Rugby, Coupe du monde, France-Irlande : Toulouse is to win

 

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Comme expliqué, ici-même, hier, le XV de France s’est montré bien supérieur aux hommes de Brian O’Driscoll. Un succès encourageant, mais dont il ne faut pas se gargariser. Ces verts là étaient bien pâles…

21 heures. Le périphérique toulousain s’est vidé. Les perspectives d’un dernier week-end annoncé estival ont laissé place à une excitation fébrile. En contrebas, le Wallon observe. Silencieux, tranquille, apaisé, l’édifice ne tremble pas (malgré les célébrations récentes de l’explosion d’AZF). Vidé de son sang et de son âme, le stade a visiblement la tête ailleurs. Paris et ses lumières lui font du pied. Et pour cause. A Saint-Denis, ce sont ses chérubins qui portent le XV de France jusqu’aux quarts de finale. Ils approvisionnent le tableau d’affichage mais aussi l’imagination et l’audace d’un groupe jusqu’ici aussi tendu que les cordes vocales de Jane Birkin. Et si Toulouse avait fait tout simplement jaillir en ce groupe la confiance.

Bien sûr, la folie médiatique va de nouveau s’acculer derrière Ibanez et ses hommes. D’aucuns les verront désormais rivaliser avec les Blacks, à Cardiff ou ailleurs. Pourtant, il faut garder à l’esprit que cette qualification se fit au détriment d’une équipe du Trèfle aussi faible que l’avaient laissé augurer leurs pénibles premières sorties.

Le jeu : Fighting aspirine

Dès l’entame, les Français, vaccinés par leur mésaventure argentine, se sont préservés de toutes prises de risques et crises d’angoisse, en occupant le camp irlandais. Les réceptions sûres de Poitrenaud sous les chandelles d’un O’Gara, illuminé par les cierges allumés par Hernandez, ont éclairé les Bleus. Une conquête souveraine autour d’une première ligne convaincante et d’un Bonnaire sur ressorts ont fini de chasser les doutes tricolores. Sans pour autant parvenir à faire plier le fighting spirit irlandais. Il faudra pour cela une énième faute verte, un carton jaune contre le rouquin O’Connell (et pas seulement à cause de sa couleur capillaire) et une inspiration lumineuse de Michalak.

Moins maladroite et beaucoup plus dynamique, la France a offert un visage radicalement changé, façonné par Jean-Baptiste Elissalde, chef de meute et d’attaque. Pour autant, les Bleus ont souffert même si les filets de la défense tissés par David Ellis se sont montrés infranchissables. La France n’a d’ailleurs pas encaissé d’essais sur une attaque construite depuis des lustres. Mais les Irlandais, résolument moins puissants que les nations de l’hémisphère sud, ont pointé du doigt quelques zones friables notamment auprès du regroupement, soit par du pick and go, soit par un jeu de croisée autour du 10.

Les joueurs : Le Bonnaire est dans le pré

De Villiers (12/20) et Milloud (12/20) se sont concentrés sur les phases de conquêtes où ils ont épuisé leur vis-à-vis. Exploitent-ils néanmoins leur potentiel à leur maximum ? Ibanez (11/20), tel un cavalier du Rohan, a sonné la charge. Mais au prix d’un isolement récurrent qui coûta des pénalités aux tricolores. Il doit également se montrer davantage appliqué sur ses lancers. La seconde ligne a soutenu la comparaison d’un des meilleurs attelages internationaux (O’Connel, O’Callaghan). Chabal (12,5/20) s’est montré moins virevoltant face à une défense plus affutée, alors que Thion (11/20) fut aussi discret qu’un cheveu sur le crâne de Vincent Lagaf’. Comment, à ce niveau, peut-on se priver du tonus et de l’activité de Lionel Nallet durant les deux tiers de la partie ? La troisième ligne s’en est donnée à cœur-joie. Betsen (14/20) a plaqué et restructuré le jeu français quand c’était nécessaire. Toujours au soutien, Dusautoir (13/20) n’a pas rechigné d’efforts. Julien Bonnaire (16/20) enfin, a tout simplement rayonné. Royal en touche, serein derrière sa mêlée, omniprésent en défense et comme premier soutien, le néo-Clermontois a grappillé en prime quelques ballons cruciaux.

A la baguette, Elissalde (15,5/20) a parfaitement cornaqué ses avants. Des choix judicieux, de la vista et surtout du dynamisme, comme en témoignent ces pénalités jouées rapidement ont permis aux tricolores de délaisser ce costume de jeu trop conventionnel dans lequel ils semblaient étouffer. Michalak (12/20) s’est montré plutôt inspiré et a su alterner le jeu, en réduisant considérablement le nombre de fautes de mains dans sa ligne. S’il put souvent compter sur Damien Traille (13/20) pour le jeu au pied long, le futur-ex toulousain adressa un bijou de passe au pied à Clerc pour l’essai. Un éclair qui ne fait pas oublier son jeu au pied médiocre. Le Biarrot, lui, fut appliqué, tout comme Marty (11,5/20), sans pour autant qu’aucun des deux centres ne parvienne à créer la moindre brèche. Pendant ce temps, Jauzion se morfondait sur la touche. Les ailiers toulousains, Heymans (13/20) et Clerc (15/20), ont brillé. Ce dernier, grâce à son doublé, est même devenu le meilleur marqueur d’essais du Mondial. Clément Poitrenaud (14/20), s’il n’a pas toujours joué juste (coup de pied direct en touche…), a eu le mérite de rassurer ses camarades par ses prises de balles courageuses en tout début de partie. Le tampon asséné par O’Driscoll souligne ses lacunes physiques.

Hier soir, les Bleus se sont réhabilités auprès de leur public, sans pour autant pleinement se rassurer (avec plus de lucidité, le bonus était envisageable). L’épine dorsale (8-9-10-15) qui se dessine enfin, est la meilleure source d’espoir pour la suite. Gare à l’emballage…

Peyo Greenslip

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