Foot, Ligue des Champions, Barça-OL : Le Lyon sot

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Pour avoir cru en ses chances de rivaliser, les Lyonnais ont pris une leçon de football au Camp Nou. Ils contemplent désormais le haut niveau de loin.

Coupet avait raison : Lyon n’est plus aussi fort. L’équation n’était pourtant pas si simple avant le match : sachant que Lyon avait gagné à Metz 5-1 et que Barcelone n’était pas bon, quelle est la valeur du championnat français, et donc du champion ? Maintenant on sait: 3-0. Il est aux antipodes d’une grande équipe européenne. Comme nous vous l’annonçions en début de saison, atteindre les 8es de finale constituerait un miracle. Sans Cris, c’est même impossible.

Grosso merdo

Car Lyon, malgré ce qu'en a dit Perrin, a très mal défendu. Incapables de contenir le milieu de terrain barcelonais, Toulalan, Juninho et Kallström ont couru dans le vide comme un relais 4×400 français. Même avec la meilleure volonté du monde, cette équipe ne pouvait pas rivaliser avec un Barça pourtant pas en grande forme. Mais le délicieux Alain Perrin avait choisi de filer des wild-cards à certains réservistes : ainsi Belhadj a remplacé Ben Arfa à gauche, et Réveillère a pris la place de Grosso dans son dos. « Un pari manqué », a commenté le toujours neutre Jean-Michel Aulas. Le pauvre suppléant du ramasseur de balle Clerc a encore mesuré qu'il n'avait pas le niveau de Ligue des Champions. Désormais, il cauchemardera toutes les nuits de se faire violer dans une ruelle sombre du Barrio Chino par Messi et Mancini, sous les yeux de Manuel Montalban.

C'est techniquement que Lyon a été le plus surclassé. Par instants, ils ont semblé autant à la peine que Cécillon dans un dîner romantique. Si Govou essaie une feinte à la Messi, il pourrait se dribbler lui-même, voire se blesser. Perrin pourra toujours faire bosser Kallström ou Clerc, ils n’auront jamais la valeur d’un Deco ou d’un Xavi. La palme revient à l’arrière droit inter-naze-ional : un but contre son camp et une mauvaise passe adverse remise dans la course d’Iniesta en pleine surface. Pape Diouf doit regretter de ne l'avoir pas recruté pour son équipe de DH. Et ne parlons pas de Baros : ça y est, il a réussi à faire regretter Fred et ses coups de coude à Méxes et Chivu : au moins on s’amusait, un peu comme Wiltord avec sa femme.

« On aurait pu revenir, on a bien défendu pendant une heure. » Perrin garde le sens de l'humour. Lyon en a pris trois et aurait dû en encaisser deux ou trois autres sans Vercoutre, le meilleur Lyonnais à Barcelone, c’est dire. Comme Eric Durand à Martigues. La classe d’écart est énorme. Houiller, s’il n’a pas dirigé un entraînement en deux ans, donnait au moins de la sérénité à ses joueurs. Sous Perrin, tout a volé en éclat, jusqu’à la valeur de Juninho. Le Bafa ne suffit plus.

OL-dom, le bricolage

Lyon n’a pas produit de jeu. Lyon ne sait plus mettre le pied sur la balle. Lyon a défendu aussi mal que le Werder Brême de la grande époque, avec Valérien Ismaël, le Rudi du football. Les initiatives offensives ont ressemblé à la dentition de Ronaldinho : bordélique et ridicule. Perrin, qui n’a pas dégagé d’équipe-type en trois mois – Belhadj titulaire, la prochaine fois Loïc Rémy ? -, n’est évidemment pas l’homme de la situation. Ses joueurs le déplorent : « Pourquoi n'a-t-on pas joué ? Demandez au coach », a notamment dit Juninho, qui en a foiré tous ses coup francs de dépit. Courtisé depuis plusieurs années par de nombreux entraîneurs, le Croate Assedic pourrait finalement trouver un accord avec Perrin. Quoi qu’il en soit, on peut déjà mettre le Aulas aux ambitions lyonnaises. Et comme Mourinho est sur le marché, c'est le moment d'en profiter.

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