Thierry Henry : Il fenormono

Le Vestiaire avait déjà réservé un sort au cousin éloigné de Darcheville.

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Ils étaient une trentaine à postuler au panthéon du Vestiaire. Tous avaient une particularité que Fred ne possède pas. Et Wiltord n’y est cette fois pour rien. Après un débat houleux sur la véritable place de Titi Camara, il en reste une poignée. Voici les cinq meilleurs buteurs de ces vingt dernières années.

5. Davor Suker

Le Croate représentait le cas le plus épineux pour notre spécialiste. Il est le seul des cinq à ne faire fondre aucune prostituée sur son passage et à ne s’étendre que sur sa femme, à deux ou trois étudiantes près. Pour autant, il réussit le petit exploit de virer Papin, Van Basten et Trezeguet du club. La carrière internationale de JPP s’est arrêtée en 1986 alors que dix ans plus tard, il écumait encore les tavernes bavaroises, girondines et bretonnes. Il était pourtant en période de top, comme Marco le Hollandais, l’avant-centre le plus efficace au monde. Si Van Basten a souvent mis les buts qu’il fallait, jusqu’à gagner un Euro à cinq buts, il bénéficiait d’un collectif sans égal. C’est Gullit qui bat l’URSS, alors que c’est Suker qui finit troisième de la Coupe du Monde 1998. C’est Suker qui est le seul à transpercer dans le jeu la meilleure défense toutes époques confondues. Il avait de bons partenaires, mais sans lui, ils n’auraient connu, à l’instar de Bafe Gomis, que le premier tour. Enfin, Suker, c’est la Ligue des Champions 1998 assortie de quatre buts en sept matches. Trezeguet a gagné l’Euro, mais jamais la C1.

4. Hristo Stoichkov

C’est l’incontournable des cinq. Avec une équipe encore plus faible que celle de Suker, il va lui aussi en demi-finale d’une Coupe du monde dont il finit également meilleur buteur, à égalité avec l’accidenté Salenko. Comme Suker, il remporte une Coupe des champions comme titulaire indiscutable de l’onirique attaque barcelonaise, la même qui va encore en finale deux ans plus tard lors de la taule milanaise. Son caractère dégueulasse ne suffit pas à faire oublier son insondable talent.

3. Romario

Est-ce parce qu’il est le meilleur marqueur de l’Histoire derrière Pelé, juste devant Ostrowski ? Est-ce parce qu’il a offert au Brésil une Coupe du monde que ni Zico, ni Socrates, ni Dirceu, ni Falcao, ni Careca, ni Valdeir n’avaient su aller chercher ? Ou est-ce parce que Barcelone en a fait un Dieu vivant en une seule saison ?

2. Thierry Henry

Encore un Français sur le podium, mais il est le seul dans cette catégorie. A 20 ans, il plante sept buts en neuf matches de C1, jusqu’à la branlée turinoise en demie. Une précocité que seul Benzema a connu, au détail près qu’il n’est qu’ailier des champions de France 1997. La suite, c’est un repositionnement dans l’axe pour faire oublier Ian Wright. D’ailleurs, c’était qui ? Et des buts et des buts à ne plus savoir qu’en faire. Décisif partout, tout le temps, de l’Italie au Brésil, en passant par l’Irlande. Même Platini s’est fait dégager, mais Henry, personne n’ose. Logique, c’est le meilleur. Son boulard et ses infidélités n’y feront rien. Sur le côté à Barcelone, il marque encore et fait marquer et devient avec Iniesta l’élément essentiel de la plus grande équipe de clubs de tous les temps.  On aurait voulu mieux, notamment qu’il ne se contente pas d’emmener Arsenal en finale de Champion’s League, ou qu’on ne lui pique pas chaque année ses Ballons d’or. Il devrait en avoir au moins trois. On aurait voulu la première place, mais devant c’est presque plus beau qu’un contrôle de Govou.

1. Ronaldo

Il devait être le nouveau Pelé, comme D’alessandro, Ortega, Saviola, Riquelme, Aimar, Tevez ou Messi le nouveau Maradona. Lui l’a été, il est même devenu Ronaldo. Quand Van Basten et Papin cherchent encore sur eBay à compléter leurs jambes respectives, Ronaldo est revenu aussi fort après avoir perdu ses rotules. Son explosivité a été compensée par son sens du but visiblement inné. Seul joueur de l’Histoire à n’avoir jamais connu de mauvaise saison sur le terrain, il s’est imposé partout où il a mis les pieds. Comme Ronaldinho, son ratio ne descend jamais en-dessous de 0,50, mais on ne parle pas de grammes par litre. Du plus grand au plus petit club. Il n’a disputé comme Zidane, Maradona ou Henry que trois finales de Coupe du monde pour deux succès seulement, ses quinze buts lui pardonnent. Il est le plus rapide, le plus agile, le plus sûr de lui, le plus complet. En un mot, le meilleur.

Ont également été cités : Bergkamp,comme Cristiano, même pas champion d’europe ;  Inzaghi, si c’est une blague, c’est moins drôle que de mettre Vieri ; Eto’o, la Coupe du monde, la Coupe du monde ; Drogba, viré par Anelka ; Shearer, l’équipe d’Angleterre, ça comptait à une époque, mais c’était déjà pas la sienne ; Bebeto, victime des numéro 1 et 3 du classement ; Weah, victime collatérale ; Oman Biyik, Eto’o est meilleur ; Chevtchenko, Suker et Stoichkov y sont bien arrivés, trop tard ; Owen, il a gagné quoi ? Le Ballon d’or, tiens tiens ; Gullit, le faire valoir de Van Basten ;  Klinsmann, Milan, Juve, Barça, Madrid, Bayern, Manchester, non ? Tant pis ; Voller, la moustache c’est un peu trop glamour pour notre classement ; Riedle, et dire que le Danemark n’aurait même pas dû participer ; Ibrahimovic, ? ; Batistuta, la fidélité ça paye ni sur le compte en banque, ni sur le palmarès et ça ne fait même pas gagner la Coupe du monde ; Brolin, une Coupe du monde, ça ne suffit pas toujours ; Raul, l’Espagne a enfin gagné, mais il n’était pas là ; Kluivert, une carrière de deux ans et ce n’est même pas un Dieu au Camp Nou ; Sukur, à une lettre près, il était dedans ; Zamorano, Kombouaré m’a tuer.

Ligue 1, 13e journée : Le loup, le renard et le Tallec

Une fois n’est pas coutume, notre spécialiste Ligue 1 a commencé à écrire pendant que Monaco freinait Evian. C’est con, non ?

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Nice est-il plus mauvais qu’Anderlecht ?

Tout va dépendre de Laurent Blanc. S’il répète avant le match qu’il faut être vigilant, que le plus dur c’est de maintenir ses joueurs en éveil et qu’en même temps il leur présente Justo Fontaine en le faisant aimablement passer pour un gâteux qui a inscrit 13 buts en un seul Mondial sans pouvoir se payer la roue d’une des bagnoles d’Ibra, alors oui c’est bien possible que Nice soit encore plus fort qu’Anderlecht. Alors, qu’a dit Blanc avant d’accueillir Nice ? « C’est jouissif d’être à la tête d’un tel club, avec de tels joueurs qui mettent en valeur notre travail. » Puel est dans la merde.

Bordeaux sera-t-il champion de France ?

Une victoire contre Montpellier réduit à dix au bout de vingt minutes, suivie d’un exploit retentissant à Nice qui joue une mi-temps avec son 5e gardien : Bordeaux a compris que pour sortir de sa mauvaise passe il fallait soigner ses premières mi-temps. Cela suppose de réels efforts de concentration et un travail minutieux du staff : titulariser Bréchet seulement en Coupe d’Europe, lui administrer Bellion en fin de match et ne surtout pas craquer le surlendemain quand il faut leur préférer Saivet, Rolan et Diabaté. Comme tout le monde y met du sien ces derniers temps, ça marche plutôt pas mal : plus personne ne remarque que Gillot est encore entraîneur. Il n’a pas encore besoin de rappeler qui est le vainqueur de la Coupe de France 2013.

Qui sont les trois millionnaires de Valenciennes ?

Si un certain nombre de présidents de clubs de Ligue 1 hésitent à aller jusqu’à faire grève, c’est sans doute à cause de la réponse à cette question qui se pose depuis qu’on sait d’où viennent les 114 fortunes de France. Trois joueurs de Valenciennes sont donc payés au moins 85 000 euros par mois sans que l’on sache où est vraiment le scandale : qu’ils soient payés autant, que Valenciennes puisse payer autant, que Valenciennes continue de payer trois joueurs ou que d’autres clubs arrivent à monter de telles arnaques. Pour deviner, il faut procéder par élimination. Et quand on procède par élimination, on tombe toujours sur Le Tallec. Le Mondial 98 a permis bien des excès dans les centres de formation et cette fois De Camaret n’y est pour rien. Qu’il ait eu sur le dos un maillot de Liverpool, du Havre, de Saint-Etienne, de Sochaux, du Mans et d’Auxerre, tout le monde a fini par pardonner au Tallec ses périodes d’inefficacité. C’était normal. Quel attaquant n’en a pas connues, et quel attaquant n’a pas conduit ses clubs à ne jamais jouer la Coupe d’Europe, et qui n’a pas connu deux descentes en Ligue 2 ? 46 buts en 264 matchs de Ligue 1 et Ligue 2, ça fait environ 0,78 but par mois ; sur la base du million actuel, son but est donc coté en moyenne à 108 974 euros. Du coup, on s’en fout de savoir qui sont les deux autres millionnaires.

Et ce grand derby sur Canal ?

Cinq victoires lyonnaises de suite, 13 matchs à Geoffroy-Guichard sans victoire stéphanoise : si Saint-Etienne veut coller une branlée à Lyon, ce sera le soir. Le seul problème c’est que c’est trop facile, à part pour Rijeka. Mais qu’est-ce qui est facile pour Rijeka ? Canal s’est emparé de l’affiche en oubliant une petite chose : Lyon n’est plus une grosse équipe et Saint-Etienne n’en est pas encore une. Alors que faire ? Un 3 minutes en avant match sur le retour de Gourcuff ? Demander à Menes de parler de Corgnet ? Mettre Ruffier au micro de Paganelli pour savoir lequel est le plus intelligent ? Demander son avis à Bravo ?

On ne reparle pas de Monaco ?

Ben non, Falcao a marqué.

Donc rien sur Abidal ?

Patience, les barrages contre l’Ukraine sont dans quelques jours. Allez, juste un extrait du live lequipe d’hier : « 65e. Enorme frayeur pour Monaco ! Sougou, qui a récupéré le ballon en taclant entre Abidal et Ricardo Carvalho, se présente seul dans la surface de l’ASM. »

Et Emmanuel Rivière, il ne marque plus ?

Ben non.

Les secrets du Docteur tocard

Le Vestiaire inaugure une nouvelle rubrique, car désormais il sait lire. Ca valait presque le coup, ça fait toujours un article de plus.

Quand Bruno Godard ne vient pas se livrer sur Direct 8 à des affirmations péremptoires sur le titre assuré des Marseillais, l’écroulement lillois ou la qualification du PSG en Ligue des champions, il trouve le temps de délaisser Canot et Bagaria pour commettre des bouquins de merde aussi vides que le regard de Gourcuff au moment de  jouer à Ménibus la réplique la plus célèbre du cinéma français : « Oui, j’aime les filles. »

Bruno quetard

Le livre s’appelle Sexe football club et c’est déjà bien qu’on accepte de le citer. Il aurait aussi bien pu s’appeler revue de presse des rumeurs les plus connues du football. Ou les histoires dont on se fout, tellement on en a entendu parler. Zidane a-t-il eu une relation avec une star du R’n’B ? On ne saura pas, c’est pas grave, on ne savait déjà pas avant.

Qui est ce footballeur bien membré qui se tapait la fille de son entraîneur ? Tout le monde le sait, pas besoin de donner le nom, en plus ça évite les procès. Pourquoi Larios et Platini ne pouvaient pas se saquer ? Tout le monde le sait, pas grave on raconte quand même l’histoire racontée par Pierre-Louis Basse, racontée par Robert Herbin, racontée par Roger Rocher, racontée par mon prof de sport et racontée par moi à mon cousin. Et par les principaux intéréssés ? Ca aurait demandé un petit travail d’interview, bref, d’avoir sa carte de presse et qu’elle serve à autre chose qu’à se torcher.

Bruno jobard

Quel est ce footballeur qui s’est tapé une prostituée ? Ribéry. Révélations chocs. Et ce footballeur brésilien accusé de viol ? Brandao. Le courage du reporter de guerre. Gourcuff est-il gay ? Ben ça on sait pas, Tétu n’a encore rien dit. Quelles sont les boîtes de nuit à la mode ? Là par contre il y a les noms, mais le problème, c’est qu’on s’en branle. Un peu comme de Ginola. Et sur Domenech, sa femme et sa liste noire ? Rien, ça aurait demandé un travail d’enquête. Faut pas lui demander de se foutre de notre gueule et en plus d’être journaliste. Bordel.