La légende CAN : Salut Cousin

« A l’état adultes ils sont surtout actifs en soirée, et aux premières heures de la matinée si la température est suffisamment clémente. Généralement les adultes commencent à apparaître en juillet-août  mais le maximum des émergences s’observe en septembre, avec « prolongations » possibles en octobre quand la météo ou la région s’y prêtent ».


C’était le 19 novembre 2011, afrik.fr titrait sur la mésentente entre deux des plus grands attaquants gabonais de l’histoire du Gabon mais aussi de France. Une mésentente c’est ainsi que se résume l’histoire du plus célèbre de nos Cousin. Né à Libreville un 7 février 77 : à 1 près c’était l’Enfer, Daniel ira au Mans, c’est pas beaucoup mieux mais au moins on peut lire le Maine Libre tout en vivant à Ecommoy. Daniel est du mythique 0-0 contre le Marseille de Sylvain N’Diaye où ne joue pas toujours Sylvain N’Diaye. Ce 14 février 2004 Gilles Vessière commence à peine à penser à ses négociations avec Canal et c’est un stade entier, soit 16312 spectateurs en comptant ces connards de Marseillais, qui pleure, peut-être d’émotion voire de honte, car il sait que sa star partira bientôt. Son alter ego Drogba émerge à peine à Chelsea que Cousin change le jaune et rouge manceau pour un jaune et rouge encore plus pourri, mais avec moins de degrés sauf dans les verres de Daniel Leclercq. Au pays des tchi’s, il commence en douceur avec 9 buts mais passe aux choses sérieuses la saison suivante avec 13 buts de bonne facture à une époque où comme le rappelle wikipedia on pouvait finir quatrième du classement des buteurs avec 13 buts. Daniel apprend vite, et se met au diapason des coutumes localesen faisant de jolis gestes en dehors de ses 4 buts de la saison d’après. Il n’en faut pas plus pour que le public s’attache à son Cousin. Guy Roux qui aime bien les tipulidés le prend sous son aile mais décède prématurément. La carrière du petit Cousin en fait autant. Glasgow, Hull, Larissa sent le Sapins. Ses initiales étaient DC.

Au moins il sera un Cousin pour toujours quand certains n’auront même pas de famille.

L’Edito : Le big bisou de Carlo

C’est l’effet de manque : la Coupe du Monde est à peine terminée que Lequipe.fr fait déjà des sujets sur la voix de Lagisquet. Passionnant.


C’est une question qui a trotté dans les têtes tout le week-end et pour une fois, il ne s’agit pas de savoir si Alexandre Devoise continue de faire de la télé parce qu’il a des amis, ou si des gens ont vraiment apprécié la nouvelle version Sherlock Holmes avec ses 11 gros plans/seconde et ses invraisemblables invraisemblances : qui de Van Persie ou Higuain a l’air le plus intelligent ? Lequel des deux ferait fondre un magret de canard sans faire accrocher les pommes de terres au fond de la casserole ? Bref, qui est le plus nul des deux ?

Robin boude

Certes, Robin n’a que 28 ans et peut se targuer de n’avoir rien gagné. Gonzo rappelle qu’une Copa del Rey pour laquelle il n’y est pour rien et deux Liga quand Barcelone et Benzema n’existaient pas, valent mieux qu’un lot de consolation. On vous l’avoue Van Persie a dépassé les 15 buts en ligue des champions, je sais, ça se voit pas. C’est comme le Danemark qui vient de remporter un championnat d’Europe dans un sport collectif et sans la brosse teutonne  de Schmeichel, les cheveux dégueulasses de Povlsen, la moustache nauséabonde de Vilfort, ou les bouclettes approximatives de Jensen. Pas intéressant ? Et Federer humilié par une descente aux enfers qu’il ne contrôle plus pour le simple plaisir d’aller se ridiculiser à Londres ?

Pendant ce temps-là, Rennes a encore essayé. Mais non, toujours pas. Petite sensation à Bercy : Rouen a été battu par Dijon à l’occasion d’une finale de coupe d’un sport olympique.

Rallye de Monte-Carlo : Rebelle et Sébastien

Sébastien Loeb sera-t-il encore champion du monde quand Gervais Martel sortira de prison ?

Et dire qu’un mafieux russe a bien failli nous faire rater ça. Pour un peu, personne n’aurait pu voir la résurrection du Monte-Carlo et ses passes d’armes dantesques à l’avant. En 2008, juste avant que les francs-maçons de l’automobile club de Monaco ne perdent le label WRC de leur sauterie de début d’année, Le Vestiaire s’était attiré les foutres de tous les clubs de tunning d’Alsace et de France pour avoir osé écrire que Sébastien Loeb avait gagné la course avec 2’30’’ d’avance « en roulant pendant deux jours le bras gauche à la portière ».

Il a gardé sa fenêtre fermée cette fois tant la pression de Dani Sordo se faisait forte. Avec 2’45’’ d’avance en roulant pendant trois jours en quatrième, le champion du monde 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011 et 2012 sait très bien qu’il n’a cette année qu’une marge infirme sur la concurrence. Hirvonen n’est plus le gentil faire-valoir d’il y a quatre ans, Latvala voit parfois les spéciales de la deuxième journée, Solberg ne fait pas ses 37 ans et la densité est énorme derrière. La preuve : François Delecour n’a pris que la 6e place ce week-end. A quand le retour de Colin McRae ?

Polo l’accoste

Le paysage du WRC a tout de même sacrément changé depuis 2008 et pas seulement parce qu’on ne se fait plus chier aujourd’hui à aller en Jordanie ou au Japon. Non, les deux dernières saisons ont surtout vu l’émergence d’un futur grand du rallye, à la fois humble, patient et discret : Sébastien Ogier.

La montée en puissance de son ancien coéquipier a permis à Sébastien Loeb de montrer son vrai visage. Celui d’un pilote hors normes qui aime tant la compétition qu’il n’accepterait jamais d’être protégé par une consigne de son écurie et d’un homme qui aime si peu l’argent qu’on ne le verra pas de sitôt faire de la pub pour des stations de lavage.

Heureusement pour lui, il faut deux ans à Volkswagen pour préparer une Polo. Et ça, ça fait bien marrer nos amis du tunning.

Barça-Real, questions interdites : Benzema a-t-il manqué de respect à Puyol ?

Comment le Barça pourra-t-il se relever de l’humiliation subie hier soir dans son propre stade, sa propre maison. On pensait les violeurs récidivistes réservés aux chaumières de la région parisienne et pourtant ce matin c’est la Catalogne qui avait mal au cul en se réveillant. Les coupables sont nombreux mais ils ont tous l’air simplet et un père qui a joué à Brest.


A commencer par Gonzalo Higuain, auteur d’un doublé en l’espace de 3 minutes. A la 9ème seconde d’abord, quand seul face au grand Pinto, sa frappe heurte le panneau publicitaire « Liberando su potencial« . Ce n’est pas une vanne, utilisez un traducteur. On va retrouver cette tête de gamin constipé par les grands matchs après 2min et 37 secondes de jeu quand son tibia réalise un jongle, seul face au grand Pinto, évidemment. 2-0, l’affaire est bien mal engagée.
4-0, après 10 min 50 quand Cristiano Ronaldo milite à son tour pour l’entrée du meilleur joueur du monde, son pote Karim, pardon Senor Karim comme le sultan aime qu’on l’interpelle. Senor Karim est donc interpellé en pleine sieste vers 23h15 par José, le si gentil gardien de l’immeuble blanc. Entre temps il y a eu la 25ème minute et cette jolie passe en retrait de Gonzalo au grand Pinto, après la barre d’Ozil pour une fois moins nul que d’habitude, et la 28ème. Par respect pour son frère Federico, star des Godoy cruz, on ne la racontera pas. 5-0,  la Coupe est pleine, Barcelone qui n’y arrive plus provoque des penaltys et regagne le vestiaire avec seulement 2 buts d’avance.
L’humiliation du peuple blaugrana va pourtant se poursuivre à la 61ème minute. Mourinho en bon pervers narcissique ne se contente jamais de ce qu’il a et sort Higuain sans ménagément. Qu’a fait l’Argentin pour être traité de la sorte comme un vulgaire mini-poussin qui porterait encore des couches ? Visiblement être à l’origine des 3 premiers buts du Real est insuffisant. Pire, on le remplace par son ennemi intime auteur de deux fois moins de buts que lui contre Zurich, trois fois moins contre la Corée, il parle même quatre fois moins bien l’espagnol et n’a jamais porté le maillot albiceleste : Senor Karim.

L’histoire ne dit pas si Gonzo est vraiment responsable du 2-2 à la fin du match, du talent insondable de Benzema ou du geste impardonnable de Senor Karim à la 71ème minute. Une chose est sûre, quand Barcelone va rencontrer Madrid en Ligue des Champions, il sera sans doute à nouveau disponible pour passer la soirée à côté d’Adebayor. Il criera même peut-être aussi fort pour fêter la qualification de ses anciens partenaires.

Equipe de France : Le Guen aux dons

La Fédé a besoin d’argent, mais pourquoi pense-t-elle au Guen ?


Il a toujours aimé relever des défis : devenir international avec son seul pied gauche, devenir défenseur en étant milieu de terrain, devenir sélectionneur des Bleus quand on est sélectionneur d’Oman. Paul Le Guen n’est pas avare, en tout cas pas d’effort. A Rennes, pour ses débuts en costume, il résiste trois ans en Ligue 1. Ça ne l’empêche ni de se faire virer, ni Lyon de l’embaucher. La grande vie démarre. Trois saisons, trois titres, un contrat chez Canal, Houiller mettra du temps à montrer que l’entraîneur n’y était finalement pour rien. On croyait pourtant Le Guen meneur d’hommes, mais c’est à croire qu’en fait il ne montait pas à poil sur la table ou sur Yannick Noah pour entamer le cri de guerre quand il était joueur. Tout au plus, un sourire de satisfaction quand le président annonçait double prime. Mais Le Guen n’aime pas la facilité : en France, il a fait le tour de la question et en plus à Glasgow, l’Euro s’appelle Livre sterling,ça complètera sa collection chez HSBC et, au pire, il y a deux matches par an contre le Celtic, il ne sera même pas obligé de payer sa place.

Les cent patates de Pencran

Un an et demi plus tard, Le Guen n’a rien gagné, si ce n’est un contrat au PSG qui cherche n’importe quel entraîneur pas trop charismatique et un peu dégarni sur le devant pour faire n’importe quel résultat. Deux ans et demi de pure osmose l’enverront en Coupe du Monde. C’est avec le Cameroun et 300 000 euros, après un contrat non renouvelé, mais l’essentiel n’est pas là : Canal a créé les Spécialistes en dehors des périodes de matches internationaux. Bonne pioche : le Mondial se termine sur trois défaites mais la Premier League non, en plus on voit bien mieux en tribune de presse, et ça reste gratuit. Mais la télé ne remplace pas le terrain, surtout quand on peut faire les deux : Oman, c’est pas si loin.

On retient donc deux choses du futur sélectionneur. Un, il éconduit la presse régionale demandeuse à titre gracieux de ses avis d’expert avec la même élégance qu’il reçoit les insultes des journalistes camerounais.  Deux, l’homme d’affaires est altruiste : dès qu’il a pu, il a emmené Yves Colleu en voyage.

Gasquet : David contre golio

Ritchie peut souffler un grand coup : en quarts, il aurait pris Djokovic.

Emilie Loit, en parlant de Nadal et Berdych dans un micro, a aussi été toute surprise. Ca lui fait drôle de commenter du tennis, d’habitude elle faisait que les filles. D’habitude aussi, les Grand Chelem, elle n’en voyait pas le quart, même à la télé, Eurosport oblige. Mais c’est ainsi, TF1 a décidé que Canal et Forget s’étaient assez gavés et qu’il fallait bien profiter du tennis avant qu’il ne disparaisse en juin 2010, même si personne n’est sûr, à part notre spécialiste, que Federer ait totalement arrêté.  Mais ça fait drôle. Avant, Loth refusait de laisser filmer les filles à Roland, en tout cas tout habillées avec la caméra de Boullain. Cette année, Eurosport est unisexe, on passe des filles aux garçons, et ça perd tout le monde : Tsonga a l’air en forme juste parce qu’il le dit et que Bartoli a joué avant. Bartoli a l’air fit juste parce que le mec de « l’entretien d’Amélie » le dit. Et l’entretien d’Amélie qui le regarde ? Wilander et son JRI ?

Un neuf sur le plat

Et puis arrive Ritchie, perdu dans une arène trop grande pour lui, baptisée avantageusement court 2. Ca a commencé par Seppi, avant Golubev. Tout allait bien, et on lui a annoncé Tisparevic. Alors il lui a mis une taule, parce qu’il lui rappelait n’importe quel petit tennisman pas très bon de Vic-en-Bigorre qui hésitait entre le rugby et le diabète. Mais tout à coup, une meute de journalistes mal intentionnés lui apprend que Tipsarevic est 9e mondial et qu’il a fait un très bon match. Il ne se rappelle de rien, et pour cause : il n’a pas fait un très bon match, il a juste marqué quelques points entre les 33 fautes directes d’un nul qui joue au tennis avec des lunettes de soleil et qui n’est pas Clément. Aucun journaliste n’a relevé qu’un très grand match, ce n’est pas un match où on perd un break d’avance dans la troisième manche par négligence quand on mène 4-0.

David contre golgoth

Saisi par la peur, Ritchie a demandé à son entraîneur si en huitièmes de finale d’un Grand Chelem on risquait de rencontrer des bons joueurs, parce qu’à l’autre Open, celui du camping de Serignan, le tableau était encore abordable. La réponse a été Ferrer. Avant de fondre en larmes, Ritchie a repensé à tout ce qu’il avait réussi jusque-là, les blessures, les esquives devant les coups de raquette de son père, les Petits As, et bien sûr les salopes cocainoman. Alors il a enfin montré son caractère. « J’ai souvent fait des matches minables contre Ferrer. A chaque fois que j’ai perdu, j’ai fait beaucoup de fautes directes. Si je dis qu’il vaut mieux jouer Federer que Ferrer, je vais passer pour un malade mental. » Si peu. Il a donc fait deux fois moins de coups gagnants, trois fois de plus de fautes et ça a encore duré trois sets. Et puis sur une volée ratée il a dit que « c’est la dernière fois que je monte ». Ces enfants, on ne les voit pas grandir. En plus leur ambition n’a pas de limite : « je suis content, je n’ai pas eu mal au bras.»

Pendant ce temps-là, quand il a fini avec les voisins, et que son fils a fini de le faire chier pour faire de la télé Leconte a aussi son émission sur Eurosport, Avantage Leconte. « Ferrer-Gasquet, ça va être énorme ».

L’Edito : Les Gille de la tourette

Il s’est pourtant entraîné, la preuve :


Alors que nous nous étions résignés à un édito entièrement consacré au handball dont nous ne sommes pas prêts d’oublier les règles, le réveil fut brutal.

Ce n’est pas à cause du suicide de la femme de Luc Chatel puisque Jean-Marc Morandini n’avait pas négligé de laisser l’information en Une toute la journée avec la mention dernière minute au cas où nous l’aurions ratée. Rassurez-vous, il restait de la place pour vous faire une idée sur la réalité du viol qui pourrait avoir été commis dans le big brother brésilien. A moins que vous ne vous repassiez cette délicieuse séquence du Morandini zap : « Il vit sans bras et sans jambes. » Bref, l’actualité internationale avait largement de quoi combler l’indigence du menu sportif, entre le remplacement de Benzema à la 69ème minute sans avoir pu tirer les 10 penaltys de Cristiano et les sorties de Grange toutes plus originales les unes que les autres. Mais il ne semble pas encore en mesure d’égaler Marion Bertrand et son éternel sourire de l’ambition. Et soudain, les matinales radio ont entonné en boucle ce terrible refrain selon lequel il n’y aurait plus de Français à Melbourne. Le choc fut rude car mon cousin y était justement en vacances depuis une petite semaine. Un attentat ?

Didier Pinard

Mon cousin, c’était un tennisman binoclard d’un bon niveau mais son dos et ses diarrhées récurrentes ne lui avaient pas permis de franchir le cap que Gasquet avait traversé dès l’âge de 5 ans quand son père, aidé de jolies guirlandes électriques, lui avait donné l’idée d’être passionné de petites balles jaunes. Depuis, mon cousin se fait chier contre des nuls et prend des taules en se faisant chier, il a donc enfin rejoint son idole de toujours. C’est en voyant Tsonga déclarer qu’il allait remporter l’Open d’Australie et la presse toujours aussi connement complice, lui emboiter le pas, qu’il s’était décidé à repousser la construction de son garage pour faire le grand saut. Naïf était quand même ce cousin qui n’avait pas vu Nishikori dans la liste des engagés. Pearl Harbor c’était il y a près de 70 ans seulement.

Pendant ce temps-là l’équipe de France de handball continue de donner tort à Frédéric Beigbeder. Après l’amour dure au moins 4 ans, on finit par regretter d’avoir raté la Slovénie pour être allé voir sa daube même si on sourit régulièrement. Ça suffit pas.

Hatem Ben Arfa : « Sectaire à terre »

Hatem Ben Arfa, le visage caché derrière un masque vénitien, s’est longuement livré à nous dans le confessionnal d’une église anglicane de Newcastle.

Hatem, pourquoi ce masque et ce lieux de rendez-vous étrange ?
Je ne peux plus faire confiance à personne depuis que j’ai parlé à L’Equipe. Je sais qu’ils me surveillent.

Qui ça ?
Les disciples d’Abd al Malick, le mec qui a voulu m’endoctriner avant que je perce sa réalité au grand jour. J’ai tout compris la fois où il m’a présenté le Cheick. Des gros chèques, j’en avais déjà vu dans le bureau de Monsieur Aulas. Mais Monsieur Aulas, lui, ne m’avait jamais demandé de lui embrasser les pieds. Il préfère se faire masser les adducteurs.

Qu’est-ce qui vous permet d’assimiler le soufisme à une « secte » ?
Une fois, par exemple, on m’a emmené en avion dans un endroit où y’avait des Arabes partout. Un peu comme à Villeurbanne, mais en plus poussiéreux. Y’avait plein de gars qui portaient des robes, trop la honte, et les églises là-bas ont des haut-parleurs qui diffusent des slams super fort dans la rue. Tout le monde se met alors à genou, faut vraiment le voir pour le croire. Mais comme je l’ai dit, c’est quand on m’a présenté le grand Guy Roux de la secte que ça a fait tilt dans ma tête, comme au bowling.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous rapprocher de ces milieux sectaires ?
Gérard Houiller.

Avez-vous été tenté par d’autres courants que le soufisme ?
Vous savez, j’étais naïf et un peu perdu. De toute ma jeunesse, mon père ne m’a jamais dit « je t’aime » quand il me caressait. C’est difficile à assumer, alors je me suis réfugié dans tout un tas de choses. Après le soufisme, je me suis tourné vers la scientologie, mais je suis plutôt littéraire. J’ai alors essayé le spiritisme, l’individualisme, le culturisme et l’échangisme avec mon pote Bilal Yusuf Mohammed. Ca m’a d’ailleurs valu des ennuis.

Comment parvient-on à en sortir ?
On n’en sort jamais justement, ça me poursuit, même ici en Angleterre. Tenez, quand m’a pété le tibia, j’ai été envoyé dans une secte bizarre où tout le monde était habillé en blanc. C’a été les deux semaines les plus dures de ma vie : on mangeait tous les jours à 17 h 30 et y’avait même pas un écran plat dans ma chambre. Je préfère encore jouer au foot.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

La légende d’Oncle Benz : Kaka sur le trône

Nous avions laissé Oncle Benz  triomphant au lendemain d’une demi-finale de Ligue des Champions où il avait pu montrer son survêtement à la télé pendant 90 minutes mais aussi au surlendemain d’une conférence de presse où il avait proposé à Mourinho d’aller se faire enculer. A l’époque il était modeste, maintenant un peu moins.


Mourinho a mis longtemps à trouver les mots pour remercier Benzema d’avoir soutenu, d’un joli silence, sa croisade contre l’arbitrage. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, José connaît le refrain, il arrive même à annoner quelques mots de français quand Benzema a fini de répondre à Ianetta. Comme quoi tous les Portugais ont beau parler parfaitement la langue de Ben Arfa, il y a toujours un volontaire pour les faire passer pour des cons et cette fois c’était pas Chico, ni Kaka. Après avoir marqué en 2011 presque moins de buts que le meilleur joueur du monde d’Arsenal Van Persie, Benzema a fini par devenir incontournable. C’est sans doute pour fêter ça qu’il s’est offert contre Majorque ce week-end le luxe de tout rater, il s’en fout, avant il s’en foutait déjà mais désormais on le remercie pour ça, la preuve:

71ème minutes et 24 secondes de jeu, Majorque mène 1-0, Mourinho vient de tenter un coup de poker dont il a le secret, faire entrer une ancienne gloire de Bernabeu au visage un peu niais, Gonzalo Higuain. Avant, il aurait remplacé Benzema, surtout ce Benzema qui ne pèse pas. Mais le meilleur ami des Saint-Mauriens n’a pas envie de rejoindre la sélection nationale sans titre. Il a raison : Benzema contrôle, se retourne et perd le ballon pour Ozil qui sert Higuain. La suite c’est un tir contré qui finit au fond. Gonzalo doit s’y faire, ses buts somptueux appartiennent eux aussi à l’époque où Cristiano avait le droit d’exiger que Benzema ne débute pas. Il en est conscient à voir les 15 longues secondes qui suivent, où le réalisateur en plan serré accompagne Higuain dans sa course effrénée vers nulle part. Rarement but aura été aussi collectivement célébré. A la 44ème seconde de la même minute Higuain a la chance de croiser un compatriote sud-américain adulé en son temps sous un maillot plus coloré. Kaka peut remercier Leonardo ; s’il était parti au mercato, il n’aurait plus jamais pu avoir le privilège de taper dans les mains d’Higuain. A la 57ème seconde, un gros plan montre le même Higuain décidément très courageux en train d’haranguer. Ses coéquipiers sont dans son dos, à qui destine-t-il ses gestes ? Kaka jouait donc le match.

Speedy Gonzalo

83ème minute et 46 secondes, longue ouverture de Ramos vers Benzema qui ne saute pas et préfère un bel ascenceur non sanctionné. Ca tombe bien, Higuain ne demandait que ça pour s’offrir un doublé. Entre 2007 et 2011 en tout cas. Car en 2012, à la 52ème seconde, il commet à son tour une magnifique bousculade sur le dernier défenseur avant de tirer mollement sur le gardien qui ne demandait que ça pour ne pas encaisser un deuxième but d’un joueur aussi nul. Benzema n’a alors plus qu’à pousser la baballe mais le gardien est plus prompt. Alors Benzema un peu énervé nettoie sa chaussure sur le défenseur encore au sol, vous savez celui qui vient de prendre un taquet d’Higuain. Ensuite Callejon, comme d’habitude, la mettra au fond d’une reprise aussi difficile à réaliser que les conneries de ses deux modèles. C’est la superbe fête qui suit qui est intéressante. Callejon court, comme Higuain précédemment, mais lui a la chance de tomber sur la plupart de ses coéquipiers qui cette fois étaient restés sur le terrain, peut-être que Benzema était d’accord. Sans doute même, puisque Benzema en personne finira même par se joindre au groupe, accueillant même Kaka qui découvre enfin ce que ça fait d’être apprécié au bout de trois longues années. A la 15ème seconde de la 84ème minute, Benzema en a assez de sentir la proximité de Kaka et s’extrait de la mêlée. C’est cet instant que choisit Cristiano Ronaldo pour le remercier. De quoi ? Pour le remercier c’est tout puisqu’il n’y est pour rien sur le but. Peut-être aussi car il aimerait continuer à être titulaire. L’image suivante c’est Pepe, Callejon et Higuain qui tentent de déchiffrer un papier. Ca ne doit pas être l’alphabet donc on dira que c’est la facture d’Oncle Benz pour le plus mauvais match de sa saison.

Pendant ce temps-là, si personne n’a voulu de Kaka, Higuain joue apparemment aussi toujours au Real.

Bilan 2011, Djokovic-Nadal : Grip espagnol

Après Djokovic, c’est Nadal qui attaque la saison comme vainqueur de la Coupe Davis. Ca change vraiment quelque chose ? Forget aurait bien aimé.


L’Open d’Australie 2011 se présentait pourtant comme prévu. Nadal qui se blesse en quarts, Federer qui est toujours fini et Murray qui s’offre une finale à perdre. Personne n’avait vraiment prévu ce qui allait arriver à Djokovic. Comme en 2008, 2009 et 2010 il n’avait plus peur de Tsonga, mais ce n’était que le début. Un régime sans gluten prélevé à la seringue, trois titres en Grand Chelem et une fin de saison indoor tout ce qu’il y a de plus consciencieuse avec ses forfaits, cette Coupe Davis baclée, Jelena Ristic,ce Masters expédié et bien sûr 6-0 au troisième pour Nishikori. Le tout dans un anglais parfait sur le plateau cannois d’Ali Badou, où il était bien le seul à ne pas se pavaner avec la gonzesse d’un autre. Il est même allé jusqu’à faire passer Zimonjic à la télé française. Un numéro un mondial était né, et Federer l’a bien formé à respecter le jeu et les femmes, un peu moins ses petits camarades.

A la Serbe hier

« Je suis certain qu’Andy va tout donner et tient vraiment à gagner son premier titre du Grand Chelem », c’était avant la finale australienne. Pour préparer Roland-Garros, « Rafa, c’est le roi de la terre. OK, je l’ai battu deux fois en une semaine, mais il s’agit de deux tournois. » Puis est venue l’herbe et Wimbledon, et « le 6-1 que Rafa m’a mis dans ce 3e set était mérité mais j’avais commis beaucoup de fautes directes. C’était un peu de ma faute s’il était revenu dans le match. » L’US Open ? « Je sais que j’ai la qualité de jeu pour battre Rafa, je l’ai prouvé cette année sur trois surfaces différentes. »

Le péché d’orgueil aura été de croire que tous les Suisses s’appellent désormais Wawrinka, qu’on peut faire carrière comme Gérald Dahan avec 3 imitations dans son répertoire  et qu’aller s’entraîner à côté des compatriotes de Marc Rosset le matin d’une demi-finale à Roland Garros c’est leur faire honneur. Le record de Mc Enroe et le Grand Chelem sur une saison tient à rien : Papy Roger ne demandait pourtant plus qu’à gagner Bâle et améliorer ses records au Masters. Tant pis pour les autres, il a été obligé de remporter le match de la saison.

Pendant ce temps-là, Nadal fait un complexe Djoko. C’est à cause de ça qu’il a aussi perdu contre Davydenko, Ferrer, Tsonga, Dodig, Fish, Murray et Mayer. Pour la dépression, ça passe mieux que croiser Soderling à Roland.

Les Palmarès 2012 : les 10

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De la fin des années 80 à nos jours, il y a toujours eu des footballeurs meneurs de jeu. En 2008, ils étaient 5. Depuis, Henry, Xavi et Iniesta se sont fait piquer un ballon tout dur et tout jaune.

6. Ronaldinho Gaucho

Contrairement à Eric Carrière, le Brésilien aurait pu en faire une bien meilleure. Malheureusement, le PSG s’est dressé très tôt sur sa route, avec à sa tête Luis Fernandez. C’était bien avant son livre et le Reims-doigt. Anelka lui-même n’y avait pas résisté. Une Coupe du monde, c’était un bon début. Un transfert au Barça, pourquoi pas, et enfin la saison de rêve qui lui avait octroyé in extremis notre cinquième place aux dépens de Del Piero, plus constant, mais moins marquant. C’était en 2006, Giuly s’en souvient puisqu’il portait les bouteilles. Ronnie offre le championnat et la Ligue des Champions au Barça. Depuis, il se fait appeler Bronnie. On nous a signalé un retourné, quelques coups francs et un transfert à Milan, entre plusieurs bars à filles de joie. A 28 ans, Stéphane Dedebant n’était pas encore buraliste. « Encore deux bonnes années avec un Ballon d’Or et Messi sera loin devant« . Il en a 3, au revoir Bronnie.

5. Gheorghe Hagi

Stefan Babovic, comme Branko Boskovic en son temps, a bien été surnommé le Messi des Balkans il y a 3 ans, à son arrivée à Nantes. Messi n’est donc pas l’égal de Maradona, c’est pourquoi garder le surnom de Maradona des Carpathes après sa carrière, ça classe un joueur. Hagi a deux bonnes raisons de le conserver : son incroyable lob contre la Colombie pendant la Coupe du Monde 1994, et surtout le reste de sa Coupe du Monde, où il emmène la Roumanie en quarts de finale, avec le scalp de l’Argentine au passage. Et scalper Batistuta et ses cheveux dégueulasses c’est pas facile. Sans Belodedici, Hagi aurait même vu les demies. Sans photos, les enfants de Gheorghe Mihali et Tibor Selymes n’y auraient jamais cru.

4. Roberto Baggio

Le plus constant. En club, il s’impose partout : Fiorentina, Juventus, Milan, Bologne, Inter puis Brescia, même si ça ne compte pas. De 1988 à 1994, il marque plus de quinze buts par saison. Il ne peut envier à Djorkaeff que le titre mondial. Il a eu trois chances. En 1990, il ne manque que la demi-finale (remplaçant), celle où l’Italie est éliminée. En 1994, il emmène la Squadra en finale et manque son penalty comme un grand pour laisser le titre au Brésil. Et en 1998, il a été le seul de la compétition à pouvoir éliminer la France, en quarts de finale. L’Italie, c’était lui, et l’Italie a été maudite jusqu’en 2006.

3. Lionel Messi

S’il veut bien se donner la peine de jouer aussi l’été, il aura bientôt rejoint Zidane et Maradona. Mais Zinédine il marque en finale de toutes les Coupes du monde qu’il joue et Diego, c’est Diego. Sinon, il met les mêmes buts que Ben Arfa, marque autant que Cristiano et fait plus de passes décisives qu’Ozil. Pour un peu on ne remarquerait même pas qu’il a été entouré de Xavi, Iniesta, Eto’o et Henry pour tout gagner.

2. Zinedine Zidane

Qu’il soit resté une petite racaille jusqu’à son dernier souffle peut s’oublier : outre les titres nationaux que tous ses rivaux ont épinglé, il a gagné la Ligue des Champions en marquant un but, la Coupe du Monde en marquant deux buts, puis achevé sa carrière sur une nouvelle finale de Coupe du Monde, où il marque une panenka qu’il rate mais qu’il tente. Sans Buffon, il aurait quitté la scène sur un nouveau globe, un nouveau doublé et certainement la tête de notre classement. Peu importe, Cannavaro et les médecins de la Juve sont déjà très fiers de lui. N’oublions surtout pas les expulsions, grâce à des coups de boule dignes de Cantona, ni les insultes qui fondent désormais la légende de Rothen.

1. Diego Maradona

Le meilleur, capable de faire entrer Burruchaga dans la légende tout en se droguant. Tout Maradona résumé, Govou aurait aimé trouver la recette, lui aussi. Le talent ne s’improvise pas. Comme ce retour en 1994, assorti d’un but et d’une suspension pour usage de drogue, apparemment c’était un accident. Comme ce poste de sélectionneur alors qu’il était cliniquement mort il y a quatre ans. Il s’est imposé partout et a fait gagner toutes ses équipes : l’Argentine, Boca Juniors, Barcelone, pas vraiment, et enfin Naples. Sa fin de carrière n’a pas été glorieuse, mais tout le monde s’en fout. Personne n’a jamais réalisé plus que lui, ni été plus indispensable à une équipe que lui et en plus à son époque on défendait encore, même en Liga.

Et Stéphane Carnot ?

Bilan 2011, Andy Murray : Scotland hard

A force d’être un futur vainqueur de Grand Chelem de 20 ans, on devient un loser de 24 ans.

Déclarer forfait et prendre des vacances, il n’était pas obligé d’attendre novembre pour y penser. Il aurait aussi pu attendre décembre, il y a les finales de Coupe Davis et des interclubs. Mais Andy est comme les grands enfants : quand il ne veut plus, il ne veut plus. D’ailleurs il ne voulait plus gagner de demi-finale de Grand Chelem contre Nadal depuis l’US Open 2008. Ce n’est arrivé que trois fois cette saison, mais il est vrai que Nadal a fait la saison de sa vie. Et que serait une saison de numéro 4 mondial sans finale de Grand Chelem ? Comme d’habitude c’était en Australie, il faisait noir, il y avait plein de gens autour de lui pour le pointer du doigt en riant au moment où un vieux monsieur l’obligeait à porter une toute petite coupe de puceau. A chaque fois ça marche, maman a honte de son fils ecossais. Il pourrait promettre qu’il gagnera le Queen’s pour se faire pardonner, mais ça ne changerait rien.

Habillé en Asie

Andy a pourtant tout bien fait quand il le pouvait mais chaque année c’est la même chose : il devient invincible soit en mars-avril, la mauvaise saison aux Etats-Unis, soit en septembre et en octobre en Asie. Ainsi Bangkok, Tokyo et Shanghai se sont trouvés un nouveau maître. Bangkok en cherchait un depuis Federer en 2005. Tokyo n’a vu triompher le Suisse et Nadal qu’une seule fois. Et Shanghai est bien le Masters 1000 que tout le monde s’arrache puisqu’avant le doublé de Murray, c’est Davydenko qui avait gagné en 2009.

Qui se souviendra que Murray a quand même battu Nadal en finale en lui collant un 6-0 ? Désolé, personne ne regarde les 500 Series, même pas Ivan Lendl, il n’a pas Orange sport.

Dakar : perdus dans le dessert

Sportif polyvalent, Sébastien Deleigne se mesurera-t-il un jour au Sahel argentin ?

Souvent, le soir, entre deux tequila paf au coin du feu, Dominique Le Glou et Gérard Holtz se rappellent le temps où leurs vertèbres supportaient encore les tapis de sol, où Hubert Auriol ne connaissait même pas l’existence des Lanta-naï et des Korok et où Daniel Balavoine sortait des nouveaux singles chaque année.

Parfois, quand les rondelles de citron viennent à manquer, nos deux bronzés ont un peu de nostalgie pour toutes ces années pendant lesquelles ils ne savait pas trop avec quelle saloperie ils allaient bien pouvoir rentrer de leur expédition hivernale dans les bordels du Tiers-Monde.

Desprès ou de loin

Depuis qu’Al-Qaïda au Maghreb les a éloignés encore un peu plus de leurs femmes, le grand reportage du mois de janvier n’est pas plus risqué qu’une promenade dans les bois. Heureusement, la course, elle, n’a pas perdu son esprit d’origine, celui des vrais philanthropes simplement heureux de montrer leur voiture aux petits noirs quand il ne sont pas dessous.

Ce n’est pas parce que les concurrents ont aujourd’hui des toilettes et des douches escamotables à chaque bivouac, qu’ils dorment dans les couchettes de leur camion d’assistance ou qu’on leur enlève dix minutes quand ils se se sont plantés dans la boue que le Dakar est devenue une vaste machine Afrique.

Sur la corde raid

Non, comme la voile d’aujourd’hui, le rallye raid a su garder au fil des ans son esprit d’aventure et de débrouille. Seuls onze hélicoptères et soixante médecins urgentistes suivent la caravane. Pire, ils peuvent mettre jusqu’à 20 minutes pour intervenir en cas de problème. Une éternité dans le désert.

Nos courageux ont pour seules chances de survie un GPS, une balise de détresse et les systèmes Sentinel et Iritrack. C’est bien peu face à l’immensité du Sahara péruvien. Le Dakar continue d’ailleurs chaque année de faire des veuves en Europe et ce n’est pas demain la veille qu’on verra les organisateurs neutraliser une étape pour vingt centimètres de neige.

L’Edito : Henry salvateur

Le porte-drapeau doit-il avoir été médaillé ? Envoyez vous aussi vos plus passionnantes questions sur equipe.vestiaire@yahoo.fr


Il nous faudrait bien plus qu’un édito pour évoquer l’énorme coup de massue qui vient de frapper le Vestiaire. Alors que l’anonymat nous tendait les bras, que Nicolas Manaudou avait autre chose à faire que nous insulter, sans doute caressait-il son serpent, que Denis Rey astiquait sa spatule, c’est du fond des âges farouches que nous est revenu Sébastien Deleigne. Rarement une star aussi imposante ne s’était donnée la peine de nous répondre, à part Denis Rey bien-sûr. Vous retrouverez sa prose dans le champ commentaires, mais il mérite au nom du Code de la presse son droit de réponse publié en pleine Une, ouvrez les guillemets :

 » Avant d’écrire quoi que ce soit sur un athlètes et sa discipline il faut faire son boulot* car pour sur, même si c’est un peu tard (je tombe sur cet article que maintenant !), cet article ne vaut absolument rien, ni la plus petite médaille que j ai gagné dans ma carrière (celle qu’on donne à tous les participants même les plus nul, les derniers … ceux qui abandonnent !!! Ou alors désolé mais je n’ai pas les lettres d’un journaleu du dimanche
*Faire son boulot ce n’est pas s’intéresser aux différents classements des JO et en faire un topo ni s’arrêter à une épreuve lors d’une compétition (surtout pas dans notre sport) et s’intéresser en amont pour éviter ces grosses informations erronées et pleines de critique et de dénigrement.
S.D. »
Dont acte S.D. comme l’on dit.

At home Ben Arfa

La découverte tardive de google par les derniers pentathloniens modernes n’est pas sans nous rappeler quHatem Ben Arfa s’était mis aux lunettes pour découvrir Spinoza, apparemment ça a fini par lui réussir. Des défenseurs immobiles, ça n’est donc pas réservé qu’à l’Espagne. En revanche un ancien footballeur à melon reconverti en tiroir-caisse, on pensait cela réservé à la France et c’est l’Angleterre qui s’y colle. Déjà qu’ils avaient Chamakh, Gervinho, Mancini et toujours Wenger, rien ne leur sera épargné. Même pas de considérer Van Persie comme un messie quand le vrai Messi en est à 20 buts de plus sur la même saison. En même temps l’autre meilleur joueur du monde a bien un coéquipier qui en a mis encore plus.

Pendant ce temps-là, la France règne sur le tennis de début de saison, Santoro peut dormir tranquille sur son oreiller en soie.

Bilan 2011, Federer : Le trou de Bâle

Des coups gagnants, des services de rêve et les plans sur sa femme qui sait qu’il va gagner avant la nuit parce qu’il y a les petites à coucher : Federer a réussi sa meilleure saison. Mais une journée pas plus.


Le petit signe au public, la Rolex, le sac RF et le sourire de modeste qui promet une branlée : tout était réuni pour renaître en ce 2 juin, sur ce court où il avait fini sa carrière. Doigt tendu, pas sur la bouche de Murray cette fois, Federer a même été vraiment content de gagner, ce qui ne lui était pas arrivé depuis une bonne année. Il est vrai qu’il était assez agréable de rencontrer un invincible serbe aux portes d’un record de victoires, et profiter de son jour de gloire annoncé pour lui apprendre les volées, les coups droits long de ligne gagnants, les balles de set sauvées au premier set et les débreaks à 4-5 au quatrième, bref comment être invincible. Les passings de revers en demi-volée, en revanche, Djokovic ne saura pas les refaire : c’était juste pour se foutre un peu de la gueule d’un futur numéro un mondial. Contre les Français c’est devenu moins drôle, autant perdre, même quand c’est un ancien Mozart biterrois.

Se faire Djokovic comme ça, c’était gratuit et un peu pompeux, comme perdre contre Nadal deux jours après ou comme répondre en français à Pioline à la nuit tombée que « moi aussi j’ai des frissons et c’est même pas la finale », histoire de féliciter une fois de plus le Serbe pour son étincelant début de saison. C’était le soir à réussir un ace sur balle de match plutôt que perdre la balle de match puis le match. La saison de Federer venait de commencer et de finir. Il n’était pas à un exploit près : mener deux sets zéro contre Tsonga et Djokovic en Grand Chelem et laisser les trois suivants n’allaient pas tarder à venir. Il faut savoir se retirer à temps disait la femme à Chamou.

Doha, Bâle, Bercy, Masters : c’est le Grand Chelem.

La Légende 100% foot : Coueffé sur le poteau

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C’était il y a un siècle, Thierry Roland ne voulait plus quitter son salon et son pyjama, il n’y avait plus de journalistes en plateau, ni de maquillage sur son visage. Pépé avait été remplacé par Eric Di Meco, fraîchement diplômé de RMC. Vicash Dhorasoo l’avait ensuite rejoint et Julien Cazarre on ne savait pas trop qui c’était. Puis tout s’est arrêté sauf Thierry Roland. On est bien content car c’était devenu pas bien du tout. On dit merci qui ?

Mais que fallait-il faire ? Depuis l’arrivée de Thierry Roland sur ses antennes, M6 n’avait pas été aussi ennuyée. Son émission football phare, qui avait condamné Benoît Clerc et Estelle Desanges aux charmes de TMC, W9 ou NT1, n’éclairait plus grand monde. Il reste bien quelques pervers du dimanche sauvés un temps par Marie Inbona et ses inutiles questions des internautes, mais Clara Morgane, au moins, elle ne gardait pas sa culotte (photo).

Bernard Menès

Le pilier de l’émission fut un temps Pierre Menès. Vingt ans à L’Equipe lui avait offert  quelques relations et le droit de se la raconter. Hélas, sans Estelle, il n’était plus qu’un Pape du politiquement correct, ce qu’il était avant, mais cette fois sans contradiction. Sa maîtrise et sa compétence:  « Lyon a plié le championnat » ; « Non désolé je me suis un peu emballé » ; « Lyon a plié le championnat » ; « Non désolé je me suis un peu emballé«  faisait toujours trembler les puissants du  monde du ballon rond mais désormais sur Canal, où la connaissance du foot ne sera jamais une priorité. De là à conserver Gérard Houiller et son « David Beckham a toutes les qualités pour s’imposer à Paris » ?  Oui. Son remplaçant poste pour poste s’appellait Vincent Duluc c’était plus compétent, ça mangeait autant mais c’était moins subversif.

Mal Coueffé

Victime de son succès, 100% foot a donc poussé ses points forts si loin qu’Estelle Denis s’est barrée. Ibrahim Ba doit savoir pourquoi. Quand face à deux nibards et un peu de soie, Dominique Grimault fait un petit Caprice, ça nous rappelle son âge. C’était pendant l’Euro, la maîtresse du foot était de retour. Aussi stimulé par l’animatrice que Giuly en son temps, il a même établi un rapport entre les Carpates et le vol à l’étalage. Judicieux, argumenté, perspicace, c’est comme prénommer Gignac Pierre-Edouard dans TV Magazine.

En même temps, Sacco y tient aussi une chronique. A croire aujourd’hui que cette petite touche féminine manque à Papy Grim, pas sûr que la réciproque soit vraie. Porteur d’un blond très tendance, même si les lunettes de soleil sur un plateau, ça fait un peu too much. Avec ses chemises blanches trop ouvertes d’un bouton, voire de  quatre, les apprentis carré rose n’y trouvent vraiment plus leur compte, ils n’attendent même plus le début de Turbo pour zapper, un mouchoir à la main. Et puis lui aussi s’en est allé, un peu à Marseille pour l’argent, un peu sur France 3 pour le légendaire Cyril Viguier comme au bon temps de l’Esprit du sport où on pouvait gagner un peu plus d’argent que prévu grâce à une justice bien faite.

Quelle heure Estelle ?

Et puis, le départ de la maman de Merlin, n’a pas été résolu. Les séduisants successeurs « de Verdière » et « Coueffé » ont déployé des trésors d’ingéniosité. Le gagnant, c’est de Verdière. Stressé comme un élève de 1re S torse nu devant un STT en cours de sport, il n’en a pas moins le mérite d’exister. Ca ne l’a pas empêché non plus d’être viré. Depuis, de Verdière, traumatisé par son expérience, réapprend à vivre sur Paris Première. Il était même dans la salle Wagram pour les Gerard afin d’y déployer un sketch des moins drôles, aussi à l’aise qu’un ingénieur nucléaire à un dîner de Noël avec des chippendales.

Il tente désormais de bousculer Jacques Mailhot et Bernard Mabille lors de la fameuse revue de presse des Deux Anes, Malek Boutih leur rend parfois visite, ça lui fait une belle jambe. Jean Amadou en est mort. Coueffé a donc fini plus mal. A force de vouloir la jouer détendue, il ajoutait à son manque d’épaisseur une très belle touche de transparence. Personne ne se foutait de sa gueule, il n’était pas là. Elisabeth Loisel le demanderait en mariage au soir d’une défaite que personne ne serait choqué. Et puis il y avait Julien Cazarre. Qui ?

Bon débarras.

L’Edito : Spicy toy

Un JT sport pendant les vacances, c’est sans Pasquet, mais avec Dakar et NBA. Il était temps.



C’est le premier édito de l’année 2012 et comme tout grand de ce monde qui se respecte, le Vestiaire s’est fait racheter à prix d’or par des investisseurs malgaches. Pour faire original on ne vous annoncera pas la signature de Pierre Menès ou d‘Olivier Sauton, c’est pas qu’ils soient pas drôles mais… si en fait c’est ça. Sauf sur scène mais l’un des deux n’en fait pas encore. Désormais la ligne éditoriale est claire, retour à l’arrogance qui avait fait la signature et l’agaçante popularité du meilleur site de commentaire et d’analyse de l’actualité sportive et extrasportive puisque nous conserverons ces alléchantes allusions à la plastique de sportives qui ne gagnent pas toujours. Il y en aura pour tous les goûts puisque « Gourcuff nu » en mot-clé attirera les plus virils d’entre vous.

Le petit jeu des porno sticks

Il est donc temps de lancer le cinquième mois de janvier du Vestiaire sans même avoir publié les bilans tennis de l’année 2011, mais la saison reprend-elle vraiment quand Santoro gagne du pognon sur le court ? On pourrait dire la même chose de Gérard Jugnot qui écume les plateaux télé depuis 3 jours, Berléand n’est jamais loin. Que réservera 2012 à nos spécialistes ? Un triplé de Gonzalo Higuain contre Tenerife ? Le grand retour de Gourcuff à Evian ? La reconnaissance du talent de Rob Van Persie si fort qu’il a mis Chamakh sur le banc, ce que même Cavenaghi n’avait pas su faire ? Une qualification de Federer en demi-finale d’un Grand Chelem ? Un papier F1 sur le-vestiaire.net ? Daniel Bilalian chez les bobbys ? Teddy Tamgho à plus de 17m12 en finale ? Teddy Riner tabassant Jossinet à coups de pointes pour qu’elle s’arrête enfin ? Ah non ça c’est l’autre Teddy, décidément.

Pendant ce temps-là c’est de la merde L’Equipe alors ?

PSG, Ancelotti : Avaler son Kaka

Aston Villa et Tottenham ne donneront pas suite, Carlo Ancelotti est donc le bienvenu à Paris.


Joël Muller a encore passé de mauvaises Fêtes. Après tant d’années à lutter contre ses propres limogeages, le président du syndicat des additionneurs d’indemnités va avoir du mal à encaisser pas mal de choses et pas que la physionomie de ses dents dans une glace, le souvenir de la coiffure de Kastendeuch, le transfert de Lukic, la façon d’épeler Serredzum ou le QI de Pirès. Ancelotti vaut sept millions par an, Kombouaré en prend quatre d’un coup. Et encore, il découvre qu’un casque d’or ça vaut rien par rapport au pétrole. L’amusant dans cette histoire n’est pas ce que le PSG était mais ce qu’il va devenir. Rien de tel qu’une conférence de presse d’intronisation, en direct sur L’Equipe TV, I-Télé et Infosport, pour parler de Beckham, Malouda, Drogba et de tous ceux qui veulent trouver un refuge pour l’hiver. Manchester City passera peut-être la phase de poules de C1 la saison prochaine, qui sait.

Deux qui la Tiene

Deux Ligues des Champions, des foules d’anecdotes avec Abramovitch, Berlusconi et leurs amies, et surtout la gueule de Guus Hiddink : voilà donc ce qui manquait au PSG pour changer de monde. Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Tiene doit partir à la CAN, il y a des périodes comme ça où tout s’emboîte parfaitement. Menez met même des lunettes pour faire des phrases.

Hiddink, ou peu importe son véritable nom, a plus urgent que de badigeonner ses Nene de Kaka. Il va falloir faire comprendre à ses joueurs que le travail de Kombouaré était à chier et que s’ils gagnaient des matches, le Kanak n’y était pour rien, c’est juste parce que Saint-Etienne est vraiment maladroit. Mais les questions demeurent nombreuses pour le nouveau boss. Locminé est-elle une équipe de Ligue 1 ? Comment faire accepter à Chantôme, qui voit bien ce que Sissoko et Matuidi font subir aux ballons, que ce n’est pas lui le meilleur parce qu’il a été formé au club ? Ancelotti acceptera-t-il lui-même que Pastore soit la star de l’équipe alors que quand il entraînait en Italie il ne se rappelait jamais du nom de cette équipe de merde qui jouait en rose ? Il le faudra. Car d’autres suivront, tous plus Pato les uns que les autres. Le PSG a des maillots à vendre et des Ligue 1 à gagner, Sirigu fera le reste.

Après tout l’OM a toujours Pelé, enfin le fils de Pelé, enfin le fils d’Abedi Ayew, Andre Ayew quoi.

Daegu 2011 : Dernier Tamgho à Paris

2008, 2009, 2010, 2011. Une médaille de bronze européenne et même pas en free fight. Bandeau l’artiste !

« Je vais essayer de poser des bombes aux moments importants. » Janvier 2011 n’est pas encore terminé que Teddy Tamgho menace déjà. Deux fois 17,92m la même journée, il a tenu parole. Plutôt que de les réserver pour juillet ou août comme les champions, il a choisi l’hiver, une salle, avec comme seuls rivaux Compaoré et des Italiens. L’exploit, un tour d’honneur en marchant, sans sourire et en toisant la foule comme un grand champion repu de titres. Les Jeux Olympiques d’Eaubonne, de Bondoufle, d’Aubiere et de Sotteville-les-Rouen lui ont déjà souri. Mais il ne faut pas réduire Teddy à son bandeau de travers, à ses chaussettes relevées, à ses bastons avec des meufs, à ses vies de ma mère sur le sautoir, aux dunks, au rap, à ces putains de Harlem globe trotters, ou à cette médaille de bronze aux Jeux Olympique d’Europe de Barcelone 2010, à deux rangs près c’était lui l’Euro Star. Daeguté ! Mieux vaut-il avoir du talent quand ça ne compte pas ou ne pas avoir de talent du tout ? Finalement le seul truc qui n’a jamais déclaré forfait chez lui c’est sa grande gueule.

Edwards aux mains d’or

Tamgho a déjà 23 ans quasi 24, déjà 4 voire 5 de plus que l’année de son titre mondial junior, en 2008. Il avait explosé son record le bon jour, avec 17,33m. Le bon jour, c’est vite dit : trois jours plus tôt ça aurait valu Pékin. Tant pis, il verra d’autres JO, ceux de New York et Doha qui permettent de dépasser 17,80m en toute confidentialité. Entre temps, il y a eu sa première grosse compétition en 2009, des vrais Mondiaux du mois d’août, enfin. La troisième place n’est qu’à 17,36m et la deuxième à 17,55m. Teddy claque successivement 17,37m puis 17,58m mais en février. Il terminera donc onzième avec 16,79m. Avec la petite douleur au mollet qui va bien. Il y a aussi eu l’hiver 2010, le premier record du monde dans le réconfort d’une salle qatarie, titre mondial à la clé. Comme Pierre Camara. Et presque en direct sur Direct8, Christophe Pacaud au commentaire.