Roland-Garros : Et pour Santoro de plus

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Il fait beau, il fait chaud et Hanouna continue de parler tennis le matin. Tati ne dit rien mais Lauclair n’en pense pas moins.

Par notre consultant, Fabrice Cent euros

Paulo TDI

C’était son jour, enfin. Après Nadal, Paul-Henri Mathieu a cette fois pris un set à Federer. Chapeau l’artiste. Toujours bon pied bon œil, le grand Brabo l’avait reniflé, comme Golovin : « Personne n’a oublié ce match contre Nadal il y a trois ans. Paul-Henri peut le faire. » Chapeau l’artiste aussi.

Stone est Chardy

Le piège Haas s’est refermé sur les doigts du nouveau Ouanna, c’est arrivé aux meilleurs. « Il est lucide, Jérémy, de jouer des balles hautes sur le revers à une main de Haas. » Le Brabo est admiratif, Dominguez dirait dupe ou ignare. « Oui, il y a eu des consignes avant le match je pense. » En tout cas, la suite donnera raison au grand Brabo. « Ce qui est impressionnant chez Jérémy, c’est qu’il sait ce qu’il doit faire et il le fait. »

Victor Novak

Le travail de sape a payé. Bîmes et sa compétence sont restés trop longtemps pour ne pas être contagieux. Dominguez, qui est bien DTN, a hérité du sens de l’humour du patron. « Après Haas qui bat Chardy, l’autre surprise c’est Kohlschreiber qui sort Djokovic. »

Dr Gicquel et Mr Hyde

« Marc Gicquel n’a pas besoin de surjouer pour gêner Roddick. Les bâches se soulèvent. » Les téléspectateurs trop pressés pourraient y voir un lien de cause à effet. Heureusement, il y avait du vent.

Crocus

Petite devinette belge : qu’y a-t-il de plus anachronique que de jouer Rochus au 3e tour de Roland ? Réponse : jouer Santoro au 1er et Clément au 2e. Les organisateurs réfléchissent à supprimer les wild cards.

Roland-Garros : Et pour Santoro de plus

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« Ca a un côté tellement désespéré que c’est le point qui peut relancer Gilles. » A cinq minutes de la fin du match, Brabo s’est souvenu que le consultant Lequipe.fr s’appelle Rodolphe Gilbert. Et celui d’Europe1 ?

Par notre consultant, Fabrice Cent euros

Sept de table

Sept tennismen français au troisième tour. Depuis 1971, la France attendait ça. L’exploit est réalisé, 38 ans après. Un Français gagnera peut-être un Grand Chelem en 2021.

Ouanna Be

C’est bien le nouveau Tsonga. Après avoir battu le grand Marat Safin, qui n’a rien à voir avec son homonyme qui n’a passé aucun troisième tour cette saison, Joss est tombé sur le très grand Gonzalez. Pinochet, c’est plus fort qu’un tsar.

Strip teasing

C’était en début de semaine. France Télévisions, qui sait que tout se joue les deux premiers jours, a sorti le grand jeu. Tatiana n’a rien à voir là-dedans, Nelson non plus. C’est Luyat qui s’en charge : « Restez avec nous, après la pub on prendra des nouvelles de Venus Williams, Rafael Nadal et Camille Pin. » Nolwenn Leroy a zappé ?

Thierry tue l’asthme

« C’est plus de la tension qu’on peut voir sur le visage de Thierry Tulasne, c’est de la perplexité. » L’entraîneur de Gilles Simon découvrirait donc qu’après avoir perdu la semaine précédente contre Soderling, Querrey et Schuettler, jouer Hanescu, ce n’est pas facile. Un grand Brabo.

Double faute

Christophe Rochus, qui a sûrement déjà pensé à la retraite, a préféré y envoyer Santoro le premier. Le lendemain, il a battu Clément, qui dit ne pas y songer. Le tennis n’est pas une science exacte.

I’m a Boetsch

« Nadal s’agace, il a eu un peu de mal à régler ses coups dans ce deuxième set face à Hewitt. » L’œil du Chamou n’a pas son pareil pour repérer le tournant d’un match, à deux points du deux sets à zéro pour l’Espagnol. Impressionné, son drôle de consultant est sous le charme. « Regardez, sa balle tombe dans les pieds de Youtonne. »

Barcelone-ManU : Le Park des princes

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Barcelone est-elle la plus grande équipe de club de tous les temps ?

Un club a-t-il déjà eu une équipe-type qui dominait autant et ne pouvait perdre contre personne, en marquant plus de trois buts de moyenne par match en dehors du championnat néerlandais ?

Le Real 56-60 ?

Nous n’avions pas  la télé.

Pouvait-on attendre une finale aussi merdique ?

Bonne question. Etant donné le niveau de Manchester cette année, il ne fallait pas espérer mieux. Barcelone a finalement réussi à faire un début de match de merde. Il était temps.

Et si Manchester avait joué ?

Et si Lyon, le Bayern, Chelsea et le Real avaient joué ?

Qu’a dit Guardiola en serrant la main de Ronaldo à la fin du match ?

Avec des joueurs aussi nuls que toi je plains ton entraîneur. Joyeuse médaille.

Le raté de Benzema pour le 4-3 du Nou Camp est-il le moment décisif de la saison ?

Bien vu. Juste devant l’égalisation d’Iniesta à Chelsea.

Le niveau Ligue des Champions est-il supérieur au niveau Ligue 1 ?

Le  Barça et Chelsea pourraient espérer les deux premières places. Le Bayern, Manchester, Liverpool et Lyon réussiraient sans doute à battre Valenciennes. Quoi, 2 mai 2009 ?

Messi ou Ronaldo ?

Iniesta.

Quel est le seul média à avoir annoncé à chaque tour que Barcelone passerait et écraserait Manchester en finale ?

Le Vestiaire.

Quelle était la dernière phrase du Vestiaire dans son papier d’avant-match ?

« Pendant ce temps-là, si Yaya Touré est aligné derrière, Manchester n’en prendra pas trois. Ce serait le Busquets. »

Le Vestiaire avait annoncé une très grande défense mancunienne, qu’en a-t-il été :

Van der Sar: Wimbée ?

Evra: Nul ou pas bon ? Ca dépend, un centre de merde, des fautes, des erreurs de placement. Au moins il se sentait fort mardi, c’est déjà ça. En somme, largement à son niveau de l’équipe de France.

Vidic: Le premier but. En principe les râteaux ça marche que sur les débutants et Eto’o c’est pas Zidane.

Ferdinand: A appris à faire les têtes sur le deuxième but. C’est déjà ça.

O’Shea: Henry lui a appris qu’on pouvait faire un double crochet sur une seule jambe. C’est déjà ça. Finalement tout est dans son nom.

Le Vestiaire avait dit que le milieu mancunien était faible, et bien moins fort que celui de Chelsea. Qu’en a-t-il été ?

Carrick: Essien ne comprend pas comment Manchester a pu être champion.

Anderson: Lampard ne comprend pas comment Manchester a pu être champion.

Giggs: Ça allait moins vite à son époque.

Le Vestiaire avait prévenu les attaquants mancuniens qu’ils n’auraient pas beaucoup de ballons. Qu’en a-t-il été ?

Park: D’attraction. C’est déjà ça.

Cristiano Ronaldo: S’il nous avait habitué à tout réussir, Le Vestiaire s’étonnerait qu’il ait tout raté.  Une finale dans la lignée de son Euro. Il a intérêt à planquer son Ballon d’Or.

Rooney: Il est vraiment devenu un bon défenseur. Dommage qu’il ne soit pas payé que pour ça.

Le Vestiaire avait dit qu’on n’en avait rien à foutre des joueurs qui composeraient la défense. Qu’en a-t-il été ?

Valdes: Plus aussi mauvais qu’avant malgré un début de match rassurant. C’est déjà ça.

Silvinho: Pas au niveau, mais à 50 ans c’est normal. Toujours meilleur qu’Abidal en attaque. Il ne s’est pas fait exclure, c’est déjà ça.

Piqué: Le meilleur. C’est déjà ça.

Touré: N’a servi à pas grand-chose. Mais un piquet d’entraînement ça suffit quand c’est Manchester en face. C’est déjà ça.

Puyol: Même si c’est pas son poste, il peut donner des conseils à Evra. C’est déjà ça.

Le Vestiaire avait dit que deux sur trois ça suffisait pour gagner. Qu’en a-t-il été ?

Busquets: Yaya Touré a essayé de lui piquer sa place. Mais il a appliqué les consignes jusqu’au bout. C’est déjà ça.

Xavi: Ce serait le meilleur joueur du monde s’il n’y avait pas Iniesta.

Iniesta: Malgré Xavi, il est le meilleur joueur du monde à son poste.

Le Vestiaire avait dit que quand Henry joue, tout va mieux. Qu’en a-t-il été ?

Messi: Encore un grand match de merde, mais pour une fois il a marqué et c’est une finale. Il arrive maintenant à la cheville de Maradona.

Eto’o: Il va finir par être considéré comme un grand joueur avec ses conneries.

Henry: Il n’a pas mis son occasion. Privé de Ballon d’Or.

Roland Garros : Rochus pocus

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Le Vestiaire a assisté au dernier match d’une légende du circuit ATP, peut-être le plus mauvais joueur de l’Histoire. Bien sûr, c’était sur le court Suzanne-Lenglen, le Chatrier était déjà complet.

De notre envoyé spécial. 17 victoires, 20 défaites, Paul-Loup Santoro ne pouvait pas quitter Roland Garros comme ça. Il a tenu parole. 21h30, Christophe Rochus sert pour le match, Battling Fab fait le break, 5-3. Le poing serré, il se précipite sur le banc pour ranger ses raquettes et se barre. Le public finira par comprendre que la pause pipi n’en est pas une. Le match est suspendu, les huées tombent, Santoro est le plus heureux. Il reviendra le lendemain, chevelure impeccable, pour une exhibition de 8 minutes. Un jeu blanc, deux aces, une page de pub : la nuit a bien fait de tomber. Le dernier jeu de Rochus juste derrière est anecdotique. L’essentiel n’était pas là : au micro de Lauclair, le discours avec sourire argenté c’est mieux quand il y a du public. 8 minutes de jeu, plus 5 minutes d’échauffement, Brabant qui raconte son avant-match, ça permet de faire des photos. Et les photos, c’est combien ? Passe-droit, peut-être, mais Rochus n’était vraiment pas obligé de perdre le 3e set.

Fab, je vous aime

Santoro ne reverra plus sa chère petite balle « or » porte d’Auteuil. Pas sur le terrain, mais les loges VIP c’est aussi confortable. Pour sa dernière, Fabulous a rejoint la légende des grands joueurs. Chang en sait quelque chose, les adieux sont beaux quand ils sont chargés de symboles. Santoro peut partir la tête haute. 6-3, 6-1, les magiciens sont pas toujours ceux qu’on croit, ils ont parfois un accent prononcé et un zest de Malisse. Depuis Vliegen contre Gasquet, on n’avait pas vu un tel joueur, ça tombe toujours sur les Français. Le Gandalf du tennis avait pourtant sorti toute son artillerie, dont les balles cotoneuses, comme les vante L’Equipe, en plein milieu du court. Ca n’a pas son pareil. Federer ne le répétera jamais assez, quel plaisir de jouer Santoro.

Et puis, évidemment, l’exploit de Battling Fab dont on n’en attendait pas moins. Un break, puis deux, des montées à la volée et Rochus qui arrose, et Fabulous empoche la quatrième match sous les vivas d’un Suzanne Lenglen plein à 1/4. Naïfs, les plus jeunes ne comprennent pas pourquoi le public encourage son chouchou en scandant le nom de l’adversaire. Ils n’ont pas dû entendre le groupe du Crédit Agricole venu avec un drapeau français et quelques brochures. La magie Fab a encore parlé. Tout est repassé dans sa tête, les records de participation, la carrière de 21 ans, les exhibitions à 10 000 dollars suisses, le record du match le plus long. Si l’Histoire était farceuse, elle mentionnerait aussi que c’était contre Arnaud Clément.

« Je me suis régalé, épanoui dans ce monde-là ».

Ligue des Champions : ManU paillettes

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Un déplacement à Rome ne fait plus peur qu’aux clubs français. Et si Manchester ne jouait pas l’AS Roma demain soir ?

Patrice Evra affirme qu’il se sent fort et que Messi ne le passera pas demain soir. On le comprend : champion en titre, Manchester n’a rien à craindre d’une équipe balayée l’an dernier (0-0, 1-0) alors qu’elle était au firmament. Chanceusement, Barcelone n’est pas encore éliminé malgré une leçon de football de Chelsea. Sans bien sûr le contester, Le Vestiaire ose demander : pourquoi Manchester est-il favori ?

Parce que Manchester est le plus gros des gros

Son parcours plaide pour lui. Il était temps que le tirage au sort propose un adversaire facile, après des poids lourds européens : d’abord l’Inter, vainqueur de l’UEFA 1997, tranquillement éliminé grâce à un grand Ibrahimovic. Ensuite, ManU a surpris Porto, grandissime favori de l’épreuve en 2004. Les posters de Deco ont la peau dure. C’était avant le chef d’oeuvre, la demi-finale face à Arsenal, de loin la meilleure équipe de Ligue 1. Ce jour-là, les passes de Ronaldo étaient trop fortes pour Gibbs, presque titulaire en équipe d’Angleterre des 19 ans. Ce jour-là, même les frappes de Ronaldo à mi-hauteur étaient trop hautes pour Almunia, le successeur naturel du héros Jens Lehmann. Irrésistible, Manchester a sorti les meilleurs pendant que Barcelone souffrait contre Lyon et le Bayern avant de voler Chelsea.

Parce que Barcelone est diminué

La marche est trop haute. Pour une équipe défensive comme Barcelone, être privé d’Abidal et de Marquez, c’est beaucoup. Alors Alves en plus, de loin le meilleur joueur de la demi-finale retour, c’est injouable. En aucun cas on ne peut considérer que ces trois joueurs là sont remplaçables. Ce n’est pas le genre de Marquez de filer le ballon à Drogba sur un contrôle de merde. Ce n’est pas le style d’Abidal de réussir les grands matches à tel point qu’un retour à Lyon serait une bonne opportunité. Ce n’est pas du tout l’habitude d’Alves de faire des fautes pas loin de son but et de centrer très loin de celui de l’adversaire. Barcelone est amputé des trois-quarts de sa défense. Guardiola a certainement dû se réjouir que Puyol ne se blesse pas à l’entraînement. Sylvinho-Puyol-Piqué-Keita : à croire que toutes les stars barcelonaises seront absentes.

Parce que les meilleurs joueurs sont à Manchester

Toute la saison, la qualité de jeu de Manchester a été encensée. Brillant seulement dans les grands matches, Ronaldo est bien meilleur que l’an dernier, où il cartonnait tout le temps. Son Euro lui a fait beaucoup de bien. Rooney a été reconverti défenseur, dommage que son talent l’oblige à marquer de temps à autre. Tevez est peut-être le meilleur, mais il doit rester dans son Park. Messi, Henry et Eto’o ont beau essayer, qui pourrait imaginer qu’ils marquent plus de buts en championnat et en Ligue des Champions ? Au milieu, l’absence de Fletcher ne posera aucun souci. Scholes ou Giggs ont encore beaucoup de gestes techniques à apprendre à Xavi et Iniesta. Chelsea, à qui il ne manquait pas grand chose pour se qualifier, sait qu’Essien? Ballack et Lampard, c’est un peu léger pour le pressing. Carrick et Anderson, ça sonne mieux. Derrière, O’Shea n’a évidemment aucun souci à se faire contre la jambe d’Henry.

Pendant ce temps-là, si Yaya Touré est aligné derrière, Manchester n’en prendra pas trois. Ce serait le Busquets.

Ligue 1: Le palais des Congré

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Domenech, Margotton et Saccomano ont-ils composé l’équipe-type UNFP du championnat de Ligue 1 ? Hervé Mathoux doit avoir la réponse.

C’est un bien beau tour de magie qu’a réalisé l’Union des footballeurs professionnels. Faire composer par ses membres une équipe-type sur son poids médiatique plus que sur son talent, fallait y penser. Le Vestiaire, qui n’aime décidément pas qu’on se foute de la gueule du monde, a donc demandé à son spécialiste d’enquêter sur le réel niveau des joueurs qui la composent. Voici la véritable meilleure équipe du championnat.

Carasso: C’est pas parce qu’Arribagé est parti, qu’il y a plus de boulot.
Il appartient à la meilleure défense du championnat, sans doute un simple hasard

Chalmé: Un bon gros Bonnart. Contrairement à Fanni, il ne sera pas Fanny.

Congré: C’est pas parce qu’Arribagé est parti qu’il fallait continuer à saloper le boulot. Il appartient à la meilleure défense du championnat, sans doute un simple hasard.

Diawara: A son débit, jouer au ballon c’est pas son truc. A son crédit, son seul concurrent c’était Hilton, Hansson, Mangane ou Rami.

Mathieu: Le roux de secours de la meilleure défense du championnat, sans doute un simple hasard. Bon frappeur de balle comme Taiwo. Bon défenseur. Comme Taiwo ?

M’Bia: Si les recruteurs Lyonnais ne confondent plus Makoun avec Diarra, ils seraient bien inspirés de confondre M’Bia avec Essien.

Toulalan: Lyon a été sauvé de l’Europa league. L’un de ses trois joueurs valide du club n’y est sans doute pour pas grand chose.

Gourcuff: Zidane n’a jamais été champion de France, Gourcuff n’a jamais marqué en finale de C1 ou de Coupe du monde. Un détail.

Niang: Jusqu’à la 25ème journée, Marseille jouait avec sa sardine à 7 points de Lyon. Depuis, Marseille joue le titre avec 4 points d’avance sur Lyon. Niang est revenu à la 25ème journée. Sans doute un simple hasard.

Benzema: 17 buts en 33 matches pour la saison la plus merdique de sa carrière. C’est faible. Le plus mauvais Lyon de la décennie est encore troisième. Sans doute un simple hasard

Chamakh : De très loin, le meilleur joueur de la saison. Aucun passage à vide, même durant l’hibernation de Zidane. Indispensable dans le jeu, il n’a plus ou moins offert que 6 victoires sur les 11 dernières journées. Heureusement ce n’est pas là que le championnat s’est joué.

Laurent Blanc: Le meilleur entraîneur 2008 ne l’est plus en 2009. Mais qui entraîne Bordeaux maintenant ?

On voulait bien d’eux, mais on a trouvé autre chose

Gignac: On voulait bien de lui, mais avec la meilleure défense du championnat dans son équipe, être le meilleur buteur devrait offrir un peu plus qu’une quatrième place. A la 27ème journée Toulouse avait deux points d’avance sur Bordeaux, aujourd’hui 14 de moins. Ca veut dire quoi être décisif ? Enfin, s’il suffisait de marquer plein de buts pour être le meilleur, Mario Jardel serait l’égal de Pelé et Djibrill Cissé jouerait à Sunderland.

Lloris: On voulait bien de lui, puisque qu’il est le meilleur et que son rayonnement est international. Mais comme Eric Durand à son époque, les gardiens des petits clubs sont toujours les mieux mis en lumière.

On voulait bien d’eux, mais faut pas déconner quand même

Fanni: L’effet équipe de France. On voulait bien de lui, mais pourquoi Savidan n’est pas nominé ?

Hilton: On voulait bien de lui, mais si Marseille a rien foutu derrière en Coupe d’Europe, c’est que de la faute à Civelli ? Il reste le patron de la défense marseillaise, à moins que ça ne soit Zubar. Gerrard, Benzema et Agüero hésitent. Le meilleur stoppeur UNFP de ligue 1 appartient donc à la sixième défense. Sans doute un simple hasard.

Taiwo: On voulait inévitablement bien de lui depuis que Jurietti est passé chez les vétérans. Mais le meilleur latéral UNFP de ligue 1 appartient à la sixième défense. Sans doute un simple hasard.

Benoît Cheyrou: Longtemps surnommé le Bruno du pauvre, on voulait bien de lui. Mais depuis, il s’est fait un prénom ou son frère a fait oublier le sien ? Le meilleur récupérateur français UNFP appartient donc à la sixième défense. Sans doute un simple hasard.

Michel Bastos: On voulait bien de lui,  jusqu’à la 30e journée, il était alors le meilleur étranger de France depuis Juninho. Depuis la 30e journée, il est le meilleur étranger de Lille depuis Kluivert. Heureusement à la 30e journée le championnat était déjà joué.

Sessegnon: Le surnom du petit Okocha faisait beaucoup rire le Parc des Princes avant Noël, du coup on voulait bien de lui. Depuis quelques mois, on se souvient qu’Okocha a joué au PSG. Le meilleur milieu offensif UNFP appartient donc à la quatrième attaque de Ligue 1. Bordeaux et Marseille n’ont marqué que 14 buts de plus que le PSG.

Hoarau: Le fait que Benzema ait un ratio buts/minutes jouées supérieur ne veut rien dire.

Gerets: Et si le meilleur entraîneur UNFP finissait deuxième ?

Ligue 1 : Un match à deux, franc Zizou

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Bordeaux devra ne pas perdre à Caen s’il veut décrocher le titre de champion. La Roma, Chelsea, même Cluj : tout le monde rigole de bon cœur. Et Gourcuff ?

C’est l’histoire de l’enclume et de la plume. A la fin, c’est jamais Savidan qui est champion. Pourtant, le nouveau Papin a tout intérêt à gagner la semaine prochaine, sinon il rejoindra le cercle très fermé des internationaux de Ligue 2. Ils ne sont pas si nombreux à avoir fait carrière. Caen aura quelque chose à jouer, Bordeaux aussi. Rennes aura quelque chose à jouer, Marseille aussi. Tout le monde est sur la même ligne, mais Bordeaux a de l’avance. « Hors-jeu ! », s’écrie Quiniou. Sa prédiction n’est pas totalement fausse. Que faire ?

Faire mariner Blanc

Jean-Louis Gasset a bien bossé, il est temps de passer la main. Ce n’est pas la dernière semaine du championnat qu’on va améliorer son jeu, donc l’entraîneur bordelais est déjà en vacances. Pour lui succéder pour cette semaine décisive, Laurent Blanc fait figure de favori. Il a le profil : élégant, allumette dans la bouche, il sait parler aux joueurs des grands matches. Son expérience de finaliste de Coupe du monde peut servir à Jurietti. Sa principale mission : rassurer ses joueurs clés, c’est-à-dire Chamakh. Sorbon et Seube l’assisteront dans sa tâche.

Domino day

Face à Monaco, le grand Bordeaux entraperçu à Galatasaray est réapparu. Dominé, comptant uniquement sur Cavenaghi pour se soulager, il a tenu le score par miracle. Ramé y est pour un peu, Chalmé et Tremoulinas pour presque rien. Diawara et Planus photocopient la feuille de match pour certifier leur présence. Les seuls à leur niveau habituel auront été Park et Pino, ça a suffi pour une victoire bordelaise. Les Girondins ont joué une fois avec le feu. Si Caen domine Bordeaux comme Monaco l’a fait, ça peut finir par passer, quand bien même Savidan se rapproche de son tout meilleur niveau. Bordeaux baladé par Caen ? Jurietti en fait une affaire d’honneur, Gasset aussi.

Le Yoann dévalué

Il n’avait pas été aussi étincelant depuis le dernier gros match de Bordeaux, à Galatasaray. Requinqué par la poursuite de l’OM, il a permis à son équipe de rester dans la course au titre. Après une semaine à 13,6 millions d’euros, en tête de Ligue 1 et avec un manager qui parle de titre, il a tout juste retouché sa copie. A croire que les coups de moins bien physiques tombent toujours au plus mauvais moment. Contre Monaco, Bordeaux devait gagner, Zidane devait marquer. Ou au moins continuer à faire comme d’habitude, contre un sparring partner aussi coriace que d’habitude. Monaco a dû préparer son déplacement en Gironde en Lituanie. Miracle, le nouveau Zidane a une nouvelle chance : un grand match. Deuxième miracle, c’est à Caen. S’il n’offre pas le titre à Bordeaux, maître Poulmaire devra se trouver un nouveau Zidane et Manaudou ne quittera jamais Bousquet.

Pendant ce temps-là, Benzema corrige les rapports des recruteurs.

La Légende : L’ablation des Abidal

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Le Vestiaire est entré aujourd’hui dans sa troisième année d’existence. Pour l’occasion, il fallait rendre hommage au joueur le plus emblématique du sport français actuel. Le jour où Lyon devait entrer dans l’Histoire du foot européen, il était là. Le jour du premier enterrement des Bleus de Domenech, il était encore là. Le jour où le plus grand Barça de l’Histoire a failli passer à la trappe, il était toujours là. Si la carrière d’Eric Abidal était un match, les « il s’est troué » de Jean-Michel Larqué ne dureraient qu’une heure et demie.

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La plus rapide, et peut-être la mieux construite de toutes ses oeuvres, à un poste d’arrière central qu’il estime le sien, contrairement à l’ensemble de ses entraîneurs. Le chrono affichait déjà 3’42 » qu’Abidal lançait Luca Toni de la tête. L’Italien avait prouvé tout son goût pour le haut niveau à Munich, à moins que ce ne soit à la Fiorentina. Il confirme : seul face à Coupet, il se permet la gourmandise de tirer comme une merde à deux mètres du poteau, ce que tout bon avant-centre aurait fait à sa place. Mais, comme le dit le proverbe, si c’est dedans, c’est pareil, même si pour Maurice il faut nuancer. Alors, vingt minutes plus tard, la flèche Toni le prend de vitesse. Rapide, Abidal peut encore le rattraper pour l’empêcher de passer. Par la droite, par la gauche, les pieds d’Abidal choisissent les deux. Penalty, carton rouge, Boumsong rentre, l’Euro est fini. Colleter et Blondeau ont gardé la VHS.

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Ce n’est pas parce que Sagnol continue de donner des conseils en costard à la télé, à l’aise comme Marc Cecillon à une réunion de parents d’élèves, qu’il faut toujours l’écouter. Déjà pris dans son dos tout au long de la première mi-temps, Abidal s’accorde une pause pour admirer le jeu de tête de Drogba. Rattrapé par la réalité, dépassé par Anelka, il le colle, l’autre tombe tout seul, carton rouge. C’est cruel, mais le haut niveau c’est pas courir toujours derrière son attaquant. Heureusement, le miracle se produit pour le Barça : Seydou Keita est rapatrié sur le côté gauche de la défense. Chelsea finit par craquer quand Abidal est déjà douché. Déjà privé d’Alves pour la finale, Guardiola peut jubiler.

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La plus récente, pas si éloignée de celle de Chelsea puisque seulement quatre jours plus tard. Surtout, la seule qui manquait à son palmarès : l’expulsion à la maison. Un match pour le titre, le plus grand stade d’Europe plein à ras bord fêtant déjà son équipe qui mène 3-1 à 15 minutes du titre. Quelle meilleure minute pour venir provoquer un penalty, doucher l’enthousiasme des supporters et relancer un adversaire qui finalement égalisera à la dernière seconde et obligera le Barça à fêter son titre à l’extérieur ? Abidal, lui, est rassuré : il s’évite la finale de la Coupe du Roi et verra très probablement le match du titre dans un bar du Barrio Chino. Qui pourrait le reconnaître ?

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Chronologiquement, le premier drame de sa carrière, si l’on met de côté sa saison 2000-01 à Monaco. Il reste quelques secondes à jouer, Lyon tient sa première demi-finale de Ligue des Champions. Fred mis à part, on ne voit pas qui pourra empêcher la meilleure équipe d’Europe d’aller en finale. A cet instant, pourtant, personne ne comprend ce qui passe par la tête d’Abidal. En revanche, tout le monde voit bien que le ballon passe au-dessus de sa tête avant d’atterrir dans les pieds de Schevchenko, seul face à Coupet. Les analystes du monde entier sont formels : l’Ukrainien n’a donc pas pu sauter, Abidal était tout seul pour faire une tête. Farceuses, les caméras du monde entier ne manqueront pas de montrer qu’Inzaghi, dans son sprint de joie, croisera sa victime, les bras ballants. Comme si numéro 20 dans le foot, ça voulait encore dire pas titulaire.

Trois expulsions, une élimination, des moments clés où le talent compte, mais se voit moins que les conneries. Pour Domenech, une seule question : stoppeur ou latéral ?

Les palmarès du Vestiaire : Les arrières

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Avant d’attaquer les avants, le Vestiaire s’occupe du poste de Serge Blanco, personne ne souvient des autres, il n’y en a pas eu beaucoup en effet, mais il y en eu quand même. Voici les 5 meilleurs arrières de ces 20 dernières années selectionnés par notre stagiaire rugby, successeur de l’immense Peyo Greenslip. Pet à son âme.

5. Serge Blanco

La grosse surprise du classement. Talent d’Or Antenne 2 même quand il ne jouait pas, même à plus de trente ans, jusqu’à sa dernière sélection. Comme Sadourny, il a fini par disputer un Bouclier de Brennus. Le mal était fait, la légende des 15 avait commencé en 74.

4. Gavin Hastings

Il symbolise l’Ecosse à lui seul. A fait trembler un très grand quinze de France en 95, mériterait largement le podium pour son inégalable talent de joueur, buteur, botteur mais avait deux gros défauts : il ne jouait pas dans l’hémisphère sud et n’était pas Français.

3. Matthew Burke

Deux finales de Coupe du Monde dont une victorieuse, quelques points marqués, mais qu’a-t-on vraiment retenu de lui ? Que Joe Roff a joué à Biarritz ?

2. Jean-Luc Sadourny

Quand il jouait, personne ne regrettait Serge Blanco, depuis qu’il a arrêté personne ne l’a remplacé. L’arrière le plus solide jamais rencontré, complément de trois-quart hors pair mais il n’était pas buteur. Chauvinisme ?

1. Percival Montgomery

Si Sadourny ne lui pique pas sa place, c’est à cause d’une broutille, une victoire en Coupe du Monde. Et comme en rugby il n’y a que ça qui compte, on passera sur son manque de folie et son éclosion tardive. Un jeu au pied décisif, et beaucoup de sûreté. Que faut-il de plus ?

Egalement cités : Hernandez, l’Argentine a eu sa chance. Latham, 2011 ? Wilson, rugby ou cricket ? Cullen, une saison ne suffit pas toujours.  Robinson, ailier ou arrière ? Campese, ailier ou arrière ? Williams, pas vu. Irvine, pas pris. Byrne : ?

Roger par le doute

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Roger Federer a fêté son récent déclin en battant Nadal chez lui à Madrid, sur terre battue, en finale (6/4, 6/4). L’heure de la retraite a sonné.

La Coupe du Monde par équipes s’est ouverte cette semaine. Tsonga et Simon sont présents et perdants, et pourtant, la planète tennis semble indifférente. Bizarre. Depuis la victoire de Federer sur Nadal, tout le monde ne parle que de ça et personne ne comprend. Comment l’Espagnol a pu craquer contre un autre joueur que Djokovic, Murray ou le petit-Nadal-qui-est-pourtant-plus-vieux-que-lui ? Logique.

Avec son succès, Federer se hisse tout juste à deux victoires en onze matches sur terre battue contre Nadal, qui pourtant est un habitué des défaites sur la surface. On en compte pas loin de trois depuis ses débuts de champion. Federer s’est permis de le faire à chaque fois en finale, à Hambourg 2007 et désormais Madrid 2009. On dirait presque que c’est un grand joueur. Mais ce n’est que son premier titre de la saison, à peine deux finales et quatre demies en sept tournois. Aucun autre joueur que Nadal n’oserait un bilan si famélique, et dire que Roger est aussi vieux que Santoro, à neuf ans près.

Sampras et sans reproche

Devant une telle contre-performance face à un joueur quasi-retraité dont les médias dressaient à longueur de semaines et de papier la nécrologie, Nadal devait vraiment être au fond du gouffre. Les observateurs toujours avisés n’ont pas manqué de le souligner. Mais quelles sont donc ces fameuses circonstances suffisamment atténuantes pour perdre contre un ancien joueur ?

Nadal n’aime pas Courier

D’abord, il a été fatigué par un vrai bon joueur pas fini, Djokovic. Si Federer n’était pas membre honoraire du Top 2, on appellerait d’ailleurs Djokovic numéro 2 mondial. Clin d’œil de l’histoire, Djokovic a échoué ces deux dernières semaines là où Federer a réussi : achever Nadal dès qu’on en a l’occasion, même mené 15-40 quand on sert pour le match. Mais au tennis, savoir conclure, ça ne change pas grand chose, Mathieu en sait quelque chose. Federer a marqué les points décisifs, pas Nadal. La faute à la fatigue ? Djokovic, qui connaît la réponse, se demande s’il faut connaître le tennis pour en parler. Quoi qu’il en soit, la fatigue l’a empêché de passer trop de secondes balles puisqu’il en a passé 79% de premières.

Federer Chang de jeu

Le plaisir pour Federer sera donc d’avoir battu Nadal en retraite. Sans même s’y attendre, Rodger a empêché Nadal de le pilonner côté revers. Sans même s’y attendre, Rodger s’est servi de son coup droit pour déborder Nadal (25 points gagnants contre 12), le hasard fait bien les choses, c’est son meilleur coup. Sans même s’y attendre, Rodger s’est passé de son premier service (62%) pour battre le numéro 1 à la régulière, dans le jeu. Sans même s’y attendre, c’est Nadal qui a eu besoin de sa première balle pour rester dans le match. Sans même faire exprès, Rodger a expédié son complexe Nadal. A croire que c’était une pure connerie et qu’il peut encore fanfaronner d’être le patron. Roland-Garros approche, le complexe Federer de Nadal est déjà en brouillon dans toutes les rédactions, en attendant le dernier dimanche. Djokovic est le seul joueur à avoir souscrit une assurance annulation sur ses billets de retour du vendredi soir. Del Potro n’y a même pas pensé, Murray encore moins. Et Davydenko ?

Pendant ce temps-là, Le Vestiaire boucle sa grande enquête sur les finalistes de Roland. Et Bîmes ?

La Légende : Et Ullrich ramait

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20 juillet 1996. L’avant dernier Tour de France a livré son verdict. Un Danois millénaire dont l’histoire a oublié le nom se balade en jaune sur les routes girondines.

En deux étapes, il a plié la course. Une petite dose dans les Alpes, une plus grosse dans les Pyrénées et Thévenet manqua de s’étouffer avec les glaires de Patrick Chêne. Ca, on vous l’a déjà raconté. Mais ce matin là, au départ de Bordeaux, notre vieux chauve n’est pas très bien. Le dosage de Berzin n’est décidément pas le meilleur,  les 70 km/h seront difficiles à atteindre, autant oublier tout de suite les 80. Il mise quand même sur l’aérodynamisme de son crane pour limiter les dégâts. Mais son jeune coéquipier allemand, deuxième du classement général à quelque 4 minutes, table, lui, sur une jolie casquette à l’envers. Magie du vélo, c’est le bon choix.

Le projet stérone

Il s’appelle Jan Ullrich. Elevé au bon grain d’Europe de l’est, celui de Katrin Krabbe et d’Erik Schinegger, il n’a eu aucun mal à suivre son papi dans Hautacam. Il aurait même pu le battre s’il n’avait pas respecté les limitations de vitesse. Ce qu’il ne va pas faire sur la route de Saint-Emilion. Chacun voit bien Indurain finir en beauté, mais le Navarrais a beau être aussi fort qu’avant dans l’exercice, le petit gros roux l’est encore plus. Il reconnaîtra deux fois le parcours avec une voiture Telekom dans son aspiration, avant de mettre deux minutes à son leader parti évidemment derrière lui. Patrick Chêne parle déjà à son propos de « seigneur », de « grand champion des années avenir ». Il aura raison un an.

Rudy la truffe

En 1997, il accélèrera brusquement pour la dernière fois de sa carrière dans la montée vers Arcalis. L’hiver suivant Janou se réchauffera dans les bras de sa fraülein de maman. Ils sont pleins de gras, c’est la fin de sa carrière. En 1998, Jean-Marie Leblanc découvre stupéfait que l’EPO n’est pas toujours autorisée. Pantani s’en fout. Il ne s’en foutra pas longtemps. Janou, lui, n’aime pas la pluie, il préfère les gâteaux. En 1999, Janou étrennera ses nouveaux molets en Espagne et à Verone, mais pas en France. C’est dommage, il digère mieux les gâteaux.  En 2000, Janou n’aime toujours pas la pluie, n’aime plus Hautacam, mais il retrouve son amour des gâteaux.

Glander dans la Madeleine

En 2001, Armstrong n’est pas bien dans la Madeleine et le Glandon. Janou, qui aime toujours bien les gâteaux, mais un peu moins la tactique, décide de prendre le robot américain sur son porte bagages et dans l’Alpe d’Huez c’est l’Allemand qui regardera celui d’Armstrong. En 2002, Janou préfère la drogue aux gâteaux. Les deux ensemble, c’est pas mal non plus. Jean-Marie Leblanc et Hein Verbruggen préfèrent largement les intraveineuses, Janou est privé de Tour.

Bianchi mais pas blanchi

En 2003, fini les gâteaux et la Telekom. Mais pas Rudi Pevenage. Plus costaud qu’Armstrong, Janou préfère toujours attendre les fins d’étape pour voir si l’Américain est vraiment moins fort. C’est le cas, il perd du temps à chaque fois. Mais Janou n’en est pas convaincu avant les Pyrénées. Vers La Mongie, il tente de partir seul, mais son cul a du mal à se lever de la selle. Arcalis est déjà loin. A Luz Ardiden, c’est cette fois la courtoisie qui lui ôtera l’envie de gagner le Tour. On lui avait pas dit qu’Armstrong n’était pas vraiment  le mec le plus sympa du peloton. Bassons ne doit pas parler allemand, Simeoni non plus.

Le roman du perd OL :
Le roman du perd OM

montana

Lyon a remporté sa seconde victoire d’affilée, a gâché la passation de pouvoir et perdu le titre. C’est ce qu’on appelle un week-end bien rempli. Pendant ce temps-là, que faisait l’OM ?

Finalement, qu’est-ce qui différencie Le Havre du PSG ? Pas grand-chose, a dû penser Jelen samedi soir en serrant les mains de Landreau, Ceara, Camara, Sakho, Armand, Clément, Makélélé, Rothen, Sessegnon, Luyindula et Kezman. Le PSG, mine d’avoir rien foutu, a mis une sacrée pression sur son adversaire pour la troisième place : perdre, pour les Lyonnais, signifiait rester à la merci d’un retour parisien. Les humiliations, ça va un temps.

Steve Marlet le sait bien, on ne renaît pas de ses cendres soudainement. Les niveaux – de confiance et tout court – de l’OL autorisaient un espoir : une prestation solide, même si Essien, Tiago et Diarra le formuleraient autrement. La victoire lyonnaise est facile à résumer : Benzema, Lloris et ses poteaux, Toulalan, un zest de Juninho et de Cris. L’OL a beau être mis au placard, un ancien parrain ne quitte pas la famille sans ses bijoux et un peu de fierté. Ca n’empêche pas Réveillère, Boumsong, Ederson et Delgado, mais ça peut suffire.

Frédéric Brandao

D’aucuns penseraient qu’il s’agit d’un exploit lyonnais si ce succès n’était pas aussi prévisible. Diouf avait annoncé une passation de pouvoir, Lloris s’est permis un clin d’œil à Mandanda. L’été approchant, Benzema avait quant à lui prévu de se faire remarquer, certainement pour mieux rester. Quand bien même Erbate est parti, Hilton-Civelli est le seul argument que l’OM pouvait opposer au caïd.

Gerets le savait, mais il n’imaginait pas que Brandao allait participer à la discussion. La défaite de Marseille est facile à résumer : Brandao, Civelli, un zest de Hilton. L’OM a beau avoir descendu Lille de sang-froid, un apprenti parrain pisse souvent dans son froc au moment de prendre la place du pater. C’est une image : Brandao, lui, n’a pas hésité à dézinguer Ederson en pleine surface. M. Lannoy n’a pu fermer les yeux, au grand dam de Legarda. Bonne nouvelle : c’est sûr, Ederson est bien le nouveau Juninho, même si Puel préfère faire entrer l’ancien pour tirer les coups francs.

Le mardi, c’est Civelli

Une telle mésaventure n’arriverait pas à Civelli. Le Vestiaire avait déjà salué ses efforts. Il poursuit sa formation en alternance du haut niveau. L’Argentin a découvert dans la semaine l’existence d’un poste appelé libéro. Ca permet à un défenseur de jouer dans l’axe derrière tous les autres, si possible en évitant de s’y mettre en plein match sans prévenir les copains. Il faut apprendre à lire le jeu adverse, mais bonne nouvelle : rien n’interdit de balancer avant le match qu’on sent le titre. Avant la déplacement à Nancy, Gerets prévoit de faire apprendre en urgence le hors-jeu à son héros d’Ukraine. Avec une surprise de taille : libéro et hors-jeu ne s’accordent pas.

Pendant ce temps-là, Gourcuff continue de se régaler dans les matches amicaux. La compét’ reprend ce week-end.

L’hommage du Vestiaire au Vestiaire

clocloclo

La fin de saison et notre deuxième anniversaire approchent. Ce week-end, les premiers triomphes du Vestiaire ont commencé à pleuvoir.

En mai 2008, notre spécialiste publiait une enquête fouillée sur les raisons de la mort d’un grand club qui n’aura marqué que l’Histoire du foot français. Il s’appelait l’OL et ne remporterait pas un titre supplémentaire s’il ne corrigeait pas ses défauts.  Le Vestiaire avait pourtant prévenu Lyon dès août 2007.

La Puel aux oeufs d’or

En juillet et août 2008, notre spécialiste expertise l’intersaison lyonnaise et constate que rien n’a changé. Il l’annonce, Puel viendra pour jouer le podium, Benzema décidera sur quelle marche, Juninho s’arrêtera à Noël. Jamais au fil des semaines et des mois il ne remettra son jugement en cause malgré les points d’avance qui s’accumulaient. La poule de Ligue des champions est faible, le club ne termine même pas à la première place, mieux, il est laborieux face à Bucarest, ce n’est pas une surprise, nous l’avions dit.

Barka la frite

En janvier dernier, nous décidons de lancer le roman du perd OL alors que les Gones vont compter ensuite jusqu’à 6 pts d’avance sur le PSG, 7 sur l’OM, 8 sur Bordeaux lors de la 25ème journée. Nous étions le 21 février.  Ce n’est pas de la voyance, c’est de l’analyse et de la compétence. Nous étions les seuls à annoncer pour le Nouvel An la volée barcelonaise qui ne pouvait pas en être autrement. Lyon est devenu un club normal, le grand Lyon est mort depuis longtemps, le Vestiaire vous avait prévenu.

Le Karim était presque parfait

Le Vestiaire vous avait aussi prévenu que Benzema était le grand joueur en devenir. C’était le 6 août 2007. Depuis, il n’a cessé de confirmer, de grossir ses stats, de s’imposer, d’être décisif. Certains parleront du retour de Benzema, nous l’avions dit et nous le répétons, c’est le meilleur attaquant au monde à son poste. Maintenir à lui seul son équipe à la dérive  sur le podium en quatre buts est un nouvel exploit retentissant. Mais planter deux buts à Marseille, est-ce vraiment une surprise ? Pour Pierre Ménès peut-être, pas pour Le Vestiaire.

Roger Gicquel

Le 13 avril dernier, notre spécialiste tennis révélait la réalité du monde de la balle jaune. Quand les uns voyaient Murray numéro 2 au début de Roland, menaçant Nadal, enterrant Federer et Djokov, le Vestiaire voyait la vérité. Nadal et Federer sont toujours au top, Murray est toujours insuffisant et Victor Novak a encore des choses à apprendre. Combien de joueurs ont gagné de Masters 1000 sur terre battue ? Qui a gagné deux finales sur terre face à Nadal ?

Les questions interdites : La carrière de Benzema est-elle déjà finie ?

SOCCER-EURO/

Il n’a même pas marqué contre Nantes. Lyon doit-il se réjouir que Benzema ait annoncé son intention de rester ? Autopsie.

Il fout rien en Equipe de France

Les places sont tellement chères chez les Bleus. Trezeguet rôde toujours, la nouvelle génération Gignac-Hoarau arrive pour reprendre le flambeau. L’émulation a créé Alassane. Saha n’a pas dit son dernier mot, Govou non plus. Benzema, en déficit de confiance, perd chaque jour du terrain, aux yeux du pragmatique sélectionneur. Aujourd’hui, le profil de l’attaquant moderne, capable de marquer, déborder, centrer, jouer dos au but, combiner, frapper les coups francs et défendre, ça ne fonctionne plus. Dans une équipe de France en pleine confiance où les attaquants se succèdent et plantent jusqu’à plus soif, ne pas marquer est un vrai signe. Et puis, Luyindula et Savidan reviennent en forme. Ils ne vont quand même pas avoir peur d’un mec qui ne marque que 5 buts en 22 sélections, soit remplaçant, soit ailier, entre Papin, Trezeguet et Henry et Platini. Pas du tout vexé, Ouedec affirme que le championnat de Chine, c’est déjà pas mal de pression.

Il fout rien en C1

Cet incapable de Benzema a manqué l’occasion du 4-3 au Camp Nou. Si Lyon n’arrive pas à rejoindre les demi-finales de Champion’s League, ce n’est donc pas à cause de son niveau trop juste. Si Benzema avait inscrit 12 buts en 19 matches en trois saisons, à 22 ans à peine, si Benzema avait marqué un but tout seul au futur champion d’Europe l’an dernier, si Benzema marquait en moyenne un but toutes les 123 minutes, si Benzema situait déjà son ratio entre Papin (but toutes les 106 minutes), Trezeguet (1/134 minutes) et Henry (1/163), le jugement serait peut-être différent. Mais pas de demi-finale, c’est rédhibitoire pour juger. Manchester veut mettre combien sur Ribéry ?

Il fout rien en Ligue 1

Au même âge, comme le révélait Le Vestiaire, Papin, Trezeguet, Henry, Madar, Loko et Ouedec n’avaient pas marqué 40 buts. A nombre de matches équivalent, 109, seul Ouedec navigue dans les mêmes eaux que l’ange déchu lyonnais. Le Breton quitta Nantes sur un doublé contre le Spartak et une proposition de contrat de l’Espanyol Barcelone. A quoi bon marquer des buts, se demande encore Roger Boli. Désiré par l’Angleterre et l’Espagne – pas celles de Govou – Benzema aurait donc quelque chose en plus par rapport aux deux meilleurs buteurs de 93/94. A choisir entre la technique, la vitesse de course, la vitesse d’exécution, le sens du but et une saison d’attaquant de pointe sans soutien à 14 buts. Luyindula n’a aucune raison de rougir d’être titulaire en équipe de France.

Pourtant, Gignac le toise du haut de ses 22 buts. Hoarau s’est blessé exprès pour lui prouver que même sans jouer tous les matches, le buteur c’est lui. Jelen lui fond dessus, Gameiro trouve que Kevin ça sonne mieux que Karim. Bekamenga fait ce qu’il peut. Tous ces joueurs, hormis un, ont aujourd’hui plus de chances de figurer dans l’équipe type de l’UNFP en fin de saison. Bizarrement, Manchester n’en veut aucun. Benzema boucle sa deuxième saison pleine en L1. Deux, ça suffit aussi pour Kader Keita. Benzema marque moins cette saison, seulement 14 buts. Luyindula hésite : vanne ou pas vanne ? Dans un grand club, Benzema aurait conservé son niveau, sa concentration, sa motivation et aussi les occasions de but de la saison dernière. Dans un grand club, peut-être Juninho aurait-il été remplacé après avoir prévenu son employeur qu’il prendrait sa retraite à 55 ans, soit l’hiver dernier. Et, comme le résume le dicton : met Keita et Ederson à la place de Henry et Messi, et pour de bon Eto’o s’appellera Camara. Drogba marquait-il 25 buts à chaque saison à Guingamp ? Et au Mans ? La SNCF n’a pas tort : Lyon et Le Mans, aujourd’hui c’est même distance et même tarif.

Partir, c’est mourir ?

Incontournable en équipe de France, indiscutable à Lyon, meilleur attaquant de Ligue 1, terreur en Europe, Karim Benzema aurait encore trop de choses à prouver pour partir retrouver le haut niveau. Puel doit certainement lui enseigner comment encore mieux attaquer tout seul. Moussilou se souvient avoir eu quelques conseils, mais les championnats du Golfe sont plus relevés. S’il veut pouvoir se frotter à la concurrence d’un grand club, l’expérience d’un Keita, d’un Pjanic ou d’un Mounier n’aura pas de prix. Et à un an de la Coupe du Monde, un club en crise, c’est la stabilité assurée. Bafé Gomis approuve.

Grandir, c’est partir

La seule question encore légitime à poser, c’est : Benzema a-t-il déjà joué dans un grand club ? La réponse est ambigüe. Il a effectué sa formation dans un grand club, Lyon, avant d’être prêté contre son gré à un club moyen, Lyon. Nous sommes alors à l’été 2007, il explose parce que le malin recrutement lyonnais lui permet de compter sur Juninho. Malheureusement, le Brésilien part l’hiver dernier. Orphelin, Benzema se sent comme un surdoué avec des gens de son âge. Il est perdu : Fred lui manque, il déclare vouloir rester jusqu’à ce que Lyon soit champion d’Europe, puis au moins un an de plus. La perte de temps est enclenchée. S’il reste, sa dépression va devenir chronique, sans même qu’il s’en rende compte. Ses performances déclinent déjà depuis 6 mois. Pour avoir cru au grand Lyon, il a du mal à croire au petit Lyon. D’autres se sont aussi laissés avoir.

La seconde question légitime, qui découle de la première, c’est : a-t-il le niveau pour s’adapter dans un grand club ? En d’autres termes, Benzema est-il condamné au Vieira du Milan AC, à l’Anelka qui part au Real ou au Gourcuff qui quitte la Bretagne ? Le Vestiaire y a totalement répondu : Benzema a déjà les qualités de footballeur et les statistiques d’un joueur de haut niveau et surtout il y a déjà évolué pendant un an et demi en survolant adversaires et partenaires de son talent. Bafé Gomis se demande où est le rapport, ses formateurs un peu moins.

Pendant ce temps-là, Karim Benzema n’a plus qu’une seule question à se poser : a-t-il plus à gagner en stagnant à Lyon ou en s’entourant de grands joueurs ? Ribery a bien une petite idée, Henry aussi. Qui répond le premier ?

Les questions interdites : La carrière de Gourcuff pourrait-elle s’arrêter ?

lopette

Dans quelques jours, son sort sera fixé. Le match de Lyon lui a offert un sursis, les suivants ne lui laissent plus le choix. S’il veut continuer à jouer, il doit rester à Bordeaux, titre ou pas.

C’était il y a cinq semaines, Gourcuff avait réalisé le même match que Stéphane Ziani contre la Lituanie. Bordeaux jouait à son niveau de 1997 quand Stéphane Ziani était à la baguette. Quelques mois auparavant, Zidane avait réglé son compte au PSG, à la Roumanie, mais n’avait rien pu faire face à la Roma de son copain Mexès. L’homme, qui coûtait 15 millions en début de saison, en valait 30 quelques jours plus tard, 7 en milieu de saison. Aujourd’hui, il en vaut 40 et ça pourrait continuer à grimper. Et pourtant, sa valeur réelle est peut-être beaucoup plus grande, mais pour la connaître précisément, il faudra attendre l’arrivée des Girondins en huitièmes de finale l’année prochaine, sinon de Tottenham à la Sampdoria en passant par Rennes et La Corogne on tendra les bras au nouveau Corentin Martins.

Une expérience milanaise probante

Le scoop aurait pu être livré par Les Dessous du Sport : Gourcuff a connu le premier gros échec de sa courte carrière en partant en Italie. Mourad Meghni est jaloux, Bordeaux ne lui  avait rien proposé derrière. Jérémie Aliadière veut bien aussi l’adresse. Trop jeune, trop tendre, trop beau, pas assez expérimenté, trop de concurrence, les raisons sont multiples. Pourtant, il n’était pas vraiment compliqué de deviner qu’il allait se planter.

L’exemple Dugachis

Combien de joueurs ont réussi en partant aussi jeunes à l’étranger sans même avoir réalisé une saison convaincante au haut niveau ? Aucun. Combien de joueurs ont réussi en partant à l’étranger après une saison correcte au haut niveau français ? Aucun. Dugarry est l’archétype. Deux buts dans un gros match – Tholot peut regretter de n’en avoir marqué qu’un – et Adriano Galliani le confond avec Vieri. Mais Duga n’était ni un avant-centre, ni un joueur accompli. Une ou deux saisons de plus au Haillan n’auraient pas été un luxe pour s’en rendre compte. Il lui faudra quatre ans pour devenir incontournable et ce ne sera pas à Barcelone.

Le nez dans le Kaka

Gourcuff, lui, n’a encore rien montré en 2006, mais ça amuse la Gazzeta de le comparer à Zidane. L’envie de rire passera à tout le monde sauf à Rennes. « Au moins, si jamais il était vraiment bon, il jouera pas contre nous« , se satisfait Berlusconi entre sa femme et une amie presque majeure, selon la vieille tradition lombarde qui faisait jouer Van Basten et Papin dans le même club. En juin 2008, Yoann n’intéresse plus grand monde, Milan espère bien en tirer du pognon en même temps que la vente d’un autre Zidane un peu plus consistant. La suite, Laurent Blanc la connaît dans les grandes lignes. Un peu d’équipe de France, quelques buts, un gros passage à vide, et une fin de saison intéressante et décisive contre des petits clubs. Dans les détails, ça donne deux buts en Ligue des Champions, une élimination piteuse en UEFA et une double absence contre la Lituanie. Le haut niveau, c’est en France ou en Europe ? Nasri ne sait plus trop.

Le Zizou, je te veux si tu veux de moi

Que lui reste-t-il donc de Zidane ? Ce n’est pas un vrai 10, il marque plus, et surtout le meilleur joueur de tous les temps a mûri quelques saisons avant que, curieusement, la Juve ne s’intéresse à lui comme un titulaire en puissance. Auparavant, il avait juste emmené Bordeaux en finale d’UEFA quand Weah, Baggio, Desailly, Vieira et Maldini la jouait encore. Gourcuff, qu’il soit Platini ou Djorkaeff, semble déjà aussi important que Messi, mais pas davantage. L’un comme l’autre souffrent du même problème : une petite équipe nationale et un manque de présence dans les grands rendez-vous. Messi peut régler ça à Rome, Gourcuff nous dira bientôt s’il compte le faire sur un banc doré à l’étranger ou sur un terrain siglé du nom d’un célèbre résistant.

Pendant ce temps-là, Le Mans, Monaco, Caen, les Feroés et la Serbie se demandent s’ils peuvent être considérés comme de grandes équipes.

Dopage : Ça CERA rien

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Thierry Bisounours, en congé jusqu’à Paris-Tours, nous a offert une dernière interview avant la fermeture officielle de la saison. Si Thierry Adam voulait l’imiter, jamais il ne l’égalerait.

Bonjour Thierry, commençons par l’actualité brûlante. Pourquoi ce retrait ?

D’après toi, connard ? Manque de thunes.

Houla, ça démarre fort.  Votre patron Bilou ne vous paye plus ?

C’est un gros tas de m…. ! Il y connaît rien en sport et pourtant il la ramène « plutôt une fois qu’une », comme on dit dans le jargon.

On n’a pas l’habitude de vous voir aussi remonté…

Continuez comme ça et je vais vous descendre (il parvient tant bien que mal en un peu moins d’une heure, à l’aide de son pouce et de son index, à représenter le vieux colt Browning utilisé par son père pour buter un soldat allemand. C’était en 1981, en Baie de Somme, lors d’une partie de chasse).

Un soldat allemand en 1981 ?

Et le Mur de Belin (ndlr: Berlin), c’est du sanglier ? Ah, les journalistes… Tous des ignards ! (il ponctue d’un rot hésitant mais suffisamment odorant pour deviner qu’il digère mal les câpres).

Vous n’êtes pas journaliste ?

Si, si, pourquoi ?

Pour rien. Si on vous dit Di Luca, Garzelli, Soler, Simoni, Leipheimer, Basso, Menchov, Cunego, Cardenas, ça vous évoque quoi ?

Ah, ces cyclistes italiens… La plus belle bande de drogués de l’histoire de la bicyclette. D’indécrottables tricheurs récidivistes camés jusqu’à l’os, des dopés pathologiques qu’on a bien fait d’écarter une bonne fois pour toutes. Heureusement, le ménage a été fait, tout ça est derrière nous.

Menchov est Russe et il n’a jamais été pris, comme d’autres. En fait, ils sont tous dans les vingt premiers de la première étape de montagne du Giro.

Le Giro 2003 ?

Revenons au vélo, votre spécialité…

C’est vous qui le dîtes.

Etes-vous surpris par les derniers cas de dopage à la nouvelle EPO ?

Toujours les mêmes soupçons,  je vois… Je vous l’ai dit, l’affaire Festina, c’est du passé, on a fait un beau ménage depuis cette époque. Bon débarras, les Eusebio Unsue, Marc Sergeant, Mauro Gianneti, Mauro Scirea, Giuseppe Saronni, Bjarne Riis, Lars Michaelsen, Jonathan Vaugters, Johan Bruyneel, Lance Armstrong, Ekimov, Erik Dekker, Erik Breukink, Patrick Lefévère, Rolf Aldag, Bob Stapelton.

Mais ils sont tous partie prenante du Pro Tour !

Vous voyez toujours « le verre à moitié sale », comme on dit dans le jargon. Tout le monde a droit à une seconde chance et la nouvelle génération apporte du sang neuf.

Comme Boonen ou Valverde ?

(Il reprend soudainement son arme factice) Boom, boom…

Richard Gasquet : Du coke à l’âne

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L’Equipe Magazine avait raison. Un Français gagnera bientôt un Grand Chelem, et en plus ce sera Richard Gasquet. Stupéfiant, pensait-on avant le dernier Open d’Australie.

Ritchie connaît encore mal ses tables d’addiction. Trois mois, deux ans, 23 ans, 1 gramme : il a appris en maths à ne pas mélanger les unités de mesure. Cela ne l’a pas empêché de battre Simon, Tsonga deux fois et même Safin. Son début de saison avait aussi permis à Junqueira et Bolelli de lui prendre un set, Rochus et Stepanek deux. Difficile d’y voir clair, lui précisa ou pas Bob Sinclar un de ces soirs. Pourtant, L’Equipe est formelle, il sera le prochain Français à remporter un Grand Chelem. Voilà pourquoi.

Il ne bat plus Federer

Le Vestiaire aurait aimé remplacer Federer par Top2, mais il n’a plus battu Nadal depuis qu’ils n’ont plus le même âge. Ca remonte à environ six ans, l’Espagnol a arrêté les Frosties le premier. Depuis, même un manchot pourrait montrer avec les doigts le nombre de victoires du Roi Richard contre le fils illégitime de Bruguera, Courier, Muster et Moya. Pour les vicieux, c’était à Saint-Jean de Luz en 2003, et ça ne compte pas. Sa dernière victoire contre un grand joueur encore grand joueur remonte donc à ce désormais légendaire Monte-Carlo 2005.

Devenir adulte n’est pas son genre

Les textos de Winston Salem, le juge de ligne de l’US Open 2004, la pression de Vliegen, le choix tactique de rester cinq mètres derrière sa ligne de fond de court, le « do you live in Miami ? » aux pom pom girls du tournoi. Faire des conneries, c’était pas son genre. Les poufs de Bucarest, c’était pas son genre non plus, mais il a aussi fallu qu’il sorte, même si tout le monde sait que ce n’est pas son genre. Il a fallu qu’il prenne de la coke, même si ce n’est pas son genre. Il a fallu qu’il dérape, même si tout le monde sait que ce n’est pas son genre. C’est qui, tout le monde ?

L’histoire ne retiendra pas si c’est parce que Tsonga se désespérait de voir Richard rentrer tout seul à l’hôtel de Bucarest, ou parce que Verdasco lui a conseillé des compléments alimentaires et qu’il a trouvé ce qu’il a pu, ou parce qu’il a toujours préféré les pilules, les sirops et les poudres à la fumée. Peu importe, Ritchie réunit les preuves de son innocence. Une coupe de cheveux, c’est pour effacer le contrôle positif des écantillons A et B ou mieux présenter à l’audience ? Marc Gicquel, lui, plaide pour le complot type GHB, lui on est sûr qu’il en prend pas. La camaraderie n’a pas de prix, c’est là qu’on reconnaît les vrais copains. Fabrice Santoro, pas fou, parle aujourd’hui de son pote comme d’un retraité.

Il n’aime pas les matches en trois sets

Sa carrière de gagneur ne comporte qu’une tâche : la victoire face à Roddick en cinq sets à Wimbledon. Le monde entier se demanda à cet instant si Gasquet pouvait devenir le nouveau Nadal. Federer donnera la réponse deux jours plus tard. L’année suivante, il donne une leçon de tennis sur herbe à Murray, mais une leçon ça dure une heure, pas plus. Gonzalez peut s’estimer heureux que les parents Gasquet regardent les infos de France 3 plutôt que Gulli quand la nuit tombe, sinon Richard n’aurait pas tenu jusqu’à 10-12 dans la dernière manche.

Il n’aime pas les cours de sport

L’épaule a bon dos, comme il disait du temps de son angine du genou à Flushing. Le genou qui l’empêcha d’aller défier Florent Serra à Roland l’an dernier. Une période de guigne comme les champions en connaissent tous. Tsonga, la FFT, les psys de Simon et Cornet ne disent pas le contraire. Qu’en pense Federer, sa prescription de mononucléose à la main ?

Et si le tennis, finalement, malgré un talent unique, c’était plus le truc de son père et de la Fédé que le sien ?  Mais à 4 ans a-t-on le recul nécessaire pour s’opposer à papa ? Un BEP vente est-il envisageable à 23 ans ? Syd Barrett, Jan Ullrich et Christophe Tiozzo ressemblaient-ils à Mozart ?

Le roman du perd OL : Plus qu’à Puel

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Le grand Lyon a signé son grand come back hier soir en étrillant Nantes, le dernier club à lui avoir subtilisé un titre de champion. L’effet Govou.

Lyon conquérant, Lyon offensif, Lyon retrouvé. Claude Puel a été exaucé hier soir. Il voulait une réaction d’hommes après Valenciennes, il l’a eue. Juninho peut bien resigner une saison de plus, si l’OL joue le même football qu’hier soir contre Nantes, alors Metz, Strasbourg, Grenoble ou même Tours pourraient bien souffrir l’an prochain à Gerland. Contre un adversaire en pleine confiance, Lyon a signé sa plus large victoire à domicile. Il fallait le faire, comme signer N’Daw pour 3 millions diront quelques esprits chagrins. Pas la peine d’insister, Pascal Praud n’arrêtera ni la poésie, ni les costumes crèmes.

Allez, allez, les panaris

En louant son côté petit perso, Bernard Lacombe avait prévenu que seul un grand Benzema pouvait permettre à l’OL de s’en sortir. La justesse de son analyse dépasse donc le transfert de Delgado. Delgado, justement, était déjà titulaire à l’aller. Il avait été transparent. Hier, il a donné un but à Makoun. De là à l’aligner au Camp Nou, il n’y a qu’un pas, regrette sûrement Puel. Le passé, c’est le passé, avec des « si » le Barça en aurait mis neuf. Chelito ne comprend pas, il se souvient pourtant d’avoir joué. A l’aller, il se souvient aussi que Nantes avait gagné 2-1 et hier soir, l’avantage psychologique était forcément du côté nantais.

47 buts encaissés en 34 matches, ça vaut mieux qu’un doublé d’Audel. Mais Lyon, bouffi de l’orgueil du champion, était décidé à tout casser hier soir, quitte à renverser la boîte de Prozac de Da Rocha. Un centre de Juninho, la défense nantaise oublie son deuxième poteau, rien de très original. Ederson qui remet le ballon à Makoun, à peine suffisant pour que Guillon se dise qu’un mec seul dans les six mètres à la 10e minute, ça la fout mal. Comment ça, Guillon ? 1-0, l’avantage psychologique est effacé. Le champion 2001 sortant n’a pas le temps de gamberger. Deux touches aux abords de la surface lyonnaise, trois passes réussies d’affilée, la réaction du FCN transcende la bande à Baup. Lyon tremble et recule. Un choix judicieux : Le Havre s’en était dispensé la semaine dernière à Louis-Fonteneau, et n’avait gagné que 2-1.

C’est donc sur un contre rapide comme Daniel Leclercq que le talent va parler. Moins celui de Delgado qui offre le but à Makoun, que ceux conjugués de Guillon, N’Daw, Pierre et Tall. 2-0 avant la mi-temps, l’exploit est en marche, Gerland en fusion. Benzema un peu moins ; mais pour se sortir de la charnière Poulard-Pierre, ne faut-il pas s’appeler Morel, Gignac, Ilan, Paillot, Deroin, Luyindula, Giuly, Schmitz, Erding, Gourcuff, Chamakh, Hadji, Piquionne ou Licata ? A croire qu’il a quitté le club depuis plus de deux mois, comme Le Vestiaire l’avait dit.

Duga rit

A cet instant, Lyon ne peut pas laisser passer sa chance. L’agressivité et la solidarité sont revenues : Cris est dépassé par Bagayoko, mais au courage il multiplie les fautes pour l’arrêter. L’attaquant nantais n’est pas pour rien le 3e meilleur buteur du club avec 4 buts. Boumsong se charge de Bekamenga : ne dit-on pas dans le milieu que laisser le Camerounais se retourner, c’est être sûr de récupérer une touche ? Pendant que Duga loue la prestation nantaise, la réalisation de Canal propose une compilation des gestes de Jean-Jacques Pierre. Contrôles en touche, ballon sous la semelle, une-deux en corner, tout y passe, le Desailly haitien serait donc plus Haitien que Desailly.

Contre toute attente, Nantes a un genou à terre ,mais n’abdique certainement pas, à l’image d’Abdoun à qui il ne manque qu’un ballon, puis un contrôle réussi, puis une conduite de balle, puis 30 mètres, puis une frappe pour tenter la frappe. Lyon tient sa proie et ne la lâchera pas. Boumsong voulait de l’amour, Mounier va en donner à quelques minutes de la fin, en devançant Guillon. Guillon ? Reconnaissant, le public lyonnais a failli scander « Pjanic, Pjanic ! »

Pendant ce temps-là, Toulalan veut gagner à Marseille et Toulouse. Le 8e titre est proche.

GP d’Espagne : La guerre des Button

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Le premier trimestre sur le point de se terminer, Le Vestiaire distribue ses bons points. Bourdais et Piquette ne sont pas prêts d’avoir une image.

Jenson Button. Spyker Team à part, c’était le seul, l’année dernière, à avoir fait encore moins bien que Bourdais. Comme quoi rien n’est jamais perdu. On l’a fait passer de justesse, il est de loin le premier de la classe depuis la rentrée. C’est ce genre de surdoués qui ne foutent rien à l’école quand ils s’ennuient.

Rubens Barrichello. Après avoir redoublé dix-sept fois, c’est quand même normal qu’il soit à peu près au niveau. Ne peut déjà plus blairer le prof de Maths.

Sebastian Vettel. Le chouchou. A sauté trois classes, est toujours à l’heure, n’a pas une rature sur son cahier de brouillon. Qu’attendent les autres pour lui tomber dessus à la récré ?

Mark Webber. Pourquoi donc est-il toujours assis à côté du petit Mozart ? Le génie ne s’attrape pas par les coudes.

Jarno Trulli. Le beau gosse du lycée. Toujours prêt à mordre le gazon. Pourrait sans doute prendre un tableau d’honneur s’il était aussi imaginatif au volant qu’avec ses coupes de cheveux.

Timo Glock. Bien, mais peux mieux faire.

Fernando Alonso. Le teigneux. Jamais bien loin quand les bagarres commencent au fond de la cour. Combien de temps sa mère l’habillera-t-elle avec des pantalons troués ?

Lewis Hamilton. A vouloir tricher systématiquement, il s’est enfin fait prendre. C’est quand même plus dur sans antisèche dans la trousse.

Nick Heidfeld. Capable du pire comme du meilleur. Un peu plus de régularité dans le travail ne ferait pas de mal.

Nico Rosberg. Bac blanc avec mention. Dommage qu’il panique autant pendant les contrôles.

Heikki Kovalainen. Trop souvent absent.

Kimi Raikkonen. L’associal. Se fout autant de ses mauvais résultats que de ses camarades.

Felipe Massa. S’il avait su, il serait pas venu.

Sébastien Buemi. Le nouveau. Plutôt bien intégré, malgré les blagues sur ses oreilles.

Sébastien Bourdais. Le boutonneux à lunettes du premier rang. Passable en anglais, mais sérieusement limité dans les autres matières.

Robert Kubica. La grosse déception. On attendait mieux de lui.

Nelson Piquet Jr. Le fils à papa. N’aurait jamais été là si le paternel n’avait pas joué de son influence.

Kazuki Nakajima. Le casse-couilles. Passe plus de temps à faire chier son monde qu’à regarder ce qu’il se passe devant lui.

Adrian Sutil. Qui ça ?

Giancarlo Fischella. Il fait toujours aussi bon, au fond, à côté du radiateur. Pourquoi donc irait-il voir ailleurs ?

Pendant ce temps-là, l’éducation nationale, une fois de plus, s’est tirée une balle dans le pied.

Coupe d’Europe : Martyn à la page

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Le bras de fer ? L’applaudimètre ? Une série de pintes cul sec ? L’IRB ne sait pas encore très bien par quoi remplacer les penalties.

De notre envoyé spécial à l’Arms Park

Il aura donc phallus une séance de tirs au but pour que le rugby réalise enfin qu’il glissait dangereusement sur la pente footballistique. L’Europe ovale s’est émue d’une voix, d’une seule, de la dureté de l’exercice, arbitraire, injuste et si contraire à des valeurs pourtant diluées dans l’avènement du professionnalisme. La séance a même fait oublier à tout le monde, dimanche, les sifflets du public gallois à l’encontre des tireurs de Leicester. Ce serait donc ça, le vrai rugby.

Et les matches joués le vendredi soir pour Bilalian ? Et Rose de Castille ? Et l’Angleterre, pas sûre de pouvoir financer ses JO, qui veut souffler au Japon la Coupe du monde 2015 pour remplir Old Trafford pendant l’été ? Et Boudjellal ? Et Lorenzetti ? Et les piges de six mois à 700.000 € sans jouer ? Même Beckham a marqué à Milan. Heureusement, Abribus Chabal est encore capable de se battre pour une gonzesse et Olivier Azam compense ses simulations par de bonnes vieilles fourchettes.

Kaiser chaussé

Mais bon, c’est quand même dommage que ça soit Martyn Williams qui ramasse. Ca serait tombé sur un autre roux, on s’en serait autant foutu que de la Challenge Cup. Le Gallois lui-même avait oublié son tir brossé, huit heures après, dans les sous-sols de St Mary Street : « C’aurait été encore plus douloureux de rater un placage amenant l’essai de la défaite […] Il vaut mieux que ça arrive à moi qu’à un gamin de 20 ans. J’ai au moins gagné ma place dans les livres d’Histoire. » Et ça, ça vaut toutes les autobiographies du monde et du Monmouthshire.

Et si, après tout, ce n’était pas plus cruel de faire tirer à un flanker une pénalité aux 22 que de demander à Anelka et Trezeguet de cadrer un péno ? Le coeur brisé dans la zone mixte du Millennium, Benjamin Kaiser évoquait à notre spécialiste rugby, après le match, la possibilité de continuer à jouer jusqu’à ce que la première équipe marque. Qu’en pensent Bilalian et le kiné de l’équipe de France ?

Il y en aura de toute façon toujours pour trouver le ‘Golden Point’ trop footballistique, cruel et aléatoire, comme ces tirs au but pourtant aussi agréables à suivre que les hymnes de Catherine Jenkins. Comme la grippe porcine, aucun lien, ils ont surtout fait beaucoup de bruit pour rien : Béziers avait marqué l’Histoire bien avant Martyn, en 1984. Qui sait ce que Pierre Camou sera devenu dans 25 ans ?

Pendant ce temps-là, la LNR, l’annuaire du 38 et Morgan Parra n’ont jamais eu le numéro de Jean-Pierre Lux.

Ligue des Champions : 40° à Londres

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« Comment, à ce niveau-là, on peut rater des centres ? Mystère et boule de gomme ! » Christian Jeanpierre, 2009
« Y’a du mou dans la corde à linge du côté de Dani Alves ! » Christian Jeanpierre, 2009.

Pour le match le plus important de sa jeune vie d’entraîneur, Guardiola avait mis les petits plats dans les grands. Pas moins de trois choix douteux au coup d’envoi : se priver de Touré dans l’axe au milieu, ne pas se priver de Keita et le port d’une cravate en cuir noire. Il ne voulait pas être seul à la noce, Hiddink l’a généreusement accompagné, avec un mauvais goût des plus élégants : donner sa confiance au duo frenchie magic, Anelka-Malouda, pour animer les côtés.

Gus ne fut pas déçu, Malouda fut énorme. Pour un Ribéry, on dirait médiocre, mais pour un Malouda, le mot n’est pas exagéré :  réussir deux passes et un contrôle au milieu d’un tel carnage, ça vous classe un joueur. Domenech sourit, il n’a pas la mémoire courte et sait parfaitement où il a rangé son Flo. Mais le Greco-Coréen n’avait, pour une fois, pas le monopole de la nullité.

Pep et Carvalho

Son homologue Pep a eu la surprise de découvrir dans son équipe quelques inédits. Devant, l’absence d’Eto’o et Messi aurait pu surprendre, elle devient presque classique dans ce type de match, on l’avait déjà vu l’aller. Cette fois une passe décisive décisive est venu compléter le famélique bilan. Maradona se pose des questions. Derrière,  Alves a su rendre hommage à Roberto Carlos et Busquets a fait cinq minutes de haut niveau, à croire qu’il s’est un jour entraîné avec Xavi. Une semaine n’aurait pas été un luxe. Et puis il y eut les deux hommes du match : Henry, bien-sûr, qui fut largement au niveau des ses deux compères, et Iniesta, qui ramassera le traditionnel Ballon d’Or de Titi dans quelques mois. Et pourtant, il a tout raté en première mi-temps, mais au moins il a tenté. Etrange inspiration. C’est le Henry du match aller, avec un quart d’heure en plus.

Ballack placide

Chelsea, en revanche, ne fut pas plus mauvais qu’au Camp Nou. Pourquoi s’emmerder à essayer de construire quand on a qu’un seul joueur ? Il s’appelle Lampard et ça fait deux ans qu’il ne sert à pas grand-chose. Barcelone fut catastrophique. Aucune percussion, aucune précision, la première mi-temps lyonnaise était là, avec quelques milliers de fautes en complément. Keita lève la main.

Il ne manquait qu’un seul ingrédient pour rendre cette demi-finale carrément dégueulasse :  l’inévitable plaidoyer pour la vidéo. Abidal avait beau ne pas être très bon, comme chaque fois, ça n’était pas une raison pour le virer. Ce qui permit quand même à Keita de moins participer au jeu. Une main de Piqué dans la surface, un attentat d’Essien sur Iniesta et tant d’autres compensations.  « Vol » a un sens, « équilibre » aussi. Que signifie « scandale » ? Au final, regretter la purge mancunienne de la veille n’en aurait pas été un.

Le vilain Barcelone s’en est sorti à la dernière seconde et devint une très grande équipe. Les Hongrois furent vengés, Thierry Henry aussi. Chelsea, faible dans tous les secteurs du jeu, fut donc incapable de tuer un match. Le Barça ne méritait pas de se qualifier à l’aller, Chelsea au retour. C’est le retour qui compte. Le Vestiaire est encore le grand vainqueur  de la rencontre et assistera comme prévu aux cinq buts blaugrana de la finale.

Vous avez posé vos questions sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Qui a été le plus nul sur le terrain ?

Alves, Malouda, Christian Jeanpierre, Anelka, Lampard, Busquets, Keita, Guardiola, Eto’o, Hiddink, Abidal, Messi ont fait le maximum, mais comme souvent ces derniers temps l’arbitre a volé la vedette et le match. Platini et son arbitrage à la papa ont le vent en poupe.

Et Ballack ?

Il a très bien fait ce qu’on lui a demandé : défendre comme un boeuf. Vous le confondez peut-être avec son homonyme de l’équipe allemande.

Qui a été l’homme du match ?

Comme d’habitude, Thierry Henry, celui sur le banc et celui sur le terrain. Peut-on vraiment se qualifier en misant uniquement sur les déviations de Drogba ?

Le Barça était-il vraiment diminué ?

Non. Le Barça de Rijkaard était au grand complet. Peut-être lui manquait-il Thuram.

Etait-ce Titi Camara ou Samuel Eto’o sur le terrain ?

Le Vestiaire n’a pas les éléments nécessaires pour vous répondre. Seul indice : Titi Camara était habitué à être mal entouré.

A-t-on retrouvé le Yaya Touré de Monaco ?

Sans aucun doute, mais dans un rôle bien différent : défenseur central. On a aussi retrouvé le Guardiola clairvoyant de Brescia.

Seydou Keita ressemble-t-il à Thomas N’Gijol aussi sur le terrain ?

Vous avez l’œil. Pour les petits veinards qui ont vu N’Gijol taquiner le ballon à Bercy fin mars, la comparaison n’en est que plus frappante.

Le Malien aurait-il pu jouer un face-à-face avec Cech à la 51e minute ?

Difficile à dire. Son contrôle de la malléole gauche laisse planer le mystère. Une chose est sûre en revanche, c’est bien lui qui a écarté le danger sur une passe de Messi vers Eto’o.

Eric Abidal aime-t-il les grands matches ?

France-Italie aimait-il Abidal ?

Sergio Busquets a-t-il effectué cinq très bonnes premières minutes ?

C’est bien vu. Vous avez sans doute noté également qu’il est resté sur le terrain ensuite.

Iniesta a-t-il remplacé Henry avantageusement sur le côté gauche ?

Pas la peine d’être arrogant, Henry aussi a déjà tout raté et marqué quand même.

Un petit supplément Christian ?

« John Terry a dit à propos de Didier Drogba que dans sa forme actuelle, c’est le meilleur attaquant du monde. C’est une donnée importante de ce match. » Aussi important que le contrôle rétro du tibia qui l’empêche d’aller défier Valdes ? Ou son face-à-face qui a suivi ?

« Il est dans un bon soir Dani Alves. En difficulté défensivement, mais dans un bon soir. » Le Vestiaire ne le dirait pas mieux.

« Si Piqué ne fait pas main », dit Larqué, « Il y a but » ajoute Christian, « Anelka récupère le ballon » tempère Jean-Michel à peine consterné. Quel rapport y a t-il entre Anelka et un but ?

Christian sent les coups, il a déjà plus de 20 ans de carrière. Après plusieurs occasions pour Chelsea, c’est la délivrance, Lampard obtient un corner : « Balle de 2-0 pour les Blues. »

LdC : Chelsea, sex and sun

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Opposition de styles crient les uns, terrain plus petit hurlent les autres. Le Barça n’aurait aucune chance. Et si le Real n’était pas une si mauvaise équipe ?

Le Vestiaire attendra le dernier moment pour en être sûr. Notre spécialiste foot, et même son despote hiérarchique, ne savent toujours pas s’ils regarderont la demi-finale retour de ce soir. En entier, contrairement au lever de rideau d’hier soir. Le déclic a pris l’avion avec ses coéquipiers : il s’appelle Thierry Henry, son genou décidera. Une finale anglo-britannique c’est pas toujours chiant.

S’il joue, le Barça se présentera ce soir dans sa configuration habituelle, avec les trois meilleurs milieux et les trois meilleurs attaquants du monde. Gerrard s’est mordu les doigts de ne pas pouvoir le contester, Essien risque de comprendre ce soir. Les chances de Chelsea tiennent en quatre mots : Caceres, Abidal, coups de pied arrêtés, arbitre. Les Anglais ne vont pas prendre le risque de jouer au ballon, on va quand même pas leur apprendre comment aller en finale de C1. De toute façon, Drogba ne serait pas d’accord, depuis quand c’est Anelka qui décide comment on attaque ?

Under the Bridge

En face, Messi peut tout à fait passer à côté de son match. Guardiola s’en fout, ça occupe encore les défenseurs pendant que Henry débloque les situations, avec ou sans Eto’o. Les plus éminents spécialistes craignent pourtant pour ce Barça, pompeusement présenté comme le plus grand de l’Histoire juste parce qu’il a marqué 100 buts en 34 matches dans un championnat qui n’est pas Hollandais ou parce qu’en Ligue des Champions, c’est 29 en 11 matches.

La menace n’est ni Ballack, ni Malouda : Stamford Bridge n’a pas les dimensions du Camp Nou. 103×67 contre 105×68, c’est effectivement sur les 239 mètres carrés manquant que Barcelone tourne à 62% de possession de balle moyenne, qu’Iniesta et Xavi réussissent leurs feintes de corps, que Eto’o reçoit tous ses ballons, que le Barça réussit à fixer d’un côté ou dans l’axe pour s’ouvrir des espaces de l’autre chaque fois, comme aucune autre équipe. Henry ne pourra prendre que huit mètres d’avance au lieu de dix sur Ivanovic, c’est baisé.

Pendant ce temps-là, Manchester s’est qualifié parce que Gibbs a glissé. Ca arrive même aux meilleurs, mais c’est très rare. Qui se souvient la Coupe du monde 1954 ?

Le roman du perd OL : La capitale dégueule

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Après le premier but d’Audel, Benzema a confirmé qu’il restait un an de plus. Sur son second, c’est Puel qui a reçu l’assurance de mener à terme son projet quadriennal. C’est qui, ce Audel ?

Ce ne serait donc pas une légende. Juninho a bien manqué à Lyon samedi soir à Valenciennes. Les sceptiques penseront que le septuple champion de France n’en sort pas honoré, mais les achats d’Elber, de Fred, d’Ederson, de Carew, du LOSC 2006 et surtout de Delgado incitent à la nuance. Perdre à Valenciennes n’a donc rien d’immoral. Pujol, Audel, Pieroni, Sebo, Danic, Bangoura, Mater : même en l’absence de Darcheville, les Nordistes ont fait parler leur puissance de feu.

Schmitz et Bisevac ne l’auraient pas qualifiée comme ça, mais les jeunes Cris et Boumsong n’ont pas leur culture du haut niveau. En revanche, le second a fait de la philo et ça se voit : « Dans la vie il n’y a pas de hasard. Cette fragilité, que je soupçonnais, n’est pas irrémédiable. » Les actionnaires d’OL Groupe sont rassurés. Lyon a peut-être perdu la bataille qu’il ne fallait pas perdre, peut-être après en avoir perdu cinq sur les neuf dernières. Mais l’essentiel est préservé : Benzema et Benarfa resteront jusqu’à ce que l’OL gagne la Ligue des Champions.

La der d’Eder

Comme l’a toujours pensé Ibrahim Ba, une année sabbatique, ça ne fait jamais de mal. Pour la Ligue des Champions, Toulalan, Benzema et Lloris émettent un bémol ; Fabio Santos, Mounier et Pjanic un ouf de soulagement. Aulas, lui, est perdu, tout au plus. « En descendant à la mi-temps, j’ai croisé Fabio Santos et Bodmer. » Le coup était déjà rude. Non sans hésiter avec Ducourtioux et Penneteau, il les a invités à rejoindre le vestiaire, bien aidé par le maillot bleu qu’ils portaient.

Mais JMA ne perd pas le moral. Payer un timbre de quatre millions d’euros pour adresser un contrat au nom de M. Frédéric Piquionne, ça prépare au meilleur. Entre deux bénédictions, Perrin ne lui manque même pas un peu. « On a changé d’organisation avec un manager à l’anglaise, pour quatre ans. On veut de la stabilité et une évolution en douceur de l’effectif. » Benarfa, Squillaci, Mensah, Pjanic, Makoun, Ederson : Lacombe capte très bien OLTV chez lui.

Pendant ce temps-là, Aulas se réjouit d’avoir posé la question de confiance aux joueurs sur leur entraîneur. Santos a voulu s’abstenir avec les poings. Sinon, le plébiscite en silence sera un bon ciment pour l’an prochain.

Rome, ATP : Si on devait Murray demain

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Federer fini, Djokovic sur le déclin, Andy Murray est porté aux nues par les plus grands spécialistes. Autopsie de l’ancien successeur de Nadal.

Le dernier carré du Masters 1.000 de Rome a des allures surprenantes. Il n’y a pas Juan Monaco et le Top 3 mondial est fidèle au poste comme dans la majorité des Grand Chelem depuis deux ans. On nous avait pourtant promis l’ouragan Murray. Son début de saison merdique 2008, avant que Gasquet ne lui enseigne deux ou trois choses pendant deux sets à Wimbledon, lui permettrait rapidement de prendre des points et de bouffer ses adversaires. Hélas, dans la capitale italienne, il a connu un léger ennui, viré par Juan Monaco dès son premier match. Ce même Monaco qui en est déjà à trois sur trois cette saison contre l’immense Fernando Gonzalez, sur sa terre battue fétiche. Comment expliquer qu’un futur numéro un mondial au top de sa forme sorte si tôt d’un Masters 1.000 ?

Il n’aime pas les grands tournois

Son meilleur souvenir reste la cuisante finale de l’US Open contre Roger Federer. Il a brillamment confirmé son envol par un brillant Open d’Australie 2009, sorti par Verdasco en huitièmes. Heureusement que Tsonga l’avait dégagé au premier tour en 2008, il a pu gagner quelques points. En confiance, Murray a fêté comme il se doit son premier Masters 1.000 de la saison (Miami) par une confirmation : deux défaites pour trois victoires en deux mois. Le rythme de Nadal, à quelques détails près.

Il n’aime pas la terre battue

Déjà, Jonathan Eysseric était passé à deux doigts du fou rire, au premier tour de Roland 2008. Almagro, lui, ne s’en était pas privé, quatre jours avant de marquer trois jeux contre Nadal en quarts. Murray, et son fameux jeu d’attente, devraient donc s’adapter sur terre battue mais à force d’attendre, les spectateurs s’endorment et les adversaires réfléchissent. Même Monaco. Sur terre, la patience est presque un atout pour tout le monde. Un coup droit d’attaque, ça fait jamais de mal, ajoute Nadal. Jouer pour faire déjouer serait-il une fatalité ? Gilles Simon se l’est demandé en serrant les mains de Stepanek, Berdych, Ljubicic, Beck et Zverev.

Il n’aime pas les adversaires qui jouent bien

C’est certainement son plus grand ennemi. Le joueur en confiance, qui ne fait pas de faute, Murray en a horreur. Ca l’oblige à tenter des coups, parfois même des attaques. Si ça continue, il devra volleyer à Roland et son préparateur physique ne l’avait jamais imaginé, son pharmacien peut-être. Le casse-tête de Murray s’appelle souvent Nadal, sauf quand il joue une finale blessé (Rotterdam). Andy n’aime pas trop, il préfère largement le Verdasco de Miami, quand le nouveau Nadal se crispe et met tout dehors parce qu’il ne maîtrise pas encore très bien ses muscles tout neufs. Quand Federer joue, ça dure une heure.

Pendant ce temps-là, Murray réussit là où même Nadal échoue : perdre des points par rapport à 2008 sur terre battue. En récompense, son premier tour lui offrira la place du finaliste. On ne prend pas un set à Nadal impunément.

La Légende : Les frères Pouget

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Il est des noms qui prédestinent à briller dans le sport ou dans le commerce de l’huile d’olive. Christian et Cyrille ont choisi.

C’est très jeunes que les frangins débutent leur prometteuse carrière. Ils ont froid, mais chacun de leur côté. Christian se les gèle à Gap, Cyrille dans le grand nord messin, du moins le croit-il. Fan de Pierre Bachelet, il pense comme Enrico Macias qu’il a dans ses yeux le bleu qui manque à son décor, mais pour lui c’est aussi un joli geste défensif du coude de Kastendeuch. Comme Christian, il enquille les buts et les matches. Deux saisons à onze réalisations et c’est la consécration. Clin d’oeil du destin, Cyrille rejoint la Suisse, une des places fortes du hockey sur glace, qui rencontra naguère une autre star française des patinoires.

Pendant ce temps-là, son frère Christian est jugé, lui aussi, si talentueux, que Gap s’en débarrasse et lui paye un aller sans retour pour le Canada. Les amoureux de l’érable le prennent bien et ne l’alignent quasiment jamais. Fort de cette expérience, il passe pro, retour à l’envoyeur. Du côté de Genève, les recruteurs sont aux aguets. Qui est ce petit attaquant français qui ne marque jamais ? Ouedec, Maurice, Madar ou Pouget, le choix est large. Six mois et quelques jours plus tard, il dispute douze minutes de la finale de la Coupe des Coupes face à Barcelone, mais avec le PSG. Si l’on ajoute la grosse demi-heure en équipe de France répartie sur trois matches, le plus jeune des Pouget aura eu une carrière accomplie. La selection nationale avait auparavant magnifié son aîné, noyé dans une génération dorée qui n’a jamais rien gagné, mais ce n’est pas scandaleux.