Premier League : Owen heure grave

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La légende le fait passer pour l’un des dix meilleurs buteurs de ces vingt dernières années et pourtant, les mauvaises langues racontent que c’est le plus grand échec de l’Histoire du foot, toutes époques confondues. Ferguson en personne n’a pas tranché et espère un miracle. Ça ne coûte rien d’essayer, d’ailleurs, ça ne lui a rien coûté. Et pour une fois, aucun risque de surévaluation. Hasard ou coïncidence ? Enquête.

C’est un peu comme si Benzema était resté à Lyon jusqu’en 2012. Owen aura attendu 24 ans bien tapés pour s’essayer à un autre club. La progression n’attend pas. Durant sept saisons, il réalise le même championnat, le même nombre de buts et le jury France Football trouva même le moyen de lui filer le Ballon d’Or. Une récompense méritée : contrairement à Oliver Kahn, qui n’est pas de loin le meilleur gardien du monde, il n’est pas champion dans son pays, ni vainqueur de la Ligue des Champions et évidemment pas meilleur buteur de Premier League. Ce coup de génie le propulse dans la légende. Donetsk, Saint-Pétersbourg, Séville, Valence, Porto ou Rotterdam connaissent la valeur d’une Coupe UEFA, moins celle d’une Cup.

Mais pour lui, tout a commencé un peu plus tôt, à 18 buts. Le nombre de réalisations record qui lui permettra par deux fois d’être sacré meilleur buteur et n’allez pas dire que c’est la faute aux blessures de Shearer, triple tenant du titre, il jouait en 1998. La faiblesse du total n’est d’ailleurs qu’anecdotique et ne dit rien du niveau global des cannoniers de l’Albion. Il ne fallait remonter qu’à 1902 pour retrouver un équivalent, il s’appelait Jimmy Settle. Par la suite, seul un autre Jimmy, le redoutable Hasselbaink, remplaçant du remplaçant chez les Oranje, fera aussi mal aux défenses anglaises. Anelka fera même mieux.

Owen will soon

Etre meilleur buteur anglais, ça ouvre des portes, surtout dans un pays où le poste est ultra concurrentiel. Nos lecteurs geeks seront sans doute capable de citer des attaquants autres que Shearer, notre spécialiste football a plus de mal puisque Darius Vassell ne jouait pas en 1998, ni après d’ailleurs, même si Huckerby a connu la fierté de l’équipe nationale B. Dire qu’il y avait Sheringham et 16 buts en deux saisons ne serait pas loyal, et ne ferait qu’appuyer sur les critères drastiques d’entrée en selection et dans la considération des observateurs. Heureusement, derrière, c’est meilleur, et c’est ainsi que dans cette atmosphère hostile à 18 ans et demi, le jeune Michael a la chance et le talent d’avoir à ses côtés une équipe capable d’affronter l’Argentine et surtout de sortir des qualifs malgré la Roumanie. Deux ans plus tard, à l’Euro, la chance aura tourné, la Roumanie n’est plus seule.

La carrière d’Owen est finie, la saison d’après le panthéon du football accueille sa petite merveille. Son palmarès ferait rougir Nicolas Anelka, son nombre de buts Djibrill Cissé. Le détail est important : pour gagner un Ballon d’Or, lorsque l’on est buteur, il ne faut jamais être le meilleur. Durant ses cinq dernières saisons en Angleterre, il ne sera donc dépassé que cinq fois par Thierry Henry.

Owen clive

Un mal pour un bien, le Real, en pleine phase romantique, a un coup de foudre : Ronaldo, Zidane, Figo, Raul, et pourquoi pas Owen ? Très bien conseillé, fan du Papin de Milan, il accepte le challenge. Il a doublement raison, les Merengue ne sont pas en plein déclin, lui non plus, il lui faut juste démontrer son niveau. Un an et 13 buts plus tard, il a confirmé, mais les nouveaux Pelé sont là : Julio Baptista et Robinho. Madrid tient là deux fers de lance de sa nouvelle génération dorée de huitièmes de finalistes de C1. La lumière d’Anfield se fait plus attirante mais le niveau est une nouvelle fois un peu trop haut : Crouch, Fowler, Luis Garcia, Morientes, Cissé, Sinama Pongolle ça vous casse une envie de redevenir Ballon d’Or. Mais quand on est un des cinq meilleurs attaquants au monde, on ne reste pas longtemps sans rejoindre les gros : Newcastle lui tend les bras et un gros chèque. Le talent ne s’achète pas.