Championnats d’Europe de Barcelone : Papa, Tamgho, Charlot

Août 2009, le spécialiste athlé du Vestiaire prononce une sentence aux allures définitives : son chouchou ,Teddy Tamgho, ne sera jamais en or dans un championnat planétaire. Il ajoute : « ces choses-là, ça se décide très jeune et sans douleurs au mollet « .

Mea culpa. L’optimisme avait à l’époque pris le dessus comme rarement, puisqu’il semble subitement devenu difficile de gagner même un championnat continental, voire européen. Et cette fois, pas qu’à cause de son physique, mais aussi de son niveau. Heureusement, ces critères ne sont pas essentiels pour devenir un champion puisqu’il faut juste avoir le boulard. Tamgho l’avait bien compris, en tout cas jusqu’au premier saut. Puis l’orgueil a pris le dessus, Teddy n’était déjà plus premier. Pas le genre à craquer sous la pression, à réaliser ses meilleurs sauts en meeting ou dans des compétitions sans intérêt en salle. Teddy, la grenade dégoupillée, va exploser, mais en vol. Frôlant parfois les 17m40, taquinant même les 17m50.

Triple sot

Le destin est parfois farceur, ses concurrents avaient choisi le même jour pour aller un peu plus loin, être au top. Du coup, il aurait pu demander à sauter la semaine prochaine, ou des adversaires un peu moins bons voire l’interdiction du bandeau sur cheveux rouges. Il s’est rêvé joueur de NBA sur un playground, il a vu débouler Dennis Rodman, comment ne pas perdre ses moyens ? Mais il a préféré crâner en qualifs, puis crâner en finale. Sinon, il peut toujours continuer à crâner, puisqu’il reste le meilleur dans cette discipline annexe qui consiste à faire des chorégraphies ridicules avec son pote Compa, qui consiste  aussi à raconter que les 18m seront en danger grâce à son pote Compa.

Il avait pas tort là-dessus, les 18m étaient pas loin, mais Compa avait mal aux pieds. Blessé en 2009, troisième en 2010, champion du monde en salle, ça doit être ça, assumer son statut de favori quand ça compte vraiment. Après tout, la Roumanie a toujours été une grande nation du triple-saut. Se faire planter au cinquième saut quand notre spécialiste est le 6e, ça peut rendre fou. Ou modeste. Comment s’écrit humiliation ?

Chpts d’Europe de Barcelone, Lemaitre, Mbandjock : La cour Martial

Cela faisait bien longtemps qu’un athlète français n’avait pas réussi un authentique exploit en finale internationale.

Qui a dit que les championnats d’Europe d’Athlétisme ne servaient à rien ? Courir tous les ans sous les 10 »16 depuis 2007 était donc un signe. Martial Mbandjock, l’ancien Lemaitre, ou peut-être l’ex-futur Sangouma, a enfin la reconnaissance qu’il cherchait. Pour lui, l’exploit est de taille, d’autant plus que personne n’avait misé de Pognon sur lui. Alors, ce bronze européen, il le doit un peu à John Smith, mais à 10 »18 un peu seulement. Pour autant, Mbandjock est-il scandaleusement mauvais ? Si Ronald Pognon lui-même serait bien embêté de répondre, ce n’est pas seulement parce qu’il a égaré toutes ses breloques européennes.

Lemaitre et talons

C’est aussi parce que le 100 m en France n’offre pas souvent de vrai finaliste, y compris en championnat de France. Alors un troisième, ça frise l’accident. « Quatre coureurs en 10 »18, c’est un 100 m historique », s’est même enthousiasmé le champion, pas effrayé d’humilier ses parents et amis dans la presse. Ce n’est pas une raison suffisante pour lui enlever sa médaille, même européenne. Car Dossevi, Darien et Bascou en savent quelque chose, c’est pas donné à tout le monde. Sauf quand on a du talent, évidemment, car de  Baala à Blondel en passant par Diagana, tous les Français ont finalement gagné un jour les Europe, mais aucun ne courait avec un maillot moulant bleu-blanc-rouge. Même face à la dent argentée de Chambers, ça donne l’air con.

Evidemment, Christophe Lemaitre aurait pu s’épargner un tour d’honneur en prenant connaissance des temps.

Chpts d’Europe, Ladji Doucouré :
La lésion d’honneur

Par notre spécialiste en Ladji Doucouré, Patrick Mataule

Mérite-t-il d’être sélectionné ? Détrompez-vous, cette question ne concerne ni Bascou, ni Darien. Car aux championnats d’Europe, tout est permis.

Ladji Doucouré a-t-il ses chances ? La question aurait été saugrenue il y a une semaine. Elle est désormais aussi sérieuse que la retraite de Medhi Baala. Et pourtant, son meilleur temps se situe au-delà de la douzième place, au-delà même du Grec Douvalidis. Oui, le Grec Douvalidis. Le Grec Douvalidis. Et pourtant, Doucouré est derrière Bascou et Darien. La légende raconte que Dan Philibert aurait attenté à ses jours pour moins que ça. Mais Dan Philibert n’est pas Doucouré, même s’il se réservait lui aussi régulièrement une des huit places de finalistes en compétition planétaire.

Car Doucouré s’est déjà réservé une première place et peut-être le chrono propre le plus rapide de l’histoire. Une raison largement suffisante pour le dispenser à jamais des critères de sélection. Car Ladji a trois particularités qui le placent loin devant les autres : il se blesse régulièrement comme un être humain normal qui ferait du sport de haut-niveau, il a le mental et le talent naturel pour revenir au sommet et son entraîneur casse les couilles à tout le monde.

Alors, peut-il d’ores et déjà s’échauffer pour la finale et préparer ses larmes pour le podium ?

Au regard de la concurrence, il est certain qu’il n’y aura pas vraiment de lutte. Ses plus coriaces adversaires seront Bascou et Darien, quant au meilleur performeur européen, il n’a fait que 13″27. En d’autres temps, c’est le meilleur Français qui partait avec aux Jeux Olympiques. Les quinze meilleurs se tiennent donc en trente centièmes, Doucouré (13″54) a une semaine pour en gagner dix. Ce sera plus simple pour lui de le faire, que de voir un jour Bascou et Darien courir régulièrement en 13″30, le temps autour duquel se jouera sans doute le titre. Le podium sera donc accessible pour tout le monde, pour les anciens champions du monde comme pour les champions de France.

Allen et les garçons

Il restera cependant un obstacle à franchir, celui du physique. Entre le 3 et le 11 juillet 2008, Ladji Doucouré est descendu de 13″64 à 13″51. Le 18, il atteignait 13″35 pour monter en puissance jusqu’à sa quatrième place pékinoise un mois plus tard. Il sait donc faire descendre les chronos dans un laps de temps aussi réduit que les places d’honneur de Coco-Viloin en grand championnat. Mais à l’époque, il enchaînait les courses et cela n’avait pourtant pas suffi pour revenir au top. Comme Jean Alesi, il n’avait pas la caisse. Doucouré ne l’aura pas cette année non plus, encore moins alors qu’il n’aura couru que deux fois. Ça n’arriverait pas à David Oliver, qui se jetterait sur les nuggets de Bolt pour compenser. Il y a champion et champion.

Tour de France : Schleck vacances

Notre consultant Thierry Bisounours ne sera pas reçu à l’Elysée. Pourtant, son collègue J.R. a bien sucé comme il faut. Il fait quand même avec vous le bilan du Tour, pour la dernière fois de la saison.

Cancellara qui met cinq minutes à tout le monde, ça fait plaisir ?

Oui, oui, il est le plus fort et on se demande même comment il fait pour l’être autant en fin de Tour.

Il y avait du vent…

Il a eu moins d’effort à faire en montagne que les autres. C’est pas comme si il appartenait à l’équipe d’un leader.

Et on peut rouler à 51 km/h de moyenne sans problème sur 50 km…

Et il est au-dessus de tout soupçon.

Oui, oui. Et sinon, impressionnant Schleck aujourd’hui, il a pris à peine plus de deux minutes par Menchov…

Evidemment, c’est pas Contador qui a fait un Tour de merde et qui aurait pu craquer à chaque étape. C’est donc surtout Schleck qui était phénoménal. Du coup, son maillot jaune est loin d’être scandaleux.

Mais il n’a pas le maillot jaune…

Ah ok, j’étais persuadé qu’avec son plan, il avait fini par triompher. Je suis un crétin alors et Schleck un grand champion. Il a battu Contador avec combien de retard ?

31 secondes. Il finit 44e, c’est pas mal pour le contre la montre d’une vie…

Derrière Moinard alors, c’est donc même un exploit, comme on dit dans le jargon. Et Contador qui finit aussi à cinq minutes. Quel champion, ce Schleck, on l’attendait pas à ce niveau. Si ça continue, il peut faire deuxième un bon bout de temps.

On n’attendait pas les Français non plus à pareille fête sur le Tour. Enfin la fin du cyclisme à deux vitesses ?

Vous savez, comme dit Bilou, mon patron : « C’est après la foire qu’on compte les boeufs, même s’ils sont aux hormones. » Il a raison c’est plutôt encourageant. En 2009, ils étaient cinq dans les vingt premiers. Cette année, ils sont un et sont tous dix-neuvièmes. Enfin.

Bruits de Vestiaire

La première tentative avait échoué. La seconde sera la bonne, comme dit souvent Ribéry à la sortie des lycées. Vos Bruits de Vestiaire sont de retour. Sortez les mouchoirs.

RUGBY

Plaqué. Rien ne va plus pour le Fred Michalak du rugby anglais. Boudé par Martin Johnson, exilé en Australie, tenté par le foot, Danny Cipriani ne sait plus à quels seins se vouer. Ceux de son ex, le mannequin britannique Kelly Brook, qui l’a récemment largué, sont déjà entre de bonnes mains. La trentenaire pulpeuse a été aperçue dans les rues de Londres en train de sécher ses larmes sur la chemise à carreaux de Matthew Morrison, l’acteur de la série Glee. Et comme si ça ne suffisait pas, elle a également étalé sa tristesse dans les colonnes de nos brillants confrères du Sun : « Je suis heureuse de ne plus avoir à repasser les chemises de mon copain. » Du temps libre en plus pour accomplir enfin un rêve de gamine : poser nue dans Playboy. C’est pourtant déjà pas mal en maillot.

Plaqué (bis). Les temps sont durs, décidément, pour les rugbymen britanniques. Le couple le plus glamour du Pays de Galles n’est plus : Gavin Henson et la chanteuse à textes Charlotte Church se sont récemment séparés « pour le bien de (leurs) enfants » et aussi un peu parce que Gavin est un mec « immature » qui pisse dans les trains et se fait interdire l’entrée de tous les bars de Cardiff en finissant ses parties de billard en baston générale. Le David Beckham du rugby gallois n’a rien trouvé de mieux pour regagner sa belle que de zapper les entraînements des Ospreys pour participer à l’émission de télé-réalité Strictly Come Dancing. Une belle preuve de maturité.

Mickey mousse. Mickey Rourke adorerait incarner Gareth « coming out » Thomas dans un film. L’honneur du rugby gallois est sauf.

BOXE

Coup bas livré. Manny Pacquiao se fait tellement chier en attendant son combat contre Floyd Mayweather qu’il devrait prochainement sortir une compilation de ballades anglaises. Manny au micro, c’est pourtant un peu comme si Julien Lorcy se mettait à la philosophie :

FOOTBALL

Bitte. Schweinsteiger a beau se faire passer pour Frank Lampard, on ne comprendra jamais ce que sa blonde de WAG, Sarah Brandner, peut bien lui trouver. Bon, d’accord, ce n’est que de la jalousie mal placée. Nous aussi au Vestiaire on aimerait bien avoir une telle tireuse à bières.

Larissa. Ceux qui ne boivent pas de bière préfèreraient peut-être la housse de portable de Larissa Riquelme ?

Une vraie l’Yonne. Si ça ne va pas fort, côté coeur, pour nos amis de l’Ovale, les footeux se portent mieux. Bacary Sagna et Sol Campbell se sont tous les deux mariés ce mois-ci, mais un seul avec une coiffure blonde ridicule et des photos dans l’Yonne Républicaine.

C’est l’Essien. Y aurait-il comme une pointe de satisfaction à voir un petit roux anglais se faire allumer ?

GOLF

Parce qu’elle le vaut bien. Open de Compiègne, les résultats.

bettencourt

Vous pensiez quand même pas qu’on allait parler de golf ? Il n’y a que l’oeil du tigre qui nous intéresse.

LA RUBRIQUE QUE C’EST PAS VRAIMENT DU SPORT MAIS QU’ON S’EN FOUT PARCE QUE CA PERMET DE GLISSER QUELQUES PHOTOS DE JOLIES FILLES

Par coeur. Eva Longoria se prépare à avoir Thierry Henry tous les week-ends à la maison.

Bi qui nie. Fin des combinaisons en natation : l’équipe de Grande-Bretagne revient aux bases.

FFF, Conseil fédéral : Ancêtre ou ne pas être

C’était Papy Courage.

Né le 29 mai 1835 ,ou 1935, à Béziers, on ne sait plus vraiment, Jean-Pierre Escalettes n’a qu’une trentaine d’années de moins que Lazare Ponticelli quand il commence à jouer au foot, au Bordeaux Etudiants club, peu après la guerre. Le football n’est pas un métier, mais une passion, voilà tout ce qui compte. C’est en substance ce que se diront les électeurs du district de Dordogne, de la Ligue Aquitaine mais aussi ceux du Conseil fédéral au moment de l’élire président de la FFF en 2005, à 70 ans à peine.

On dit aussi que la valeur n’atteint pas le nombre des années. Aux âmes bien nées, évidemment, mais Papy ne connaît pas Corneille, même s’il l’a presque cotoyé, il est prof d’anglais. Football amateur, football scolaire, football féminin, équipe de France, quelle que soit la langue, ça se joue toujours à onze contre onze. Autant tout gérer de la même manière.

L’oraison du plus fort

Raymond Domenech déjà en place, Papy n’a qu’à régler les affaires courante, et à  un certain âge, on connaît la courante. Lors de sa première année à la présidence du comité des fêtes de la FFF, tout se passe merveilleusement bien : à peine plus jeunes que lui, ses congénères Thuram et Barthez s’occupent de tout, le public vient à la parade. C’est deux ans plus tard que tout se gâte, y compris lui. Le comité des fêtes implose, mais Papy reste digne. De toute façon, depuis le passage à l’Euro il s’y perd souvent.

Soutenu par ses proches, Papy prend la courageuse décision de ne rien changer. La famille, c’est sacré. Mais, floué par le responsable animation et le directeur technique du comité, c’est affaibli qu’il vit ses derniers jours. Devant sa faiblesse, tous, proches et moins proches ont vivement souhaité que l’agonie ne dure pas. Même s’il laisse derrière lui souffrance et misère, il est probablement mieux là où il est. Une chose est sûre, même si Papy a déjà tout oublié, on ne l’oubliera jamais.

Tour de France : Lance avec les loups

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Notre consultant Thierry Bisounours, qui n’a pas encore démissionné, a encore de la réserve pour rendre hommage à Monsieur Armstrong.

Dans la phrase « Bravo Monsieur Armstrong, vous sortez du Tour par la grande porte », la grande porte, c’est bien une enquête fédérale ?

J’aime pas Cunego.

Et que diriez-vous si L’Equipe avait prouvé qu’il prenait de l’EPO, si tous les témoignages l’accusant concordaient et s’il avait une enquête fédérale au cul ?

Qu’il a aussi chopé un cancer et qu’il s’en est sorti. C’est pas Cunego qui ferait ça.

Et si un dénommé Manzano racontait avec moult détails que les contrôles ne servent à rien ?

Manzano, le coureur ou le pharmacien ? Je suis sûr que Cunego sait même pas faire la différence entre un Petacchi et un Bernucci.

Petacchi a aussi de petits problèmes avec la justice. Pourquoi tous ces types ont-ils le droit d’être encore alignés ?

Attendez, je la connais celle-là, elle marchait aussi avec Jean-Marie Leblanc. Parce que Christian Prudhomme est un gros hypocrite ?

Et vous ?

Je ne vais pas citer Bilou, mon patron, car je serais vulgaire. Mais disons que je suis un crétin et que je ressemble à ceux qui m’écoutent, dont l’équipe du Vestiaire. Mais, par contre, je n’aime pas Cunego.

Un simple délit de sale gueule ?

Oui, oui, mais vous savez, je suis un crétin, comme on dit dans le jargon.

Je ne vous contredirais pas. En 2007, vous disiez ne plus vouloir entendre parler de Vinokourov, qui vous avait déçu.

On dit tous des bêtises, et moi un peu plus que d’autre, si vous voulez mon avis. Mais vous voulez que je fasse quoi, que je la ferme ? Il y a trop d’intérêts en jeu entre ASO, l’UCI, les médias, le cyclisme et les histoires pourries de Jean-Paul Ollivier. Comme dit Bilou, mon patron, l’avenir Lappartient à ceux qui mangent très tôt. Mais si vos lecteurs ne cliquent pas sur le lien, ils risquent de pas comprendre la vanne. Moi, j’ai pas cliqué, et du coup je comprends pas.

Peut-être alors qu’il faudrait commenter en évitant de faire l’éloge de tricheurs avérés par leurs perfs…

Mais je n’y peux rien, je l’aime pas Cunego. Et puis je ne vais pas parler que de quelques Français. Tiens, vous saviez que depuis 1997, il n’y avait pas eu autant de victoires françaises sur le Tour ?

C’est une provocation ?

Si vous voulez vraiment me faire dire que John Gadret est le premier Français au général, vous allez être déçu. Il n’est que 20e.

Pensez-vous que Gadret a eu raison de ne pas filer sa roue à ce nul de Nicolas Roche ?

Attendez un peu que le dopage disparaisse et on en reparle. Je plaisante.

Pensez-vous que le plan de Schleck est assez ficelé pour qu’il attende le Tourmalet pour attaquer, comme le conseille Jeff Bernard ?

Quel tacticien, ce Jeff Bernard. Mais c’est qui au fait ? Moi, je me focaliserais davantage sur le duel Charteau/Moreau si j’étais vous. Le preuve que ce maillot à pois a de la valeur.

Ribéry, Zahia : « Le doute, ma bite »

A l’occasion de la descente aux enfers de Fatal Ribéry, Le Vestiaire se souvient qu’il l’avait presque rencontré à quelques jours de la finale de la ligue des champions.

Ribéry indisponible, c’est son double musulman Bilal Yusuf Mohammed que nous avons retrouvé dans un café nocturne de la capitale des Gaules du matin.

LE VESTIAIRE : Franck, entre l’affaire de moeurs dans laquelle votre nom a été cité et votre suspension pour la finale de la Ligue des Champions, vous traversez actuellement une bien mauvaise passe…

FRANCK RIBERY : Un peu de respect pour Zahia s’il vous plaît. Vous savez, ça m’arrive aussi de rater des passes. Zaza a ses hauts et ses Wahiba, comme tout le monde, mais elle sait donner beaucoup de bonheur et je ne suis pas le seul à le penser.

Ignoriez-vous qu’elle était mineure à l’époque où vous la fréquentiez ?

J’en avais déjà croisé, à Metz, mais ça ne saute pas toujours aux yeux : ils sortent parfois sans leurs casques et leurs pioches.

Vous auriez tout de même pu faire preuve d’un peu plus de vigilance…

Je vais quand même pas demander le passeport de toutes les putes que je vais voir. On serait pas couchés.

Aviez-vous eu quelques doutes avec Zahia ?

C’est vrai que j’aurais peut-être dû me méfier le jour où elle venue à l’hôtel avec un cartable et une jupe plissée. Elle m’a dit qu’elle devait faire ses devoirs, mais on n’aura bossé que l’oral finalement. Ca fait en tout cas un bail que je vais à la sortie des classes et, croyez moi, j’ai jamais vu une collégienne avec des nichons pareils.

Pourquoi donc aller voir des prostitués alors que vous êtes marié ?

La femme de Fred était déjà prise.

Comment Wahiba a-t-elle réagi à toute cette affaire ?

C’était la seule, à l’école, à bien vouloir me parler à la récré, quand tous les autres gosses me lançaient des pierres. Une relation pareille, c’est cimenté dans le béton. Et puis on est musulman ou on l’est pas : j’ai le droit à la polygonie, du moment que Wawa porte pas la burqa au volant.

(Ndlr : une serveuse s’approche et lui murmure quelque-chose à l’oreille) Pas tout de suite, je dois parler au monsieur. T’as le droit de sortir jusqu’à quelle heure ?

Que pensez-vous des déclarations de Rama  Yade et de Roselyne Bachelot, qui ne veulent pas voir en équipe de France de joueurs mis en examen ?

J’ai même pas le Bac, vous savez, alors c’est pas aujourd’hui que je vais me mettre à passer des concours.

Accompagnerez-vous vos coéquipiers à Madrid même si votre suspension est confirmée ?

Bien sûr, j’ai hâte, Benz a dit qu’il me présenterait quelques copines à la Casa de Campo.

Propos (presque) recueillis par Roger Secrétain

Tour de France : Un Tour de cochon

triche

Devant le nombre de questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr, notre consultant Thierry Bisounours, qui a dit aujourd’hui un peu plus d’idioties que d’habitude, a accepté de continuer à vous faire croire que le cyclisme est un sport.

Quel bilan peut tirer Schleck de sa journée ?

Que même si c’est un grand stratège, il peut jouir de malchance, comme on dit dans le jargon.

On dit vraiment ça ? Mais s’il attaquait un peu plus souvent au lieu de rouler n’importe comment, peut-être que ça lui permettrait de se mettre à l’abri de telles déconvenues ?

Que voulez-vous dire ?

Ben un jour, il suce la roue et Fignon dit que c’est bien, aujourd’hui il attaque et Fignon dit que c’est bien. Pourtant, je ne vois pas de grande différence au classement général entre hier matin et ce matin…

Ah oui, pas con. Donc : ou bien hier il a été nul, ou bien c’est aujourd’hui. C’est ça ?

Oui, et apparemment c’est donc hier que Fignon disait des conneries…

Et moi, c’est tous les jours c’est ça ?

Ben il faut dire que vous avez atteint des sommets quand dans les derniers kilomètres vous êtes devenu promoteur de la Bbox et de Jean-René Bernaudeau. Je suis sûr que vous êtes même pas payé par Bouygues…

En effet.

En revanche, vous aviez raison de soulever la polémique sur l’attaque de Contador au moment de l’incident Schleck. Pourtant, quand Fignon vous a dit de la fermer, vous avez retourné votre veste à une vitesse impressionnante…

Aussi vite que le retour de Schleck ? Je plaisante. Mais surtout j’ai l’impression que vous me confondez avec Thierry Adam.

Parce que c’est pas Bilou votre patron ?

Le patron, c’est Contador.

Malgré son sens moral très contestable ?

Vous parlez sans doute du dopage généralisé, mais ce n’est pas aussi simple. Et puis vous savez, comme dit Jean-Momo, mon réal : « Tout le monde ne peut pas être aussi gentleman que Lance Armstrong. » Je me demande si gentleman, ça veut vraiment dire pourri jusqu’à la moelle. Je me demande.

Tour de France : Schleck sans provision

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Eberlué par un Tour indécis comme rarement, c’est un Thierry Bisounours ébranlé dans ses certitudes qui a répondu à vos questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

A-t-on déjà vu un Tour aussi indécis ?

Rarement, je dois bien l’avouer. Le duel Schleck-Contador nous renvoie aux plus belles heures d’Armstrong-Ullrich, Anquetil-Poulidor, Hinault-Zoetemelck, Indurain-Rominger, Indurain-Bugno, Indurain-Chiappucci, Indurain-Zulle, Armstrong-Beloki, Ullrich-Virenque, Fignon-Lemond, sans oublier Schleck-Contador.

C’est donc rare, en effet. Mais peut-on parler de duel quand c’est toujours le même qui gagne ?

Question piège, comme on dit dans le jargon. Vous voulez dire que Schleck est un gros nul ?

Schleck est-il un gros nul ou est-ce une feinte ?

Effectivement, on peut avoir l’impression que Schleck est persuadé d’être le leader du Tour. La couleur de son maillot doit y être pour quelque chose. En plus, Fignon dit qu’il a raison de garder la roue de Contador. Et Fignon, il sait de quoi il parle, c’est pas le genre à perdre le Tour sur un contre-la-montre

Donc Schleck pourra continuer à sucer la roue de Contador sur le chrono de samedi. Comment ça se passe, il aura droit à une dérogation ?

Ou peut-être qu’il aura perdu deux minutes d’ici là. Cinq minutes de retard sur les Champs, en général, ça évite de cogiter.

Pourquoi n’attaque-t-il jamais quand Contador semble moins impérial, quand il fait chaud par exemple ?

C’est son plan, ne jamais prendre de temps à Contador et en perdre dès qu’il peut. C’est très habile et, comme dit toujours Bilou, mon patron : « Tu t’en fous, l’important c’est que le public oublie que Vinokourov a encore le droit de rouler. » Enigmatique mon patron, comme toujours.

Justement, pourquoi avoir fait pendant un quart d’heure le panégyrique d’un tricheur avéré, qui court pour une des pires dictatures au monde en lui souhaitant même de revenir comme directeur sportif ?

Vous connaissez ce poème danois : « Tout le monde a droit à une seconde chance », comme on dit dans le jargon.

C’est du Bjarne Riis ou du Ivan Basso ?

Championnats d’Europe juniors :
Yannick la peau lisse

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Jamais Le Vestiaire n’aurait pensé un jour perdre une matinée pour pondre un papier sur les championnats d’Europe juniors de natation. Il fallait pourtant bien rendre à Yannick Agnel l’hommage que sa précocité mérite.

Il s’était surtout distingué jusque-là par son goût pour les moule-bites et sa cage thoracique atrophiée. A 18 ans, un mois, une semaine et quelques heures, Yannick Agnel est rentré cette semaine dans une nouvelle dimension. Le grand blond au blanc bonnet écrase de tout son talent les championnats d’Europe juniors : quatre médailles d’or, déjà, et Dedieu sait où s’arrêtera la moisson.

Le petit prince de la natation française a surtout mis un sacré coup au record national du 400 mètres : 3’46’’26, c’est deux centièmes de mieux que la combinaison de Rostoucher et, à trois centièmes près, ce qu’il avait fallu à Ian Thorpe, en 1998, pour gagner son premier titre mondial seniors. A 15 ans et trois mois.

Les loups et l’Agnel

Mais Agnel n’est pas que le pubère précoce aux bras maigres que toute la France attendait depuis la grossesse de Manaudou : il a aussi décroché son bac S avec mention bien, une gageure à un âge où Ian Thorpe se contentait d’un titre olympique, en 3’40’’. La vie scolaire est une question de priorités.

Il faut pourtant le reconnaître, la comparaison est injuste. L’Australien nageait devant son public, à Sydney, quand le Niçois prend le risque d’aller jusqu’à Helsinki se frotter aux meilleurs juniors du continent. Il partage aussi avec la Torpille sa taille de chaussures et un goût prononcé pour le crawl : à quoi bon la polyvalence quand on a les relais pour doubler les médailles ?

Phelps pas le malin

Il y a aussi du Michael Phelps chez le Michael Phelps français, qui a battu Michael Phelps, en rattrapé, lors du dernier Open de Paris. L’Américain a d’ailleurs attendu ses 16 ans pour glaner son premier titre mondial, en 2001, sur 200 mètres papillon, et ses 18 pour en rajouter trois autres et cinq records du monde, à Barcelone, en 2003.

A part Bousquet et Bernard, qui n’ont compris que sur le tard les bienfaits des combis polyuréthanes et de la Ventoline, la natation n’est évidemment pas un sport où l’on éclot de bonne heure. Un sport dans lequel tout le monde est cramé à 25 ans après avoir inventorié deux fois par jour tous les carreaux du bassin. Une chance pour Esposito et Barnier : ils n’ont jamais su compter.

Les aventures du grand requin Blanc :
Le bleu coule dans Cévennes (1/2 et 2/2)

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Timide, modeste, maladroit parfois, c’est un nouveau sélectionneur touchant que vient de découvrir la France. Portrait d’un Cévenol presque authentique, tout simplement.

Pour succéder au Domenech Show, la production n’a pas hésité longtemps. Pas question d’arrêter la seule émission de téléréalité sportive, pour autant le renouvellement était indispensable. Il fallait donc un homme avec au moins autant de qualités, mais davantage de défauts, car le public avait fini par se lasser d’un personnage pas assez fouillé. Trop redondant, Raymond était finalement devenu trop prévisible. Le peuple doit s’agacer, mais, jamais, il ne doit détester.
Le seul homme à correspondre au portrait ne pouvait donc être que Laurent Blanc. Son parcours, sa saison, sa communication ont fait de lui un être protéiforme, mais suffisamment sympathique dans l’imaginaire collectif pour que l’on ait l’impression que tout a changé. Il y a pourtant certains principes immuables auxquels il ne faudra jamais déroger. Voici les secrets d’un programme qui va cartonner:

Un palmarès d’entraîneur. Il faut d’abord avoir fait ses preuves, mais pas trop. Ainsi, Domenech avait un titre en D2, Blanc en a un en Ligue 1.

Une image. Ray aimait se faire affubler du doux surnom de boucher sur le terrain. Lolo est au contraire le roi du fair-play, incapable du moindre geste déplacé, déplacée comme aurait pu l’être une mâchoire croate un soir de 1998.

Un caractère apaisant et réfléchi. Laurent Blanc, c’est le calme incarné, la lucidité habitée. Un homme toujours capable de prendre la bonne décision au bon moment. Pragmatique, il a su arrêter les Bleus à temps en l’an 2000. Jamais il n’aurait été ridiculisé par Crespo un soir de 1999. Lucide et désintéressé, il l’a été suffisamment pour faire le choix de l’ambition, lorsque Naples a requis ses services. Maradona, la coke et les titres étaient bien sûr partis, mais pas le tiroir-caisse.

Le don de soi. Des choix, il a toujours su en faire, sans pour autant ne penser qu’à sa gueule. Car avec lui, la hiérarchie ne sera jamais réduite au rôle de pantin désarticulé. Le stoppeur international n’était pas du genre à dézoner en pleine prolongation de huitième de finale de Coupe du monde. Aucune chance, donc, d’être débordé par son ego, quitte à rejoindre Manchester United à 36 ans. Une saison à Barcelone, ça ne fait jamais assez sur un CV.

Le talent. Blanc, numéro 5 dans le dos, n’avait aucune chance non plus d’être débordé par Kostadinov un soir de 1993. De toute façon il était surtout réputé pour défendre sans tacler, les deux mètres de retard, ça ne pouvait pas être lui, il jouait à Saint-Etienne quand même. Mais ce n’est pas grave, Blanc était reconnu pour ses qualités de buteur. La défense, ça attendra 1996 et son premier vrai club. Il n’a que 31 ans. Sa carrière commence.

La communication. Le dernier élément qui a fait pencher la décision, c’est sa maîtrise de la psychologie, facilitée par son humanité. Quand il indique la direction de la porte à Micoud, il n’y a qu’une seule issue. Quand il prépare mentalement son équipe, elle perd rarement six places de championnat, une Coupe de la Ligue et une Ligue des champions en trois mois. Et si jamais ça devait arriver, tout ne serait pas forcément de la faute des joueurs.

Tour de France : Evans essence

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Après la nouvelle victoire française hier, notre consultant Thierry Bisounours nous a confié en off qu’il en verrait bien un finir dans les trente premiers, voire dans les vingt. Nous avons cru à une vanne, du coup il a répondu à vos questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Alberto Contador donne l’impression de savoir qu’il a mis une minute à Schleck sur 8 km à Rotterdam. Est-ce vraiment le cas ?

Ecoutez, je ne suis pas Georges profonde (NDLR : Gorge profonde), mais ce que je peux vous dire, c’est que la stratégie d’Andy ne semble avoir aucune faille. Il n’a pas attaqué Alberto, affaibli sur une arrivée au sommet, mais il n’hésite pas à le faire quand il reste 40 km de descente. Il y a du Jan Ullrich en lui, c’est certain, sauf que c’est une brèle en contre-la-montre, comme on dit dans le jargon.

Mais Contador semble plus faible que d’habitude quand même ?

Aucun doute, après avoir contrôlé le prologue, assuré les pavés et maîtrisé Avoriaz, il s’est reposé avant-hier et promené hier. C’est toujours inquiétant un favori qui fait ce qu’il veut.

Evans qui roule avec une fracture du coude, c’est cocasse ou héroïque ?

Ça me rappelle un autre forçat de la route qui avait gagné une étape avec une fracture de la clavicule. Tout le monde pensait qu’il était dopé, mais c’était un peu facile de dire ça. D’ailleurs, j’ai oublié de prendre de ses nouvelles depuis. Mais vous savez, comme dit toujours Bilou mon patron : « Ce qui handicape le plus Evans c’est son menton, car ça pèse lourd surtout en haut d’un Kohl. » Je ne vois toujours pas ce qu’il veut dire.

A-t-on déjà vu un  Tour aussi incertain ?

Comment ça ? Mais on ne sait jamais à l’avance qui va être positif ou non. Curieuse question que voilà.

Pourquoi Armstrong poursuit-il sa randonnée cyclo ?

Je ne sais pas, peut-être pour avoir assez de pognon avant les prochaines échéances judiciaires. Dans le jargon on appelle ça « rouler pour Landis ». Je plaisante, évidemment.

Est-ce qu’on en a quelque chose à foutre que vous receviez des textos de Marion Clignet ?

Attendez, vous confondez avec mon homonyme, Thierry Adam. Tiens, moi j’en ai un de Stéphane Goubert justement : « Pense à prendre le pain et les andouilles. » Je vais me régaler.

Coupe du monde (2/2) : Le Khediraton

Si la Coupe du monde a pu être le feu d’artifice de la saison, c’est en partie grâce aux joueurs qui ont tous évolué à leur niveau, à part Capello peut-être.

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Casillas a fait beaucoup de conneries et quand Robben s’est présenté face à lui, il a trouvé le moyen de dévier du tibia. J.-P. a alors loué sa grande chance. Barthez aussi avait un sacré bol dans les grands matches.

Défense de défendre

Evra. Il y a quelques années, Loïc Guillon avait été désigné capitaine du FC Nantes, peu de temps avant de retrouver Delhommeau à Vannes.

Puyol-Piqué. Il y avait mieux peut-être ? C’est pas une raison.

Demichelis. Indispensable pour déséquilibrer une défense, il a même fini par obliger Higuain à défendre sur Schweinsteiger. Un meneur d’hommes, sûrement le catogan, même Van Buyten et Van Gaal s’y sont laissé prendre.

Maicon, Lucio, Juan. Felipe Melo leur doit de l’argent, mais finalement, pas tant que ça. Et puis Luis Fabiano, Robinho et Kaka aussi.

Au milieu de nulle part

Van Bommel. Impeccable jusqu’en finale, puis son agression sur Iniesta s’est vue. C’était bien tenté quand même.

Schweinsteiger. A 25 ans, il n’est pas contre devenir la nouvelle star, mais si Müller pouvait être là tout le temps, ça l’arrangerait.

Gourcuff. Le seul à sortir intact du Domenech Show, aussi bon en sélection qu’il l’a été en club. Inutile donc.

Xavi. Sans lui, le football ressemble à rien. Avec lui, parfois aussi hélas. Allez, grand joueur quand même.

Iniesta. Le Barça 2009 n’a pas été oublié grâce à lui, l’Espagne 2010 pareil. Intouchable.

Sneijder. Les grands joueurs se révèlent en finale. Il n’en a joué que deux cette saison. Une de trop.

Messi. Être le meilleur joueur du monde en club ne transforme pas en grand joueur. Etre le meilleur joueur de l’équipe d’Argentine ne transforme pas en Maradona. Fidèle à son niveau. Insuffisant.

Kaka. Peut-on être considéré comme un grand joueur quand on a fait que deux saisons de haut niveau et jamais rien foutu en équipe nationale ? Ronaldinho dit oui, Cristiano Ronaldo dit non.

Müller. Transforme des joueurs moyens en machine à gagner. Ça rappelle quelqu’un, mais qui ?

Brêles and buteurs

Forlan. Il a fait une grosse Coupe du monde. C’est-à-dire qu’il a marqué. Au début, ça suffisait, puis ça n’a plus suffi.

Suarez. Une vilaine rumeur l’a sali en pleine Coupe du monde : il jouerait dans le championnat hollandais. Personne n’a pu confirmer, même à la rédaction d’Eurogoals. La seule certitude est que pour un buteur, Suarez est un gardien de but pas trop mauvais.

Robben. Les grands joueurs se révèlent en finale. Il n’en a joué que deux cette saison. Pas assez.

Van Persie. L’un des rares à avoir confirmé en sélection sa saison de club. Il même été au-dessus de son vrai niveau. Inexistant.

Higuain. Utile en Liga, contre Zurich et la Corée du Sud, c’est déjà beaucoup plus que Van Persie, mais est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ?

Tevez. Un passage de United à City devait bien trouver son explication.

Klose. Ok, mais qu’est qu’il fout dans cet article ?

David Villa : On savait qu’à 28 ans personne ne lui avait encore fait confiance. On ne connaissait pas sa capacité à peser sur les grands matches. Le Camp Nou prie désormais pour qu’Iniesta ne soit pas tout le temps blessé.

Cristiano Ronaldo. Ça vaut quoi en fait Cristiano Ronaldo ? Pas grand-chose ? Ça doit être ça.

Hors compétition

Ghana. En défense, c’était trop ghanéen, en attaque, c’était trop rennais. C’était pas bon, mais c’est ce qui se fait de mieux en Afrique. Mais c’était pas bon.

Paraguay. Cardozo joue au Benfica, il n’y rate pas que des penalties et dispute souvent une compétition comparable à la Coupe du monde, l’Europa League.

Wenger. Arsène rupin a confirmé qu’il était bien aussi bon recruteur qu’entraîneur, même s’il s’est évertué à convaincre du contraire. Quand Van Persie ne fout rien, c’est parce que personne ne lui donne de bons ballons. Quand Van Persie réussit une passe, c’est un joueur de grande classe.

Le Guen. Dès que Juninho, Diarra et Essien ne sont plus sur le terrain, le métier se complique et les journalistes deviennent très très méchants. Il ne fait pas de pronostics, donc Paul le poulpe ce n’est pas lui.

Lippi. Quand la Juve  joue avec Milan, ça fait peur. En 2006, pour certaines raisons, en 2010 pour d’autres. D’ailleurs, Cannavaro est venu remettre le trophée aux Espagnols avec le sourire, mais croyez-le ou non il n’est pas encore retraité.

Capello. Une deuxième chance à l’Euro ?

Dunga. Pas besoin d’une deuxième chance, Felipe Melo c’est Felipe Melo.

Gerrard, Lampard, Rooney. Gascoigne, Platt, Shearer.

Benzema. Benzema.

Christian J.-P. Répéter que Jesus Navas a de beaux yeux de loup ne fait pas forcément de vous un surdoué. Répéter que ça vous fait plaisir pour Iniesta ne fait pas de vous un lèche-cul. Et appeler Mathijsen Mike Tyson tout le match ne fait pas de vous un incompétent.

Pays-Bas-Espagne (1/2) : La mort Roja

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Quand Sneijder et Robben affrontent Xavi et Iniesta, il ne manque plus que Toulalan pour être en demi-finale de Ligue des Champions. Mais ça ne veut rien dire.

Messi aurait pu être décisif et faire gagner seul l’Argentine. Higuain aurait pu marquer quand ça comptait vraiment. Cristiano Ronaldo aurait pu briller ailleurs que devant Lloris. Curieusement, rien ne s’est passé ainsi. A croire que Le Vestiaire avait décidé en octobre du reste de la saison, à travers son fameux nivellement par le bas, consacré dès les quarts de finale de C1.

Désormais, le foot n’est plus dominé, les meilleures individualités ne sont plus assez fortes pour porter à elles seules leurs équipes. Les collectifs composés de joueurs moyens peuvent rivaliser avec les autres. En clair, tout le monde a le même niveau, sauf Higuain bien sûr. Sur ce principe, l’Inter pourrait très bien être champion d’Europe, le Bayern et Lyon en demi et Ibrahimovic, Higuain et Demichelis avoir le droit de pourrir la saison de Messi.

Forlan ou pas rapide ?

Tous sauf un : Thomas Müller. La nouvelle star allemande n’a eu besoin que d’une année pour faire du Bayern la troisième équipe mondiale, clubs et nations réunis, à égalité avec le Penarol Montevideo. Enlevez-lui Demichelis et même Mourinho ne se balade plus. Messi a confirmé lui aussi qu’il n’était qu’un demi-Maradona, un message qu’il avait déjà cherché à transmettre à toute la Catalogne. Que Sneijder et Robben, qui ne se sont même pas imposés au Real, soient avec le buteur de Valence les vedettes de la Coupe du monde n’inquiètera personne.

Que l’Espagne 2010 remporte le titre, en jouant encore moins bien qu’en 2006, ne sera que justice puisque Villa a remplacé Ibra le temps d’une Coupe du monde, voire un peu plus. Après avoir échoué en C1, Barcelone est donc devenu champion du monde juste parce que la défense brésilienne et l’attaque hollandaise n’ont pas le droit de porter le même maillot. Et si l’un a finalement pris le dessus sur l’autre en quarts de finale, ce n’est que pour rendre hommage à Cannavaro, Gallas et tous les autres, même Puyol, catastrophique hier soir, mais soutenu par Robben, comme il le fut par Kroos en demi et Cardozo en quart. Et Xavi se fit une nouvelle fois piquer son Ballon d’or par Iniesta, qui ne l’aura pas.

Forlan n’aura finalement été que le meilleur joueur du haut de tableau. C’est déjà pas mal, même si  Iker Casillas a embrassé une autre voie.

Tour de France : Un Schlek en bois

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Armstrong a craqué, notre consultant Thierry Bisounours y voit donc désormais plus clair. Pas vous, puisque vous continuez à lui poser des questions sur equipe.vestiaire@yahoo.fr

Pourquoi y voyez-vous plus clair alors que personne n’a attaqué aujourd’hui ?

Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la limace. Croyez le ou non, Armstrong a craqué.

C’est vrai que votre analyse est impressionnante. Et donc, vous savez qui va gagner le Tour alors ?

En tout cas, ce sera pas Armstrong, parole de Normand (NDLR : Thierry Bisounours est Picard). Pour le reste, Contador semble fort, Schleck est impressionnant, Van den Broeck s’accroche, Menchov est bien là. On a même droit à Leipheimer et, bien-sûr, le suceur de roues suce bien les roues, comme on dit dans le jargon.

Le suceur de roues ?

Oui, comme dit Bilou, mon patron, avec un menton pareil, il a pas dû boire que de l’eau. Je vois pas bien ce qu’il veut dire, mais apparemment les médecins le savent.

Les Français s’en sortent plutôt bien. Est-ce un signe encourageant pour le renouveau du vélo ?

Vous avez tout dit. Que puis-je ajouter, que le premier Français est 22e après une seule étape de montagne ?

Mais Armstrong est apparu humain aujourd’hui ?

Oui, Indurain aussi en 1996, Ullrich en 1998 et que dire de Pantani dans sa chambre d’hôtel de Rimini en 2004 ? Après tout, il n’a que 39 ans et avant il ne chutait jamais. Ah, la malchance.

Andy Schleck court-il mal ou très mal ?

Ça dépend si vous prenez Ullrich en comparaison. Disons que Contador avait du retard et tout intérêt à attaquer. Il ne l’a pas fait donc il ne pouvait pas. L’idée de se faire tracter par un coéquipier qui fait le rythme, c’est astucieux. Schleck ne pouvait pas beaucoup plus, autant ne pas essayer. Habile.

Mais il a un plan ?

Oui, probablement essayer de prendre moins de trois minutes dans la gueule sur le chrono. Habile.

Les G.O. de Barcelone :
Lemaitre bien profond

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A deux semaines des premiers championnats d’Europe d’athlétisme de Ghani Yalouz, le spécialiste lutte gréco-romaine du Vestiaire vous présente les successeurs de Mehdi Baala. Et ce n’est pas une injure.

Le Kenyan

Bob Tahri. Il n’y aura même pas de vrais Kenyans à côté.

Les survivants

Leslie Djhone. Une dernière place d’honneur avant Daegu ?

Yohann Diniz. Mal au ventre ? Mal aux jambes ? Trop chaud ? Disqualifié ? Ou on s’y remet ?

Les kamikazes

Teddy Tamgho. En attendant son deuxième échec mondial l’année prochaine, le plus gros globe de l’équipe de France possède aussi les meilleures chances de titre, d’autant qu’il n’y a aucune concurrence au dessus de 17m40. Le problème, c’est d’arriver à sauter aussi loin en compétition, une vraie évidemment. On verra donc ça l’année prochaine.

Renaud Lavillénie. Il ne passera jamais 6m14, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande.

Les disparus

Christine Arron. La sprinteuse la plus rapide de l’histoire a l’honneur de vous annoncer que même quand on est Jamaïcaine et qu’on a mal aux dents il faut s’enfiler quelques vitamines pour courir aussi vite qu’elle. A part ça, les chronos descendent, il reste quinze jours.

Ladji Doucouré. Même Diagana se portait mieux, mais peut-on vraiment leur en vouloir d’être les derniers représentants d’un athlétisme humain au plus haut-niveau ?

Muriel Hurtis. La retraite a parfois du bon, 30 ans à tenir.

Les nouveaux

Christophe Lemaitre. Comme Chambers, ça compte pas, sauf faux-départ, il aura deux marches à monter et deux de plus avec un bâton. C’est amusant d’avoir une progression si linéaire quand Bolt préfère la brutalité. Mais après-tout, c’est quand même le deuxième athlète de l’histoire régulièrement en dessous des dix secondes. C’est bien ça au moins ?

Véronique Mang. 26 ans, 11″20, ça peut servir pour le relais.

Yoann Kowal. Et dire qu’il aurait pu jouer le titre si la course ne se déroulait pas en Espagne. Vanne ou pas vanne ?

Espagne-Allemagne : Müller au vaincu

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L’Espagne va donc enfin devenir championne du monde. Est-ce seulement à cause d’une bande de puceaux d’outre-Rhin ?

Qu’avait-il pu passer par la tête du Vestiaire pour dire que Müller était le joueur clé de cette équipe ? Car notre spécialiste était en réalité bien en-dessous de la vérité. L’Allemagne, c’est Müller. Et l’Allemagne sans Müller, c’est la France sans Zidane. Il n’y a plus rien, dix joueurs de champs transformés en poteaux, incapables de créer quoi que ce soit et Schweinsteiger pour faire joli. Mais n’est pas Otamendi, Higuain, Demichelis et l’autre axial qui veut.

Surtout quand Klose explique en 90 minutes pourquoi la plupart de ses buts en Coupe du monde ont été inscrits au cours de premiers tours, Angleterre et Argentine inclus. Surtout quand Ozil confirme que son pucelage aura du mal à partir. Surtout quand Trochowski continue de jouer à Hambourg, même si Karlsruhe mériterait légitimement de l’avoir dans son effectif. Et même si Kroos a raté la balle de match, ce qui aurait pu tomber sur un autre mais non, c’est sur lui. Mario Gomez ne serait donc pas le remplaçant du remplaçant de l’avant-centre du Bayern pour rien. Pour info, le remplaçant s’appelle Klose.

Ozil d’aliénés

Hélas, l’histoire ne dit pas si Khedira a touché un ballon hier soir, et personne n’ira vérifier. Sans Müller, Low ne pouvait rien tirer d’autre de son équipe. Il avait même compris qu’une finale ne passerait que par une prière : que sa défense fasse correctement son boulot. Elle l’a exaucé, sauf sur un corner anecdotique à la 72e minute. Et pourtant, Boateng et Jansen ont eu du mal et pourtant c’était Pedro en face.

Thierry Henry comprend soudainement ce qui a pu lui prendre la place, l’humiliation ne s’arrêtera donc jamais. On ne pourra par contre rien reprocher à Podolski, qui était bien là, mais pas Müller pour lui donner le ballon. Et pour ceux qui auraient pas compris le rôle de Müller, demandez-vous pourquoi le pressing espagnol récupérait tous les ballons, pourquoi l’Allemagne a pratiqué un vilain kick and rush et pourquoi les contre-attaques n’ont même pas pu mettre à l’épreuve l’horrible défense espagnole.

En Espagne, il y a Iniesta et  Xavi derrière, Puyol, Piqué et Ramos devant. Et oui. Et si Villa a presque 29 ans, ce n’est pas un hasard. Et non.

TF1 : Zabel anonyme

Canal a pris Jacquet, Roux, Pauleta, Gerets et Sonny Anderson. TF1 a pris le reste, ça coûte et ça n’a rien à dire. Ou ça ne sait peut-être pas le dire. Voici les 5 raisons  qui vous ont fait éviter ou pas TF1, de toute façon vous n’aviez pas le choix et Liza est aussi sur RTL.

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Christian JP : « Et voilà une balle de but. » « On se calme, attention monsieur l’arbitre, il faut ramener le calme. » « La côte a baissé à 2,10, pour plus d’infos, TF1.fr. »
Comme pour l’équipe de France, il a obtenu sa place au Mondial sur un coup de dé. Comme pour l’équipe de France, il aurait dû s’arrêter dès les poules. Mais ce ne sont pas toujours les meilleurs qui jouent les finales, sinon Leboeuf ne parlerait probablement pas à Brogniart avec le chapeau d’un crooner sur la tête. Larqué a néanmoins dû s’incliner la mort dans l’âme, c’était lors d’Espagne-Chili : « Vous aviez dit que les Chiliens termineraient à 10, bien vu. » Ralenti à l’appui, c’était une erreur d’arbitrage.

Fabien Barthez : « Je pense que les Bleus vont y arriver. » Consultant est effectivement un métier.

Robert Pires : Quand Lizarazu et Barthez s’envoient des vannes de champions du monde, il est là et il ne participe pas. Quand Brogniart le laisse conduire l’interview de Malouda après France-Uruguay, il est là et ne participe pas. Pardon, il participe et émet une idée : le repositionnement à droite. Domenech avait bien trouvé son pire ennemi.

David Astorga : La promotion a du bon, sauf si à la fin on s’enHardy. Beugler qu’on aime quand c’est chaud sur le 1er corner ivoirien du 0-0 contre le Portugal peut coûter une carrière. Rien n’est perdu : il lui restera l’oeil du Praud en fin de parcours.

Frédéric Calenge : Denis Brogniart revendique la place à raison, mais deux conditions sont requises : être journaliste, et parler de sport. A défaut, Frédéric Calenge fait le nombre, de toute façon c’est ce qu’on lui demande puisqu’il était préposé aux interviews de Domenech après match, sur TF1 rappelons-le.

Tour de France: Voeckler, sans alcool, ni transfusions

Comme chaque année durant les 3 semaines du grand cirque de l’UCI, notre consultant Thierry Bisounours répondra régulièrement à vos questions posées sur equipe.vestiaire@yahoo.fr.

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Le Tour est-il joué d’avance ?

Question piège pour commencer, vous êtes moins cons que les années précédentes. Moi par contre ça ne change pas. Du coup je vous dirais bien que le prologue a servi à  placer les mecs d’Armstrong, que la première étape de montagne va permettre à Contador de montrer qu’il est le plus fort même si son équipe est pourrie. Mais il y aura comme chaque année une coalition.

Laquelle ?

Les repentis contre ceux qui se sont pas encore fait chopés. Je plaisante bien-sûr,  Vinokourov et Basso ne s’entendent pas.

Comment sentez-vous Armstrong cette année ?

Il est beaucoup plus futé (NDLR affuté) que les autres années, on dirait presque un camé comme on dit dans le jargon.

Vous voulez dire un caméléon qui change de peau ?

Non, un junkie vous savez ces mecs qui vivent avec des perfs et dont on ne voit plus que les os. Mais lui n’est pas malade c’est juste un  régime alimentaire bien dosé pour être en forme au bon moment. Je plaisante évidemment.

Peut-il rivaliser avec Contador ?

C’est comme si vous me demandiez si je peux rivaliser avec Patrick Chêne.

Et donc ?

Ben lui était hypocrite et dynamique et moi je suis juste naïf et insupportable donc ça n’a rien à voir.

Vous avez dit hier que Cancelara avait répondu à tous ses détracteurs. Que vouliez-vous dire ?

Comme dit Bilou mon patron, il a pas besoin de moteur pour rouler à 48km/h, son manager c’est Bjarne Riis. Je sais pas ce qu’il veut dire par là mais en tout cas c’est un sacré bonhomme Fabio.

A-t-on enfin tourné la page du dopage ?

Je ne peux pas être affirmatif mais il y a des signes qui ne trompent pas avant les Français avait du mal à entrer dans les 20 premiers d’un chrono désormais c’est dans les 40. D’ailleurs Monier fait 38ème à une moyenne de 44km/h.

Que voulez-vous dire ?

Si vous comptez bien il n’ aurait fini qu’à 4 km de Cancelara sur 1h. C’est pas mal, le Suisse aurait à peine eut le temps de recevoir les félicitations de Holtz, de passer au controle, de recevoir son bouquet, et de rentrer prendre sa douche à l’hotel.

Pourquoi avoir vu Petacchi par terre alors qu’il n’y était pas ?

Les voix du sport sont impénétrables comme on dit dans le jargon.

On dit ça ? Et sinon vous pensez quoi de sa victoire aujourd’hui ?

C’est forcemment une bonne chose pour le vélo de ne plus voir tout le temps des Abdoujaparov, des Cipollini ou des Cavendish.

Mais Petacchi c’est quand même pas un nouveau né ?

Ecoutez, ce n’est plus le même, il a purgé sa suspension. Et y-a-t-il signe plus positif qu’une belle victoire sur le Tour à 36 ans à peine ?

Un mot sur l’affaire Landis. Pourquoi ne parle-t-il que maintenant ?

Vous allez me trouver naïf mais on dirait qu’il y a une loi du silence assez perverse dans le vélo. Partons du principe idiot que les mecs se chargent presque tous, et que certains leaders ont même partagé la seringue dans une équipe commune comme on dit dans le jargon. A l’arrivée, primo il y a un équilibre des forces « si tu me balances, je te balance » , deuxio personne n’a intérêt à parler tant qu’il profite du système, tertio tout le monde se retournerait contre la brebis galeuse qui parle.  Mais c’est surement qu’une théorie fumeuse sans fondement.

Soit mais Armstrong a quand même été contrôlé des milliers de fois ?

Je suis bien d’accord avec vous, qu’on lui foute la paix. L’affaire Puerto a d’ailleurs bien montré la valeur d’un contrôle négatif. Plus de 40 coureurs impliqués, pas un seul positif durant toute leur carrière. Ça fait plaisir.

Wimbledon: Ce génie de Murray

« Je suis un peu plus déçu que dans les autres Grands Chelems parce que c’est le plus important pour moi. Je vais rester à l’écart du tennis pendant un moment.» Nadal va jouer sa quatrième finale, la vedette locale a déjà fait deux demies ça vaut bien un gros caprice.

 

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Andy Murray n’est pas moins bon que les autres, il a juste un peu moins de chance. Ainsi, il restait encore une jambe de trop à l’ombre du lointain cousin de Nadal venu pour l’occasion. Mais c’était suffisant pour faire peur à baby Andy qui a encore déçu Mummy.  Pourtant il avait tout fait pour la convaincre de ne pas encourager son adversaire du jour. Au tour précédent par exemple, alors que Tsonga ne jouait plus, Andy serrait le poing sur chaque break comme s’il réalisait exploit sur exploit. A la lumière de sa faculté à ne jamais breaker Nadal en demi on se dit qu’il n’avait peut-être pas tort. En conséquence, dès qu’il ratait un coup, il rejouait le suicide d’Othello. Du charisme élizabethain associé à un mental presque à toute épreuve, car un tie-break ou un troisième set décisif c’est un peu trop pour lui.

Murray sur scène
 Ainsi, au deuxième set contre Nadal, il doit breaker à chaque fois. Bien-sûr, il ne le fait pas et perd 7-6. La manche suivante sera la sienne, break d’entrée confirmé jusqu’à 4-2. Nadal nettement en dessous a alors une idée de génie, laisser l’initiative à Murray. En 10 minutes le match est plié, debreak, break derrière et 3 fautes bien dégueulasses pour finir dont une volée à contre temps sur la balle de match qu’il ne tente jamais d’habitude. 1m dehors. Andrew a les yeux mouillés, son short est au diapason. Henman avait une excuse pour ne jamais aller en finale, il ne savait pas qu’on pouvait jouer en fond de court. Murray lui sait faire, et il sait aussi que ses amorties sont les pires du circuit, autant en abuser.

Allemagne/Argentine: Samba do Ozil

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Ce n’est pas qu’Higuain est un gros nul, ce n’est pas que Maradona avait un Messi dans chaque doigt de pied, c’est juste que la finale de ligue des champions c’était Inter-Bayern et que Lyon était en demi.

On ne répètera pas ce qu’on a déjà dit. On dira juste que l’Allemagne a terminé le match avec Jansen et Trochowski. On ne dira pas que le football subit un kolossal nivellement par le bas qui permet a des joueurs inconnus, sans experience ou juste pas très bon de pratiquer le plus beau jeu vu depuis la France en 2006.
Ça ne veut pas dire qu’elle est aussi forte, ça veut dire que l’adversité est si faible, qu’un collectif un tant soit peu huilé suffit largement. Un collectif et deux joueurs. Pas Ozil, ce Messi du pauvre, surcoté, qui ne sert à rien de plus que les autres mais Muller, le grand joueur de cette équipe. Jusqu’ici il n’avait marqué sa carrière que par le nombre d’occasions manquées contre Lyon, mais elles existaient. Muller n’est pas un buteur, c’est un créateur, le Ballack du riche, un numéro 10 qui ne joue encore officiellement que milieu droit. Son complément c’est Klose qui vient d’expliquer à Higuain la définition du mot décisif. L’Argentine se rappelle soudainement que Gonzalo aurait pu jouer pour la France, aurait dû. Milito n’est que champion d’Europe après tout et Tevez l’attaquant de City. Tevez, vendu comme un génie guerrier quand il fait des fautes et ne réussit aucun geste technique contre le Mexique, ne devient qu’ un simple bourrin sans talent quand il fait des fautes et ne réussit aucun geste technique contre l’Allemagne. L’Argentine n’a donc eu qu’un seul match important à jouer contre une équipe valable, elle l’a perdu avec la manière en se procurant autant d’occasions que d’interventions réussies de Demichelis durant tout le mondial. Ce n’est pas un hasard si nous indiquions que même Batistuta, Crespo et Veron n’y arrivaient pas. Maradona y arrivait, tirez-en les conclusions que vous voulez sur Messi.

Y’a comme un Hig, l’ultime récital

Le double buteur de Zurich, le triple scoreur de la Corée, l’impitoyable tueur du Mexique, le remplaçant de Benzema, a donc une nouvelle fois confirmé son talent brut. Douze actions, douze occasions de montrer qu’il n’est pas bon qu’à pousser le ballon derrière la ligne, qu’il n’est pas lent, qu’il n’a pas une technique de poussin, qu’il n’a pas une frappe de minime, qu’il sait faire autre chose que râler quand il est hors-jeu, par exemple faire des passes.
Higuain aurait donc pu réussir ses contrôles (14′ et 25′), il aurait pu cadrer sa frappe (34′), il aurait pu être assez vif pour se retourner face au but(18′) ou frapper avant que Lahm lui enlève la balle (63′), il aurait pu ne pas faire partie des 4 Argentins hors jeu pour avoir le droit de marquer (36′), il aurait pu ne pas raler quand 15m hors jeu l’arbitre lui interdit de poursuivre son action (56′),  il aurait pu ne pas s’appuyer sur son defenseur pour récupérer un ballon (50′), il aurait pu centrer en retrait et tirer mollement ailleurs que sur le gardien (54′, 62′), il aurait pu mener correctement une contre attaque en faisant par exemple une passe avant d’arriver dans les pieds de Boateng (59′), mais réussir une passe n’est pas forcemment évident non plus (61′).

Enfin, Higuain aurait pu montrer qu’il ne défendait pas comme un débutant devant Schweinsteiger connu pour sa qualité de dribble.

Coupe du monde TF1/Canal+ : Canal pelouse

TF1 avait tout misé sur Gilardi sauf une assurance vie, du coup les vrais journalistes sont restés sur Canal et Alexandre Ruiz sur Europe 1. Et Thierry Clopeau ? Voici les 5 raisons qui justifient ou pas de regarder du foot sur la chaîne cryptée.

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Dominique Armand : La palette n’avait pas réussi à faire passer Doucet pour un intello, et là miracle ça marche, allez savoir pourquoi. Pourtant il n’a ni lunettes, ni le SCO d’Angers sur son CV. Sinon, on dit de lui que c’est un journaliste qui connaît le foot, du coup on ne se focalisera pas sur son explication du faible niveau des matches : « Je n’en ai pas la moindre idée. Y’en a qui disent que les équipes jouent avec le frein à main. »

Lilian Gatounes : Le Dominique Armand bilingue espagnol avait percé grâce au Barçamètre qu’il présentait chaque semaine à Stéphane Guy. Ruiz n’avait rien de plus au départ, mais aujourd’hui c’est lui qui a des cheveux longs, qui passe l’été et les week-ends à faire de la radio et balance quinze fois l’info du jour par journée de Ligue 1 sur Europe 1. Gatounes, lui, fait des sujets sympas même si c’est toujours le même avec sa voix au ralenti et des phrases courtes sur des plans saccadés du public et des joueurs hors du terrain. Frédéric Calenge ne trouve pas ça si mal finalement.

Philippe Carayon : Tous les soirs, il a pris son air grave pour donner des infos exclusives, tous les soirs on n’a pas appris grand chose. Mais l’important, c’est qu’on ait eu l’impression que c’était grave.  

Le footballogue de Messaoud Benterki : « L’Allemagne ne gagnera pas, elle est où en grande compétition depuis 10 ans ? » Finale en 2002, demie en 2006, finale en 2008. Footballogue c’est donc pas un vrai métier, même si on vient pourrir la vie des infographistes avec des tableaux que personne n’a vraiment envie de voir.

Hervé Mathoux : Qui aurait cru que les résidus de Thierry Roland donneraient le meilleur présentateur foot du PAF ? Pas Romain Del Bello qui n’en a que le salaire. Isabelle Moreau, elle, mesure le chemin à parcourir : savoir quoi faire de ses mains debout pendant un coming next, c’est fort.

Pendant ce temps-là, David Astorga tente d’exister face à Lizarazu, on lui avait pourtant promis qu’il commenterait. Si ça continue comme ça, juré, il s’enHardy.

Coupe du monde: Ibères au change

Lampard, Gerrard, Rooney, Drogba, Cristiano et Buffon n’avaient cette fois pas pu se libérer pour la finale de la ligue des champions. Leur rendez-vous s’est prolongé et Eto’o les a rejoint.

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Brésil : Probablement le moins génial mais le plus solide Brésil de l’histoire. Un jeu defensif implacable, on croirait voir l’Italie 2006 mais c’est bien la France de Jacquet, avec ses attaquants très moyens qui marquent quand même. Il ne faut pas se moquer, après tout Guivarch n’a eu que les Rangers, même pas Séville, ni Santos. Le monstre créé par Dunga est invaincu en jouant à 10, Kaka aimerait quand même faire sa rentrée en finale comme son prédecesseur. Poste par poste, personne ne voudrait de la plupart d’entre eux, mais en se croyant invincibles derrière, ils finissent même par mettre des taules sans le vouloir.

Pays-Bas : Comme d’habitude, devant ils sont les plus forts. Et pas comme d’habitude, ailleurs ce sont les plus mauvais. Déjà que ça ne suffisait pas en 74 et 78, à quoi servirait de remplacer Stekelenburg ?

Argentine : Si Demichelis n’était pas là, on les verrait bien champions du monde. On pourrait dire la même chose d’Higuain mais son remplaçant c’est Milito. Du coup, on les verrait bien en demi-finale comme en 98, mais en 98 ils y étaient pas. Crespo, Batistuta et Veron, est-ce vraiment plus moche que Tevez, Higuain et Veron. Veron et Veron, tiens donc. Sinon l’Argentine avait Kempes en 78, Maradona en 86 et 90. Elle n’a plus que deux moitiés de Maradona. Ça fait quand même presque un Maradona entier. 

Allemagne : Le Vestiaire vous l’a déjà présentée. C’est faible derrière, pas très bon au milieu, inconstant devant. Ça n’a pas de star mais ça gagne et ça joue bien, Muller oblige. L’Espagne a toujours fait ça sans réussite jusqu’en 2008, mais désormais c’est tout ce que demande le foot. Et puis l’espagnol est encore assez peu répandu en Serbie.

Paraguay : Ils ne marquent jamais, en prennent autant mais n’ont eu jusqu’ici aucune concurrence, Nouvelle-Zélande quatre fois mise à part. Ça devrait continuer, Villa et Xavi tout seuls ça va bien s’arrêter à un moment ou à un autre. Mais il faut se méfier des tirs aux buts, surtout en huitièmes de finale 98.

Espagne : Avec Madrid et Barcelone derrière, Madrid et Barcelone au milieu, Liverpool et Villa devant, il ne manque finalement que Fabregas. Quand Séville et Bilbao entrent en jeu et métamorphosent l’équipe, ça veut dire quoi ? Villa, Iniesta et Ramos n’y pensent pas, trop occupés à talonner en apprenant la samba. Torres ne connaît même pas le flamenco, du coup il faut quand même préparer les tirs aux buts.

Uruguay : Sans grand intérêt, ça défend bien comme Fenerbahce, Villareal ou Porto, ça attaque bien comme l’Ajax et l’Atletico. Sans grand intérêt.

Ghana : Par bonheur, c’est l’Uruguay en face donc il n’y a même pas d’argent à gagner.

Wimbledon, Federer/Nadal : Le dernier des ligaments

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C’était en juin dernier, Nadal allait triompher à Paris pour la dernière fois de sa carrière. Le Vestiaire vous révélait alors que le tennis venait de perdre beaucoup. Deux champions, pas n’importe lesquels, les deux plus grands au moins depuis Jean-Philippe Fleurian. Le tennis appartient désormais à Söderling et Berdych, de temps à temps à Djokovic et pour quelques jours par an à Nadal qui tirera jusqu’au bout sur la corde, ou plus sûrement sur ses tendons. Pourra-t-il en faire des raquettes pour autant ?

Pour Federer, l’absence de Nadal et le manque de place pour accueillir des trophées qu’il a déjà en plusieurs exemplaires l’empêcheront de fêter ses 30 ans sur le court. C’était écrit, en tout cas sur le Vestiaire et encore mardi dernier.  Nadal, lui, aura du mal à y fêter ses 25 ans comme notre spécialiste l’expliquait il y a deux ans déjà. Ce n’est pas une question de vice, mais de vis.

Rotule et bouche cousues

« J’envisage toutes les possibilités, y compris celle de ne plus pouvoir jouer au tennis. J’ai pleuré de nombreuses fois à la maison, surtout lorsque je voyais que je ne pouvais pas jouer et que la douleur persistait. » Rafael Nadal se souvient-il que c’est au pied qu’il avait mal en 2006 ? L’an dernier, ses deux mois de repos forcé après Roland l’ont fait réfléchir : autant miser ses genoux sur la saison de terre battue et voir après. L’Australie, c’est tentant, mais pas tous les ans. Le gazon, c’est vite fait et les genoux ne sont pas indispensables. Sur ciment et autres surfaces dures, les plus traumatisantes, les genoux, pieds et abdominaux de Nadal n’ont remporté que 5 Masters 1000 sur 36 tentatives, mais ça ne veut sans doute rien dire. Quant à l’US Open, il arrive un peu tard dans la saison d’une articulation, aucun rapport avec son forfait en Coupe davis. Ne parlons pas de l’indoor, car courir encore au mois d’octobre c’est mauvais pour la santé. Et les infiltrations, c’est comme les poignets de Del Potro, ça ne dure pas éternellement.

Pendant ce temps-là, Nadal n’est pas déçu : « Le genou droit allait mieux que le genou gauche, mais je sais que les deux genoux ne sont jamais à 100% en même temps. Je n’avais plus de problèmes au genou droit, mais je n’ai fait le traitement qu’une seule fois et il faut le faire trois fois au total. La saison sur terre était mon objectif principal. » Pour ceux qui n’avaient pas compris.