Dopage en Jamaïque : Rase ta roquette 2

Voici une question que se posent souvent les sportifs de haut-niveau : est-ce que ça vaut le coup de se mettre une poche d’urine dans l’anus ? En Jamaïque même pas besoin. Un seul test urinaire hors compétition l’année dernière. Pas le moindre test sanguin.

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Par notre spécialiste athlétisme Christophe Bourrin

La Jamaïque ne serait donc pas très à cheval sur les contrôles.  La nouvelle aurait de quoi surprendre un commentateur de France Télévisions, voire un sponsor d’Usain Bolt mais qui d’autre ?  Surement pas Carl Lewis qui en connaît un rayon sur la question puisque cobaye lui-même et qui avait déjà fait part de ses doutes. Voilà qui donne un sacré coup dans les clarinettes au fameux refrain préféré des champions « Je suis le sportif le plus contrôlé au monde« .  Lance Armstrong a dû le répéter sans doute autant de fois que les seringues des contrôleurs sortaient de ses veines et que celles de ses médecins personnels y rentraient.  C’est pourtant vrai, des contrôles, il y en a partout, tout le temps et dans la plupart des sports.

En athlétisme par exemple ça faisait 10 ans qu’Asafa Powell était contrôlé 50 fois par an, 10 ans que tout le monde savait qu’il était impossible pour un être humain normal de courir régulièrement entre 9″70 et 9″80, et pourtant ça faisait 10 ans qu’il le faisait tranquilou sans qu’on le lui interdise. Il a eu pour lui la chance de se chier dessus lors de toutes les finales auxquelles il a participé comme ça le jour où on a découvert qu’il avait comme chaque dopé un nutritionniste malfaisant on s’en tapait un peu, puisque la star c’est Bolt, il court tous les ans en 9″60. Mais Bolt c’est naturel, il a des aptitudes physiques exceptionnelles qui lui permettent de le refaire sans arrêt. Armstrong aussi les avait, il travaillait même plus dur que Bolt qui passe son temps à manger des nuggets.

Quand la Jamaïque aura appris à faire des contrôle, Bolt aura eu le temps de devenir président de l’agence mondiale antidopage. Et il ne restera alors que notre grande enquête réalisée dès 2008 avec 1,2 et même 3 parties pour dire ce qu’était vraiment Usain Bolt au moment de son éclosion publique. Un type beaucoup plus fort que Tyson Gay dont les aptitudes n’étaient finalement pas si naturelles, qu’Asafa Powell dont on connait désormais les aptitudes et Justin Gatlin dont les aptitudes n’ont jamais été très naturelles mais qui est revenu plus fort qu’à l’époque où il se chargeait. Il restera aussi un entretien très intéressant mais inutile du Monde où il répond toutes les conneries qui lui passent par la tête. A-t-on déjà vu un athlète dopé répondre par l’affirmative quand on lui pose la question ?

Comme quoi, le travail il n’y a que ça de vrai comme dirait Bolt ou son entraîneur qui pense qu’on n’aime pas la Jamaïque. Plus que jamais on pense à Ladji Doucouré qui déclarait curieusement l’été dernier qu’«il y a ceux qui courent et qui galèrent, qui montent et qui descendent, qui se font mal à l’entraînement et qui essaient de revenir. Et puis il y a ceux qui braquent des banques. C’est chiant à dire mais c’est comme dans le cyclisme. On sait comment ça se passe mais les gens aiment bien fermer les yeux et regarder le spectacle.»  On serait tenté d’ajouter que le spectacle finit parfois par une mort naturelle dans un hôtel à 20 ans au début d’une affaire puis par une indemnisation de la famille du sportif à la fin de l’affaire puisque la mort était si naturelle qu’on a trouvé des responsables.

Pour résumer de façon simpliste, on peut remarquer que le plus fort est souvent beaucoup plus fort car c’est vraiment le plus fort et du coup il est très difficile à prendre. Que lorsqu’un athlète explose du jour au lendemain on peut saluer la performance de son nutritionniste. Et qu’un athlète présent chaque année au rendez-vous, au top niveau, qui ne connaît jamais de creux, est sans doute un grand champion mais avant tout un gros tricheur. Qu’un mec qui se dope n’arrête jamais même après une suspension. Que les contrôles servent à quelque chose mais pas à beaucoup plus. Mais c’est vrai qu’on se ferait grave chier avec que des Vicaut. Ou pas.

Dopage : Et Ullrich ramait

Alors qu’Ullrich espère toujours courir le Tour 2006, 10 ans auparavant il naissait. C’était le 20 juillet 1996. Lors de l’avant-dernier Tour de France dont l’histoire a oublié le nom du vainqueur. 

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Le vainqueur aurait pu être danois. Certains l’avaient vu se balader en jaune sur les routes girondines. En deux étapes, il avait plié la course. Une petite dose dans les Alpes, une plus grosse dans les Pyrénées et Thévenet manqua de s’étouffer avec les glaires de Patrick Chêne. Ça, on vous l’a déjà raconté. Mais ce matin-là, au départ de Bordeaux, notre vieux chauve n’est pas très bien. Le dosage de Berzin n’est décidément pas le meilleur, les 70 km/h seront difficiles à atteindre, autant oublier tout de suite les 80. Il mise quand même sur l’aérodynamisme de son crâne pour limiter les dégâts. Mais son jeune coéquipier allemand, deuxième du classement général à quelque 4 minutes, table lui sur une jolie casquette à l’envers. Magie du vélo, c’est le bon choix.

Le projet stérone

Il s’appelle Jan Ullrich. Elevé au bon grain de l’Europe de l’est, celui de Katrin Krabbe et d’Erik Schinegger, il n’a eu aucun mal à suivre son papi dans Hautacam. Il aurait même pu le battre s’il n’avait pas respecté les limitations de vitesse. Ce qu’il ne va pas faire sur la route de Saint-Emilion. Chacun voit bien Indurain finir en beauté, mais le Navarrais a beau être aussi fort qu’avant dans l’exercice, le petit gros roux l’est encore plus. Il reconnaîtra deux fois le parcours avec une voiture Telekom dans son aspiration, avant de mettre deux minutes à son leader parti évidemment derrière lui. Patrick Chêne parle déjà à son propos de « seigneur », de « grand champion des années avenir ». Il aura raison un an.

Rudy la truffe

En 1997, il accélèrera brusquement pour la dernière fois de sa carrière dans la montée vers Arcalis. L’hiver suivant Janou se réchauffera dans les bras de sa fraülein de maman. Ils sont pleins de gras, c’est la fin de sa carrière. En 1998, Jean-Marie Leblanc découvre stupéfait que l’EPO n’est toujours pas autorisée. Pantani s’en fout. Il ne s’en foutra plus très longtemps. Janou, lui, n’aime pas la pluie, il préfère les gâteaux. En 1999, Janou étrennera ses nouveaux mollets en Espagne et à Vérone, mais pas en France. C’est dommage, il digère mieux les gâteaux. En 2000, Janou n’aime toujours pas la pluie, n’aime plus Hautacam, mais il retrouve son amour des pâtisseries.

Glander dans la Madeleine

En 2001, Armstrong n’est pas bien dans la Madeleine et le Glandon. Janou, qui aime toujours bien les préparations surtout celles à base de farine et d’oeufs, mais un peu moins la tactique, décide de prendre le robot américain sur son porte bagages et dans l’Alpe d’Huez c’est l’Allemand qui regardera celui d’Armstrong. En 2002, Janou préfère la drogue aux gâteaux. Les deux ensemble, c’est pas mal non plus. Jean-Marie Leblanc et Hein Verbruggen préfèrent largement les intraveineuses, Janou est privé de Tour.

Bianchi mais pas blanchi

En 2003, fini les gâteaux et la Telekom. Mais pas Rudi Pevenage. Plus costaud qu’Armstrong, Janou préfère toujours attendre les fins d’étape pour voir si l’Américain est vraiment moins fort. C’est le cas, il perd du temps à chaque fois. Mais Janou n’en est pas convaincu avant les Pyrénées. Vers La Mongie, il tente de partir seul, mais son cul a du mal à se lever de la selle. Arcalis est déjà loin. A Luz-Ardiden, c’est cette fois la courtoisie qui lui ôtera l’envie de gagner le Tour. On ne lui avait pas dit qu’Armstrong n’était pas vraiment le mec le plus sympa du peloton. Bassons ne doit pas parler allemand, Simeoni non plus.

Pendant ce temps-là, il y aura bien un Tour de France cette année.

L’Edito Contador : Un, dos, trace

Tous les bouchers ne sont donc pas des pharmaciens véreux.

Il s’appelle Alexis, et avec un tel prénom, il lui était difficile de se faire un nom. Pourtant, son nom était pire alors on se contentera d’Alexis. Alexis faisait donc du ski à défaut de peinture, et avec le niveau actuel de sa discipline depuis la retraite de Grange, il lui aurait suffi d’un simple podium pour devenir le nouveau Jean-Baptiste. Ainsi, même un couple de touristes matant des pigeons en train de copuler en plein coeur de Venise aurait entendu parler de Pinturault, puisque c’est son nom. Mais Alexis a choisi le week-end des 4 et 5 février pour devenir grand. Un week-end où on a découvert qu’il y avait un tournoi de tennis à Montpellier, ce qui rend moins saugrenue l’idée que Monfils ait pu en être un jour le tenant du titre. Un week-end où Tony Parker a mis beaucoup plus de mains au panier que Batum pendant que les Giants justifiaient la hausse des ventes des packs de 40 dans les Wall-Mart. C’est forcément meilleur qu’enchaîner Lambrusco et Valpolicella qui  ne sont pas des marques de bagnoles. Un week-end où Lucie Decosse expliquait par le plus simple des mouvements pourquoi elle n’a pas envie d’être un jour championne olympique alors que son gros camarade si, avec ou sans spaghetti au peperoncino.

Sado ASO

Pourquoi se faire chier à visiter les Palais des doges alors que les doges sont morts devait se dire Sébastien Chabal en regardant ses anciens partenaires commerciaux restés à Paris. Pour lui la place Saint-Marc c’est avant-tout un poste bien payé pour se laisser pousser la moustache et les couilles quand on a pas encore lavé ses cheveux dans sa baignoire à bulles de Prosecco. Et soudain, le lundi, Saint-Marc Madiot a dit que c’était trop tard, Eddy Merckx qu’on faisait du mal au vélo et Eric Boyer a souhaité un grand déballage pour enfin avancer. Le même que Mentheour, Landis, Manzano, Gaumont, Fignon, Voet, Riis, Virenque, Millar…? A quoi bon, Jean-Paul Brouchon est déjà mort.

Pendant ce temps-là Nicolas Escudé renforce la théorie dite de Santoro du « T’as rien gagné, tu gagneras rien, sauf peut-être du pognon ».

Longo : « Jeannie tout en bloc »

Il est 17 h 30, c’est l’heure du dîner à la cantine de la résidence Saint-Bruno. C’est là que notre gérontologue a retrouvé la championne du monde 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1995, 1996, 1997, 2001 devant une assiette de nouilles chinoises.

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Dopage, Alberto Contador : Au trou Fignon

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A quatre jours des championnats du monde australiens en ligne, Thierry Bisounours, alerté par le scandale Cancellara, a souhaité s’offrir une tribune sur Le Vestiaire.

Alors, c’est comment l’Australie ?

J’ai pas vu tant de Kangoo roux que ça.

Des voitures ???

Ben, Thierry Adam, mon homogramme, m’a dit avant de partir, tu verras, on va s’en mettre plein les yeux. Et pour l’instant, à part de la coke et du clenbutérol, on s’enfile pas grand chose.

Du clenbutérol ?

Je vois que la coke vous pose moins de problème… Mais après tout, dans votre profession, c’est pas anormal, comme on dit dans le jargon.

Anormal ?

Si vous êtes en train d’écrire le dictionnaire amoureux du vélo n’oubliez pas la lettre D.

Comme dopage ?

Comme dégoûté.

L’affaire Contador, c’est ça ?

Non, le ragoût de mouton que j’ai mangé hier soir. C’est toujours pareil, ils veulent plus saler la soupe, mais se privent pas pour le reste.

Vous vous rendez compte que les lecteurs qui ne vous connaissent pas vont avoir du mal à vous suivre ?

Pourtant, j’ai rien pris je le jure… Hihihi (il éclate de rire, sort une photo de Bilou, son patron, et soulage un besoin naturel. Un liquide rouge se répand à terre). Vous croyez que Christian Prudhomme va m’interdire de départ ou que je ne suis qu’un cas isolé ?

Mort de Laurent Fignon : Le dernier tour

Marco Pantani, Luis Ocana, Franck Vandenbroucke, Tom Simpson, Jose Maria Jimenez, Eric Rijckaert, Jacques Anquetil, Fabrice Salanson, Thierry Claveyrolat, Denis Zanette, Lance Armstrong, Gastone Nencini et Fausto Coppi ont la tristesse de vous faire part du décès de leur collègue et ami Laurent Fignon, survenu le mardi 31 août, à l’âge de 50 ans.

Tour de France : Evans essence

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Après la nouvelle victoire française hier, notre consultant Thierry Bisounours nous a confié en off qu’il en verrait bien un finir dans les trente premiers, voire dans les vingt. Nous avons cru à une vanne, du coup il a répondu à vos questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Alberto Contador donne l’impression de savoir qu’il a mis une minute à Schleck sur 8 km à Rotterdam. Est-ce vraiment le cas ?

Ecoutez, je ne suis pas Georges profonde (NDLR : Gorge profonde), mais ce que je peux vous dire, c’est que la stratégie d’Andy ne semble avoir aucune faille. Il n’a pas attaqué Alberto, affaibli sur une arrivée au sommet, mais il n’hésite pas à le faire quand il reste 40 km de descente. Il y a du Jan Ullrich en lui, c’est certain, sauf que c’est une brèle en contre-la-montre, comme on dit dans le jargon.

Mais Contador semble plus faible que d’habitude quand même ?

Aucun doute, après avoir contrôlé le prologue, assuré les pavés et maîtrisé Avoriaz, il s’est reposé avant-hier et promené hier. C’est toujours inquiétant un favori qui fait ce qu’il veut.

Evans qui roule avec une fracture du coude, c’est cocasse ou héroïque ?

Ça me rappelle un autre forçat de la route qui avait gagné une étape avec une fracture de la clavicule. Tout le monde pensait qu’il était dopé, mais c’était un peu facile de dire ça. D’ailleurs, j’ai oublié de prendre de ses nouvelles depuis. Mais vous savez, comme dit toujours Bilou mon patron : « Ce qui handicape le plus Evans c’est son menton, car ça pèse lourd surtout en haut d’un Kohl. » Je ne vois toujours pas ce qu’il veut dire.

A-t-on déjà vu un  Tour aussi incertain ?

Comment ça ? Mais on ne sait jamais à l’avance qui va être positif ou non. Curieuse question que voilà.

Pourquoi Armstrong poursuit-il sa randonnée cyclo ?

Je ne sais pas, peut-être pour avoir assez de pognon avant les prochaines échéances judiciaires. Dans le jargon on appelle ça « rouler pour Landis ». Je plaisante, évidemment.

Est-ce qu’on en a quelque chose à foutre que vous receviez des textos de Marion Clignet ?

Attendez, vous confondez avec mon homonyme, Thierry Adam. Tiens, moi j’en ai un de Stéphane Goubert justement : « Pense à prendre le pain et les andouilles. » Je vais me régaler.

T. Bisounours : le Twitter de Schubert

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Persuadé que la saison était finie  après l’Australie, Thierry Bisounours avait souhaité « déconnecter », comme il dit dans le jargon. Mais Twitter est en Anglais.

Thierry, merci de nous accorder un entretien durant vos vacances.
De rien, la période estivale est toujours propice aux remises en questions. J’y réponds, c’est fait et bien fait, comme on dit dans le jargon. Dont acte.

Pardon ?
Ne vous excusez pas, c’est naturel.

On ne comprend pas tout à l’affaire Armstrong. Il annonce en début de saison qu’il va jouer la transparence, personne n’y croit, au bout d’un mois il arrête. Et raconte des conneries sans intérêt sur un réseau social en ligne. N’est-ce pas suspect ?
Attendez, si je vous suis, le comportement d’Armstrong est on ne peut plus logique pour un type qui se charge depuis au moins 15 ans, et qui évidemment avec un suivi bien fait tomberait « dans les mailles du filet », comme on dit dans le jargon. C’est bien ça ?

Oui… à peu près.
Et alors ?

C’est à vous qu’on le demande. C’est la réalité ?
J’en sais rien. Comme dit Bilou mon patron, je suis pas « l’expert de l’année » en matière de vélo, mais j’ai toute la collec’ de Onze Mondial. Tiens, par exemple, le Onze d’Or 1991, c’est qui ?

Matthaus ?
Non, Van Basten. Vous voyez, chacun son domaine (ndlr : c’est Papin en fait).

Armstrong ne risque-t-il pas du coup de maintenir les soupçons autour de lui ?
Quels soupçons ? Il trompe sa femme ? Vous savez, croyez en un vieux routier. Newlook (ndlr : il désigne du doigt une impressionnante pile de magazines aux pages collées. Nous comptons, il y en a 1.633. « Complet », s’ecrit-il)  n’est pas toujours très bien informé.

Des soupçons de dopage…
Encore ?  C’est une obsession chez vous. EPO avéré dans ses urines en 1999, fréquentation du Dr Ferrari, aveux devant ses médecins en 1996, Actovegin dans les poubelles de l’US Postal, positif aux corticoïdes avec certificat médical antidaté,  sang réfrigéré dans les années 2000, la plupart de ses adversaires et coéquipiers positifs. Que voulez-vous que je vous dise ? Beaucoup de bruit pour rien disait Alfred Jarry.

Shakespeare plutôt, non ?
Cheikh Spire ou Pluto, choisissez (ndlr : il éclate de rire). La culture est un fruit que l’on étale si on en a acheté…

Quoi ?
‘Feur.