L’Edito : La Pampa fric

Le Ballon d’or 2012 se cache-t-il en Ligue 1 ?

Qu’est-ce qu’un grand joueur ? Maintenant que Karl Zéro n’occupe plus la case, le dimanche midi sert aussi à réfléchir à la question. Séville, ça permet déjà à Higuain de ne pas rentrer. Sans doute Mourinho a-t-il été vexé de lire que le PSG l’avait approché, et puis Granero et Callejon avaient besoin de jouer.

Séville, ça permet aussi à Benzema et Ronaldo de soudainement se souvenir comment on fait gagner son équipe. Evidemment, il n’y avait ni prolongation, ni séance de tirs au but, ni Ligue des Champions à gagner. Il reste donc un Euro à gagner contre des Allemands et attention à Messi, qui a quand même inscrit ses 56e et 57e buts de la saison. Bravo à lui encore une fois, les Argentins sont au sommet.

En avant gagnant

Alors que Lille et Paris avaient organisé un match de bienfaisance au profit des meneurs de jeu argentins défavorisés, on a cru à la belle histoire. Pastore qui dit avant le match une victoire et c’est le titre, Pastore qui ouvre le score. Pastore, c’est 42 millions, entre 7 et 9 de plus que le budget de Montpellier selon les estimations. Mais pourquoi les Qataris veulent-ils Belhanda ? Pour qu’il signe autant d’autographes que Gilles Simon à Bucarest sans doute. Ses mains ne tremblent pas, celles de Fofana un peu plus. Et celles de ses coéquipiers sous la douche ?

Pendant ce temps-là, Loeb pousse l’ingratitude jusqu’à conquérir l’Argentine à bord d’une voiture tunée.

Lorient et l’accident (2/2) : L’étoffe des Gameiro

Maxime Baca est éternel.

Christian Gourcuff ne partage pas seulement avec Tiburce Darou son fournisseur de hanche en plastique. Les deux gourous frisonnants ont aussi en commun un dédain naturel pour les médias qui ne cirent pas suffisamment leurs baskets et une même incapacité à se remettre en question. La mauvaise saison du FC Lorient n’a de toute façon rien à voir avec son entraîneur. Quand on a été prof de maths et qu’on continue à donner des leçons de foot dans GQ magazine, on ne peut pas foncièrement avoir tort. Ce n’est quand même pas de sa faute si tous les entraîneurs de Ligue 1 à part Laurent Fournier ont compris la façon de contourner son 4-4-2 si imprévisible depuis dix ans. Et ce n’est pas de sa faute non plus, lui dont l’influence et les prérogatives sont tellement insignifiantes à Lorient, si le recrutement de l’été dernier a été complètement foiré.

Le plan Campbell

Grâce à lui, on a enfin compris pourquoi Jérémie Aliadière, recruté contre l’avis du corps médical (comme Julien Quercia, carence en calcium et jambe cassée pour la saison dès le premier tacle appuyé de Méïté), a fini sans club sa carrière en Angleterre. Trois bons matches pour une prolongation de contrat avec une grosse revalorisation salariale : l’ancien futur Thierry Henry blanc a au moins le sens des affaires à défaut d’avoir celui du but. Le recrutement lorientais, c’est aussi Mathieu Coutadeur, qui après Le Mans et Monaco pourrait réussir à faire descendre sa troisième équipe en Ligue 2 ; Joel Campbell, la pépite costaricaine prêtée par Arsenal, qui n’a toujours pas trouvé Big Ben dans le Morbihan ; Pedrinho, un coureur portugais, et Innocent Emeghara, aussi adroit devant le but qu’il a 22 ans.

Féry tale

Il faut dire que le club n’avait pas encore touché l’été dernier les premiers intérêts des vingt millions récoltés par les transferts de Koscielny et Gameiro. Le président Loïc Féry, qui s’y connaît en mouvements bancaires pour avoir fait les frais d’une affaire Kerviel avant même l’affaire Kerviel, a retenu la leçon pour le mercato d’hiver en attirant du lourd en Bretagne : Douniama, Lautoa, Gassama. Dans l’ordre : un attaquant d’1m62 avec dix matches de Ligue 2 dans les jambes, un défenseur de Sedan et un indésirable de l’OL déjà blessé pour plusieurs mois. La belle affaire.

Real-Bayern : Benz et c’est Bastian

Neuer-Casillas : mais qui sera Ballon d’or ? Peu importe : le Real a gagné au Camp Nou. Bravo.

Tout avait commencé par un foutage de gueule. Hier soir, pendant qu’un autre foutage de gueule se jouait au Camp Nou, Mourinho amenait Granero découvrir les coulisses d’une conférence de presse de demi-finale de C1. Interloqués, les journalistes ont posé des questions mais avaient-ils vraiment envie de savoir ce qu’on ressent en entrant à la 109e minute ? Sans doute pas. Ils auraient préféré par exemple savoir où Khedira et Marcelo ont appris à si bien rater leurs passes, ou si Ozil et Di Maria manquent soudainement les gros matches du printemps à cause du pollen. Mais ils n’en sauront rien non plus.

Boudeuse Liga

A la place, tout a fini par un foutage de gueule. Il se produit 38 fois par an et s’appelle Liga BBVA. Ce championnat si spécial où l’on peut marquer 100 buts en 30 matches, avoir des buteurs qui dépassent les 40 et se laisser amadouer quand même. On peut coller sept buts à Osasuna et penser qu’on fera la même chose à une équipe allemande. Et la Liga devient un précieux allié quand elle programme un clasico entre les demi-finales aller et retour. Mais comment prévoir que le Real et le Barça pourraient y être ? Faire tourner et lâcher le championnat juste pour être champion d’Europe, c’est réservé à ces cons d’Allemands et d’Anglais. Bien fait pour eux.

Les pichis chient

Papin et ses chaussures sportswear bon marché ont pourtant tenté, eux aussi, d’être à la hauteur de l’événement. Mais ça n’a pas suffi. Le Real a été champion d’Europe de l’été dernier au début du printemps, le temps d’oublier comment il l’était devenu : par le pressing haut, les courses, le dynamisme. Bernabeu a pu constater que ça faisait des dégâts hier soir encore, mais le Real ne jouait pas en rouge.

Il est évidemment savoureux de constater que Ronaldo a réussi le penalty qui ne qualifie pas et manqué celui qui qualifie, mais découvrir qu’il manque ses grands rendez-vous c’est comme découvrir que Benzema a été le meilleur. C’était le cas à l’aller, c’était le cas au retour, mais tant qu’il n’osera pas tout faire tout seul il laissera le Ballon d’or aux autres. Faudra-t-il que Robben l’obtienne pour qu’il comprenne ? Higuain, lui, a compris. On n’est jamais sur les tablettes du PSG par hasard, même dans un France Football sans sujet sur Otokoré.

Pendant ce temps-là, le samedi 19 mai à 20h45 W9 organise une soirée spéciale Simpsons.

Barça-Inter, Messi : Le ballon mort

Le Vestiaire l’avait dit, mais il ne s’attendait pas à un tel triomphe. Chelsea, quand même.

Quatre poteaux à zéro. On pourrait résumer la double confrontation à ce simple constat, mais il y en a un autre. Pas celui de Garretier, qui y voit encore une consécration de sa footballogie, toujours sur Infosport. Sans qu’on sache ce que c’est, ni ce que Steve Marlet fout à côté de lui. Peu importe aux yeux de Sergi Rodriguez, socio d’entre les socios, qui pleure encore à cause de Torres, sauf que cette fois Ronaldinho n’y est pour rien.

L’autre constat, c’est que le Barça s’est bien éliminé tout seul à force de se foutre de la gueule du monde. Ou alors Di Matteo est le nouveau Mourinho, on peut prendre les paris. Quand l’Europe entière entend plus de dix fois dans la même retransmission le nom de chaque défenseur du Barça, il n’y a que deux possibilités : soit il y a un problème, soit Kluivert est titulaire.

El Pibe de poteaux

Et, il faut bien le reconnaître, se raser le matin du match n’a pas été la meilleure inspiration de Lionel Messi, qui rajoute un mètre à toutes ses conduites de balle quand son gouatre apparaît. La vie de meilleur joueur de l’histoire est donc une création perpétuelle : être reconnu comme tel, battre les records de buts et s’offrir des quadruplés à tout va en Liga la saison où il ne va pas en finale à cause d’un penalty qu’il se charge lui-même de rater : ni Pelé, ni Zidane, ni Maradona n’avaient réussi. Face à une charnière Bosingwa-Ivanovic, Messi a réaffirmé son attachement au maillot argentin. Lizarazu a poliment attendu la 60e minute pour voir que Messi avait perdu de l’influence, c’était 150 minutes trop tard. Peut-être n’avait-il pas vu le clasico. Hier Messi a tout raté, et il ne doit qu’à un freinage d’Iniesta d’avoir été passeur décisif. Sinon, il aurait été passeur décisif pour un but hors-jeu.

Résumer l’échec du Barça a celui de Messi et de son penalty raté est tentant, mais Christian Jeanpierre l’a senti avant tout le monde et ça n’est jamais un signe rassurant. Car c’est l’échec de Messi qui est celui du Barça. Recruter Sanchez peut servir, parfois même à égaliser dans un clasico, mais au bout du compte on finit par regretter Villa, et ce n’est pas une mince affaire.

Tello goodbye

Il y a mieux, enfin pire : cette saloperie de Masia. A vous gangréner durablement un club, et pas seulement un sixième match sans enjeu de poules de Ligue des Champions. Guardiola a-t-il enfin compris le vrai fléau du baby Barça quand il s’est résolu à faire entrer Seydou Keita comme avant-centre pour toucher un ballon de la tête, à la barcelonaise ?

Le baby Barça, c’est Cuenca titulaire, qui a quand même fini par réussir une passe décisive, mais contre le 6e de Premier League on attendait aussi qu’Ashley Cole souffre, il le fait bien contre Arsenal. Son remplaçant s’appelle Tello et il a tout comprsia u jeu du Barça : il court vite et ne sauve pas son club. Mais où était Thiago Alcantara, le fils de Mazinho, le bébé de Bebeto ? On peut reprocher beaucoup à Messi, mais lui a préféré découvrir Chelsea à 19 ans plutôt qu’à 21. Et il avait gagné. Fabregas, lui, en a bientôt 25 mais il s’en remettra vite : il savait déjà perdre contre Chelsea. Seuls deux joueurs ont été à leur niveau parce qu’ils le sont toujours : Xavi et Iniesta. Ils viendront très prochainement offrir leurs tendons d’Achille au musée du club.

L’Equipe Mag a vraiment bien choisi son week-end pour son Mag spécial Barça. Vivement le dossier sur Messi futur Ballon d’or.

Londres 2012 : Ci-gît Doucouré

Qui est au courant qu’il y a aussi des championnats d’Europe cette année ?


C’était en 2005, la France découvrait qu’on pouvait être Français, courir chez les garçons et champion du monde d’athlétisme en même temps. Le tout dans sa première compétition du genre à 22 ans, désolé Stéphane on ne parlait pas de toi. On se mettait même à rêver que Stéphane n’ait été qu’une exception et qu’en vrai un champion qui ne se dope pas ne passe pas toute sa vie strappé et sa retraite, défiguré. Mais les années qui ont suivi nous ont rappelées à la réalité: un champion qui ne se dope pas, n’est pas obligé de payer Renaud Longuèvre à rien foutre mais il passera quand même plus de temps en cabine tout habillé avec Montel, que sur le tartan à moitié nu.

Ladji Ladji Ladji ? Aïe Aïe Aïe

On s’est alors résolu à suivre les exploits retentissants des successeurs de Mathieu Jouys et Cedric Lavanne : Samuel Coco-Viloin, la relève : 25 ans à peine et déjà 13″46 dans les pattes. Garfield Darien 25 ans à peine, notre champion d’Europe junior national, son record à 13″34 et sa chance de médaille à Daegu s’il avait pas été blessé rappelle Wikipedia. Et bien-sûr the star Dimitri Bascou, 25 ans à peine, la dynamite antillaise et ses 13″62 en demi-finale à Daegu, le nouveau Ladji et ses 13″26 aux France avec 4 m de vent favorable. Et bien-sûr son record personnel de 13″37 à peine plus élevé de 40 centièmes que celui du Ladji en question. C’est quand même pas mal 13″37, Doucouré 29 ans à peine, vient de les réaliser en plein mois d’avril après 6 saisons blanches.  Ca vous classe un champion, mais où ?  Qu’ils se rassurent, ça arrive aussi à Ladji de terminer 6ème d’un meeting à Sotteville-lès-Rouen en 13″73.

Et puis est arrivé le mois d’avril 2012, Ladji Doucouré est entré directement dans le top 5 mondial des performeurs, Patrick Montel s’est fendu d’un très subversif  « Come on Ladji » et l’espoir est revenu. Théoriquement il sera champion olympique. Mais s’il n’y avait que de la théorie, Stéphane Diagana se serait aussi tapé une ancienne miss France et pas Odile Lesage.

Pendant ce temps-là Wariner a perdu l’adresse du médecin de Michael Johnson. Pas Walter Dix mais ça lui servira à rien.

Barca-Real : Karim et châtiment

Jacquet était au Camp Nou, Houiller à Paris. Ginola devait être chez lui.

Il était frais et fier Gonzalo au coup de sifflet final, au milieu des bras levés de ses camarades bien fatigués. Le nez dans ses chaussettes et cet air constipé qui va si bien aux grands joueurs, il sait que grâce à lui Benzema est déjà douché pour peu qu’il soit capable de se doucher en 30 secondes. Il y a moins d’une minute leurs deux corps ne faisaient qu’un le long de cette ligne de touche qu’ils connaissent si bien. Si Benzema accepte encore de partager un peu de sa sueur, c’est qu’il ne peut pas faire autrement, il est sous contrat avec Madrid. Higuain aussi apparemment, au moins à partir de la 93ème minute. Cette fois il n’aura pas coûté la défaite. Mourinho sait désormais doser son temps de jeu, il lui a fallu deux ans mais ça vaut le coup : Benzema n’a eu aucune occasion et n’a servi aucune passe décisive, on appellerait presque ça un match à la Di Maria. Pourtant, il a fait probablement le meilleur match de sa saison.

Le dimanche des Ramos

Si Ramos, Pepe, Arbeloa et Coentrao n’ont été humiliés qu’une seule fois c’est sans doute grâce à lui. Si CR n’a pu s’offrir un doublé c’est aussi sans doute grâce à lui. A la 82ème minute, un 3 contre 1 est armé pour aller au bout, senor Karim choisit de déclencher une frappe lourdement molle que Valdes saisit sans douleur. C’est pourtant lui qu’Ettori considère comme un des plus grands gardiens du monde quand il donne une interview à 20 Minutes. On a les vieilles gloires qu’on mérite. Barcelone avait Henry et Eto’o, même en fin de saison. Désormais, ils ont parfois Tello et souvent Alexis Sanchez. Tout le reste a été nul à chier. A Barcelone, comme à Madrid. Heureusement CR est aussi adroit devant le but qu’Higuain dans le retrait de survêtement, ça peut toujours permettre de soulager les prestations d’Ozil dans les matchs qui comptent. On se met parfois à regretter Iniesta et Xavi. Et Mouss Diouf aussi.

Pendant ce temps-là, François Trillo nous fait saliver en annonçant le Messi du Top 14. Le Top 14 est-il un si mauvais championnat ?

Monte-Carlo, Murray : Andy sur le Ivan

Pendant que Nadal et Djokovic passent le temps au casino, Numéro 4 travaille dans l’ombre. Encore un effort et le court 17 de Roland lui réservera un bel accueil.

Quand les machines à sous et Jo Tsonga font du bruit, Guy Forget n’est jamais loin. Dix jours après son départ, il est déjà de retour mais il ne travaille que l’après-midi et certainement pas en regardant Benneteau, tout n’a pas changé non plus. Murray aussi est passé à travers la maille, ce n’est pas faute d’être entraîné par Lendl.

Lendl, nous y voilà. Même si le tennis ne reprendra pas avant le Challenger du TC Primrose, où Serra fera comme d’habitude de beaux desseins, le Vestiaire reste en alerte, même dans les contrefaçons de Masters 1000 qui programment et Tsonga et Simon à la même heure un jour de quart de finale. Il a suffi à notre spécialiste tennis d’entendre Julien Boutter, ou Lionel Roux, ou les deux, affirmer que Lendl c’est une bonne chose pour Murray, puis d’entendre Lendl dire que Murray avait les armes pour battre Berdych, pour se farcir le duel de 2h50, à l’aube pourtant d’une importante journée de Ligue 2. Et il n’avait pas échappé non plus au Vestiaire, dès le début de semaine, que Murray avait impressionné son monde contre Troicki pour son premier match sur terre.

L’effet Lendl, c’est aussi que Benneteau se blesse à 5-5 en huitièmes. Devenu intouchable, Murray allait donc coller une bonne branlée à un Tchèque, restait à déterminer lequel : le Tchèque sur le terrain ou l’Américain dans les tribunes ?

Coup droit Berdych, revers merdique

Le 100% de réussite sur balle de break est une première réponse. Murray sera bientôt 15/2, et gagner le premier set 7-6 en s’accrochant uniquement à son service, c’est même digne d’un numéro 1. C’est d’ailleurs en imitant le regard sûr de Djokovic et la démarche de Federer qu’il a regagné son banc. A côté, Berdych et son petit 5/16 sur ces mêmes balles de break n’a guère que la victoire pour se gausser. Il verra les demi-finales mais Murray, lui, a trouvé ce qu’est un numéro 1. Il faut trouver les solutions. Voyant bien que le coup droit de Berdych était inarrêtable, Murray a décidé d’imposer quelques smashes et volées hautes à son adversaire. Plus constant, l’Ecossais ne s’énerve plus uniquement entre les points, mais aussi pendant. Pas une attaque, que des remises défensives, il a même corrigé son principal souci : sa qualité de retour. Lendl est en train de régler durablement le problème de Murray : les finales de Grand Chelem.

Balles à mi-court, fautes directes, amortis trop longs et même un ou deux services extérieurs : Murray a tout tenté. Et si Berdych était imbattable, comme un ancien capitaine de Coupe Davis l’avait constaté en caressant les cheveux de Simon ?

Chelsea-Barça : Au pain Cesc

Messi-Ronaldo, des buts, du spectacle : il ne manquera que le Bayern et Chelsea au clasico de samedi soir.


En quoi allumer Infosport à 22h48 un soir de demi-finale de C1 permet-il de mieux expliquer l’inexplicable ? Geoffrey Garretier a la réponse, à défaut d’en avoir une valable pour définir le métier de footballogue. En expliquant que les dimensions de Stamford Bridge ne sont pas tellement plus petites que celles du Camp Nou, et que l’Inter y avait parfaitement défendu il y a deux ans, Garretier a mis le doigt sur quelque chose d’essentiel : il est inutile d’avancer n’importe quelle connerie pour analyser le 1-0 d’hier soir. Chelsea a eu une occasion, le Barça une dizaine, les meilleurs journaux de presse régionale appellent souvent ça le charme de Dame Coupe de France. Et encore, en Coupe de France le petit arrive généralement à placer une deuxième attaque avant la fin.

Tout ça n’empêche ni Barcelone de se qualifier, ni une finale Chelsea-Bayern, ni Steve Marlet de débattre de Ligue des Champions avec Garretier si on n’a pas déjà zappé sur la rediff de Calvi. En plus hier il y avait Benoît Muracciole, normal pour parler des réseaux multi-délinquants. Boniface était pris, sûrement trois ou quatre bouquins à publier avant le premier tour.

Cole girls

Le merveilleux sens tactique de Di Matteo tient finalement en trois choix : que Guardiola ait aligné Sanchez et Fabregas et qu’il ait fait entrer Pedro. Dire qu’ils ont tout raté comme des merdes serait trop simple et un peu injuste : Sanchez n’avait joué de demi-finale ni avec l’Udinese ni avec le Chili, Pedro n’a toujours pas trouvé comment comment avouer à Guardiola que lui il a une réplique de la Coupe du Monde à la maison. Et Fabregas s’est brutalement rappelé qu’il avait déjà joué sur cette pelouse, puis il a revu avec quel maillot et le cadre a foutu le camp.

Pour le reste, comme d’habitude, Messi a plus tiré sur Terry que l’inverse, de toute façon Terry ne la met au fond qu’en présence de la femme d’un coéquipier. En étant moyen, en finissant impuissant, le Barça a été plus dangereux qu’en 2009 et Chelsea beaucoup moins. Logique : à 35 ans de moyenne d’âge et avec un pugilat à préparer dans une semaine s’ils veulent s’offrir leur finale, il faut se gérer. Comme Cole et Lampard, Terry n’est plus aussi endurant et depuis que son ex-coéquipier Bridge lui a mis son poing dans la gueule, il a appris à ménager sa monture. En face aussi on vieillit. Henry et Eto’o n’avancent plus, et les demi-muscles d’Iniesta ne peuvent pas faire le coup tous les ans. Un joueur formé au Mans, lui, y arrive encore très bien. Il n’a besoin de personne d’autre devant, il ne se retourne jamais et ça vaut mieux : les quelques plans serrés sur les cheveux de Meireles sont un début d’explication aux difficultés collectives de Chelsea. Autant la jouer à l’ancienne, quand on a éliminé Naples en prolongation que peut-on craindre ?

Pendant ce temps-là, Yoann Gourcuff revient à point nommé pour qualifier Lyon en Ligue des Champions.

Bayern – Real : Sous la Jupp des filles

C’est l’une des plus grandes réussites d’entraîneur de ces vingt dernières années : le Real est en position de se faire éliminer par le Bayern. On n’a pourtant rien contre Badstuber.

Rêvait-il d’être Capello, en tout cas il va bientôt le devenir. Un entraîneur éventuellement champion d’Espagne, ça n’empêche pas : c’était le cas en 1997 et en 2007. Deux ans après son arrivée, un an après sa révolution culturelle, la méthode Mourinho a livré une partie de ses vérités hier, celle qui conquiert l’Europe en deux ans même avec Porto et sans la moindre moustache. A Madrid, il a façonné une équipe qui base sa réussite, ses occasions et ses attaques sur sa défense en avançant. Ou à défaut qui confisque la balle, redouble les passes et la file à un des pieds de Ronaldo Ou qui file des coups de pieds. Une demi-finale de Ligue des Champions, c’était l’occasion rêvée de faire l’inverse, à part s’appuyer sur le pied de Ronaldo. Le pressing a été aussi intermittent et désorganisé qu’une soirée des Gérard. Et Ronaldo sait aussi frapper tout mou sur le gardien quand il veut. C’est un truc de grand joueur : à quoi bon se relever et réussir son match alors que l’arbitre n’a pas sifflé la faute ?

Cristiano Ronaldinho

Elie Baup, lui, avait mis une casquette. Ca ne lui a pas empêché d’envoyer quelques CV par texto à la mi-temps, ni de voir que Di Maria et Khedira n’avaient toujours pas compris grand-chose au haut niveau. Et il y avait Benzema. Le sens du jeu, une avant-dernière passe décisive : on ne va pas s’étonner qu’il ait ça. Les trois occasions foirées, on attendait justement de voir. C’est donc un match de merde, et il a été le meilleur des attaquants du Real avec Pepe et Xabi Alonso. C’est là tout le génie de Mourinho : proposer Coentrao et Arbeloa aux deux seuls joueurs du Bayern, autrement dit oser le complexe de supériorité sur un match aller, il fallait le faire.

Mourinho savait sans doute que la finale doit se jouer sur cette pelouse dans un mois, aussi il fallait que les remplaçants prennent leurs marques, sait-on jamais, une suspension est si vite arrivée. Celle d’Higuain par exemple, qui n’aura qu’à gueuler une autre fois sur l’arbitre qui vient de siffler un coup franc en sa faveur au retour et au niveaux cartons jaunes il sera prêt pour la finale. On a les doublés qu’on mérite, et cinq minutes suffisent Précisons quand même que quand il remplace Benzema, le score est de 1-1. .A Barcelone samedi il pourra même avoir droit à un peu plus, à moins qu’une défaite 5-0 ne rapporte cinq points au Barça ?

Sur le banc d’à côté, il y avait Jupp Heynckes et Thomas Müller. Tout n’est pas perdu. Surtout pour Houllier à qui on avait payé l’avion, l’hôtel. Le marchand de sable siliconé qui va avec a dû passer. « Je donnerais un beau 8 à Ribéry. J’ai bien aimé Abala aussi. » Il s’appelle Alaba.

L’Edito : Le choix des burnes

La Ligue des Champions commence sa saison et Higuain serait annoncé remplaçant ? On ne peut vraiment pas faire confiance à ces sondages.

Alors que certains hésitaient entre des câlins (baiser dans le langage de Tex) et des meetings politiques (baiser dans le langage de Pierre Moscovici), ce fut un week-end compliqué pour Patrick Montel qui ne fit ni l’un ni l’autre, trop occupé à se moquer  à coups de vannes insidieuses des marathoniens parisiens : « Bon courage » a-t-il affirmé, un cran au-dessus de son « Enoooorme! » au soir de la qualification de Quevilly. Abordera-t-il le redouté tabou de la course en sac dans les kermesses ? Sa carte de presse le lui commande, comme celle de Daniel Lauclair lui commanda, samedi soir, de ne pas trop embêter Deschamps avec ses questions.

Un tour à Lauclair

Compliqué tout ça, comme la double mission du requin Blanc résumée aux 7ème et 8ème minute d’Arsenal – Wigan : éviter Wenger et Sagna à l’équipe de France.

– « Incroyable ! Moses s’infiltre à nouveau côté gauche et crucifie Sagna. Le centre en retrait du Latic est cafouillé par la défense londonienne, le ballon fuit les bras de Szczesny et revient sur Gomez, qui marque d’un pointu à bout portant ! »
– « Suite à un très mauvais ballon de Sagna, le contre est lancé du côté de Wigan. Gomez hérite du ballon côté gauche et trouve Di Santo à l’entrée de la surface. L’ancien joueur de Chelsea efface Szczesny d’un ballon lobé pour marquer dans le but vide ! »

Marseille est menacé par la relégation et la Ligue des Champions. On n’a rien à envier à cette merde de championnat anglais. A part peut-être Tevez, qui aurait fait un bien fou à Paris et Nênê. Mais si Ancelotti a laissé partir Erding, ce n’est de la faute de personne. La différence, c’est la constance, comme pour Gasquet, qui à peine remis de l’émotion d’un forfait pour la Coupe Davis, a enchaîné par un autre pour Monte-Carlo. On joue comme on s’entraîne, et lui il a fait un foot à l’Insep.

Pendant ce temps-là, Michel Drucker va consacrer un dimanche entier au tennis français en recevant son plus beau fleuron Jean Gachassin. Peut-être en profitera-t-il pour présenter ses ouvrages sur le tennis : Le rugby est une fête publié 1969, Lux, Dourthe, Maso, Trillo, Carré d’as du rugby, publié en 1970, Le rugby des villages de 1974. En voilà un qui sait de quoi il parle surtout quand il s’agit de prize money. Et ça pourrait même faire revenir Fabrice cent euros.

Monte-Carlo: Simon papa rata

Il était fasciné par Noah sur scène, il était coaché par Forget. Autopsie.

La Coupe Davis, on naît avec ou pas. Comme Tsonga, Gasquet, Llodra, Benneteau, Monfils, Chardy, Mahut et Ascione, il n’est pas né avec un saladier d’argent dans la bouche. Gilles Simon avait pourtant le profil idéal : jouer en équipe son sport individuel, lui à qui on a toujours dit que les autres étaient plus grands, plus musclés, plus prometteurs. C’était taillé sur mesure : en équipe de France, il est d’ailleurs venu après les autres, Tsonga le patron, Monfils la rock star et même Llodra quand c’est Troicki en face. Simon, son jeu d’attente et le petit break qui tombe toujours au mauvais moment, autant se les garder sous le coude. Surtout que plus on attend, plus il ouvre sa gueule dans L’Equipe.

Guy du routard

Dix matches et six défaites plus loin, tout est limpide. Harrison, Koubek, Schwank et Almagro, ça fait bien quatre victoires, dont trois en deux sets gagnant, ce qui en Coupe Davis veut dire victoire de prestige. A part ça, il y a eu deux taules contre Berdych et Stepanek quand il était 8e mondial, une contre Djokovic mais c’était en finale, un 0-6 au cinquième contre Melzer mais c’était à Vienne, une contre Ferrer mais c’était sur terre battue et une contre Isner mais c’était pour dire au revoir à Guy. « Ses encouragements sont très importants, mais sur le jeu je préfère qu’il me laisse réfléchir tout seul. » On le comprend : il y a trois ans il a quand même battu Nadal et Federer aux premières lueurs de l’automne. Ca vous classe un joueur : 13e mondial, quand même.

Lorient et l’accident (1/2) : Les petits Moustoir

Christian Gourcuff est bien le père de son fils.

Ceux qui s’inquièteraient pour l’avenir du FC Lorient en Ligue 1 ne connaissent sans doute pas les trésors d’ingéniosité que cache Christian Gourcuff sous son casque frisé. Alors que son équipe n’avait plus gagné un match depuis trois mois, le plus Breton des entraîneurs bretons a d’abord eu la bonne idée de la faire travailler à huis-clos pendant une semaine avant de recevoir Rennes. Dehors les douze chômeurs et les deux journalistes qui viennent passer le temps chaque matin au Moustoir ! Enfin libérés de la pression, les Merlus ont perdu 2-0 à domicile, mais Ecuele Manga et Lamine Koné ont fait plus de passes à eux deux que tous les Rennais réunis et c’est bien ça qui compte.

Hennebont pour le service

Pour fluidifier encore un peu plus le jeu à une touche de balle entre ses défenseurs, Gourcuff père a ensuite décidé d’emmener toute sa troupe en stage au bord de la mer. Pour bien bousculer les habitudes, il a choisi Carnac, à 40 km de Lorient ; plus de deux fois la distance qu’il accomplit chaque été entre sa maison d’Hennebont et sa résidence secondaire de Gâvres. Un monde. Les Lorientais ont été tellement dépaysés que le miracle s’est produit le week-end d’après à Ajaccio : Grégory Bourillon a marqué un but. Ilan aussi.

Moustoir academy

Malheureusement, les effets du stage se sont rapidement estompés. Une défaite à domicile contre Evian-Thonon-Gaillard, une autre la semaine d’après à Nice et les voilà relégables pour la première fois de la saison. Alors, cette fois, Gourcuff a déployé les grands moyens en appelant un vieux copain à la rescousse : Tiburce Darou, le préparateur physique et mental de la Star Ac, qui est aussi celui de son fils, ce qui est un peu pareil. Faire venir le préparateur physique et mental d’un autiste blessé depuis six mois pour sauver des estropiés de la relégation : il fallait y penser. A la prochaine défaite, le Morbihanno-Finistérien fera chanter Nolwenn Leroy dans les vestiaires tant que son équipe n’aura pas eu 65% de possession de balle.

PSG : Carlo en fait l’autiste

Aligner Matuidi et Sissoko est-ce renoncer ?

S’il n’avait pas tous ces milliards d’avance, le Paris Saint-Germain ressemblerait à cette petite équipe bien partie pour accrocher le podium de Ligue 1, qui s’échine à garder de l’avance sur le quatrième et créer une immense surprise sans vraiment y croire. Il pourrait même s’appeler Montpellier. Manque de chance, Montpellier existe déjà et pour se retrouver sur le podium ils ont choisi d’être les meilleurs. Chacun sa méthode, Paris a dû opter à la hâte pour un entraîneur italien non conservé par un club anglais.

Carlos en Cerruti

Ancelotti, c’est la promesse de lendemains heureux, de stars qui signent la saison prochaine, c’est aussi la promesse d’une promesse de beau jeu. Tant pis pour la moyenne de points qui baisse, la moyenne de buts encaissés qui monte. Sinon comment aider Lyon à rêver de Coupe de France un soir de mars ? Peut-être en expulsant Sissoko une fois tous les deux matches. Ce n’est pas une consigne du coach ?

Ancelotti aime les stars et sait les mettre à l’aise. Pastore n’en est donc pas une. Quel dommage que Chantôme soit blessé si souvent, avec son niveau de la fin de saison dernière il pourrait si facilement valoir 70 millions d’euros. Amusant : c’est à peu près le gain d’une bonne campagne en Ligue des Champions. De toute façon, Paris ne s’y présentera que pour la gagner, comme le PSG de Pauleta faisait avec la Coupe de la Ligue. Comment ne pas y penser déjà : laisser le ballon à l’adversaire, encaisser un but et attendre que Menez, Nênê ou Alex marquent sur un ballon qui traîne, tant d’équipes ont été championnes d’Europe grâce à ça. Pas besoin de dominer ni d’enchaîner trois passes, Ancelotti connaît ses classiques.

Jay Jay aux cochons

Qu’il est fascinant de voir qu’on peut avoir entraîné le Milan AC huit ans et perdre ses moyens quand on doit choisir entre Gameiro et Hoarau. Se dire que le petit Corgnet de Dijon, il faut s’en méfier, ça change de la Premier League, mais là-bas qui empêcherait Luyindula de faire du vélo d’appartement ? La Ligue 1 est ainsi faite : on peut tout imaginer, à la fin Jallet est incontournable, Nênê se charge seul de piquer des crises et gagner les matches. Du temps d’Okocha déjà on se faisait avoir : il avait l’air plus fort que Laurent Leroy, mais les deux jouaient autant et au bout du compte, lequel a fait perdre le moins d’argent au club ? Biétry était président, c’est vrai aussi.

Pendant ce temps-là, Paris et Montpellier ont 63 points, quasiment le même calendrier, et Montpellier est devant avec une meilleure différence de buts, la meilleure défense, le meilleur buteur et un match en retard. Qu’est-ce qui peut bien empêcher Paris d’être champion ?

Coupe Davis : Such a nice Guy

Tout a commencé contre Sampras et Agassi, tout a fini contre Isner et Harrison. Bravo et Bercy pour tout.

Ils n’ont tous connu que lui, et seul Roger-Vasselin a pleuré. Treize ans de franche camaraderie, les victoires avec Escudé, les défaites avec Gasquet, les Paulo mal taillés, ça valait bien une der chez lui, le résident suisse, à Monte-Carlo.

« Triste » pour Monfils, Forget a été « impressionné » par Isner. Contrairement aux apparences pourtant, il ne s’est pas contenté de sortir les mêmes merdes que d’habitude et de poser avec persuasion et compétence les serviettes sur la chaise de Simon vendredi en évitant soigneusement de le vexer d’un conseil malvenu, bref d’un conseil. Guy ne pouvait pas partir à Bercy, le tournoi pas le ministère des Finances, en laissant planer le doute sur son véritable métier. On peut être consultant et meneur d’hommes.

Rien ne sert de Courier

Alors, Guy a tout dit. Notamment ce qu’il n’a jamais osé dire à Pioline, Mathieu, Monfils ou Llodra peut-être, mais au moins c’est dit et c’est Tsonga qui prend. « On a tous des devoirs. Jo est notre leader, il est 6e mondial, il souhaitait jouer contre Isner sur terre battue. » Il ne souhaitait sans doute ni perdre, ni entendre ce genre de conneries dans la bouche de son capitaine la veille, mais il a perdu. Aussi honteux que de perdre contre un jeune Agassi 10e mondial quand on est 7e.

Que Tsonga se rassure, ça n’empêche ni de réussir la suite de sa carrière, ni de réussir dans la vie. On peut même devenir un bon mec ou un vrai connard. « On nous a vendu les Mousquetaires il y a quatre ans. On est face à nous-mêmes et face à des joueurs qui sont à notre portée. Ce n’est pas Nadal non plus. Si on ne gagne pas, c’est qu’on n’est pas assez bons et qu’on n’a pas notre place. » On n’écrirait pas plus belle lettre de démission.

Pendant ce temps-là, personne n’a dansé Saga Africa à la fin du match. Ils ont perdu ?

Ligue des Champions : Deux supo et Olic

Cette année encore, les remplaçants du Bayern étaient vraiment trop forts.


C’est une histoire assez marrante. Une équipe battue 2-0 chez elle à l’aller et qui, parce qu’elle entend le mot exploit le matin du match, se met à tout faire pour le réussir. L’exploit n’est pas passé loin, et même un double : primo l’OM a quand même eu la première occasion, deuxio sans Mandanda il y avait 7-0 à la mi-temps. C’est précisément là où l’histoire devient marrante : à une semaine d’intervalle, l’OM a considéré que jouer haut quitte à laisser de l’espace entre ses lignes était la meilleure solution. Deschamps a donc aligné ses joueurs les plus dangereux : Ayew a remplacé Ayew, Brandao a amené son toucher de balle à la place du physique d’Amalfitano. Et bien sûr Cheyrou, le leader technique : toujours titulaire en début de saison, rarement au printemps sauf en cas de crise. Quand on n’a pas eu le niveau des 8e de finale durant ses 29 premières années, il est logique de prétendre avoir celui des quarts à 30 ans. Allez savoir pourquoi les Allemands marchaient plus vite qu’il n’accélérait. Gignac, lui, ne prend plus le risque, de toute façon Deschamps interdit qu’on lui prête un ballon. L’OM a assez perdu d’argent avec lui.

Milan haché

Tout aussi drôle est l’histoire d’un Milan qui a cru beaucoup de choses avant d’aller à Barcelone. D’abord que le 0-0 de l’aller était le résultat qu’il fallait. Du coup le fameux but marqué au Camp Nou vaut double. Canal aussi s’y est laissé prendre mais tout est rentré dans l’ordre : Weil a présenté Route Irish une heure plus tard, la séance indépendante coup de poing.

Ensuite, Milan a cru qu’avoir fait 2-2 en poules à Barcelone permettrait de faire 2-2 en quarts. Et puis bien sûr qu’Ibrahimovic a attendu 2012 pour devenir décisif en Ligue des Champions. Sur ce point, on peut discuter : une passe décisive et deux accélérations, c’est du jamais vu, Messi y laissera probablement son Ballon d’or.

Mais que serait la Ligue des Champions si on devait regarder l’année de naissance d’Ambrosini et de Seedorf ou si Brandao cadrait sa tête seul à 6 mètres à la 69e minute ? Il faut pourtant s’y résoudre : à une trentaine de tirs près, le grand Milan donnait la leçon au Barça. Nicosie, qui n’est pas Lyon, a donc encore toutes ses chances.

Pendant ce temps-là, plus que Chelsea à dégager et on pourra enfin commencer la Ligue des Champions.

La légende : Didier solo

Le Bayern, en finale, c’était 2-0, 1-3.

Sa fiche Wikipedia dit de lui qu’il est connu pour avoir marqué l’un des trois buts du plus grand exploit de l’histoire des Coupe d’Europe. Comme toujours, il faut se méfier de Wikipedia. Car Didier Tholot n’est pas connu pour ça, il n’est pas connu du tout. Seuls quelques geeks le savaient. Ils savaient aussi que ce fameux but où Didier, cage grande ouverte, tire sur le gardien est aussi flatteur dans sa conception que la coiffure du même Didier. Ce catogan ringardisé par Laurent Brochard dans la descente vers Loudenvielle en 1997. Il s’en est fallu de peu pour que Didier Tholot lui même soit considéré comme tel. Il n’aurait alors eu plus qu’à entraîner Libourne, Sion, Reims ou Châteauroux. Heureusement, il a aussi un peu participé au troisième but. C’est lui qui fait l’appel foireux sur la passe ratée de Zidane, avant que Dugarry cadre une frappe. Faites pas semblant, vous ne saviez pas. Personne ne savait.

La légende : L’insoutenable légèreté Delaitre

Si Delaître n’a jamais rien gagné, Monfils n’a pas fait beaucoup mieux. Au moins ils sont au diapason. Mais seul l’un des deux a battu Borg, il y a 20 ans. L’autre c’est Federer, il y a deux semaines. Dans les deux cas, l’adversaire avait 50 ans.

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Entre battre Becker pour laisser Lionel Barthes aller au 3e tour à Lyon et gagner un simple pour du beurre en Coupe Davis contre le Suédois Holm, Olivier Delaître n’a pas choisi. Avait-il vraiment le choix ?

L’exploit se produit à Nice, au cœur du printemps 1992. Habitué des premiers tours difficiles depuis une bonne demi-décennie, d’ailleurs Javier Sanchez vient de lui laisser trois jeux à Indian Wells, Olivier Delaître croit à la malédiction lorsque le tirage au sort lui propose Bjorn Borg. Tout lui revient alors en mémoire, cette défaite en demi finale à Long Island contre Edberg, cette autre en quarts à Bâle contre le grand blond, tout ce qu’il n’a jamais pu être. Alors, Borg va payer pour tous les Suédois. 7-5, 6-2, 76% de réussite derrière sa première balle : le mètre 70 de Delaître fait des merveilles.

Boucle dort

La machine est lancée, Edberg encaissera donc sans broncher un 6-0 à l’US Open un an plus tard. A un set près, Delaître aurait même gagné le match mais la règle est formelle : en Grand Chelem, il faut en gagner trois, Novacek l’aura bien compris au tour suivant. A 25 ans, c’était le déclic pour Delaître, et peu importe si Borg en avait onze de plus et avortait là son quatrième come back.

C’est aussi à Nice, en 1999, que s’arrêtera l’aventure Delaître en même temps que commencera celle de Markus Hantschk, 7-6, 6-2.

ATP, Gasquet : Sexe, drogue et raquette drôle

Pour Miami, Ritchie s’était préparé comme il se doigt. Faute d’orthographe ?


Cette fois c’est sûr, même pas de pipe à la coke. Battu par un Espagnol dont Nadal ignore probablement l’existence, Richard va partir à Miami avec un goût de revanche dans la bouche, même pas coupé au gloss de cochonne. Gasquet est énervé, pour la première fois depuis que Nadal lui a pris un set à Tarbes il y a treize ans. Au moins il comprend mieux à quel point papa et son ceinturon en cuir voulaient son bien les soirs de défaite. L’intransigeance ne vaut que si elle est appliquée à soi : « A un point près, c’était un bon match de ma part… »

Albert Ramos, c’est le nom du bourreau, 57e mondial à ses heures perdues, a provoqué la colère de Ritchie. Une question d’ego : après la victoire contre Roddick, les presque victoires contre Murray, le bisou, la suspension, Lagardère, l’appli Coupe Davis de Winston Salem, le tout entre deux victoires sur Federer, cette fois c’est sûr : il a trouvé son déclic. Au revoir les excuses, bonjour la compétition, l’obsession du résultat. « J’étais malade la semaine dernière, je suis resté alité cinq jours avec la fièvre et je suis arrivé ici fatigué après un long voyage ». Le syndicat des joueurs s’est trouvé un nouvel étendard.

Istomin antipersonnel

Il ne passe plus rien à personne, et surtout pas à lui-même. Ses coups droits de relance tout mous à mi-court qu’il joue en reculant à cinq mètres derrière sa ligne parce qu’il passe son match à défendre, il n’en peut plus. « Je suis très énervé c’est clair car je le laisse un peu jouer. » La diatribe est violente, autant qu’un vainqueur des Petits As en désintox. Avant de le déposer à la halte-garderie, Piatti lui donne chaque matin les mêmes conseils : prendre l’initiative, attaquer et bien sûr se brosser les dents avec du dentifrice. Deblicker y pense peut-être aussi quand il a le temps, mais est-ce que Raël lui-même a déjà fait progresser des joueurs ATP ? Grosjean, on ne sait pas trop ce qu’il a pu dire : neuf victoires et six défaites, mais oui c’est bien un début de saison médiocre. A une nuance près : il a battu un top 10, même nommé Tipsarevic. Pour situer l’exploit, c’est comme si Ritchie perdait contre Istomin, Kohlschreiber, le cadavre de Davydenko et celui de Youzhny en l’espace de trois mois.

« Il faut se projeter sur ce cher tournoi de Miami. » Papa n’aime pas les effrontés ironiques, ça va se finir avec un grip sur la bouche.