Les questions interdites du Vestiaire : La France peut-elle gagner sans Zidane et Platini ?

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Le Vestiaire l’avait dit, de France-Roumanie à France-Roumanie, une boucle se bouclait. La réalité du terrain a été plus cruelle encore : la génération Zidane se fait enterrer, sans même inviter son créateur à la fête. Comme un symbole, c’est l’homme qui l’a fait débuter chez les Espoirs qui a permis ce petit miracle.

Si la fin est digne du palmarès d’Yvon Madiot, l’histoire est pourtant belle. Raymond Domenech, entraîneur naguère champion de France de Division 2, avait choisi d’aligner la même équipe qu’en 2006, celles qui fut finaliste de la Coupe du monde. A trois détails près : Vieira, Henry et surtout Zidane. Le résultat fut étonnament catastrophique, heureusement, Hagi avait pris sa retraite.

Pour se rassurer ou pas, on évoque 2006. Pourtant, et pas grand monde n’en parle, la situation actuelle est radicalement différente. Depuis 1996, la France évoluait avec le meilleur joueur du monde dans ses rangs. Un joueur qui éclairait le jeu et qui devint le patron. Comme Maradona (deux finales mondiales consécutives), ou Platini (deux demies et un Euro gagné), en plus de son propre talent, il rendait tout plus facile et ses partenaires meilleurs. C’est simple, et Jacquet l’avait compris avant tout le monde, avec Zidane, on pouvait faire n’importe quoi, on perdait difficilement et si les vieux faisaient leur job on ne perdait jamais. Le bilan parle de lui-même : champions en 98 et 2000, invaincus en 96 et 2006, il n’y a qu’en 2002, sans le maître, et en 2004, avec Desailly et Liza, finis que le terme de défaite n’a pas été proscrit.

Secret story

Ce que l’entraîneur aux zéros victoires en Espoirs n’a pas compris, c’est que son fameux système de jeu, dans lequel il pouvait se permettre de faire entrer n’importe qui n’importe où sans problème, n’était pas viable sans Zizou, et qu’il fallait apprendre à jouer sans pour préparer l’après. Pourtant, ce n’était pas un secret, Zidane s’en irait un jour, il était même déjà parti. Pour Domenech, ça l’était encore moins, comprenant qu’il n’arriverait à rien sans lui, il avait demandé à Vieira, Henry et Thuram de le faire revenir, et du même coup Makélélé en avait profité pour lancer sa carrière internationale à 54 ans. Et puis Zizou est parti.

Même si l’équipe de France ne sera plus jamais aussi forte qu’avant, ce n’était pas une raison pour ne rien expérimenter et continuer à jouer comme si Zidane était encore là. Il aurait pu chercher un successeur ou rôder un système de jeu par exemple, ou au moins construire une génération de transition capable d’anticiper l’agonie inévitable des anciens. Il préféra jouer avec le fantôme d’une équipe qui n’avait plus de raison d’être sans son magicien et qui vieillissait. Il fallait un électrochoc, il est arrivé lundi sans doute trop tard. Sans Vieira, ni Henry, le terrain devenait trop glissant, la situation presque insurmontable même face à la plus faible des équipes au monde. La meilleure équipe de France, capable de jouer, n’était pas sur le terrain. Les Tricolores ont pris l’eau mais ont limité la casse. Maintenant, l’équipe de France n’est plus au-dessus, il faut faire comme les autres sélections : mettre les meilleurs à leur poste. C’est ça la transition de génération.

Désormais, le dernier défi de Domenech sera de bâtir dans l’urgence d’ici demain cette génération transit. Celle qui assurera la mise sur orbite de la génération Ribery-Benzema. Le sauvetage contre les Pays-Bas passera par une refonte de l’équipe, puisqu’il y est contraint. Mais cela ne suffira évidemment pas, même si le retour d’Henry ou Vieira peut sauver sa tête.

Si Domenech ne se remet pas en cause, il en sera fini de l’Euro. Et la génération Benzema aura deux ans pour se construire sur rien. Hélas, il ne possède pas la clé et l’après Euro sera le début d’une nouvelle grande période de disette en attendant le nouveau nouveau Platini.

Une réflexion au sujet de « Les questions interdites du Vestiaire : La France peut-elle gagner sans Zidane et Platini ? »

  1. « Champions du monde en 98 et 2000 » ? Certes l’Europe c’est presque le Monde pour le foot mais quand même, il manque 2 ou 3 pays genre Brésil ou Argentine…

  2. A la manière d’un Eric Zemmour, vos critiques ne décollent pas plus qu’un centre de Bernard Mendy seul dans son jardin.

    Critiquer le selectionneur national…
    à la hauteur du courage de Richard Gasquet à la veille de Roland Garros, vous vous
    cachez derrière un écran et un blog (dont le nom ressasse de mauvais souvenirs aux plus pudiques et complexés de votre
    équipe) pour prétendre détenir la vérité sur une composition d’équipe qui tiendrait tout juste la route contre l’Angleterre
    des Crouch et autres James sur PES.

    Sur ce, je vous laisse méditer aux raisons du réveil français de demain.

  3. Cher Ali,

    Nous vous présentons une nouvelle fois nos excuses pour votre vilaine fin de carrière. Mais avouez qu’avec une telle clairvoyance vous ne pouviez pas deviner que le PSG pouvait être un club à problème.
    En hommage au titre que vous avez offert à Bordeaux il y a 10 ans déjà nous allons vous faire une petite explication de texte:
    2 ou 3 heures de reflexion supplémentaires, vous auraient évité d’y lire une critique de Domenech. Il n’y a qu’un constat de son palmarès et de son système de jeu, à vous de juger de sa qualité.
    Ensuite votre imagination, décidément aussi fertile que Pascal Praud, vous a fait apparaître une composition d’équipe alors que Le Vestiaire ne se permet jamais d’actes aussi inutiles. A l’inverse de votre commentaire.
    Nous vous laissons donc une deuxième chance de comprendre le message de l’article et pour une fois, vous ne serez peut-être pas obligé de finir dans le Golfe persique.

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