L’instant Le Vestiaire : Christanval de grâce

Roger Lemerre pensait le plus grand bien de lui. Ils sont rentrés dans la légende en même temps. Juste retour des choses : l’éternel successeur naturel de la défense de 98 est finalement le moins mauvais de sa génération.

Les socios du Barça ont élu leur pire équipe type de l’histoire il y a quelques semaines. Sans surprise, Philippe Christanval y figure, aux côtés de Frédéric Déhu. Mais contrairement au fils spirituel de Jean-Guy Wallemme, il en a au moins retiré un avantage : retrouver les Bleus au moment opportun. Si Martin Djetou était son mentor, alors l’élève a dépassé le maître. Les plus éminents spécialistes du football l’avaient prédit : ce 7 octobre 2000, en Afrique du Sud, le longiligne défenseur de Monaco avait pris rendez-vous avec la belle Bleue.

Ce qu’ils savaient moins, c’est qu’elle était volage au point de ne le rappeler qu’un an et demi plus tard, après rendez-vous foireux (Micoud, Meriem) et plans d’un soir (Jurietti, Nicolas Gillet). Ce que Christanval ne savait pas, c’est qu’il n’aurait jamais l’opportunité de conclure.

Blaugranalphabete

Car le passage à Barcelone de Christanval n’a probablement servi qu’à entretenir l’espoir. Barcelone en 2001-2002, c’est une 4e place en Liga et une demi-finale en Ligue des Champions. Christanval aurait bien mérité sa médaille après avoir participé aux poules. Pour lui, c’est surtout 26 titularisations en Liga. Lemerre n’y a vu que du feu et l’emmène à la Coupe du monde. Les prestations de Papin à la World Cup 94 ont fait plus de bruit. Mais Philippe s’en foutait, il était content d’être là, de participer à la fête.

Au Barça et chez les Bleus, la saison suivante sera celle de la confirmation : cinq matches et un départ pour l’OM. Petit, il était le successeur de Blanc, en noir. Christanval tient à son statut : à l’OM, il rappelle à chaque apparition les quelques mauvais matches du Président avant son départ pour l’Inter, et il y en a eu. Il ne reste qu’une saison, puis direction l’Angleterre, qui lui confirme bien qu’il n’a pas re-signé de licence de joueur pro. Fulham l’entretient un temps, mais seul le Milan AC a poussé le merchandising jusqu’à l’auberge de vieillesse.

Défense d’y voir

Christanval en aurait donc fini s’il avait un jour commencé. C’est ce fameux 7 octobre 2000 qui déterminera le rayonnement de toutes les défenses bleues qui suivront, privées de Blanc, Desailly ou Thuram. Christanval surpasse la quasi totalité des joueurs sélectionnés de sa génération (1978). Ils sont douze, citons-en onze pour gagner du temps : Boumsong, Bréchet, Camara, Escudé, Zebina (79), Gillet (76), Silvestre (77), Squilacci (80), Mendy, Fanni et Givet (81). Cette année, ils ont tous un contrat en première division de leur pays, c’est déjà pas mal. Le seul concurrent de Christanval est le grand espoir du foot français, l’ancienne idole de Mourinho, il se nomme Gallas. C’est le nouveau Desailly, le patron incontesté d’Arsenal, le futur capitaine inamovible de l’équipe de France. C’est un détail, il est né la même année qu’Henry. Qui a dit carrière ratée ?

Et Blackburn mit Christanval à l’essai en septembre dernier. Il était libre. Gallas aussi. Suffisant pour élargir le casting du Domenech show ?

Une réflexion au sujet de « L’instant Le Vestiaire : Christanval de grâce »

  1. Christanval a-t-il fait mieux que Jean-Pierre Cyprien ? Malheureusement, non. Dommage, ça aurait valu le détour.
    Allez, salut Philippe, nous inscrirons ton nom aux côtés de Malusci, Torrisi, Civelli ou César.

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