Le Colonel Fabien, acte 2 : Brice dévisse

Pour aller d’Agen à La Rochelle, il n’y a qu’un seul chemin et ce n’est pas l’autouroute.

Pour la première fois depuis un vingtaine d’années, Jean-Luc Sadourny a enfin pu faire une nuit complète. Dimanche, le Columérin a reçu la confirmation que son pote le Colonel n’aurait plus besoin de ses services. Se débarrasser une bonne fois pour toutes de Médard, c’est un soulagement. Mais en même temps c’est pour cela qu’il a été engagé : retrouver, quels que soient les moyens employés, la filière qui rend les joueurs bons comme ils l’étaient en 1995. Après avoir supprimé (lire nos épisodes précédents) le reliquat, le Colonel a choisi un par un ceux qui ressemblaient le plus à des joueurs de rugby. « Les pleureuses » comme on les surnomme affectueusement sans aucun sexisme ont donc désormais la chance de ne disputer que le Top 14 . Et la Coupe d’Europe pour les plus téméraires. Tous, sauf un. Le seul rescapé, ressuscité d’entre les morts, Brice Dulin. Ce n’est pas faute pour le Colonel d’avoir tenté de l’abattre comme les autres alors qu’il gambadait dans la campagne francilienne.

Brice du vice

Mais avec ses appuis singuliers le mètre 76 est parvenu à se faufiler entre les balles pour trouver refuge à quelques encablures des barres de Port-Neuf. Le quartier défavorisé de l’Ecole Descartes, qui donne sur la mer. Là-bas, coincé entre l’allée du Mail et l’excellente poissonnerie Moreau, Brice a enfin pu voir de près à quoi ressemblait un ballon ovale. Et ce qu’on pouvait faire avec. Il faut dire que quand Grégory Alldritt lui a fait découvrir la supérette U express et les marginaux qui la squattent, Brice a vite compris que l’argent ne faisait pas forcément le bonheur de jouer au rugby.

Ensuite, il a découvert que l’ambiance pouvait rester familiale en jaune et noire. Comme à l’époque où une interview dans le Petit Bleu constituait le sommet de son début de carrière. Le lycée Bernard-Palissy, le café de la Poste toujours lui et le Pruneau show. Et soudain l’équipe de France. Puis le trou noir. Comme une fracture de mâchoire lors d’une nuit arrosée montoise, pléonasme. Car en plus de se montrer aussi intelligent qu’un soulard lambda, donc qu’un Landais, voire un Lot-et-Garonnais côté Casteljaloux-Marmande, Brice se révèle aussi doué que ces derniers sur un terrain. La Fédérale 3 lui tend les bras. Même cette pathétique génération Guirado n’en veut plus. Puis le miracle.

Dulin et l’autre

Alors que le maçon Bouthier, Landais de Bretagne, devient intouchable, le Colonel profite de la situation sanitaire précaire pour chercher comment humilier les Anglais une nouvelle fois. C’est même devenu une obsession. Il sélectionne alors la moitié de l’effectif l’URC Dumbéa, club calédonien de rugby à 7 qui ne remporte même pas le titre local chaque année. Et cherry on the cake, il choisit de rappeler Dulin puisque Ramos ou Hamdaoui feraient largement l’affaire. Vous pensez sans doute à cet instant que son plan s’est grippé puisque Dulin a réalisé la meilleure prestation d’un arrière international depuis 25 ans et que les Bleus ont perdu ? Mais imaginez juste une seconde qu’il ait tout simplement fait exprès de le rater lors de cette fameuse partie de chasse où Huget et tous ses copains s’étaient fait dégommer.

Pendant ce temps là, le Colonel a même deux ouvreurs. C’est Camberabero qui va être content.

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