détour par Alain Vernon, désormais interdit de plateau, qui sans même donner le score du match tente une interview du gardien d’Epinal : « Qu’est-ce qui se passe ? » Ben il se passe que ça fait 17 ans que t’étais au placard mon pote. Mais ça ne fait pas assez longtemps pour que le public ait droit à un résumé autre que celui des tirs au but. A quoi bon, il n’y avait eu que 3-3 après prolongation. Puis c’est parti pour le Dakar avec le minimum syndical de Holtz sans doute exigé par l’ancienneté et la promesse de lourdes indemnités prud’hommales.  Dans l’intervalle Montel ponctue chaque séquence par des tweets toujours très inspirés: « Lyon est tombé sur une épine… al« . Pas mal.

Gérotologie

Le temps pour Lartot d’avouer qu’il s’emmerde, pas à cause de Vernon mais du Top 14, que débute le quart d’heure Vendée globe. Personne n’aurait osé. Personne n’aurait osé non plus mettre Marie-Christelle Maury à l’antenne, d’ailleurs elle y est pas. Pourquoi un tel ostracisme ? Elle pue ? Est-elle grosse ? Moche ? C’est à n’y rien comprendre. Comme d’habitude depuis 12 ans, on lui a confié le reportage le plus intéressant de l’émission : Virtual Regatta. Des gens qui se prennent pour des skippers devant leur ordinateur. Passionnant. D’autant que les tamagotchi commençaient à nous manquer. C’est juste après que l’on comprend que Chamoulaud a vraiment été viré puisqu’un double duplex en direct s’installe entre le leader du Vendée globe et celui de Virtual Regatta.  C’est ce qu’on appelle le travail à la Chêne.

On saluera aussi cet extrait sur la star de Calais, Mickaël Gérard qui fut approché par les grands clubs dont le port de Calais qui finira même par l’embaucher.

Richard Gasquet : Doha constrictor

Santoro avait aussi pas mal gagné à Dubai.


Tout ce que le sport français compte de stars passe ses vacances au Qatar. Lucas Moura a étrenné son premier maillot du PSG, il n’était floqué ni Rai, ni Ronaldinho, ni Vampeta. A un pâté de gratte-ciel, il y a le tennis-club qui accueille chaque année les meilleurs joueurs du monde de début janvier. Comme en 2006, Richard n’a pas raté l’occasion de venir y peaufiner sa préparation. D’habitude c’était Brisbane, mais Fabulous allait-il à Brisbane ?

Doha ou Brisbane, de toute façon c’est toujours la même chose : un tournoi sans les meilleurs, ou alors diminués et battus rapidement pour préparer l’Australie. Au choix, pour les seconds couteaux, c’est l’occasion de prendre des points et du pognon ou de courir un peu là où il fait chaud. Richard a choisi : 2h42 contre Grega Zemlja, ça fait du bien. Il a gagné, évidemment ça n’a aucun intérêt, mais Richard a décidément le coup d’œil : « Niveau attitude, c’était impeccable. J’en ai joués des matchs difficiles, mais je ne suis pas près d’oublier celui-là. » Ses biographies d’après-carrière se vendront comme des petits pains. Mais l’heure n’est pas encore à l’après-retraite : il est en demi-finale contre Daniel Brands, après avoir battu Lukas Lacko, et le lendemain du marathon s’il vous plaît. Si ça c’est pas une saison bien lancée, on y connaît que dalle. Voire autant qu’un quotidien qui ferait de lui un futur vainqueur de Grand Chelem. Vainqueur de Doha en revanche, n’importe quel Français avec la même relance de coup droit toute molle en milieu de court depuis 5 ans peut le faire. Même ceux qui se déconcentrent en montrant bien au public que c’est parce qu’ils ont des courbatures aux jambes peuvent le faire.

Mais Richard est bien décidé à évoluer, et peut-être à écouter les consignes de tous ses entraîneurs depuis dix ans, même ceux qui ne lui collaient pas la gueule dans un seau de balles quand il ne les appelaient pas papa : « Je sais que je devrais davantage avancer dans le terrain, je suis pas con quand même. »

Pendant ce temps-là, Monfils est toujours en vie : on l’a aperçu donnant une interview à L’Equipe pour dire que Delaître et Champion étaient compétents pour être ses amis, mais pas ses entraîneurs.