L’Instant Le Vestiaire :
Le comte démonté Tiozzo

comte

A l’occasion de la future rouste de Jean-Marc Mormeck, Le Vestiaire se souvient du plus grand boxeur français de tous les temps.

Il portait un joli nom pour donner des coups, et en prendre. Et pourtant, il n’était pas qu’un homonyme de Christophe Tiozzo : c’était son frère. Il était moins bon, se tapait beaucoup moins de gonzesses, gagnait moins de fric, en perdait moins aussi, prenait moins de coke et était moins connu. Mais il perdait autant.

12 rounds et une défaite aux points

Le 3 avril 1993, Fab n’a que 24 ans et aucun titre lorsqu’il est cueilli à froid par le redoutable Virgil Hill, champion du monde en titre après douze rounds très disputés. Pendant 7 ans, Fabrice va ourdir la plus terrible des vengeances. Très méthodique, il commence par apprendre à lire et se plonge dans le formidable roman d’Alexandre Dumas. Emprisonné injustement dans une image de nul, il change son identité en écrasant tous ceux qui se mettront sur son chemin. Son Abbé Faria sera Don King qui, croyant avoir affaire à un vrai champion, lui offre du pognon. La littérature a parfois bon dos.

1 round et une branlée aux poings

McCallum, Branco et Miller payent leur irrévérence. Le 9 décembre 2000 sera la date choisie pour mettre un point final à son immonde machination. Virgil Hill ne se doute de rien. Il a 36 ans et quasi grabataire, pour lui la boxe n’est plus qu’un lointain souvenir. Pourtant, les liasses de billet vont avoir raison de sa retraite. Virgil peine à marcher, mais Fabrice se répand quand même dans la presse et lui promet un calvaire abyssal, mais une agonie rapide.

« Ce combat (de 1993, ndlr), je l’ai revu des centaines de fois … Je me souviens de tout. Il m’a hanté des nuits entières… Cette fois, j’ai de l’expérience. Je vais gagner et je vais adorer cette victoire. »

Jean-Claude Bouttier n’avait pas prévu qu’il serait couché à minuit, Fabrice Tiozzo non plus. Deux minutes et 59 secondes plus tard, il n’est allé que trois fois au tapis. Déjà une petite victoire, pourtant il pleure.

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