Torres : You’ll never score alone

Si Sergi Rodriguez était vraiment socio du Barça, il se poserait une question : avoir battu l’invincible Barca de Ronaldinho en 2005 garde-t-il autant de valeur quand on découvre que Ronaldinho termine danseur de Flamengo ?

Quinze minutes d’éternité, même en prolongation. Sans prendre en considération la sensation d’être le cocu de Fernando Llorente, le quart d’heure de champion du monde de la carrière de Fernando Torres doit beaucoup à Villa. Amusant, un attaquant qui rate des occasions en finale de Mondial est finalement aligné d’entrée parce que lui au moins il s’en créé.

Par le passé, Torres aussi avait éprouvé cette toute puissance. C’était à l’Atletico, à une époque où le football européen existait encore, quand Giggs, déjà trentenaire, n’imaginait pas survoler la Ligue des Champions et faire trois passes décisives en quarts après avoir été mangé par Fanni en huitièmes. Ainsi Torres marquait des buts pour une noble cause : se qualifier en Europa League, même quand la Real Sociedad de Denoueix allait en C1.

RonaldNino

Mais pour grandir, il faut viser haut, ou en tout cas un peu plus haut. Le transfert à Liverpool sonne comme une évidence, un an après un Mondial 2006 moins raté que le suivant. Gerrard, qui ne digère toujours pas d’avoir gagné la Ligue des Champions avec Cissé, veut un grand attaquant pour gagner la Premier League. 4e, 2e puis 7e, l’avenir donnera raison à tout le monde. Même à Drogba, qui non content d’inscrire onze buts de plus que Torres la saison dernière, lui cèdera sa place six mois plus tard.

Sens du but, jeu en pivot, appels : un attaquant paraissait plus vieux que les autres hier à Old Trafford et Owen ne peut pas toujours jouer ce rôle-là. Torres reste quand même vice-meilleur buteur de Premier League 2008 en titre, en compagnie d’Adebayor. Il lui est même arrivé de flamber à Old Trafford et d’y gagner 4-1, ça a permis de ne finir qu’à quatre points du champion. Liverpool n’oubliera pas à qui il doit son seul titre depuis 2007, la Liverpool Senior Cup 2009. L’Atletico se console plutôt bien avec Aguëro.

Leonardo dégage : Leo messie

Quand Leonardo débarque à Paris en 1996, il a trois avantages sur Rai. Un, il n’est pas Rai. Deux, il réussit sa première saison. Trois, son frère ne portait pas barbe et moustache quand Maradona jouait encore. Et quatre, il peut se faire un Kanak à mains nues. 

Leonardo était l’archétype du meneur de jeu moderne : ni très rapide, ni très décisif, ni très technique, il jouait même latéral dans l’équipe de Romario. Ce n’est pas un problème, il est gaucher et surtout élégant. Elégant comme un voyou tabassant un Américain en pleine Coupe du monde. Lors de sa première journée sous le maillot de Toko et Dely Valdes, il marque mais est remplacé par Allou, le destin est parfois rieur. La D1 est quand même son jardin, il en mettra six de plus jusqu’en octobre, zéro de plus jusqu’en mai. Mais il ressemble à Laurent Fournier, ce qui permet de croire que parfois il est bon. Heureusement, Leonardo était gaucher et élégant. Il avait déjà cette belle gueule de directeur sportif qatari. Déjà, le costard lui va mieux que le maillot du PSG, même s’il y a Opel marqué dessus à l’époque où il n’en a que 14 dans son garage. Le goût prononcé pour les vêtements qatari viendra un an plus tard et cette fois il y aura Porsche marqué dessus.

Un an, ce n’est pas neuf mois, sinon le PSG aurait battu Barcelone en finale de Coupe des coupes et Leonardo aurait égalisé sur cette frappe à 10 mètres du but vide. L’histoire a préféré laisser Ronaldo marquer un penalty, sans un regard pour celui qui fut aussi champion du monde 1994 et qui en plus était titulaire, lui. C’était la belle époque, celle où il mettait des coups de coude dans la gueule et signait au Japon.

Le foie gras de Qatar

Il prendra sa revanche l’été suivant contre le Steaua Bucarest. Ce soir-là, Leonardo est tellement partout qu’il est déjà à Milan. Une raison suffisante pour sortir le seul vrai bon match de sa carrière. Le Milan AC ne s’y est pas trompé : un titre de champion en cinq ans plus un futur entraîneur au style offensif. Manchester en prend deux en huitièmes de C1 et ne doit son salut qu’à ses sept buts inscrits. L’Inter y gagnera aussi un successeur de Benitez, porté vers l’offensive. Schalke en prend deux en quarts de C1 et tremble jusqu’à son septième but.

Devinez qui jouait milieu gauche en jaune le 12 juillet 1998 ?  Un type suffisamment élégant pour déboiter un homme en jaune au nom de dictateur dans un couloir. Si ça se trouve il l’a confondu avec Mazinho. Là on aurait compris qu’il le défonce.

Euro Espoirs : A few years Thiago

Il est le fils de Mazinho. Mais qui se souvient de Mazinho à part le fondateur du Vestiaire ?

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Vous avez été très nombreux à ne pas nous demander si Thiago Alcantara était le nouveau Xavi ou un truc dans le genre. Il était donc urgent de trouver la réponse.

Pour répondre à l’interrogation inquiète que notre rédacteur en chef « presse espagnole » n’a pas manqué de poser, une simple vidéo suffit. Elle est en accès simple sur Internet, elle s’intitule « Thiago Alcantara, the new xavi, skills and goals ». Première indication, elle dure 3 minutes 24 avec les ralentis et c’est largement suffisant. A la décharge de l’auteur, qui ne le savait peut-être pas, Xavi n’est pas réputé pour ses buts, on ne peut pas donc reprocher à Thiago de n’en avoir inscrit que 11. On peut quand même y voir qu’il n’est pas un mauvais joueur. Les passes aveugles, des roulettes, les frappes en lucarne dans un match d’avant-saison, bref tout ce qui fait de vous un meilleur buteur et un MVP de l’Audi Cup 2011 : il a ça en lui.

Il maîtrise aussi les crochets intérieur et extérieur, les louches, les petites passes du revers du pied, mais un peu moins les 26 minutes de demi-finale retour de Ligue des Champions pour l’instant. C’est Xavi et Iniesta avec un but un peu différent que faire gagner leur équipe :  marquer, faire le show ou à défaut dribbler. Outre la trentaine de matchs, les 3 ou 4 buts et les 5 ou 6 passes décisives qu’il offre aux yeux du monde depuis trois saisons, il a tout de même une vraie utilité : montrer à Fabregas ce qu’aurait été sa vie s’il était resté dans son club formateur. On ne peut pas jurer que partir écouter Wenger a été un bon choix mais ça lui a quand même permis de revenir pour faire la connaissance du nouveau Xavi. Sur le banc, on a le temps de papoter. Ils ne vont quand même pas observer comment Xavi joue : ce nul, il avait fini que 3e à l’Euro espoirs 2000.

Xavi Herr Nandez

Cela lui arrive souvent même avec les inconnus : la presse espagnole est en émoi, ou en panique, ou en plein délire, c’est selon. Comment retenir Thiago Alcantara sachant que Manchester et le Bayern se l’arrachent et que Barcelone projette de continuer à ne pas le faire jouer ? Et merde, il a quand même 3 sélections. Guardiola l’avait fait démarrer en pro en 2009, et depuis, le Barça le protège deux fois sur trois de l’insoutenable attente qu’il porte sur ses épaules dès qu’il est titulaire. Sans doute un coup de Xavi et d’Iniesta, prêts à tout pour ne pas laisser leur place. Pas sympa. Et dire qu’eux à 20 ans ils jouaient 50 matchs par an, les ingrats.

Alors peut-on vivre un soir de gloire, être sacré champion d’Europe Espoirs 2013 et ne pas faire carrière ? La question est vicieuse, mais pas encore assez : peut-on vivre deux soirs de gloire, être double champion d’Europe Espoirs 2011 et 2013, deux fois titulaire en finale, et vouloir quitter Barcelone parce qu’on n’y joue pas ? Et puisque les éditorialistes espagnols se sont tous levés ce matin en découvrant horrifiés que Barcelone n’avait mis qu’une clause de 18 millions sur son phénomène, il faut être encore un peu plus vicieux : peut-être avoir gagné l’Euro U17 2008 et les Euros espoirs 2011 et 2013 en marquant à chaque fois, sans oublier cette finale de l’Euro U19 2010, et s’entendre dire que 22 ans c’est le bel âge pour cirer les crampons de Xavi ?

Pendant ce temps-là le Real est sur Isco . Et Thiago il sent le paté ?

Arsenal, Wenger : Le dernier vol d’Arsène Rupin

Peut-on sérieusement ne rien gagner pendant dix ans, se prendre des volées régulières par ses principaux concurrents et faire croire à tout le monde que l’on est un grand entraîneur? De moins en moins. Retrouvez toutes les autres gentillesses que l’on vous a contées ici. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.


Le profil Wikipedia d’Arsène Wenger est formel : « Considéré comme l’un des grands entraîneurs de son temps. » Arsène est persuadé qu’on trouve tout et n’importe quoi sur Internet, il a tout fait pour le prouver.

Bouffé par la modestie et un brin d’antipathie, son amour des livres siglées sterling le conduira à tous les sacrifices. Capable de dîner avec Charles Villeneuve, directeur des sports de TF1, rue François Ier un jour, puis de pointer le bout de son minois désintéressé à Angers pour les 90 ans d’un club dont il ignore probablement l’existence, le lendemain. Toujours avec Villeneuve, ancien président du PSG, bien sûr.

Mais il ne faut pas s’arrêter à de vulgaires détails matériels, car Arsène a su rester simple et accessible, se prêtant gentiment à toutes les interviews : « La presse locale ? Non, plus tard. » Plus tard signifie jamais, car Arsène est occupé, tellement à l’aise sous tous les domes sauf celui de l’Emirates apparemment.

Ian Wright or wrong

Mais Wenger, ce n’est pas qu’un bandit manchot programmé pour gagner à chaque coup, c’est aussi un manager à l’anglaise qui sait perdre. Une grosse liasse de papier de marque  pound et les pleins pouvoirs lui suffiront largement, surnommé au hasard sans doute « consultant de luxe« . Le luxe c’est pouvoir passer quinze ans à glaner tous les titres majeurs possibles : trois fois champion d’Angleterre, trois fois champion d’Angleterre et surtout trois fois champion d’Angleterre. Un homme, mais aussi un formateur de talent. Capable de monter avec juste un canif et 150 millions d’euros de remarquables équipes de jeunes pour gagner la Champion’s League. Ça prend du temps, alors pourquoi ne pas le prendre.

Un entraîneur peut aussi se juger sur sa capacité à inverser le cours des grands matches. Mais les finales sont-elles des grands matches ? Il se posera la question pendant 120 minutes face à Galatasaray en 2000, et pendant 75 minutes face à Barcelone six ans plus tard.  Un but en deux finales, l’aboutissement du jeu offensif prôné par le trader d’Highbury, qui n’hésite pas à mettre le paquet sur des stars mondiales.

Wreh ou faux

Pour 13 millions Andreï Archavine, Ballon d’or après l’Euro 2008 ou plutôt avant les demies, pour 3,5 millions Robin Van Persie qu’on vous a déjà présenté, et Park, l’homonyme d’un joueur de Manchester, c’est déjà pas si mal. Son chouchou reste Fabregas, ça coûte rien à former et ça peut t’emmener à Barcelone plusieurs fois par an faire du shopping. Ou à Madrid puisqu’il a déjà remplacé Shuster, Ramos, Queiroz, Capello, Del Bosque Pellegrini et Mourinho. Place à Ancelotti désormais, puisque Deschamps n’est pas dispo avant au moins 1 an et qu’il y a pas mal de pognon à la clé. La rançon du talent sans doute.

Peut-être aussi la consécration de l’obstination du gentleman cambrioleur à lancer ou relancer des joueurs perdus pour le haut niveau. Ljunberg, Adebayor, Gilberto Silva, Rosicky, Nasri,Van Persie et Chamakh lui disent merci. Mais de quoi ? Koscielny ne lui dit rien. Cette année, comme en 97, 98, 99, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010 et 2011, 2012 et 2013,  il y croit plus que jamais. Après tout, Ferguson n’a obtenu que 15 titres en vingt ans.

On dit aussi qu’il a perdu le truc pour dénicher les nouveaux talents. Mais si Vieira, Henry et Pires n’avaient jamais existé, il aurait perdu un autre truc un peu avant : son poste.

Milan-Tottenham : Ibra est mauvais voire tout pourri

Tottenham, ce n’était pas seulement Crouch et Pienaar devant. C’était aussi Gareth Bale sur le banc et Gallas derrière. Que pouvait bien faire Ibra ?

4 buts en 652 minutes. Soit 1 toutes les 163 minutes. Pour la huitième année consécutive, Ibrahimovic a réussi sa campagne de Ligue des champions. 4 buts, comme l’année dernière, il n’avait alors joué que 10 matches et offert une élimination en demi-finale à son club qui sortait d’une finale. Ibra est donc bien la nouvelle star de San Siro, comme il était celle du Camp Nou et de Giuseppe Meazza. Mais la vraie coqueluche, c’est encore et toujours son palmarès, sûrement une mauvaise coïncidence.

Ses stats parlent d’elles-mêmes. Deux fois 13 buts à l’Ajax : le championnat de Hollande s’est singulièrement renforcé depuis l’époque où Romario et Ronaldo refusaient de marquer moins de buts que de matches joués. 23 à la Juve, premier bon total malheureusement une saison ne se joue pas sur deux ans. La relégation contraint la Vielle Dame à ne plus l’entretenir. Trop gros salaire ou niveau trop juste pour la Série B, l’Histoire ne le dit pas, ça évite les ambiguités.

Zlatan y va pas marquer

Par contre, ce qu’elle dit ensuite, c’est l’Inter avec 15, 17 et 25 lors des trois saisons suivantes, assorties de trois titres de champion et autant de phases de poules de Ligue des champions. En 2011, l’Italie n’est pas tout à fait la Ligue 2 de l’Europe mais il n’en est pourtant pas tout à fait le meilleur buteur. Ce n’est pas comme si son club était premier. La C1, Ibra se l’est toujours refusée, poussant même son abnégation jusqu’à limiter son nombre de buts :  24 en 81 matches. Un tout petit peu plus quand même que les deux superstars madrilènes : l’une et ses 18 buts en 30 matches et l’autre et ses 4 buts en 25 matches. Excusez du peu.  Mais quel beau joueur quand même.

Lyon-Madrid : L’Adebayor d’entre nous

Les journalistes de la rubrique « Le Vestiaire l’avait dit » ont eu du travail hier soir.

Florentino Perez pouvait bien lever les bras : si ses remplaçants se mettent à valoir 60 millions, la crise est derrière.

Benzema remplaçant-buteur : Mourinho serait-il un génie d’une autre galaxie ? Il fallait y penser : un attaquant de niveau exceptionnel en remplace un autre très moyen et surtout très transparent. Il prend une ovation, il récupère un ballon, il fait un une-deux avec Ronaldo et ensuite il devient Ronaldo, l’autre. Iannetta, au comble de l’euphorie, n’a pas ménagé Margotton : « Ça a duré 46 secondes. » On appelle ça un coaching gagnant.

S’il avait évité de faire débuter Adebayor, Mourinho signait le sans-faute puisque Benzema a répondu « Ça va le faire » à Jacquet après le match. Tout ne peut pas être parfait, sinon Gourcuff, au-delà d’être « à un haut niveau ce soir » pour l’ensemble de la rédaction de Canal, serait vif, décisif, constant et pas éliminé par Özil sur le but madrilène. C’est beaucoup demander.

Toujours Bron à prendre

Benzema, en 46 secondes donc, a plongé le spécialiste foot du Vestiaire dans un état contemplatif. Le même que la lecture de Marca ce matin annonçant que le ratio de Benzema en Ligue des champions cette année est le meilleur de tous, ce qui était déjà le cas hier matin mais Mourinho ne lit que L’Equipe. « Rey de Europa », traduisez « Ce n’est pas Adebayor qui sera Ballon d’or », illustre plutôt bien ce qui s’est passé hier soir à Gerland. Le cahier des charges de la Ligue des champions n’est pas si drastique, c’était un duel Adebayor-Gomis, 0-0 à la pause évidemment. Bastos ne jouait pas et Ronaldo n’est entré qu’à la mi-temps. Et Benzema un peu plus tard.

Mais le Real reste le Real, Mourinho ou pas. Pepe-Ramos-Arbeloa restent Pepe-Ramos-Arbeloa, Carvalho ou pas. Gomis a donc droit à second ballon, seul dans les seize mètres cinquante. Il ne peut pas tous les rater.

Pendant ce temps-là, Puel est plein d’espoir avant le retour à Bernabeu. Si d’ici là toutes les équipes de Liga veulent bien ne pas défendre et laisser plein d’espaces pour se faire contrer, Khedira et Di Maria seront encore surpris.

Lyon-Madrid : Le Real peut-il mettre sept buts à Gerland ?

Zidane a supervisé l’OL. Voici pourquoi, cette fois, ça pourrait ne pas suffire.

Parce que Kallström-Toulalan au milieu, Briand à droite et Lovren derrière

Cris peut-il encore se souvenir qu’il n’a jamais perdu contre le Real ? A un âge avancé, la mémoire peut jouer des tours. Même jusqu’à douter qu’Adebayor a bien été formé à Metz. Là n’est pas le propos : il s’agit d’abord de savoir si Lyon est condamné à souffrir contre l’Hapoël Tel-Aviv à Gerland avec son équipe-type, qui ne défend pas quand elle ne pense qu’à attaquer. Peu importe, Lyon a battu le Real de Zidane en 2005 avec Diarra et Juninho, sur les conseils de Monaco.

Parce que bon Pied, mon oeil

Lyon va beaucoup mieux depuis qu’il a perdu à Valenciennes, il n’y a pas si longtemps, dans un match rappelant étrangement sa défaite à Lorient. Mettre un peu de mouvement et avoir au moins un joueur dans un bon soir est une équation pas si simple à résoudre, même si Lloris aime beaucoup son travail. Lyon monte en puissance : Gourcuff a réussi une belle volée le week-end dernier. Pied et Briand se sont aussi bien amusés, même Nancy n’a pu résister à la machine lyonnaise. Getafe n’est pas si fort, mais de toute façon le Real n’a aucune chance. Même en 2005, au retour, leur belle défense n’avait rien pu faire face à la talonnade de Carew.

Parce que les stats sont des stats

Lyon a l’expérience européenne et a été plus de fois en quarts que le Real depuis six ans. Ça ne veut pas dire que le Real avait soit une équipe de merde, soit une défense de merde depuis six ans. Pour ça, il faudrait que même Beckham ait été essayé en milieu défensif parce que depuis Makélélé il n’y a eu personne. De toute façon, le Real n’a pas battu Lyon en 2006  qui a même mené 2-0 à Bernabeu face au Real de Cannavaro.

Parce que sans Pellegrini

Le Lyon de Puel ne se rate jamais et corrige les merdes de Lovren ou Boumsong quand il n’est pas favori. Cette fois, il est favori et Mourinho serait bête de ne pas rappeler à qui incombe la charge du jeu, comme le Bayern du grand Olic en demi la saison dernière. Aujourd’hui, Lyon a Gourcuff, Bastos et Gomis, avant c’était Juninho, Essien, Malouda et Benzema. Ça change quoi, Lyon a battu le Real de Pellegrini à l’aller et fait nul face à celui de Higuain au retour la saison passée.

A part ça, rien n’a changé ou presque.

Questions interdites : Nasri a-t-il un Gourcuff dans chaque doigt de pied ?

Alors même que le Partizan Belgrade est encore tout étourdi d’être tombé sur Nasri, Le Vestiaire ose le comparatif à faire pâlir un requin Blanc.

On leur demande d’être décisifs. Des passes, pourquoi pas, des buts, c’est un minimum. Depuis le début de saison, Nasri brille à quasiment tous les matches : soit il marque, soit il fait marquer. En plus, il  a un truc bien à lui : il joue bien. Gourcuff a un léger passage à vide depuis un an et demi, mais ça va sûrement revenir un jour ou l’autre. A moins que.

Jusqu’ici, Gourcuff et Nasri ont tous les deux joué dans des grands clubs, européens et français, même si jouer est un bien grand mot pour le Milanais. Nasri n’a rien gagné, ni rien fait gagner depuis qu’il a signé son premier contrat pro, ça devrait continuer cette année grâce à Wenger, mais aussi à la charnière Koscielny-Squillaci. Gourcuff a déjà remporté le championnat et en plus c’est un peu grâce à lui. Il est donc en avance. Côté grand match, ni l’un ni l’autre n’ont jamais existé, que ça soit contre le Barça pour Nasri, ou contre n’importe qui pour Gourcuff. L’ouverture du score à Munich ne compte pas, le futur finaliste de la C1 était encore à la lutte avec la Juve de Jean-Claude Blanc. Mais Nasri n’est pas tant en avance puisque Manchester est si fort.

Yoann est pire que lui

En équipe de France, Gourcuff a déjà fait un bon match, c’était en 2008. Même combat pour Nasri, c’était en Angleterre. Impact sur le jeu, facilité de passes, précision, jeu court, celui qui ressemblait le plus à Zidane n’était pas Breton et ne ratait pas une passe sur deux à Wembley. L’Equipe a préféré Gourcuff. Benzema et Malouda ont préféré Nasri, trois fois sur quatre. Mais doit-on forcément être compétent quand on est journaliste ?

Sinon, leur jeu est très similaire. Dribbles, passes, tirs et buts, Nasri joue comme Gourcuff quand on croyait qu’il deviendrait Zidane. Gourcuff joue comme Nasri quand il était blessé. Et Lyon joue pas plus mal depuis que Gourcuff est blessé.

A part ça, en attendant que Nasri devienne décisif dans les grands matchs au poste de numéro 10. On pourrait faire jouer Gourcuff milieu défensif, c’est encore là qu’il est le meilleur, il n’aurait qu’à faire circuler le ballon et en plus il sait courir. Mais pour l’instant tout le monde continue de faire croire à Gourcuff qu’il est Gourcuff, sinon TF1 n’écrirait pas : « Malgré un mauvais départ, Lyon est revenu à trois points de la première place. Pourquoi  Yoann Gourcuff est-il un des artisans de ce renouveau ? Auteur d’un très bon match face à l’Angleterre, a-t-il retrouvé son meilleur niveau ? Réussira-t-il à qualifier l’OL pour les huitièles de finale de la Ligue des champions ? Interview. »  Mais faut-il être compétent quand… Non, rien.

Pendant ce temps-là, Nasri continue les sourires en coin de fausse modestie à chaque interview hebdomadaire de Canal. Gourcuff, lui, a freiné sur les analyses de match à la con, ça énerve Maldini.

L’Edito : Ozil de fous

Lyon entrevoit le titre et Rennes est toujours quatrième. Plus rien ne pourra empêcher le PSG d’être champion et Nenê Ballon d’or. Sauf Ozil, redevenu le meilleur joueur du monde à Saragosse. Attention à Lassana Diarra quand même.

Lille peut-il devenir champion d’automne ? Plus que deux matches et le stagiaire « question du jour » de L’Equipe.fr saura si son impertinence est récompensée. Lille a un point d’avance et deux matches à domicile, ils n’ont donc pas la moindre chance. Et pourtant, à 78%, 22.000 internautes ont répondu que oui, Lille pouvait être champion d’automne.

Edgar Grospiron, lui, avait décidé de foutre le camp d’Annecy deux jours après qu’une question sur Grange eut mobilisé 8.000 internautes. Dommage, Tessa Worley a encore gagné. Il ne reviendra pas.

Staut d’obstacle

Puisque le sport et le reste passionnent les foules en cette fin d’année, pourquoi ne pas parler du championnat du monde de hand féminin ? Parce qu’Allison Pineau est la meilleure joueuse du monde. La presse n’a pas hésité à saluer l’exploit de Kevin Staut, dont Le Vestiaire vous avait vanté les mérites il y a bien longtemps, une fois. Numéro un mondial, il a gagné une épreuve de Coupe du monde. Ca donne envie de parler de Gaultier et de squash, mais chaque chose en son temps, il y a déjà eu deux pages sur Cipollini et les machos. Pas chez nous ? Tiens donc.

Pendant ce temps-là, Clermont, Toulon, Castres, Toulouse, Perpignan et le Racing Métro se promènent en Coupe d’Europe. Ils font moins les malins les Australiens.

France-Uruguay : Aimé à perdre la raison

C’est le dernier match d’ouverture de la génération 98. Pour autant, la nouvelle France n’a rien à envier à ses prédécesseurs à part leur entraîneur peut-être mais c’est un détail. Voici pourquoi la Coupe du monde 2010 ne peut pas être le désastre annoncé.

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Parce que sur le papier la France a le troisième meilleur onze de départ

Lyon, Arsenal, Chelsea, Munich, Manchester, Barcelone : les Bleus sont titulaires dans les meilleurs clubs de la planète. Les mauvaises langues verront aussi que la majorité vient d’Angleterre dont pas moins de 0 représentant jouait le dernier carré de la Ligue des Champions. Si on suit ce raisonnement, l’Angleterre n’aurait aucune chance. Mais Capello a-t-il vraiment été champion de France de D2 lorsqu’il entraînait Lyon ?

Parce que pour la première fois son attaque est supérieure à sa défense

Boumsong crie justement à l’injustice, Mexès en est malade, Lloris les appelle Jabulani pour vanter leurs qualités. Sagna, Gallas, Abidal, Evra, jamais aucune équipe de France n’avait présenté une défense aussi faible. Jamais Courrier international n’aurait songé à faire un sujet sur l’attaquant de l’Atletico Madrid en temps normal, mais après tout qui aurait pu prédire que le rétablissement de Gallas était une bonne nouvelle. Peu de formations présentes en Afrique du Sud pourront soutenir la comparaison. Ça veut dire un but encaissé minimum par match. Pour leur filer un coup de main, Domenech n’a pas remplacé Lassana Diarra, si Toulalan se blesse il ne restera que Boghossian sur la touche, Makélélé se disait bien, aussi. Heureusement l’attaque sera là pour compenser comme en 2002 et 2004 pour les jubilés Desailly ou en 2008 pour celui de Thuram, la compétition s’arrêtait alors au bout de trois ou quatre matches.

Parce que l’équipe s’est enfin débarrassée de tous ses cadres

Un joueur incontournable par son talent, son palmarès et son aura a toujours été indispensable dans les grandes compétitions. Henry était le dernier encore en vie en 2008 mais il n’a plus donné de nouvelles depuis mai 2009. Désormais, le nouveau leader n’a jamais disputé de tournois internationaux, son équipe s’est fait virée par le Bayern en quart de finale de C1 et surtout il a toujours été constant au niveau de Sagna en Bleu. Heureusement, il n’oublie jamais d’ouvrir sa gueule pour critiquer le ballon ou le public, mais sait respecter son entraîneur champion de France de D2 avec Lyon tout en étant l’un des correspondants de L’Equipe en Afrique du Sud.

Parce qu’elle aime les grands rendez-vous

Pour son dernier grand match, la France ne s’était pas ratée. C’était bien sûr en septembre 2006 en qualifications contre l’Italie, Makélélé, Thuram, Henry et Vieira s’en souviennent bien. Depuis Govou n’a remarqué un doublé qu’en amical en Suède et la France n’a joué que des matches qui ne comptent pas, puisque Papy Courage n’a selon toute vraisemblance pas pu assister à l’Euro 2008. Attention aux fausses exceptions : la Serbie en Serbie et l’Irlande en Irlande ont commis la même erreur, avoir aligné des joueurs serbes et irlandais. L’Uruguay et le Mexique ont des chances de commettre le même impair, mais le football sud-américain a peut-être compris que laisser le ballon aux Français et surtout ne pas priver Gourcuff de ses belles passes latérales, voire ses décalages pour les centres de Sagna et Evra, tout en mettant deux mecs sur Ribéry, ça peut marcher. En chinant bien, on finit toujours par trouver.

Heureusement il y a Ribéry. Ca devrait suffire jusqu’aux premiers tacles uruguayens . La Céleste sait parler aux tendons rotuliens.

Question interdite : L’OM peut-il gagner la Ligue des Champions le 22 mai ?

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A l’occasion de la demi-finale de L1, Le Vestiaire revient sur le parcours de l’incroyable vainqueur de la Coupe de la Ligue.  Voici pourquoi l’OM est passé si près de son deuxième voyage de la saison à Santiago Bernabeu.

Parce que l’arbitrage ne fait gagner que deux points par match à Marseille

C’est l’heure du sprint final, l’OM peut compter sur ses forces vives. Quand Ideye marque un but valable, mais qui permet à Sochaux d’égaliser à la 89e minute, c’est toute la défense marseillaise qui joue Bien le hors jeu. La semaine suivante, quand le ballon heurte la main de Lachor alors qu’il ne regarde pas le ballon, mais l’horloge du stade indiquant la fin du temps additionnel, c’est tout un club qui réclame l’arbitrage Viléo. Il n’y a pas mieux pour trancher le débat sur les mains volontaires ou non : involontaire, c’est quand l’OM mène déjà. La semaine suivante, Diawara fera la même mais l’arbitrage Viléo est en panne. M. Turpin préfère donc siffler un hors-jeu de Rivière et annuler l’égalisation, ça compense l’intervention superbe de Cissé sur la cheville de Matuidi à l’origine du but de Valbuena.

Parce que Valbuena est le meilleur joueur marseillais

Didier Deschamps a fini par se rendre à l’évidence l’hiver dernier. Valbuena n’attendait qu’une chose, prouver qu’il pouvait apporter quelque-chose. Si tous les clubs potentiellement intéressés au mercato ont fini par avoir un doute, il avait heureusement un contrat bien valide avec l’OM. « Il est si mauvais que ça le petit ? », ont successivement glissé Brandao, Abriel, Kaboré et Koné à leur entraîneur. Niang est toujours là et ne suffit toujours pas, Brandao est toujours là et ne sait toujours pas s’il est droitier ou gaucher. Lucho, lui, a Maradona tatoué sur la cheville, à force il se pourrait que le Pibe en Aimar. Gourcuff aussi tire bien les coups de pied arrêtés et ralentit le jeu sans savoir accélérer. Dans sa nouvelle formule, l’OM est devenu une machine capable de ne concéder que neuf occasions franches à Saint-Etienne. Les clubs portugais, ukrainiens et russes devront se méfier en 8e de finale d’Europa League 2011. En plus, Mandanda a trouvé la parade pour ne plus encaisser de but, il se sert de Bagayoko et Riviere ou alors il ne touche plus le ballon avec les mains mais avec de grands tubes blancs . Pourquoi n’y pense-t-il jamais les mardis et mercredis soirs en début de saison ? Delgado, Pjanic, Butin et Benalouane s’étaient pourtant appliqués.

Parce que Deschamps ou le hasard font bien les choses

Une grande équipe, c’est avant tout un grand entraîneur. Le milieu Cissé-Kaboré-Lucho, c’est lui. La défense Bonnart-Diawara-Mbia-Heinze, c’est aussi lui. Et peu importe si les mauvaises langues disent que le milieu Mbia-Cheyrou-Lucho et que la défense Kaboré-Diawara-Heinze-Taiwo c’était déjà lui. Taiwo qui défend mal, Brandao qui attaque mal, Niang contraint de finir la saison à gauche, Abriel sur le banc, Morientes fini, les dictées bourrées de fautes de Ben Arfa, Gerets qui se barre dans le Golfe en laissant un merdier sans nom : certaines choses sont de toute façon inéluctables. Ce n’est pas comme si Valbuena était  redevenu titulaire par défaut, que Mbia avait reculé par défaut ou que Cheyrou avait été viré parce qu’un ancien Libournais est meilleur que lui. Pour enfin conquérir le titre, Deschamps a finalement sorti sa botte secrète au mercato d’hiver : contrairement à ses deux concurrents, il a vendu la C1 et la C3. Jean Fernandez et René Girard y avaient songé dès l’été dernier.

Parce que le niveau marseillais est supérieur au niveau européen

Si Marseille est si fort ce n’est donc pas seulement à cause de l’arbitrage et de la faiblesse de l’adversité. L’exemple de Bordeaux et Lyon est frappant, puisque ni l’un ni l’autre ne semblent en mesure de lutter pour le titre alors qu’ils se sont baladés jusqu’en quart-de-finale de Ligue des Champions. Mais il est vrai que la C1, c’est autre chose que Boulogne, Saint-Etienne, Nice ou Sochaux. A coup sûr, si l’OM avait pu participer, ils se seraient eux aussi bien amusés. Avec un peu de chance, ils seraient tombés dans le groupe le plus faible, pas celui d’Arsenal, mais celui avec Milan, Madrid, Zurich et Marseille. Un groupe si faible qu’aucun club n’aurait passé les huitièmes, se faisant par exemple humilier par Lyon ou par Manchester. Oui, ce même club anglais qui aurait ensuite été humilié à son tour par le Bayern. Pas le Bayern de Lahm, Demichelis, Pranjic, Tymoshchuk et Robben humilié par Bordeaux en poule quand même ? Non, le Bayern de  Lahm, Demichelis, Pranjic, Tymoshchuk et Robben demi-finaliste de Ligue des Champions.

Pendant ce temps-là, l’équipe la plus faible de l’histoire de la C1 va se faire humilier ce soir, mais elle est quand même en demi-finale. Pas de nivellement pas le bas.

Lyon-Bordeaux, le roman du Bordeaux Blanc : Alou à l’huile

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Enfin les quarts-de-finale de C1. Après trois mois de matches amicaux, Bordeaux tient enfin son grand rendez-vous. Attention, c’est encore un match amical.

« Je ne dis pas qu’il a été facile de gommer cette déception, mais nous n’avons pas eu le temps d’y penser. » Laurent Blanc n’a toujours pas digéré. Son grand objectif de la saison, la Coupe de la Ligue, s’est envolé et ce n’est pas faute d’avoir tout tenté. L’équipe-type renforcée par Sané et Ramé, une interdiction de courir et de presser et surtout pas de marquage. Ça devait marcher, mais, au cas où, Blanc avait une botte secrète : remplacer ses deux meilleurs joueurs dès le but du break encaissé. Impossible, donc, d’avoir des regrets ou d’affirmer qu’il s’en branlait de cette finale qui le faisait chier, d’ailleurs son manteau noir laissait à peine apparaître une cravate multicolore. Un premier essai costume avant Manchester, probablement.

Alou barrit

Pourtant, de terribles images hantent le technicien cévénol. Celle de ses joueurs souriants qui courent sur l’estrade sans attendre leur médaille, celle de Ramé qui préserve la victoire marseillaise d’une superbe claquette face à Valbuena, celle des Marseillais soulevant la Coupe haut dans le ciel de Saint-Denis pendant que Blanc et ses joueurs atterrissent à Lyon, celle d’Auxerre auteur d’un brillant match nul en championnat hier soir, ou celle de Gourcuff, hilare à la fin du match. Peut-être Yoann s’inquiétait-il pour l’épaule déboîtée de Messi dans les mains de Marouane l’ostéopathe ?

En revanche, Blanc n’a pas eu le temps de penser à son pote Deschamps soulevant une coupe avec l’écharpe de l’OM. Pourtant, Lolo est avant tout un humaniste, Bilic en mettrait sa thyroïde à couper. Il a aussi oublié son amour du Vieux Port qui attendait depuis si longtemps ce moment. La liesse était heureusement à la hauteur d’un trophée si prestigieux, ça a rappelé un titre moins important à Diawara, mais lequel ? Bordeaux n’a plus qu’à se rabattre sur la Coupe de la Ligue des Champions.

Real estate

Après une telle claque, l’arrogance ne peux plus être de mise. Ce n’est pas parce que Planus et Diarra sont dispensés d’EPS jusqu’à Old Trafford qu’il faut se vanter de virer Lyon avec l’équipe B même si l’aller sera difficile.  Ce n’est pas parce que Lyon est cinquième de L1 qu’il n’est pas un adversaire respectable. C’est donc le moment de se souvenir de l’hégémonie lyonnaise, il y a quelques années, et du nombre de demi-finales de C1 de l’OL. « Il n’y a pas de suprématie. Il faut se rendre compte de ce qu’a fait Lyon ces dix dernières années. » Blanc ne commettra donc pas l’impair de minimiser la performance de son adversaire, qu’il a battu les deux dernières fois – « Lyon a éliminé le Real Madrid et vous dites tous qu’une équipe qui a éliminé le Real a fait une grosse performance » – ni de se foutre de la gueule du monde avec ses banalités habituelles : « L’objectif de Bordeaux sera d’être performant dans tous les domaines et de marquer un but. »

Pendant ce temps-là, Laporta et Ferguson commencent à étudier leur plus gros rival. Marseille, Lyon ou le Real ? A deux marches de la finale, ils aiment bien Laurent Blanc. Allez savoir pourquoi.

Le roman du Bordeaux Blanc :
L’OL, laughing at Lyon

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Le printemps est de retour, Laurent Blanc a attendu la fin de la crise pour piquer la sienne. Heureusement qu’il ne joue plus en été, ça se termine toujours dans le larynx de Bilic.

Blazer, chemise bleu clair, Gouffran et Jussiê titulaires, Laurent Blanc n’a pas fait dans la demi-mesure pour lancer sa série de victoires jusqu’à mai. Depuis qu’il a reconnu le profond doute qui habitait son équipe en pleine crise, Laurent Blanc n’en finit pas de sombrer dans la désespérance. « L’entame de match a été plus que médiocre, chose que j’ai du mal à accepter et à comprendre. On a vu un Bordeaux complètement dépassé pendant trente minutes. »

Rudi Garcia, qui n’était pas qu’un journaliste de plus venu en salle de presse pour l’écouter, comme Blanc a pu le penser faute de preuve, a de quoi être heureux. Marquer un but à Chaban, ça n’arrivera plus à tout le monde. Et puisque Bordeaux n’a mis que trois de ses vingt tirs au fond, il est temps de gueuler, voire de révéler le temps de jeu de Gouffran d’ici la fin de saison. Ça valait aussi pour Souleymane Diawara, qui enchaînait les conneries, heureusement Ciani est revenu au bout d’une demi-heure. « Le football, ça ne se joue pas à sept ou huit. » Jussiê a échappé au pire, Blanc lui a réservé une standing ovation en le sortant juste après son penalty marqué. Une manière de prendre date, le survêtement lui va si bien.

Le Hazard fait bien les choses

Si Blanc est aussi courroucé, c’est qu’il a eu peur. L’ouverture du score de Lille, Landreau qui fait des arrêts, seulement 60-40 de possession à la mi-temps : et si déclarer le 18 janvier que « Lille, c’est bien mais bon on verra » et la veille du match que « Lille est une très très bonne équipe », autrement dit « une bonne équipe de notre championnat, je le pense vraiment » n’avait servi à rien ? Deux buts d’écart, la gifle est passée près, il sera plus prudent à l’avenir quand il parlera de Ligue 1. « J’aurais préféré tomber sur un autre club, mais on accepte le tirage et on se dit que le coup sera jouable. La seule bonne nouvelle, c’est qu’il y aura un club français en demi-finale, on peut donc s’en réjouir. » Ses joueurs ont compris le message, même le meilleur buteur venu de Lorient, admiratif de la qualification lyonnaise à Bernabeu : « C’est quand même une demi-finale de C1. Pardon, un quart, je m’y vois déjà. » Attention à ne pas tomber dans l’excès d’humilité non plus, Manchester n’est pas si fort.

Ce n’est pas parce que Gourcuff recourt enfin le 100m en moins de 15 secondes que son entraîneur va arrêter de lui balancer quelques vannes bien senties. « Quand il est comme ça, il est inarrêtable. »

LdC, Lyon-Real : Le nez dans le Kaka

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Makoun buteur, Govou homme du match, Bousmong rayonnant : quel est donc le terrible secret du Real de Merdrid ?

Avec la participation d’equipe.vestiaire@yahoo.fr

La victoire de Lyon est-elle un hold-up ?

Presque.

Comment ça ?

A partir de 6-0 on aurait pu le dire, mais cinq buts marqués c’est justifié.

Mais ils n’ont gagné que 1-0 ?!!

Ah oui pardon, nous pensions bêtement qu’il y avait un grand joueur à Lyon.

Si, effectivement, il y a Lisandro.

Oui, le buteur.

Non, ça c’est Makoun.

Ok.

Lisandro a un jeu de tête de merde et n’est pas décisif dans les grands matchs, mais à quoi sert-il ?

Notre spécialiste n’a hélas pas réponse à tout sinon ce serait une machine.

Lyon a-t-il réalisé un exploit ?

C’est plutôt l’OM en poules qui a réussi un authentique exploit en gardant Marcelo 90 minutes sur le terrain au Vélodrome. Mais ne pas se qualifier dès l’aller avec un tel adversaire peut aussi être qualifié comme tel, vous avez raison. D’ailleurs, même la D3 espagnole arrive à gagner 4-0.

Delgado titulaire, c’était déjà le cas à Barcelone l’an dernier. Une connerie ?

Vous rigolez, il est en plein Boum.

Boumsong et Cris ont-ils été d’une solidité à toute épreuve ?

Tous les clubs de Liga se renseignent actuellement pour les recruter. En revanche, Nancy hésite encore.

Mais alors, c’était pas le grand Real ?

Ça dépend pour qui. Pour la presse en général oui, mais pour notre spécialiste il semble qu’il n’y ait jamais eu de grand Real.

Pourquoi ?

Hier soir c’était pas de défense, pas de milieu et pas d’attaque. Plus généralement c’était le 30 octobre sur Le Vestiaire.

Mais ils sont deuxième de Liga quand même ?

Oui, à deux points du Barça et Lyon 4e de L1 à huit points de Bordeaux.

C’est-à -dire, Bordeaux est fort ?

Et le Barça vaut pas grand chose, c’est comme vous voulez.

Vous voulez dire ou le Barça ?

Non, et le Barça.

Comment Le Vestiaire a-t-il pu deviner dans son édito du jour et dans une quinzaine d’articles depuis août que Higuain était une merde ?

Peut-être parce qu’Higuain est une merde et qu’il se balade en Liga, mais pas toujours contre Xeres.

Puel est-il un meilleur entraîneur que Pellegrini ?

N’humiliez pas Puel, il a gagné ce soir.

Vous voulez dire n’humiliez pas Pellegrini ?

Non, Pirès s’en est déjà chargé.

Liza ne parlait-il pas du fabuleux trio CR, Kaka, Higuain ?

Pas Le Vestiaire en tout cas. Mais effectivement, trois ballons d’or alignés ensemble c’est beau.

Higuain n’est pas ballon d’or !

Bien vu.

Les Galactiques ont été un peu décevants en première mi-temps, non ?

Vous parlez de quel Galactique : Diarra, Granero, Higuain, Raul Albiol, Xabi Alonso ou Marcelo ?

Quand même, le Real est du même niveau que le Barça de l’an dernier ?

Tout à fait, à 10 ou 11 petites choses près.

Quelle a été la meilleure occasion du pichichi du Real ?

Si ce n’est pas ce contrôle raté sur un corner, c’est sans aucun doute lorsque Cris a manqué de tromper Lloris à la 58e minute.

Faut-il se passer de Benzema titulaire dans les grands matches ?

Il vaut toujours mieux aligner un mec qui marque toujours contre Zurich, qu’un joueur même un peu gras qui ne marque que contre Manchester et Milan.

Mais si le Real gagne tout le temps, c’est qu’il y a bien une raison ?

Le niveau de la Liga peut-être. Attention, ce n’est qu’une hypothèse. Mais peut-on dire que des défaites contre Milan et Lyon sont des victoires ?

Et Milan-Manchester ?

En vétérans ?

Non, c’était aussi hier soir avec Scholes et Ronnie…

Bon d’accord, on regardera Chelsea, c’est promis.

Les grandes équipes prennent-elles souvent trois buts à domicile en Ligue des Champions ?

Les grandes équipes non, mais Milan et Madrid y sont parvenus.

Ronaldinho qui marque sur une passe décisive d’Evra à la 3e minute ?

Regardez bien, la première passe d’Evra pour Pato date de la 3e seconde. Ca n’aura pas échappé à Trémoulinas.

Ronaldinho a refait des passements de jambes ?

Ca l’a surpris lui-même, il s’est cassé la gueule.

ANTI MANUEL DE L’ENTRAINEUR

Lloris : Tous les matches ne peuvent pas être aussi amusants que Liverpool. Il a écoeuré Higuain : un match sans éclat.

Réveillère : Il n’a pas fait Kaka sur la pelouse.

Cris : Ca fait du bien d’arrêter la L1 de temps en temps, pour reprendre confiance.

Boumsong : Un superbe retour sur Higuain en pleine surface : un match sans éclat.

Cissokho : Il traverse une mauvaise période depuis trois ans, mais cette fois, il avait un client en face avec Granero.

Qui ça ? (avec la participation d’equipe.vestiaire@yahoo.fr).

Toulalan : Alors comme ça, Xabi Alonso vaut 30 millions ?

Makoun : Un habitué des grands matches, il avait déjà marqué contre la Fiorentina la saison passée et le but du 1-4 au Barça.

Pjanic : Souffrant, il a finalement laissé sa place à Gourcuff.

Delgado : Le Brésilien est sous-utilisé dans cette équipe. Lui, il est Argentin.

Govou : Au cas où Pellegrini penserait à aligner à nouveau la même défense, Govou a été l’homme du match.

Lisandro : Là, c’est incompréhensible. Ce sont pourtant les stars qui cadrent et qui marquent dans les grands matches.

Higuain : On comprend mieux pourquoi le Domenech Show a fait des pieds et des mains pour le recruter.

Transfert Benzema : RacOLage poussif

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Manchester City, Wolfsburg et la Roma sont aux abonnés absents. Pourquoi seuls l’Inter, le Barça, le Real et Manchester United tournent-ils autour de Benzema alors qu’il y a un mois à peine, les observateurs les plus avisés le trouvaient décevant ?

Quand les meilleurs clubs du monde se cherchent un buteur, ils pensent à Benzema. Serait-ce parce qu’il a fait ses deux premières saisons pleines à plus de 20 buts ? Ou qu’en 15 matches de Ligue des Champions il a mis 9 buts, quand le seul Messi a fait mieux, mais en 21 rencontres, donc aussi bien ?

Ou parce que comme Le Vestiaire l’avait dit, dès août 2007, et l’avait confirmé sans cesse et même en pleine tourmente Benzema début 2009, l’ancien Lyonnais est le grand joueur mondial actuel. En le plaçant aux cotés des Villa, Cristiano Ronaldo, Kaka et autres Ribéry, les recruteurs se sont subitement mis à penser comme nous. Faut-il les condamner pour autant ? Ou faut-il condamner Benzema de se prendre pour Dugarry en pensant qu’il ne sera pas titulaire dans un grand club à l’aube de la Coupe du monde à laquelle la France a toutes les chances de participer ?

Il ne reste plus qu’une chance de voir Benzema Ballon d’Or la saison prochaine, le convaincre que quand Ronaldo part à Barcelone, il ne se fait pas appeler Sonny Anderson. Et quand Ribéry part à Munich, et Zidane à la Juve, personne ne pensent les surnommer Aliadière et Gourcuff. Et pour ce faire, Aulas, Lacombe, Perez, Ferguson et même Djaziri son agent sont prêts à tout.

Engager une star

Lyon veut redorer son blason, pour cela il doit frapper un grand coup. Ramasser un joueur étranger évoluant dans un grand championnat et ayant déjà brillé en Ligue des Champions. Ils l’ont trouvé, il est de nationalité sud-américaine et même pas Vénézuélien et s’est signalé de la plus belle des façons dans le fameux championnat du Portugal. Le même qui vit éclore Jardel et plus récemment l’immense Deco. D’ailleurs, on veut bien des nouvelles.

Il s’appelle Lisandro Lopez, et en plus il est d’accord pour venir. Cerise sur le gâteau, il n’a que 5 ans de plus que le titulaire actuel sur le départ. Mais pour obtenir la première vedette depuis Lubos Kubik et Tony Kurbos, il faudra débourser 20 millions. Lyon n’a pas le choix, il faut vendre. Depuis que la troisième place n’est plus directement qualificative pour la C1, ça rapporte moins. Seule solution : vendre Benzema, car transférer Ederson couvrirait à peine les frais d’hôtel de l’agent de Lisandro.

Faire fuir Benzema

Le défi est de taille. Le caïd s’est déclaré intransférable en milieu de saison et tout le monde l’a cru, sauf Le Vestiaire et les quatre plus gros clubs européens. Depuis, les questions se bousculent. Pourquoi la Coupe du monde est en 2010 ? Pourquoi n’est-il pas titulaire chez les Bleus ? Pourquoi Domenech a entraîné Lyon et l’équipe de France ? Pourquoi la France, à 15 points près, serait déjà en Afrique du Sud ?

Les raisons de la malédiction resteront un mystère, le temps presse, Govou est bien d’accord, l’offre de Levante pourrait arriver trop tard. Pourtant, Lyon avait bien cru avoir fait le plus dur, même si la femme de Fred ne participait cette fois pas à la transaction. Le montant du transfert est entendu, OL Groupe aurait déjà un chèque à la banque, Aulas serait même capable de mettre le Surinam en faillite si Huntelaar et Robben ne suffisaient pas. Même les proxénètes mancuniens ont vendu leur plus belle gagneuse. Reste à convaincre le joueur. Pour cela, il faut gueuler qu’on en veut plus.

A tort et à travers

« Kaka va au Real, Cristiano Ronaldo et Ribéry vont peut-être suivre. C’est une spirale de fou furieux. Benzema n’est pas intransférable. Je l’avais dit pour Essien, mais à 40 millions… » Jean-Michel Aulas, le 4 juin

« Même s’il ne faut jamais dire jamais dans le football, il y a beaucoup de bruit pour rien en ce moment. L’idée est toujours de conserver Karim une saison supplémentaire. » Bernard Lacombe, le 13 juin

« Je ne vais pas vous cacher qu’il fait l’objet de sollicitations. Pour le moment, j’ai réussi à les convaincre de ne pas aller plus loin. Les nouvelles en provenance du Real, de Chelsea et de Manchester United me rendent perplexes. Personne n’est intransférable, c’est clair, mais connaissant Karim, s’il devait partir, ce serait au Real Madrid. » Jean-Michel Aulas, le 18 juin

Manchester perd Tevez. « On peut tout imaginer, mais je crois que Karim veut rester, et Lyon aussi. Je ne vous cache pas qu’il est l’objet de beaucoup de sollicitations, du côté de l’Angleterre notamment. » Jean-Michel Aulas, le 19 juin

« Si Manchester ,qui comme on le sait a fait de grandes rentrées d’argent, se présente pour acquérir Benzema, on fait quoi ? » Bernard Lacombe, le 20 juin

« On a reçu une offre pour Benzema. Je lui ai dit de partir en vacances et qu’à son retour, on discuterait de ce qu’il veut faire. » Jean-Michel Aulas, le 21 juin

« Rien n’est impossible et si nous recevons une belle offre nous ne fermerons la porte à personne. » Bernard Lacombe, le 23 juin

Si Benzema ne rallume pas son portable dans les 24 heures, Lyon va être contraint de passer à la vitesse supérieure. Un prêt avec option d’achat à 10 millions, dernière offre pour Benzema. Lisandro est à ce prix, mais le double de Benzema, presque comme l’âge du joueur.

Et si Benzema savait très bien qu’il était le meilleur et qu’il voulait juste un peu plus de pognon ? Hypothèse saugrenue, quel gamin arrêterait les vacances au Puy-du-Fou pour aller à Disneyland ?

Barcelone-ManU : Le Park des princes

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Barcelone est-elle la plus grande équipe de club de tous les temps ?

Un club a-t-il déjà eu une équipe-type qui dominait autant et ne pouvait perdre contre personne, en marquant plus de trois buts de moyenne par match en dehors du championnat néerlandais ?

Le Real 56-60 ?

Nous n’avions pas  la télé.

Pouvait-on attendre une finale aussi merdique ?

Bonne question. Etant donné le niveau de Manchester cette année, il ne fallait pas espérer mieux. Barcelone a finalement réussi à faire un début de match de merde. Il était temps.

Et si Manchester avait joué ?

Et si Lyon, le Bayern, Chelsea et le Real avaient joué ?

Qu’a dit Guardiola en serrant la main de Ronaldo à la fin du match ?

Avec des joueurs aussi nuls que toi je plains ton entraîneur. Joyeuse médaille.

Le raté de Benzema pour le 4-3 du Nou Camp est-il le moment décisif de la saison ?

Bien vu. Juste devant l’égalisation d’Iniesta à Chelsea.

Le niveau Ligue des Champions est-il supérieur au niveau Ligue 1 ?

Le  Barça et Chelsea pourraient espérer les deux premières places. Le Bayern, Manchester, Liverpool et Lyon réussiraient sans doute à battre Valenciennes. Quoi, 2 mai 2009 ?

Messi ou Ronaldo ?

Iniesta.

Quel est le seul média à avoir annoncé à chaque tour que Barcelone passerait et écraserait Manchester en finale ?

Le Vestiaire.

Quelle était la dernière phrase du Vestiaire dans son papier d’avant-match ?

« Pendant ce temps-là, si Yaya Touré est aligné derrière, Manchester n’en prendra pas trois. Ce serait le Busquets. »

Le Vestiaire avait annoncé une très grande défense mancunienne, qu’en a-t-il été :

Van der Sar: Wimbée ?

Evra: Nul ou pas bon ? Ca dépend, un centre de merde, des fautes, des erreurs de placement. Au moins il se sentait fort mardi, c’est déjà ça. En somme, largement à son niveau de l’équipe de France.

Vidic: Le premier but. En principe les râteaux ça marche que sur les débutants et Eto’o c’est pas Zidane.

Ferdinand: A appris à faire les têtes sur le deuxième but. C’est déjà ça.

O’Shea: Henry lui a appris qu’on pouvait faire un double crochet sur une seule jambe. C’est déjà ça. Finalement tout est dans son nom.

Le Vestiaire avait dit que le milieu mancunien était faible, et bien moins fort que celui de Chelsea. Qu’en a-t-il été ?

Carrick: Essien ne comprend pas comment Manchester a pu être champion.

Anderson: Lampard ne comprend pas comment Manchester a pu être champion.

Giggs: Ça allait moins vite à son époque.

Le Vestiaire avait prévenu les attaquants mancuniens qu’ils n’auraient pas beaucoup de ballons. Qu’en a-t-il été ?

Park: D’attraction. C’est déjà ça.

Cristiano Ronaldo: S’il nous avait habitué à tout réussir, Le Vestiaire s’étonnerait qu’il ait tout raté.  Une finale dans la lignée de son Euro. Il a intérêt à planquer son Ballon d’Or.

Rooney: Il est vraiment devenu un bon défenseur. Dommage qu’il ne soit pas payé que pour ça.

Le Vestiaire avait dit qu’on n’en avait rien à foutre des joueurs qui composeraient la défense. Qu’en a-t-il été ?

Valdes: Plus aussi mauvais qu’avant malgré un début de match rassurant. C’est déjà ça.

Silvinho: Pas au niveau, mais à 50 ans c’est normal. Toujours meilleur qu’Abidal en attaque. Il ne s’est pas fait exclure, c’est déjà ça.

Piqué: Le meilleur. C’est déjà ça.

Touré: N’a servi à pas grand-chose. Mais un piquet d’entraînement ça suffit quand c’est Manchester en face. C’est déjà ça.

Puyol: Même si c’est pas son poste, il peut donner des conseils à Evra. C’est déjà ça.

Le Vestiaire avait dit que deux sur trois ça suffisait pour gagner. Qu’en a-t-il été ?

Busquets: Yaya Touré a essayé de lui piquer sa place. Mais il a appliqué les consignes jusqu’au bout. C’est déjà ça.

Xavi: Ce serait le meilleur joueur du monde s’il n’y avait pas Iniesta.

Iniesta: Malgré Xavi, il est le meilleur joueur du monde à son poste.

Le Vestiaire avait dit que quand Henry joue, tout va mieux. Qu’en a-t-il été ?

Messi: Encore un grand match de merde, mais pour une fois il a marqué et c’est une finale. Il arrive maintenant à la cheville de Maradona.

Eto’o: Il va finir par être considéré comme un grand joueur avec ses conneries.

Henry: Il n’a pas mis son occasion. Privé de Ballon d’Or.

Ligue des Champions : ManU paillettes

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Un déplacement à Rome ne fait plus peur qu’aux clubs français. Et si Manchester ne jouait pas l’AS Roma demain soir ?

Patrice Evra affirme qu’il se sent fort et que Messi ne le passera pas demain soir. On le comprend : champion en titre, Manchester n’a rien à craindre d’une équipe balayée l’an dernier (0-0, 1-0) alors qu’elle était au firmament. Chanceusement, Barcelone n’est pas encore éliminé malgré une leçon de football de Chelsea. Sans bien sûr le contester, Le Vestiaire ose demander : pourquoi Manchester est-il favori ?

Parce que Manchester est le plus gros des gros

Son parcours plaide pour lui. Il était temps que le tirage au sort propose un adversaire facile, après des poids lourds européens : d’abord l’Inter, vainqueur de l’UEFA 1997, tranquillement éliminé grâce à un grand Ibrahimovic. Ensuite, ManU a surpris Porto, grandissime favori de l’épreuve en 2004. Les posters de Deco ont la peau dure. C’était avant le chef d’oeuvre, la demi-finale face à Arsenal, de loin la meilleure équipe de Ligue 1. Ce jour-là, les passes de Ronaldo étaient trop fortes pour Gibbs, presque titulaire en équipe d’Angleterre des 19 ans. Ce jour-là, même les frappes de Ronaldo à mi-hauteur étaient trop hautes pour Almunia, le successeur naturel du héros Jens Lehmann. Irrésistible, Manchester a sorti les meilleurs pendant que Barcelone souffrait contre Lyon et le Bayern avant de voler Chelsea.

Parce que Barcelone est diminué

La marche est trop haute. Pour une équipe défensive comme Barcelone, être privé d’Abidal et de Marquez, c’est beaucoup. Alors Alves en plus, de loin le meilleur joueur de la demi-finale retour, c’est injouable. En aucun cas on ne peut considérer que ces trois joueurs là sont remplaçables. Ce n’est pas le genre de Marquez de filer le ballon à Drogba sur un contrôle de merde. Ce n’est pas le style d’Abidal de réussir les grands matches à tel point qu’un retour à Lyon serait une bonne opportunité. Ce n’est pas du tout l’habitude d’Alves de faire des fautes pas loin de son but et de centrer très loin de celui de l’adversaire. Barcelone est amputé des trois-quarts de sa défense. Guardiola a certainement dû se réjouir que Puyol ne se blesse pas à l’entraînement. Sylvinho-Puyol-Piqué-Keita : à croire que toutes les stars barcelonaises seront absentes.

Parce que les meilleurs joueurs sont à Manchester

Toute la saison, la qualité de jeu de Manchester a été encensée. Brillant seulement dans les grands matches, Ronaldo est bien meilleur que l’an dernier, où il cartonnait tout le temps. Son Euro lui a fait beaucoup de bien. Rooney a été reconverti défenseur, dommage que son talent l’oblige à marquer de temps à autre. Tevez est peut-être le meilleur, mais il doit rester dans son Park. Messi, Henry et Eto’o ont beau essayer, qui pourrait imaginer qu’ils marquent plus de buts en championnat et en Ligue des Champions ? Au milieu, l’absence de Fletcher ne posera aucun souci. Scholes ou Giggs ont encore beaucoup de gestes techniques à apprendre à Xavi et Iniesta. Chelsea, à qui il ne manquait pas grand chose pour se qualifier, sait qu’Essien? Ballack et Lampard, c’est un peu léger pour le pressing. Carrick et Anderson, ça sonne mieux. Derrière, O’Shea n’a évidemment aucun souci à se faire contre la jambe d’Henry.

Pendant ce temps-là, si Yaya Touré est aligné derrière, Manchester n’en prendra pas trois. Ce serait le Busquets.

Les questions interdites : La carrière de Benzema est-elle déjà finie ?

SOCCER-EURO/

Il n’a même pas marqué contre Nantes. Lyon doit-il se réjouir que Benzema ait annoncé son intention de rester ? Autopsie.

Il fout rien en Equipe de France

Les places sont tellement chères chez les Bleus. Trezeguet rôde toujours, la nouvelle génération Gignac-Hoarau arrive pour reprendre le flambeau. L’émulation a créé Alassane. Saha n’a pas dit son dernier mot, Govou non plus. Benzema, en déficit de confiance, perd chaque jour du terrain, aux yeux du pragmatique sélectionneur. Aujourd’hui, le profil de l’attaquant moderne, capable de marquer, déborder, centrer, jouer dos au but, combiner, frapper les coups francs et défendre, ça ne fonctionne plus. Dans une équipe de France en pleine confiance où les attaquants se succèdent et plantent jusqu’à plus soif, ne pas marquer est un vrai signe. Et puis, Luyindula et Savidan reviennent en forme. Ils ne vont quand même pas avoir peur d’un mec qui ne marque que 5 buts en 22 sélections, soit remplaçant, soit ailier, entre Papin, Trezeguet et Henry et Platini. Pas du tout vexé, Ouedec affirme que le championnat de Chine, c’est déjà pas mal de pression.

Il fout rien en C1

Cet incapable de Benzema a manqué l’occasion du 4-3 au Camp Nou. Si Lyon n’arrive pas à rejoindre les demi-finales de Champion’s League, ce n’est donc pas à cause de son niveau trop juste. Si Benzema avait inscrit 12 buts en 19 matches en trois saisons, à 22 ans à peine, si Benzema avait marqué un but tout seul au futur champion d’Europe l’an dernier, si Benzema marquait en moyenne un but toutes les 123 minutes, si Benzema situait déjà son ratio entre Papin (but toutes les 106 minutes), Trezeguet (1/134 minutes) et Henry (1/163), le jugement serait peut-être différent. Mais pas de demi-finale, c’est rédhibitoire pour juger. Manchester veut mettre combien sur Ribéry ?

Il fout rien en Ligue 1

Au même âge, comme le révélait Le Vestiaire, Papin, Trezeguet, Henry, Madar, Loko et Ouedec n’avaient pas marqué 40 buts. A nombre de matches équivalent, 109, seul Ouedec navigue dans les mêmes eaux que l’ange déchu lyonnais. Le Breton quitta Nantes sur un doublé contre le Spartak et une proposition de contrat de l’Espanyol Barcelone. A quoi bon marquer des buts, se demande encore Roger Boli. Désiré par l’Angleterre et l’Espagne – pas celles de Govou – Benzema aurait donc quelque chose en plus par rapport aux deux meilleurs buteurs de 93/94. A choisir entre la technique, la vitesse de course, la vitesse d’exécution, le sens du but et une saison d’attaquant de pointe sans soutien à 14 buts. Luyindula n’a aucune raison de rougir d’être titulaire en équipe de France.

Pourtant, Gignac le toise du haut de ses 22 buts. Hoarau s’est blessé exprès pour lui prouver que même sans jouer tous les matches, le buteur c’est lui. Jelen lui fond dessus, Gameiro trouve que Kevin ça sonne mieux que Karim. Bekamenga fait ce qu’il peut. Tous ces joueurs, hormis un, ont aujourd’hui plus de chances de figurer dans l’équipe type de l’UNFP en fin de saison. Bizarrement, Manchester n’en veut aucun. Benzema boucle sa deuxième saison pleine en L1. Deux, ça suffit aussi pour Kader Keita. Benzema marque moins cette saison, seulement 14 buts. Luyindula hésite : vanne ou pas vanne ? Dans un grand club, Benzema aurait conservé son niveau, sa concentration, sa motivation et aussi les occasions de but de la saison dernière. Dans un grand club, peut-être Juninho aurait-il été remplacé après avoir prévenu son employeur qu’il prendrait sa retraite à 55 ans, soit l’hiver dernier. Et, comme le résume le dicton : met Keita et Ederson à la place de Henry et Messi, et pour de bon Eto’o s’appellera Camara. Drogba marquait-il 25 buts à chaque saison à Guingamp ? Et au Mans ? La SNCF n’a pas tort : Lyon et Le Mans, aujourd’hui c’est même distance et même tarif.

Partir, c’est mourir ?

Incontournable en équipe de France, indiscutable à Lyon, meilleur attaquant de Ligue 1, terreur en Europe, Karim Benzema aurait encore trop de choses à prouver pour partir retrouver le haut niveau. Puel doit certainement lui enseigner comment encore mieux attaquer tout seul. Moussilou se souvient avoir eu quelques conseils, mais les championnats du Golfe sont plus relevés. S’il veut pouvoir se frotter à la concurrence d’un grand club, l’expérience d’un Keita, d’un Pjanic ou d’un Mounier n’aura pas de prix. Et à un an de la Coupe du Monde, un club en crise, c’est la stabilité assurée. Bafé Gomis approuve.

Grandir, c’est partir

La seule question encore légitime à poser, c’est : Benzema a-t-il déjà joué dans un grand club ? La réponse est ambigüe. Il a effectué sa formation dans un grand club, Lyon, avant d’être prêté contre son gré à un club moyen, Lyon. Nous sommes alors à l’été 2007, il explose parce que le malin recrutement lyonnais lui permet de compter sur Juninho. Malheureusement, le Brésilien part l’hiver dernier. Orphelin, Benzema se sent comme un surdoué avec des gens de son âge. Il est perdu : Fred lui manque, il déclare vouloir rester jusqu’à ce que Lyon soit champion d’Europe, puis au moins un an de plus. La perte de temps est enclenchée. S’il reste, sa dépression va devenir chronique, sans même qu’il s’en rende compte. Ses performances déclinent déjà depuis 6 mois. Pour avoir cru au grand Lyon, il a du mal à croire au petit Lyon. D’autres se sont aussi laissés avoir.

La seconde question légitime, qui découle de la première, c’est : a-t-il le niveau pour s’adapter dans un grand club ? En d’autres termes, Benzema est-il condamné au Vieira du Milan AC, à l’Anelka qui part au Real ou au Gourcuff qui quitte la Bretagne ? Le Vestiaire y a totalement répondu : Benzema a déjà les qualités de footballeur et les statistiques d’un joueur de haut niveau et surtout il y a déjà évolué pendant un an et demi en survolant adversaires et partenaires de son talent. Bafé Gomis se demande où est le rapport, ses formateurs un peu moins.

Pendant ce temps-là, Karim Benzema n’a plus qu’une seule question à se poser : a-t-il plus à gagner en stagnant à Lyon ou en s’entourant de grands joueurs ? Ribery a bien une petite idée, Henry aussi. Qui répond le premier ?

L’actu du mercredi 8 avril

Quand Porto nique sa mère

double

Nos confrêres de L’Equipe.fr, jamais à court de scoop, ont hier fait d’étonnantes révélations, qui pourraient jeter l’opprobre sur la Ligue des Champions. On joue la quinzième minute de jeu de Porto-Manchester et Rooney vient de marquer grâce à Bruno Alves. Pourtant, à la minute suivante, Thomas Rudeau, reporter émérite ou stagiaire rigoureux, ne peut s’empêcher de se livrer à une mystérieuse analyse :  » Une égalisation chanseuse des Mancuniens qui ont parfaitement su profiter de cette grossière erreur de Bruno Lopes. » Kool Shen a-t-il bénéficié des mansuétudes d’un arbitre complaisant ? Joue-t-il si mal au foot ? Aux dernières nouvelles, Manchester n’aurait pas déposé de réserve.

On r’met ça

L’ancien madrilondoparisien de Bolton Nicolas Anelka a raconté au magazine Icon comment ses partenaires l’ont bizuté à son arrivée à Chelsea la saison dernière : « J’ai dû chanter debout sur une chaise au milieu de tous les autres joueurs. C’était plus stressant que tout ce que tu peux faire sur un terrain de foot, même tirer un penalty. » Même tirer un penalty en finale de Ligue des Champions ?

« L’Islam m’a aidé à vivre avec cet échec », répond l’attaquand français dans le même entretien. Il dit aussi avoir survécu son rite d’initiation grâce à un bon vieux rap français. Et nous, on sait grâce à Danette et Wiltord qu’il aime bien le rap, Nico.

Shearer de vivre

Sérieusement menacé de relégation dans le championnat anglais, Newcastle United a ouvert son entraînement au public, hier. Alan Shearer, appelé en urgence au chevet du club, a donné du rêve aux 7.500 fans venus à St James’ Park pour l’occasion. Alain Perrin sait ce qu’il lui reste à faire pour regagner la sympathie du public stéphanois.

Marca tôt

marca

Kaka à Madrid : la presse espagnole a des fuites.

Après la claque, la fessée

fesse

Giflé par le caïd allemand Lukas Podolski la semaine dernière à Cardiff, Michael Ballack a tendu l’autre joue à son compatriote Per Mertesacker.

Le magnétoscope de Marc Lièvremont réparé

« Pour Marconnet, il y a un point d’interrogation. Faure a été décevant. Au talonnage, Szarzewski est incontournable et Kayser a souffert de la comparaison à chaque fois qu’il est rentré. »
« Thion fait partie des déceptions. »
« Harinordoquy est passé à côté du sujet en Angleterre. Je ne vais pas lâcher Picamoles, mais j’ai l’impression qu’il attend d’être pris en main par Novès pour se bouger et qu’il a perdu une saison. »
« J’ai bien aimé Parra et Trinh-Duc même s’ils sont perfectibles. »
« Yachvili, avec ses qualités et ses défauts. On a Elissalde et Michalak, même si je ne sais pas à quelle sauce Fred va être mangé au Stade Toulousain. »
« Skrela : J’y crois moins sur la durée. Il a 30 ans, il ne progressera plus. C’est comme Elissalde. Ce n’est pas un hasard s’ils accumulent les petits pépins. Mais je n’exclus personne. »
« ….des performances en dents de scie de Jauzion que je n’attends plus sur sa dimension de patron. »
« J’ai été déçu par Fritz. »

Le Bayern fait peur

horreur

C’est une information à prendre encore au conditionnel, mais plusieurs médias indépendants l’ont déjà corroborée. Selon nos informations, Puyol considérerait le Bayern encore « plus dangereux après avoir essuyé une telle défaite samedi ». Jusqu’à en prendre moins de cinq ce soir ?