Fabrice Santoro : Par ici les Papeete

c-fou

Le Vestiaire salue les adieux du magicien, qu’il n’est toujours pas décidé à faire malgré la crise financière. Mais pourquoi est-il si magique  ?

Parce qu’il ne joue pas au tennis

Le coup droit à deux mains, certaines filles y ont pensé. Coup droit et revers coupés systématiquement, les spécialistes terre battue des années 70 ont fini par les abandonner. Amortis quand on ne sait pas trop quoi faire de la balle, montées à la volée au bluff, même Sampras n’y avait pas pensé, Agassi non plus, peut-être Pat Cash. Fabulous Fab a donc inventé un style de jeu inimitable, sauf par n’importe quel joueur pour déconner à la fin de son entraînement ou bourré sur le court privé de sa villa. Et encore, s’il n’y a pas de nanas à impressionner.

Parce que les voyages ça fait chic

Pas plus tard que cette semaine, un journaliste s’étonne qu’il aille à Moscou plutôt qu’à Orléans puisque sa carrière est finie. Pas pour le pognon mais pour les voyages rétorque Papy, qui précise juste aimer dormir au Ritz. Rien à voir avec le fric donc. Il n’avait plus vu Moscou depuis 2008. Les offices de tourisme du Qatar, des Emirats et d’Australie ne le remercieront jamais assez, les brochures gratuites sont dures à écouler.

Parce que c’est dur d’être invité partout

Le record du match le plus long a un prix. Les branlées contre Federer ont un prix. Ca coûte de ne pas gagner beaucoup de grands matches. Par contre, ça oblige à être présent le jour J : un lob bien placé  dans la raquette de l’adversaire, un coup entre les jambes sur l’adversaire à la volée, une vanne à l’adversaire après un jeu blanc de ce dernier, des courses partout en criant pour ramener des balles impossibles qui terminent en smash gagnant de l’adversaire, un amorti sur retour de service dans le revers de l’adversaire , il ne faut pas lésiner sur les prises de risque. Ca fait rarement avancer au deuxième tour, 469 victoires pour 440 défaites ne sauraient mentir. Mais ça n’empêche en rien de faire un premier ¼ de finale de Grand Chelem à seulement 56 ans et d’être invité l’année suivante.

Et même sur les plateaux télé

Il est difficile de se procurer les statistiques exactes, mais selon toute vraisemblance et malgré la longévité de sa carrière le magicien aurait passé plus de temps dans les talks show que sur les courts. Et pour cause, il a toujours deux ou trois tours à raconter. Qu’il aime que des gonzesses montent dans sa chambre à 2 heures du mat, qu’il n’a jamais très bien gagné sa vie, avec à peine  9 959 413 dollars. Soit plus de  500 000 par an en moyenne. C’est peu, surtout pour un joueur aussi bon. Cette année n’était pas la meilleure, avec seulement 340 000 pour l’instant. Heureusement il reste Bercy, ça valait bien le coup de rester en Suisse. Tout sauf une histoire de chèques à l’évidence.
Il aime aussi, qu’on lui mente en lui racontant qu’il a eu une belle carrière, ou alors Jeanne Calment a eu forcement une belle vie. Il est populaire en n’ayant jamais rien fait. Ca c’est magique.

Rien branler en profitant du système et se faire passer pour le meilleur joueur de double du monde , fallait s’y attendre, il s’était quand même débrouillé pour naître à Tahiti.

3 réflexions au sujet de « Fabrice Santoro : Par ici les Papeete »

  1. Le Vestiaire, quand vous remettez à leur place des Santoro ou des Chabal (il y a quelques mois), devant lesquels tous les autres se prosternent, c’est un régal.
    Le magicien du tennis, le seul, c’était Mecir.

  2. …et dans des temps plus lointains, Nastase c’était pas mal aussi. C’était une époque où on pouvait gagner des titres majeurs avec un jeu de « paluche ».
    Le problème de Santoro est très complexe: tout petit, il était très doué pour le ping-pong mais son père lui a acheté une raquette de tennis. Il a continué à jouer au tennis de table en montant sur la table. (dixit Coluche).

  3. La nouvelle obsession de Santoro est d’être le premier joueur à avoir disputé un grand chelem sur 4 décennie. C’est pour cela qu’il faut s’attendre à le voir en Australie en janvier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *