Poirée survit

« On ne naît pas douanier, on le devient », rappelait souvent Raphaël Poirée au coiffeur de Corinne Niogret. D’autres s’y sont frottés, mais on n’a jamais vu personne aller chasser à skis en Sologne.

Ses retransmissions sans fin accompagnent chaque hiver la sieste des abonnés d’Eurosport (vidéo). Marc Mingoia lui-même, avant de sortir du placard, piquait parfois du nez entre deux passages au pas de tir, incapable de distinguer un Norvégien d’un Norvégien. Le biathlon, c’est l’association improbable de deux des disciplines les plus chiantes à regarder : ski de fond et tir. Et pourquoi pas le curling ?

Le Vestiaire, dont l’éventail sportif n’a pas de frontières, se souvient d’une époque pas si lointaine où quelques drapeaux français se glissaient à l’occasion entre ceux de l’Allemagne réunie et de l’URSS. Dans un bon jour, tous les quatre ans, Vincent Defrasne pouvait même faire vaciller le bloc nordique, rappelant à la face du monde et de Pontarlier que Raphaël Poirée n’a pas toujours été le seul licencié du pays.

Echecs et Amat

On ne prendra pas la peine de rappeler l’effet de service du plus grand champion de l’Histoire du sport d’hiver tricolore. Sa régularité au plus haut niveau, le sourire de Liv Grete et une biographie préfacée par Jean-Claude Killy étaient autant de formidables vecteurs de popularité. Qu’en a fait la Fédération douanière ?

« Je suis déçu, c’est incroyable, personne côté français n’est venu me voir. J’ai quand même fait quelque chose dans ce sport. C’est comme si je faisais peur », répondait Poirée l’hiver dernier, avant d’aller voir si la neige est plus blanche sur les côtes norvégiennes. Il ne lui a pas fallu six mois pour faire gagner Berger.

Pendant ce temps-là, Simon Fourcade ramenait à la France son seul podium de la saison. Defrasne attend sûrement les JO et Sandrine Bailly n’est plus que l’ombre de Sylvie Becaert. On a bien essayé de refiler un 22 long-rifle à Vittoz, mais il tire moins bien que Cécillon en nocturne. Jean-Pierre Amat en regretterait presque Ferréol Cannard.

Une réflexion au sujet de « Poirée survit »

  1. Hej,
    Enfin !
    Il faut bien préciser que le Berger dont vous parlez n’est pas Tora, la passion au bout des doigts, mais son frère, et que Egil Gjelland a aussi été crédité pour le premier 10/10 de la vie de Lars., même si il a eu une carrière plus « bof » que celle de l’autre, pour qui il est encore plus beauf.

    Paraîtrait que les français espèrent que pour le come back de Poirée, a l’instar de Gro Marit, y s’tâte, mais lui voit plus loin et conçoit lui même l’équipe de relai norvégienne du futur.

    Curieusement, vous ne rendez pas hommage à Florence Baverel comme il se doit, elle a pourtant fait beaucoup mieux que Fabrice Guy, elle n’a jamais gagné une épreuve de coupe du monde. Même Defrasne l’a fait. Dommage pour sa retraite, les poursuites de Julien Robert me faisaient bien marrer.

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