Rugby, Coupe du monde, France-Namibie : La brèche de M. Rolland

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L’arbitre de France-Namibie a tout simplement assassiné un match dont le suspense était déjà sous respiration artificielle. Du coup, difficile d’en tirer quoi que ce soit pour les Bleus, sinon les cinq points.

captson4.jpg Par Peyo Greenslip

Les Pyrénées regorgent de merveilles. Ce collier de perles, qui ourle l’Occitanie, s’étire magistralement de l’Atlantique jusqu’à la Méditerranée. En son centre, en plein cœur de la Bigorre, non loin de l’écrin de Gavarnie, le temps a fait une saignée dans la roche. À moins qu’il ne s’agisse, comme le veut la légende, de l’écho de la corne du chevalier Rolland. Dimanche, à Toulouse, la montagne n’a pas accouché d’une souris, mais d’un blaireau dont le nom a pris une résonance particulière dans ce coin de France : Rolland. Attention, pas le sénile qui a égayé, par ses interventions, la dernière Coupe du monde de foot (non, pour ça, on a un autre Thierry qui n’a rien à lui envier). Non, c’est avec son sifflet que cet Irlandais nous en a fait voir des vertes et des pas mures. Non content de faire preuve d’un manque flagrant d’application et de professionnalisme, Alain, pas philosophe pour un sou, s’est en plus affublé d’un défaut désobligeant de sagacité et de discernement, créant les brèches que les Français peinaient jusqu’ici à s’ouvrir.

David terrasse Goliath

Le referee a en effet oublié de siffler bon nombre d’en-avants tricolores (heureusement pour Marty dont l’ardoise avoisinait tout de même la demi-douzaine de fautes de mains). Au moins deux d’entre eux conduisant à des essais tricolores. Déjà lésés par ces oublis, les Namibiens dont l’ardeur défensive commençait déjà à laisser entrevoir des lacunes physiques et techniques patentes, ont été poignardés par le gentlemen siffleur. L’ogre Chabal est au sol. Nieuwenhuis, le petit David namibien, a troqué son lance-pierres pour une bonne cravate des familles, tout aussi efficace. Mais on ne touche pas au chouchou tricolore impunément. Carton rouge. Goliath finira par se relever. Pas la Namibie. Si l’on ne peut douter de la dangerosité du placage, l’équipe du Vestiaire estime qu’il est totalement absurde d’avoir expulsé le troisième-ligne namibien. Un carton jaune aurait été nettement plus opportun dans un rapport de force aussi déséquilibré.

Balade irlandaise

Au final, cette expulsion aura été néfaste à tous les protagonistes, du public aux joueurs français, qui n’ont pu s’étalonner. Privés de suspense et d’adversaires, difficile de tirer des enseignements de la prestation tricolores. Elissalde a bien cornaqué son pack tout en insufflant du dynamisme. Michalak a connu un départ plus poussif, avant de se libérer en même temps que le compteur tournait. À voir dans une situation moins confortable. Chez les trois-quarts, Marty (perforant mais trop maladroit) a perdu autant de points que Clerc en a gagnés. Du coup, le retour de Jauzion au centre est inévitable, alors que celui de Dominici est plus suspendu. Poitrenaud, sans se montrer brillant, en a fait assez pour conserver sa place. Les avants se sont montrés efficaces. La prestation de Poux est intéressante même si Milloud est indiscutable. Nallet a fait le boulot, Chabal le spectacle. Face à la rude seconde ligne irlandaise, l’abattage du premier paraît indispensable. Enfin, en troisième ligne, Dusautoir a confirmé, tout comme Bonnaire. Ils devraient être associés à Betsen face au trèfle. Le Biarrot devra s’imposer comme chef de file d’un pack vraisemblablement amputé de ses deux capitaines. Vendredi, l’Irlande ne sera pas au sifflet mais bien sur le terrain, gonflée d’orgueil. Et il ne sera plus question de balade pour les Bleus…

Une réflexion au sujet de « Rugby, Coupe du monde, France-Namibie : La brèche de M. Rolland »

  1. Faut vraiment ne pas connaitre les regles et n’avoir joué pour faire ce genre de commentaire sur un arbitre….

    le joueur namibien avait déjà reçu un avertissement sur placage haut , peut-être en considération du désiquilibre entre les 2 équipes l’arbitre n’avait pas sorti le jaune.

    Quelques minutes après il récidive: ca s’appelle se foutre de la gueule de l’arbitre. Suite à un avertissment le rouge est normal.
    Le rugby est un sport de contact, rugueux mais qui peut vite devenir dnagereux si on laisse faire ce genre d’agissements. Quand on s’est pris quelques blessures suite à des actions interdites , on n’a pas envie d’être cool avec les bouchers… Ca n’empeche pas d’aller mettre un tampo en respectant les règles

  2. Cher Gipsy
    Tout d’abord, merci de nourrir le débat, même si à nos yeux la question concernant l’illégitimité du carton rouge ne devrait pas se poser. Contrairement à nous, visiblement, vous semblez être un grand amateur de rugby. Il ne vous aura alors pas échappé que le geste, certes maladroit, du troisième ligne namibien n’est pas empreint de vélléités agressives. J’en veux pour preuve que le défenseur, se rendant compte de son erreur, accompagne la chute de Chabal. S’il avait réellement souhaité descendre le golgoth, nul doute qu’il s’y serait pris autrement. Vous estimez ce carton rouge normal, permettez-nous d’en douter et de nous demander si, dans le cas d’une situation similaire, mais avec un attaquant non-français, la sanction aurait été la même.
    Par ailleurs, vous évoquez des plaquages dangereux exercés par des bouchers. Là encore, les exemples de l’Afrique du Sud et des nations du Pacifique suffisent à montrer que si les Namibiens sont, comme vous l’affirmez, des bouchers, on peut craindre pour la santé de nos chers petits Bleus s’ils viennent à croiser la route des Boks (ce dont leur forme actuelle semble les préserver).
    Enfin, pour en revenir à la dangerosité, souvenez-vous de cette charge assénée coude en avant par Caveman sur Ali Williams. Contrairement au Français, le Néo-Zélandais ne s’en ets pas sorti indemne. A l’époque, personne ne s’était indigné de la violence et de la dangerosité de la charge de Chabal. Au contraire, elle l’avait propulsé au rang de phénomène. pourtant, aux dernières nouvelles, la charge doit se faire avec l’épaule voire à l’aide de la main (raffut).
    Nous espérons qu’à la lumière de ces quelques informations, vous nuancerez vos propos. Les Namibiens, faibles mais vaillants, n’étaient pas animés de mauvaises intentions. Dommage…

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