Mondiaux d’Athlé : Lagarde alternée

Au regard du nombre de messages reçus sur equipe.vestiaire@yahoo.fr la question qui hante les nuits de tout amateur de sport qui se respecte concerne l’avenir de celui que l’on aime déjà appeler PML. Et pourtant ça ne dit rien à personne.

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Si on l’appelle PML ce n’est pas seulement parce que son nom fait pas très classe, mais sans doute surtout pour ça. Pascal Martinot-Lagarde a donc pour la deuxième fois les honneurs d’être cité sur www.le-vestiaire.net. Alors pourquoi un tel intérêt si soudain ? D’abord parce qu’il nous est vendu comme la nouvelle vedette du sprint. Visiblement les médias ont eu leur dose du défaut de prononciation de Christophe Lemaitre et de son duvet de barbe. Bien que lui n’ait pas eu sa dose, ceci expliquant sans doute cela. Quand ils ont compris que la seule ombre qu’il ferait à Bolt serait dans les startings blocks, les commentateurs ont cherché une nouvelle cible. Le prétentieux Lavillénie c’est sympa, il arrive à gagner à peu près tout le temps mais c’est pas bien compliqué quand Bubka n’est plus là. Mesnil et ses chaussettes non plus n’est plus là et c’est tant mieux. Mekhissi est encore un peu trop infréquentable comme Tamgho. Finalement le seul qui n’ait pas encore tabassé sa copine, une mascotte ou son concurrent c’est Jimmy Vicaut, donc c’est PML. Car personne n’aura jamais de médaille sur 100m.

La PNL de PML

PML a donc des dreadlocks, court vite en sautant et connaît Patricia Girard sans la sauter. Ces raisons ne seraient pas suffisantes si le garçon ne tentait pas de faire oublier Ladji Doucouré et serait même en train d’y parvenir. Avec deux blessures en deux ans il est même largement en avance. Côté chrono, Coco-Viloin, Bascou et Darien commencent sans doute à comprendre pourquoi on s’est autant foutu de leur gueule quand ils avaient le même objectif. Pour autant il ne faut pas vendre la peau de PML avant qu’il ait tué David Oliver et qu’il soit sorti de l’infirmerie. Car Ladji Doucouré est quand même avec Diagana et Perec le plus grand champion français de tous les temps. Parce qu’il n’a pas toujours été blessé et qu’un bon chrono ne suffit pas, sinon on se souviendrait de Mehdi Baala pour autre chose que ses esquives face aux directs gauche-droite de Mekhissi. Les 13″12 de PML dans cette jolie ville d’Areva le classent donc comme 32ème meilleur performeur de tous les temps, à presque 22 ans. Environ au même âge Ladji était à 13″06 en demi-finale à Athènes. On en reparlera donc le 12 août à 19h05. Si le temps effectué ne signifie rien, le lieu et le contexte veulent dire beaucoup, pour Doucouré pas pour PML. C’est dans les grands rendez-vous que l’on découvre le vrai visage des champions. Avant que Tamgho se plante partout et qu’il se blesse tout le temps, on pouvait penser qu’il écraserait sa discipline. En 2005, Ladji écrasait Liu et les restes d’Allen Johnson pour s’offrir le titre suprême même si c’est à Angers qu’il fit tomber au plus bas son record de France et qu’il entra dans le top 12 toutes époques et dopés confondus. Ensuite il écrasait pour toujours son tendon d’Achille.

Pour mémoire, à Areva en 2005 Doucouré finissait en 13″02, la piste fut donc curieusement encore plus rapide pour lui. Dans des conditions identiques, Diagana n’a connu qu’une seule fois les joies d’aller trop vite : c’était à Lausanne le 5 juillet 1995 où il battit le record d’Europe qui lui aurait permis de tout gagner. Mais il n’en remporta qu’une ce qui est déjà pas mal. La majeure partie du temps restant, il était comme Doucouré en rééducation. Et pour l’instant Martinot-Lagarde a préféré commencer par là. Mais après tout il n’a loupé qu’une olympiade, pas plus que Tamgho.

Une réflexion au sujet de « Mondiaux d’Athlé : Lagarde alternée »

  1. Eh oui, « PML » en a appris (ou pas semble-t-il) une belle durant ces championnats d’Europe : faire un tour d’honneur quand on est troisième c’est déjà pas formidable, mais en plus il vaut mieux peut être déjà vérifier qu’on est pas quatrième en fait. Et si on pourrait avoir un peu de pitié en raison de son retard mental, c’est par contre plus difficile lorsque le bonhomme s’est autoproclamé champion de l’univers de tous les temps depuis ses 12″95.
    Au final, il a récupéré la médaille de bronze, qu’il a filé a son pote Bascou après avoir dit que ça ne représentait rien pour lui. Amsalem a fait les gros yeux. Il a publié un petit mot d’excuses sur son facebook pour dire qu’il ne voulait pas être méprisant envers ses adversaires en demies…
    Excuses ou pas, je lui préfèrerai toujours un Lemaître avec sa naïveté un peu simplette, un Michael Hanany, looser increvable, un Kafetien Gomis qui y arrive enfin à l’aube de l’andropause (alors que Sdiri vient d’enchaîner son 45ème championnat sorti en qualif et à 60cm de sa meilleure marque de l’année).
    Surtout, je ne le respecterai jamais comme un Doucouré qui a le courage et la force d’être toujours là, à des chronos qui n’ont rien de honteux, des années après avoir connu le sommet, et en avoir loupé un second pour une putain de faute sur la dernière haie. Les 13″38 de Ladji de cette année, même avec un vent trop favorable, valent mieux à mes yeux qu’un mythomane « sub-13 », quand on se fait dessus en finale. Shubenkov, lui il était à son niveau et il a gagné.
    Les vrais champions c’est aussi ceux qui ne vivent pas sur les réseaux sociaux d’une main, lorsque l’autre sert à s’astiquer en imaginant battre Allen Johnson, après une seule vraie marque de marque.
    Les vrais champions ont la classe et ne la ramènent pas, pas des brassières dorées à la con. Les médailles ça fait pas tout.
    Bon, au moins, lui il ne casse pas les bras de ses copines d’entraînement à l’INSEP et n’étrangle pas des sprinteuse à Boulouris !

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