Rugby, Coupe d’Europe : Un sacré Connacht

Vous devrez lire cet article jusqu’au bout pour savoir si Yoann Maestri s’est encore fait taper par un petit gros ce weekend, car nous commençons par la déclaration de la semaine. L’inénarrable Bernard Laporte, répondant aux supporters du RCT insatisfaits des résultats de ce début de saison :

«  Mais vous avez oublié que le club était neuvième, il y a encore deux ans ? On oublie vite… Quant tu baises une laide et qu’un jour tu baises une belle, tu penses que tu ne vas plus baiser que des belles… Eh non, malheureusement, ça ne marche pas comme ça ! Tôt ou tard, tu repasses au ragoût. Des exploits, on n’en fait pas tous les jours… »

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A la lecture de ces lignes lumineuses, on réalise que cet imposteur de Denis Lalanne, qui faute de concurrence a pu autrefois passer pour un surdoué de la poésie ovale, est en fait le dernier des rustres. Même Mamuka Gorgodze, s’il savait écrire, le ferait mieux que lui. Inutile de s’étendre sur le bon sens éclatant dont brille ce bijou de logique rugbystico-séductivo-laportienne, ni sur le lyrisme subtil de la prose délicate qui lui sert d’écrin. Nous dirons simplement que nous sommes d’accord avec Bernie : l’exploit, rare par définition, ne peut relever du quotidien. Par conséquent cette saillie verbale à deux balles n’en est pas un, puisque de la bouche répugnante de Nanard sort une fulgurance débile du même genre à chaque fois qu’elle s’ouvre. Et elle s’ouvre tellement que Jean-Marie Gourio, au lieu de se fatiguer à écumer les bistrots de France pendant 30 ans à la recherche des plus belles perles de comptoir, aurait écrit une anthologie en à peine quelques semaines s’il était simplement resté au chevet de cet OVNI (Ôde Varoise au Néant Intellectuel). En revanche, il n’aurait probablement pas échappé à la cirrhose. Soucieux de la bonne compréhension de l’échelle laportienne d’évaluation de la gent féminine, nous demandons solennellement à Bernie d’apporter une précision à son propos : Rachida Dati compte-t-elle comme une belle ou comme du « ragoût » ?

 

A part ça, ce weekend de coupe d’Europe a été marqué par le génocide anglais perpétré par Mathieu Bastareaud. Le plan machiavélique concocté par la mafia toulonnaise a fonctionné à merveille. Chronologie d’un massacre.

Phase 1 : Sur ordre de Mourad Boudjellal, Philippe Saint André, ancien de la maison RCT, flatte Mathieu Bastareaud dans la presse et le convoque en équipe de France pour les tests de novembre. Mathieu y voit une excellente occasion de prouver qu’il est revenu au meilleur de ses formes et travaille dur à l’entrainement pour être prêt pour affronter les Blacks et les Boks.

Phase 2 : PSA fait jouer Fofana, Fritz et Fickou et oublie sciemment Basta sur le banc, qui ne rentre sur le terrain que pour les remplacements sur saignement ou pour compter les morts à la fin du match contre les Boks. Ca fait hurler Guy Novès et ça se comprend, vu qu’il doit se contenter de Poitrenaud-David au centre les jours de doublon, et Mathieu est extrêmement frustré.

Phase 3 : Bernard Laporte récupère Mathieu à Toulon. Celui-ci est fou de rage et a enfin faim d’autre chose que de poulet-mayonnaise-confiture : il veut du temps de jeu et de la reconnaissance. Bernie lui donne un Stade Français puis quinze rosbifs à dévorer. Mathieu ne se fait pas prier.

Cela s’appelle un coup de billard à trois bandes, et ce n’est pas une expression salace sortie du chapitre « Triolisme homosexuel » du livre de brèves du père Bernie.

C’est officiel, le jeu offensif du Stade Toulousain n’est pas non plus le père de Rachida Dati : il est totalement stérile. Toulouse dit adieu au quart de finale à domicile faut d’avoir su jouer avec un minimum d’intelligence. Pourquoi profiter de l’écrasante supériorité de ses avants pour balayer le Connacht quand on peut se faire chier à lancer des attaques ultra-prévisibles au milieu du terrain, face à une défense toujours bien replacée qui n’attend que ça ? Pour faire plaisir à Pierre Villepreux et aux valeurs du Rubi ?  À quoi ça sert d’aligner un pack de 923 kg ( !! ), soit 115 kg de moyenne (re- !!) si c’est pour ne pas jouer dans l’axe ?! C’était pourtant pas compliqué, il fallait jouer petit, dur, moche, efficace. Le seul essai toulousain est venu d’une séquence de jeu que même Timoci Matanavou arriverait à mémoriser en se concentrant un peu : touche-maul-essai. Histoire de donner un semblant de suspense à la fin de match, l’ouvreur écossais du Connacht, Dan Parks, a tenu à rater le drop de la gagne 22 mètres en face, puis la pénalité de la gagne 2 minutes plus tard. Si nos souvenirs sont bons, il avait déjà pris sa retraite pour moins que ça.

Au vu des trois derniers matchs, Clermont semble avoir  trouvé une nouvelle solution au poste de troisième ligne centre. Cette solution, la voici : Fritz Lee. Pour ceux de nos chers lecteurs qui suivent cet article en audio-description : rassurez-vous, jamais de sa vie notre centre toulousain préféré n’ouvrira un bouquin, même s’il n’y a que des images à l’intérieur. Il risquerait de se mettre à réfléchir et perdrait cet énorme grain qui fait sa plus grande force. Fritz Lee, ça sonne aussi comme le nom d’une arme terrible inventée trop par les nazis pour inverser le cours de la guerre, une version allemande et anachronique de Bruce Lee, qui allierait kung-fu et maniement de la grosse Bertha (non, ceci n’est toujours pas une anecdote d’un soir « moche » de Bernard Laporte). Arrêtons ici le suspense : Fritz Lee, c’est en réalité une boule de 110 kg de muscles comme le gisement inépuisable que sont les îles du Pacifique en sort une dizaine par an, qui renverse tout sur son passage et qui a réussi l’exploit colossal de faire sortir un énorme chèque à un Auvergnat en à peine 3 semaines.

Pendant ce temps-là, en coulisses, Vern Cotter avoue qu’il en avait plein Lee Byrne de Damien Chouly.

La Légende Mandela : Fidèle gastro

Si Clint Eastwood n’avait jamais existé, saurait-on vraiment qui était Mandela ? En tout cas il est bien bon ton Pienaar.

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Nelson Mandela restera-t-il dans l’Histoire comme le simple sujet d’un film baclé de Clint Eastwood ou tout au moins pas très réussi ? L’avenir nous le dira Clint s’en fout, ça lui a rapporté. Peut-être moins que quand il nous fait croire que Bobo Lorcy a une soeur, mais on peut pas à chaque fois trouver un moyen de recycler Morgan Freeman en vieux sage.

Cette fois tout est différent, Morgan Freeman joue un vieux sage, et le reste est une histoire vraie. Aurait pu en être une en tout cas. Car François Pienaar n’interprétera jamais Will Hunting ou Jason Bourne, mais Matt Damon deviendra bien troisième ligne du haut de ses 1m80, presque aussi grand qu’Olivier Merle après un ascenseur. Pour un peu François Berléand aurait échoué à 2 cm de la ligne d’essai en demi-finale. A quand les larmes de Dussollier en 1991 à Bari face à l’Etoile Rouge ? Au moins, Pienaar est devenu beau gosse, espérons que sa vraie femme ait pu en profiter.

Clint aurait pu s’arrêter là et se contenter de la version officielle, celle du conte de fée qui refuse trois essais à Durban. Mais il va plus loin en épousant aussi la thèse du piège Lomu. Celui sur le terrain, pas celui dans les chiottes de l’hôtel. Faute de Smecta, les Blacks aïe pissent. La meilleure équipe de toute l’histoire perdra donc la Coupe du Monde et Lomu n’est plus là pour répondre.

Si Morgan Freeman s’ennuie, un biopic de Don King serait en projet. Quel beau blond aux yeux bleus pourrait interpréter Tiozzo ?

France-Afsud : Stade de France, Morné plaine

Ce soir on joue les Boks. La fièvre du samedi soir a violemment repris dans les rédactions du Midole et de l’Equipe. C’est la deuxième rechute en trois semaines, les organismes sont mis à rude épreuve.  Philippe Saint-André s’est laissé contaminer et il « pense pouvoir rivaliser contre l’Afrique du Sud ». La situation est grave. Comment en est-on arrivé est là ? Si vous ne le savez pas, c’est que vous aviez mieux à faire de votre samedi soir que rester le cul dans le canapé pour siroter une bière ou huit devant la télé. Honte à vous, quittez immédiatement ce site web, vous n’avez rien à faire ici. Pour ceux d’entre nos lecteurs qui ont une bonne excuse pour avoir raté les deux premiers épisodes de la trilogie d’automne, comme une allergie aux blagues pourries de Matthieu Lartot et aux commentaires racistes de Fabien Galthié, voici un petit résumé.

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Par Peyo Greenslip Jr

On a d’abord joué les Blacks. On a essayé d’oublier qu’on était moins forts, moins rapides, moins technique à tous les postes. On a livré un combat courageux et on a mis un essai. On a fini deuxièmes juste derrière les vainqueurs, ce qui n’est pas si mal, et on est rétrospectivement content parce que les Anglais n’ont pas fait mieux la semaine d’après.

Ensuite on a joué les Tonga. C’est ça la tournée de novembre, on met toujours un match-guignolade au milieu de deux matchs sérieux, une rencontre contre un adversaire largement plus faible où on a le choix entre gagner sans gloire et perdre honteusement. Ca ne sert pas seulement à refroidir les têtes et à nous assurer un minimum de 33% de victoires à la fin de la Tournée. Ca sert aussi à se débarrasser définitivement de Fulgence Ouedraogo en l’envoyant au carton face à des joueurs de 140 kg complètement barjots. On pourrait vous faire un résumé minutieux de ce match où l’équipe de France a prouvé qu’elle était incapable de faire autre chose que des mêlées de profiter d’un surnombre si celui-ci n’est pas au moins un 4 contre 1, mais personne n’a envie de ça. On va plutôt vous parler de ce qui a fait que ce match restera dans l’Histoire du Rugby.

C’était la 27ème minute. Matthieu Bastareaud, entré en jeu quelques instants plus tôt, avait décidé de se mettre en évidence. Servi par son ouvreur, il décide de jouer au pied. Les raisons de ce coup de folie sont pour l’instant inconnues. Le stade a retenu son souffle en le voyant armer péniblement sa jambe obèse : seulement conçue pour résister à une pression de 2,5 tonnes, le ballon pouvait-il résister à pareil impact ? La réponse fut oui. En revanche, lorsque la gonfle est partie directement dans les tribunes à l’opposé de l’endroit du terrain que visait Matthieu, les spectateurs n’ont pas résisté à la crise de rire la plus intense que le rugby ait connu.

Ce soir, on joue les Boks et la tournée se termine en Botha. Les Sud-Africains, c’est les All Blacks en un peu moins doués et les Tonguiens en un peu plus méchants. C’est un pack de 920 kg assoiffé de sang. Ils vont essayer nous battre dans l’agressivité et c’est ça notre seule chance. L’équipe de France peut être surpassée en talent, en vitesse d’exécution, en intelligence de jeu, mais sûrement pas en bêtise et en méchanceté, surtout lorsqu’elle joue à domicile. Yoann Maestri aura à cœur d’oublier son gros chagrin de la semaine dernière, lorsqu’on l’a sorti du terrain sans le laisser terminer le câlin qu’il avait commencé avec le pilier d’en face. Il compte bien se rattraper ce soir. Ca tombe bien, il a rencart avec un certain Bakkies B., 33 ans, qui l’attend pour le consoler dans ses grands bras. Mtawarira bien qui rira le dernier.

Rugby : Les odieux du stade

Luisants, tendus, les muscles bandés comme un vit vigoureux devant le dernier Kechiche, telle est l’image d’Epinal qu’offrent les rugbymen depuis treize ans maintenant. 

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Par notre spécialiste rugby Peyo Greenslip Jr

200 000 exemplaires vendus chaque année et une popularité inébranlable font du calendrier des dieux du stade l’outil de marketing sportif le plus efficace depuis les cabrioles olympiques de Hope Solo qui faillit en son temps donner un quelconque attrait au football féminin.

Cependant, si le rugby est indéniablement un sport populaire, pratiqué par de nombreux adhérents, il reste néanmoins médiatiquement largement en retrait par rapport à son confrère footballistique. Les bookmakers ou parieurs les plus en vues n’en
ont que pour le foot et ils ne viendraient à personne l’idée d’engloutir son maigre pécule sur un autre match que Ukraine-France, à moins de bénéficier d’une offre spéciale comme avec le code promo PMU qui offre un pari remboursé.

Le joyeux monde de l’ovalie se démène pourtant pour faire preuve d’originalité dans la création de trouvailles publicitaire sachant porter haut les fameuses valeurs rugbystique. Il y eu d’abord les maillots aux couleurs éclatantes, comme la pommette de Maestri face à la tendresse d’un pilier tongien, puis vint le temps des feux d’artifices, des pom pom girls, des matchs délocalisés…
Avant que ne survienne l’idée commerciale du siècle, faire jouer la mascotte en équipe de France. Les instances imposèrent donc au staff des bleus la présence de Caveman, le sympathique yéti hirsute bariolé de panneaux publicitaire que les génies promotionnels avaient créés. Dans la lancée de ce projet fou, ils se laissèrent griser par l’engouement. L’ivresse de leur précédents succès leur
fit commettre l’irréparable, en voulant réaliser le rêve de Steve Austin, ils exaucèrent celui de Marie Shelley.

Ils fabriquèrent un être affreux à la fois joueur, entraineur, business man, commentateur, restaurateur, escroc et même ministre. Ce mix parfait entre Philipe Carbonneau, et Jacques Mesrine, ce sosie raté de Bernard Tapie, fût l’attraction de trop, la sonnette d’alarme était tiré, il fallait revenir aux fondamentaux.  Ca tombe bien, en rugby, les fondamentaux on aime ça, mais là on parle pognon, pas rugby. Pas de touches ou de mêlées, les basiques ont été ici remplacées par les extrait d’une bonne comédie britannique des années 90, la recette était simple, se foutre à poil pour faire parler et gagner du fric.

Les résultats sont probant le calendrier des Dieux du Stade se retrouve accroché dans toute les bonnes vespasiennes de l’hexagone. Si le triomphe commercial est au rendez-vous, le rugby n’a pas pour autant droit à la médiatisation à laquelle il aspire. Les gens qui achètent le calendrier tiendraient ils plus de la mémère décomplexée que du supporter de foot tenté par un changement de bord? Axer sa stratégie sur les froufrous, les paillettes, la personnalité, pousserait il les gens  à s’intéresser aux froufrous, aux paillettes et aux individualités, mais certainement pas au sport lui même? Un sport aux règles annuellement changeantes peut il être compris et apprécié par les non initiés?

Si montrer la charmante frimousse de Patrice Collazo  ou la finesse corporelle de Mathieu Bastareaud ne suffit pas, il faudra se résoudre à envoyer les pointures les plus affutées pointées au casting. Serge Blanco ayant toujours été le plus talentueux, il pourra une nouvelle fois, par ses prouesses, sauver la patrie et peut être même construire un stade. Après tout le rugby est un sport de passes.

France-Tonga : Fickou voyou

Pacifique, force anis.

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Par Peyo Greenslip JR

Dimanche matin Frédéric Michalak s’est réveillé avec la gueule de bois. Devant son miroir il s’est dit qu’il avait l’air con. D’abord à cause de sa moustache, qui dans le pays de Lolo Rodriguez, quelle que soit la raison, ne peut être portée par autre chose qu’un avant. A la sortie du Stade, samedi, Garuet lui aurait bien fait comprendre, à l’ancienne, en dissimulant 4 de ses doigts dans son séant. Mais une autre raison a rendu Fredo un plus ballonné qu’à l’accoutumée après un cauchemar, l’accoutumée c’est quand il n’a que 20 ans et qu’il s‘agit de jouer sous la pluie contre l’Angleterre, ou tout autre match d’envergure à n’importe quel âge.

L’ancien nouveau petit prince s’est demandé s’il avait rêvé ou s’il était vraiment entré en 10 contre les Tonga et qu’il avait fini par réussir une passe au pied. Ce qui, soit dit en passant, était la deuxième du match pour un ouvreur tricolore et même la deuxième en 14 ans. Ca commence à faire lourd. Pour Michalak il y aura donc un avant et un après Tonga. Depuis 10 ans on lui dit qu’il aurait dû se concentrer sur la mêlée et là à l’aube des 40 ans, il fait une rentrée convaincante à l’ouverture. Le choc est rude, d’autant que Talès a aussi été convaincant et qu’à n’en pas douter Aucagne, Merceron et Gelez l’auraient été aussi. Alors est-il devenu l’égal de ses illustres prédécesseurs ou Maestri s’est-il fait démonter la gueule par un petit pilier hargneux ?

Il y a sans doute un peu de vrai dans tout ça, comme Forestier parvenant à tenir son vis-à-vis plus de deux fois consécutivement, ou un buteur tongien qui n’aurait de buteur que 6 lettres. Mais après avoir repensé à tous ces étranges faits de jeu, Michalak a conclu que ça ne pouvait pas être possible. Car dans son rêve, les Tonga dominaient toute la première mi-temps sans même connaître les règles du jeu. Exception notable des règles du free fight. Il apercevait aussi Yannick Jauzion et Damien Traille en version modernisée. Avant de se recoucher Fred s’est souvenu que ces mecs-là l’avaient fourrée profonde aux bleus il y a 2 ans. Et que cette fois c’est le XV de France qui l’emportait grâce à une reproduction de Sadourny en format de poche. Il s’est alors dit qu’il serait temps que cette équipe se trouve une charnière. Une vraie où on interdirait le port du prénom Morgan,  qu’on remplacerait par Frédéric. Par les temps qui courent un peu de patriotisme ne ferait pas de mal.

Pendant ce temps-là, l’Afrique du Sud n’a toujours pas déménagé dans le Pacifique malgré le réchauffement climatique. Mais Picamoles compte bien les déménager quand même. En plus il est enfin débarrassé de Maestri

 

 

 

 

 

Philippe Saint-André : « Où t’es ? Papé où t’es ? »

Le frisson est passé. On a bien joué. Richie Mc Caw jouait à peu près avec les mêmes règles que tout le monde. Ca n’a pas pourtant pas suffi. La rédaction du Midol se réveille avec une sensation trop bien connue de gueule de bois d’après-match contre les Blacks. Philippe Saint-André n’est pas en forme non plus. Notre envoyé spécial, Peyo Greenslip Jr, Gilou pour les intimes, est presque allé à son chevet.

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Le Vestiaire : Philippe Saint-André, l’équipe de France est passée tout près d’un exploit retentissant, mais finalement ce sera pour une autre fois. Quel est le sentiment qui prédomine après cette nouvelle défaite 

PSA : (Caché au fond de son lit, on l’entend éclater en sanglots. Du coup on ne sait plus s’il parle normalement ou s’il est vraiment malheureux. Il se calme peu à peu et sort finalement la tête des couvertures.)

Job de merde… J’aurais jamais dû… Le vieux Guy avait senti l’arnaque, il a refusé le poste, j’aurais dû faire pareil.

(Il poursuit, la voix plus chevrotante que jamais)

On était à fond, comme chaque automne hors année de Coupe du monde, ils étaient en demi-teinte, et on a tout juste pu se battre pour le match nul.

Allons allons, il y a quand même des motifs de satisfaction : le pack a tenu bon, Rémi Talès a été convaincant à l’ouverture et Morgan Parra est encore en vie.

(Tout à coup fou de rage, il bondit et tente de m’étrangler. Sa nounou, Yannick Bru, le retient de justesse.)

Des motifs de satisfaction ?! Ah tu trouves ?? Ca fait combien de temps que t’es journaliste ? 2 mois ?

(Yannick Bru lui amène son doudou, une peluche à l’effigie de Louis Picamoles. Il la serre contre lui, ce qui semble l’apaiser.)

Je vais te raconter une histoire. Il y a un an de ça, en novembre 2012, j’avais déjà trouvé un pack et un demi d’ouverture. On avait mis une déculottée aux Australiens, aux Argentins, et on avait survécu à ces furieux de Samoans et leur pack de 950 kg. Cette tournée de novembre avait été plus que positive. Quatre mois plus tard, on ramassait nos dents en Italie et on finissait dernier du Tournoi. Marc Lièvremont en avait fait des Tournois de merde, mais dernier, jamais ! Là on vient de perdre et on veut me faire croire que l’année s’annonce bien ?!  Je vais te dire comment je vois l’avenir : on se dirige tout droit vers une année catastrophique pour le XV de France. Cuillère de bois au Tournoi, et la vraie cette fois, sans même battre les Ecossais, puis série de branlées-records lors de la tournée d’été, je me fais virer en septembre et Morgan Parra est nommé sélectionneur-capitaine. Au vu de ce qu’est devenu Frédéric Michalak en un an, je crains le pire pour Rémi Talès. Il se pourrait qu’il arrête le rugby après une rupture des croisés aux deux genoux, ou pire, qu’il reste jouer à Castres jusqu’à la fin de sa carrière.

Ne retenez-vous pas quelques satisfactions individuelles ?

En cherchant bien, on peut toujours trouver de bonnes nouvelles. Grâce à sa prestation de samedi, Damien Chouly a sécurisé la place de Louis Picamoles au poste de n°8. Camille Lopez n’a raté aucun coup de pied et n’a pas ralenti le jeu. Et puis les rouflaquettes de Maxime Médard étaient aussi impeccables que d’habitude.

Une dernière chose. Maxime Mermoz s’est exprimé dans la presse pour faire part de son dépit suite à cette nouvelle convocation en stage qui ne débouche pas sur une sélection. Il a l’impression d’être le laissé pour compte de la bande.

Je tiens à rassurer Maxime : ce n’est pas qu’une impression.  Et s’il s’est donné la peine de regarder le match de samedi, il a compris que ce n’est pas près de changer. Il pensait peut-être prendre la place de Wesley Fofana ? ou celle de Gaël Fickou, qui à 14 ans est meilleur que lui ? D’accord, Gaël a tout piqué a son ancêtre Yannick Jauzion, mais ça marche pas mal : je prends intérieur et je m’enfonce dans la défense, les 2 défenseurs ne parviennent pas à me faire tomber parce que je suis trop costaud, je donne, décalage, essai. C’est pas compliqué quand même.

Bon, je comprends que ce soit frustrant d’être convoqué à Marcoussis tous les deux mois et de ne jamais jouer un match, mais je suis déjà sympa de l’accepter avec le groupe des professionnels ! A chaque stage de l’équipe de France c’est la même histoire, je reçois un coup de fil de Bernard Laporte qui me supplie, comme il dit, de le « débarrasser de l’autre danseuse frisée pendant quelques jours, pour je puisse travailler des combinaisons qui ont des couilles, avec Bakkies Botha et Danie Rossouw au centre». Mais peut-être suis-je en train de dévoiler le secret  du prochain sacre du RCT en coupe d’Europe.

France-Nouvelle Zélande : Black Blanc Peur

Ce soir on joue les Blacks. C’est  le frisson suprême.  Une montée d’adrénaline rugbystique à nulle autre pareille. Un état d’euphorie incontrôlable, une fièvre d’espoir débile qui sévit de façon particulièrement violente les semaines de test-match dans les couloirs de la rédaction du Midi Olympique, poussant des journalistes drogués à l’émotion ovale à ressasser la poignée de victoires  tricolores en cent ans de rencontres.

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Par notre spécialiste rugby Peyo Greenslip Jr

Cette euphorie atteint son paroxysme à deux moments : celui de la Marseillaise, rapidement calmée par le haka, puis celui du coup d’envoi, lorsque la clameur du stade de France accompagne Pascal Papé, les yeux injectés de sang, qui fonce sur son vis-à-vis les bras écartés en lui hurlant des insultes que même Bernard Laporte n’ose pas employer pour engueuler ses joueurs à la mi-temps. Après 40 minutes, l’euphorie s’est déjà transformée en un énorme doute. Au bout de 80, elle n’est plus qu’un mélange de dépit, de douleur et d’abattement, dont l’amertume est proportionnelle à l’ampleur du score. Ainsi, le millésime 2006 fut particulièrement indigeste, la faute à un vilain arrière-goût de 47 à 3.

Raphael Ibanez était sur le terrain ce jour-là. Peut-être son corps lui rappelle-t-il de temps à autre combien les avants français avaient morflé ce soir-là. On peut donc raisonnablement supposer qu’en prenant l’antenne ce samedi soir, Raphaël se donnera la peine de gentiment tempérer l’optimisme imbécile de Matthieu Lartot. Il lui rappellera que les internationaux néo-zélandais jouent au maximum 20 matchs dans l’année quand les nôtres en sont à 40 avant la tournée-suicide de juin, qu’ils ont 4 mois d’été pour faire une vraie prépa physique quand les nôtres ont 3 semaines, que le système de jeu all-black se perfectionne à longueur d’année quand l’équipe de France se réunit juste assez pour que Florian Fritz ait le temps de réviser la croisée 10-12.

Raphaël ira peut-être même jusqu’à expliquer que les All Blacks ont une technique individuelle supérieure, il nous dira qu’en Nouvelle-Zélande on forme des joueurs de rugby avant de former des spécialistes d’un poste, que leurs deuxièmes lignes seraient demis d’ouverture chez nous, que l’incroyable gestuelle des Blacks leur permet de faire vivre le ballon comme aucune autre équipe, bla bla bla….  A cet instant, il faudra l’arrêter tout net. Ils sont plus forts physiquement ok, mais ça c’est des conneries. Si la dimension technique avait la moindre importance dans le rugby moderne, d’une, ça se saurait, et de deux, qu’on m’explique comment on a réussi à être à deux points du titre mondial en alignant Jean-Baptiste Poux et Nicolas Mas.

Il y a une autre explication à la supériorité manifeste des All Blacks. Elle tient en trois mots : Richie Mc Caw. Le capitaine néo-zélandais est le meilleur joueur du monde. Quand des joueurs moins talentueux sont tout bêtement hors-jeu, Richie est « à la limite de la règle». Quand certains pourrissent un ruck pour empêcher la libération du ballon, Richie, lui, est « très efficace dans le jeu au sol ».  Richie n’use pas de la violence comme un de ces rustres de français. Lorsqu’il assomme le demi d’ouverture adverse, c’est d’un élégant enchainement genou-poing. Vous l’aurez compris, Richie est un joueur à part.

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Comment gagner  dans ces conditions? Philippe Saint-André se le demande bien. Au lieu de perdre du temps à réfléchir en vain à une stratégie pour battre les Blacks, il préfère préparer un long discours d’après-match bien dépressif, qui collera parfaitement avec le ton naturellement pleurnichard de sa voix. Le Vestiaire a décidé de prendre les choses en main. Ni euphorie, ni défaitisme, il faut élaborer un plan de bataille crédible et se battre avec les armes qui sont à notre disposition. Ils sont invaincus depuis un an ? Cette statistique annonce l’imminence d’une défaite.  Ils sont meilleurs que nous ? C’est pas vraiment nouveau.  Nos plus fins analystes rugby ont étudié, mesuré, benchmarké toutes les options possibles. Après cinq minutes d’intense réflexion, et en supposant que l’état actuel des connaissances scientifiques ne permet pas de cloner 14 fois Louis Picamoles, seules trois stratégies nous paraissent en mesure de faire gagner l’équipe de France. Le Vestiaire est fier de vous les présenter :

Option 1 : La Spécialité Locale. Grève de la RATP + opération blocage des taxis, le bus des All Blacks reste bloqué sur le périph’ jusqu’à 2h du matin, victoire par forfait. C’est pas très classe mais ça fait du bien aux statistiques, et le Pays dit merci à la RATP pour la première fois depuis…euh ben pour la première fois.

Option 2 : La Nantes 1986. Ambiance électrique au sortir des vestiaires, Florian Fritz pète le premier plomb, bagarre générale dans le couloir. Rebelote dès la première minute de jeu, Yoann Maestri déclenche involontairement la seconde partie de manivelles grâce à son célèbre déblayage-coup-de-boule-à-20-cm-du-sol. Le match se termine à 6 contre 4, les Blacks abandonnent à 3 minutes du coup de sifflet final après le décès sur le terrain de Richie Mc Caw, dont la boite crânienne visiblement défectueuse n’a pas résisté au saut à pieds joints de Pascal Papé.

Option 3 : La Mondialette. Les jardiniers du stade de France arrosent le terrain toute la journée, on fait des mêlées toute la soirée dans un bon vieux bourbier, victoire 6 à 3 pour Nicolas Mas, vive la France.

 

Pendant ce temps-là, le Sénat juge le projet de grand stade dédié au rugby « déraisonnable ». A notre humble avis, le qualificatif « déraisonnable » désignerait à merveille le régime alimentaire de Serge Blanco. En revanche, pour ce qui est du projet de stade de 80 000 places, à 1 milliard d’euros, qui sera utilisé 5 fois de l’année, nous avions pensé à un autre descriptif : connerie sans nom de projet mégalo qui pue le détournement de fonds publics et les magouilles typiques de ces vieux débris de dirigeants du rugby français. Simple question de vocabulaire.

 

All Blacks-France 1999 : Lamaison est tombé sur le chien

Brive ce n’est pas qu’une sous-préfecture orgiaque de Patrick Sebastien ou une équipe beurrée qui bastonne des Gallois. C’est aussi Alain Penaud, Sebastien Viars, David Venditti, Philippe Carbonneau et Christophe Lamaison qui va gagner ses galons de Titou. Et Sébastien Carrat ?

C’est le 31 octobre que la Coupe du monde 1999 a vraiment commencé pour l’équipe de France.

Ce jour-là le futur ex quinze le plus nul de tous les temps a rendez-vous avec l’histoire. Skrela-Villepreux explosés par Lomu, tout un peuple attend ça depuis la cuillère de bois du dernier Tournoi où les bleus avaient tout de même écrasé l’Irlande 10-9.  La promesse est belle, le staff a mis les joueurs pour : Garbajosa, Bernat-Salles, et Dourthe derrière, Lièvremont, Juillet, Pelous, Tournaire, Ibanez et Soulette devant. Ce n’est pas une blague. Aux manettes, Galthié encore simple bouche-trou columérin et Lamaison en 10, Aucagne était sur répondeur. Sinon il y aussi de vrais joueurs comme N’Tamack, Dominici, Magne et Benazzi, suffisant pour prendre 70 points, du jamais-vu en demi-finale. Sauf qu’au commentaire c’est Christian Jeanpierre.

Bénit Benazzi

A la 20ème minute, une chevauchée de Dominici trouble Christian : « Il va marquer » hurle-t-il alors que le Parisien mange la pelouse par les oreilles à 5m de la ligne. Quelques secondes plus tard, Dourthe a l’idée d’extraire un ballon ovale d’une mêlée ouverte, sans même filer un coup de couteau à Bernat-Salles, Cecillon aurait opté pour le fusil. Christian apprécie la passe de Galthié, alors à 15m de l’action. Tout ça finira par un essai de Lamaison, qui en mettra même un autre durant le reste de sa carrière en bleu. La France tient, mais la confiance demeure même si Soulette fait le premier geste intelligent de toute sa vie et éteint Kronfeld de ses petits doigts boudinés. Cecillon ne fait décidément pas école. A la 47ème minute, il y a 24-13 car entre-temps Lomu a préparé sa dialyse par deux essais. A la 47ème minute, Dan Carter et Johnny Wilkinson, encore puceaux, découvrent un vieux « C’est pas sorcier » sur le poste de demi d’ouverture.

Lamaison hanté

Jamy est un poil plus séduisant  et s’appelle Christophe. Comme Jamy, Lamaison n’est pas très adroit de ses pieds, un peu gauche de ses mains, en somme un Michalak du 20ème siècle. Mais il découvre soudain qu’il peut se servir de ses chaussures pour faire autre chose que taper des pénalités. ChriChri va alors faire un truc étrange qu’il reproduira encore cinq fois avant sa retraite: passer un drop entre les barres, et même deux. Découvrir le rugby à 28 ans, Carbonneau s’en était privé. Un miracle n’arrivant jamais seul, Galthié prend une initiative en tapant par dessus la mêlée. Une charnière complémentaire qui dirige le jeu, on aura tout vu, on ne le reverra jamais en France. La balle attérit sur Dominici qui fait ce qu’il  sait faire: « C’est un génie » ponctue Christian. Un futur prix Nobel de vitesse, sans doute. Puis, Lamaison a encore une idée, toujours avec ses pieds, il sert Dourthe dans l’en-but. 3 lexomils plus tard, Richard applatit et montre le numéro sur son maillot à tout le monde, le regard vide. L’avantage de ne pas savoir lire c’est qu’on ne peut pas deviner que son nom n’est pas écrit dessus. La suite c’est un placage à retardement de Lamaison non sanctionné suivi d’un ballon au sol lâché par Umaga, frappé par Lamaison. A ce niveau d’inspiration, il aurait même pu décrocher son CAP,  voire une mention. La suite c’est Magne qui cavale et Bernat-Salles qui justifie enfin l’existence de la Section paloise et un peu la sienne mais pas celle de Christian : « Le bout-de-choux qui pèse 30 kilos de moins que son adversaire direct Jonah Lomu« . Sauf que là c’est Jeff Wilson.

2 drops, 2 passes au pied, 4 transformations, 1 essai, 3 pénalités, un peu trop pour un seul homme. Titou stoppera sa carrière le lendemain. Les hommes de Lièvremont aimeraient en faire autant. Patience.

Rugby, Top14 : Le choc à Pic’

Toulouse-Toulon, c’était le choc annoncé de cette 10ème journée du Top 14. La méga-affiche qui devait faire grimper l’audimat encore plus haut que lorsque le célèbre ensemble simili-cuir d’Isabelle Ithurburu a droit à sa sortie trimestrielle.

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Par Peyo Greenslip Jr

Oui mais voilà, il arrive que ces feignants de téléspectateurs fassent le coup de la panne. Qu’Isabelle se rassure, ce n’est pas de sa faute. C’est plutôt celle de l’utilisation abusive de ce viagra télévisuel qu’est l’appellation « Choc © » : après 2 semaines de rencontres-chocs en coupe d’Europe, et alors que se profilent 3 matchs-chocs lors des tests de novembre, les téléspectateurs sont complètement perdus. Il devient impératif de distinguer ce qui est un choc de ce qui ne l’est pas. Prenons quelques exemples simples. Le premier lancer pas droit de Christopher Tolofua dès la 2ème minute, ce n’est pas un choc. La coiffure de Matthieu Bastareaud, ça n’en est plus un. En revanche, Hosea Gear lancé à pleine vitesse, c’est un vrai choc, Jean-Charles Orioli peut en témoigner. Toulon qui n’aligne que 2 champions du monde dans son XV de départ, c’est aussi un choc. Ce n’est pas tous les jours que Bernard Laporte sort sa sixième équipe.

Le Stade, bien décidé à en profiter, attaque pied au plancher. Malheureusement, la légère domination des avants ne rapporte que 4 pénalités, ce qui est largement insuffisant pour ouvrir la marque quand on dispose de buteurs de la classe de Barraque ou Vermaak. A la 29ème minute, Barraque ajoute un carton jaune à sa collection de conneries. Florian Fritz en profite pour se décaler, et, en exclusivité mondiale, invente un nouveau poste: le demi de fermeture. Quand Jean-Marc Doussain est sur le terrain, ça revient donc à jouer avec 10 avants. Les trois quarts, les vrais, ceux qui n’ont pas pour ambition suprême pas de finir leur carrière au talonnage, se rendent comptent de leur inutilité et en profitent pour faire un tour à la buvette. A leur retour, ils découvrent que Frédéric Michalak a progressé dans l’exercice des tirs au but, que c’est déjà la pause et que Toulon mène 12-0 à Ernest-Wallon. Ca c’est un choc.

À la mi-temps, Maitre Guy invite son équipe à constater que Matthieu Bastareaud est beaucoup plus large que haut et qu’il serait par conséquent judicieux de jouer au pied par-dessus lui plutôt que d’essayer vainement de le contourner. Florian Fritz, décidément inspiré, choisit pour une fois de suivre les consignes. Naturellement, il le fait au plus mauvais moment et gâche un 7 contre 2 d’anthologie. L’angle de la photo est trompeur mais il s’agit bien d’un 7 contre 2, vous ne rêvez pas. Pierre Villepreux croit se souvenir avoir déjà vu pareil surnombre lors d’un match où jouait Jean Prat, du temps où les avants parcouraient 126 mètres en 8 minutes de temps de jeu effectif, mais il n’en est pas sûr.

Après ce moment surréaliste, le seul intérêt de la seconde mi-temps est de démontrer que comme tous les chocs, ce Toulouse-Toulon ne pouvait se gagner qu’à la force du sifflet. Selon un scénario bien rodé, M. Ruiz accorde à Toulouse deux pénalités douteuses sur mêlée et son assistant vidéo termine le travail en validant l’essai de Vermaak sur une passe largement en-avant de Joe Tekori. Joe avait pourtant fait une belle passe de merde qui aurait dû faire perdre son équipe, comme il y a trois semaines face à Perpignan.

 

Pendant ce temps-là, Bayonne a beau ne pas être qualifié pour la Heineken Cup, Mike Phillips la prépare sérieusement. Avec quatre pintes dans le sang, les séances vidéo sont tout de suite beaucoup moins ennuyeuses et on se surprend même à comprendre les courses de Joe Rokocoko.  Le problème c’est que les pintes galloises ne sont pas de la même taille que les pintes d’ailleurs. Alors ça s’est vu, et les mauvaises langues se sont (de nouveau) empressées de traiter Mike d’alcoolique partouzeur multirécidiviste consanguin. Soyons un peu indulgents. Sans nier la réalité des faits, nous soulignerons simplement qu’au moins 3 de ces 4 qualificatifs sont inhérents à sa nature de Gallois (saurez-vous les retrouver ?). Et puis franchement, pour comprendre une séance vidéo de Christophe Deylaud, il faut être au moins aussi bourré que lui, et c’est pas facile alors un peu de respect. Malheureusement, le président de l’Avi-Rond Bayonnais, qui n’est pourtant pas le dernier pour faire Tchin-Tchin, s’est montré moins compréhensif que nous. Mike est viré. Les bistrots du Petit Bayonne ont décrété une journée de deuil. Une pétition circule pour rassembler des fonds : seul le recrutement simultané de Julien Caminati et de Florian Fritz permettrait de compenser le manque à gagner dû au départ de Mike Phillips.

 

Rugby, Hcup : 50 nuances de Richie Gray

Il y a 1001 façons de perdre un match de coupe d’Europe. Pourquoi faut-il que ce soit toujours la même ?

guitoune

Par Peyo Greenslip Jr

À entendre les réactions dépitées des supporters du Castres Olympique, on croirait que c’était la première fois qu’ils assistaient à un match de HCup. Ils s’imaginaient peut-être que M. Garner leur accorderait un essai juste parce que Pedrie Wannenburg avait aplati sur la ligne. Ce serait trop simple. Ils pensaient peut-être que parce que les Irlandais ont passé l’après-midi à défendre, ils seraient pénalisés plus de 4 fois. Bref, ils croyaient peut-être qu’avoir la possession, l’occupation, marquer des essais et bien défendre suffisaient à battre le Leinster. Tout ceci est bien naïf. Il faudra l’accepter : les victoires face aux grosses équipes anglo-saxonnes du type Leinster/Munster/Northampton, avant de se remporter sur le terrain, ne sont possibles que grâce à un travail de long-terme pour se faire un nom sur la scène européenne. Toulouse a mis 15 ans de domination et de lobbying-petits-fours pour passer de l’autre côté de la sodomie arbitrale. Clermont commence à peine à se faire respecter, et encore, là-haut dans les tribunes, il n’est pas rare que l’index de Vern Cotter se crispe sur la gâchette de sa 22 long rifle. Les Castrais pensaient peut-être qu’un titre de champion de France acquis grâce à une impressionnante 4ème place de la phase régulière leur vaudrait un arbitrage équitable ?

Pour Toulouse aussi, c’était mal parti. 9ème minute de jeu, une-deux entre Wyles et Ashton, essai pour les Saracens. Nigel Owens a un doute et fait appel à la vidéo. Son assistant le rassure : il n’y a pas 1 mais bien 2 en-avant de passe, or, aucune règle ne stipule qu’un essai peut être refusé pour 2 en-avant.  L’essai est logiquement accordé. Pour éviter toute mauvaise surprise due à un possible changement des règles à la mi-temps, Christopher Tolofua et Louis Picamoles choisissent l’essai à zéro passe et font gagner le Stade.

 A part ça, le geste très technique de cette 2ème journée, c’est celui de l’arrière montpelliérain Benoit Sicart. Alors que François Trinh-Duc, dans un moment d’inattention, oublie de foncer tête baissée et le lance dans l’intervalle à 50 cm de la ligne, Benoit a le réflexe salvateur d’aplatir juste avant de rentrer dans l’en-but, réduisant à néant dix minutes d’assaut de la ligne de l’Ulster. Benoit reste prostré au sol  pour méditer quelques instants sur son exploit, et se dit qu’il a eu chaud : il parait qu’en Irlande du Nord il arrive des bricoles aux gens qui traversent une ligne qu’ils n’auraient pas dû traverser. Pendant ce temps, l’Ulster Rugby contre-attaque, obtient une pénalité que Pinard transforme, 8-22, le match est scellé. Benoit Sicart vient de sauver la saison de son club. Une victoire aurait été absolument catastrophique : le MHR aurait laissé énormément de forces lors des 4 prochaines journées du tour préliminaire pour avoir une chance de prendre une branlée en quarts de finale à l’extérieur, pour ensuite connaitre un passage à vide en championnat et rater la qualification. Le côté positif, c’est que Fabien Galthié aurait enfin perdu son scooter.

Retrouvez ici tous nos articles rugby

Rugby HCup : Le beau Goze

Quel meilleur moment pour faire le compte-rendu d’une journée de coupe d’Europe qu’une heure après le coup de sifflet final du premier match de la journée suivante.

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Cela permet au lecteur de garder ses souvenirs au frais, et de penser à y mettre quelques bières pour arroser les chevauchés des Toulousains mais surtout pour oublier les horribles lancers de Tolofua. Il faudra pourtant s’y faire, ce sera le talonneur de l’équipe de France pour les 10 prochaines années. Mais on a bien survécu à Jean-Michel Gonzalez.

Rappelons que les hardis rouge et noir, qui étaient exemptés le weekend dernier, ont à la place eu droit à une visite au zoo, et à des blagues potaches sur du fromage. Le cheddar de ce soir était certainement plus indigeste mais ils ont trouvé la meilleure manière de l’apprécier en le toastant sur la gueule d’Ashton.

Les Toulonnais, une fois n’est pas coutume, jaloux des Toulousains, voulaient eux aussi se reposer, ce qu’ils firent dès que la mi-temps fût sifflée. Les Ecossais têtus comme un Lyonnais , ne se laissèrent pas perturber et s’en allèrent jouer tout seul sur le pré. Les 76 joueurs de l’effectif de Berni ne devraient pas être trop épuisés pour affronter Cardiff demain, peut-être même joueront-il deux mi-temps avant que cela ne soit fini.

Si Perpignan a perdu on a quand même beaucoup vu le séduisant minois de son ancien président. C’était pour la bonne Goze. Castres a gagné, mais personne ne s’y est davantage intéressé. Montpellier aussi a gagné, mais c’était des Italiens, donc on s’en foutait, en plus ils ont dans leur rang, Pélissié, le nouveau meilleur joueur du monde du mois de Septembre, donc c’est de la triche. Serait-ce suffisant pour vaincre toute la famille Marshall et les quelques Mc demain ? Sans doute pas.

Nous terminerons ce très aériens tour d’horizon rugbystique par une découverte : les valeurs du rugby que nous cherchions depuis tant de temps seraient en fait cachées dans le portefeuille de Jacky Lorenzetti. La force mentale des Clermontois est elle par contre de nouveau portée disparue.

 

 

Rugby, Top 14 : Le vilain petit Connor

Non, le spécialiste rugby n’est pas une feignasse. S’il met 4 jours à écrire un résumé de la journée, c’est parce qu’il sait que les lecteurs manquent de rugby frais en milieu de semaine.

1991

Par Gilles Grospaquet

La marque de fabrique du spécialiste rugby du Vestiaire, sa signature, ce qui fait de ses articles des références obligées dans les écoles de chroniqueurs rugby, c’est bien évidemment l’impartialité  avec laquelle il retranscrit les matchs qu’il ne s’est pas donné la peine de regarder.

Ne comptez donc pas sur lui pour laisser un seul mot trahir la joie débordante avec laquelle il a accueilli la victoire de Grenoble au Racing-Métro-Champagne. Jamais vous ne le lirez remercier ouvertement tous les anciens clubs de Valentin Courrent d’avoir été assez idiots pour laisser partir un aussi bon 9/10/buteur, juste pour qu’il humilie le Racing sur sa propre pelouse de satin. Vous ne le devinerez pas non plus exulter en imaginant Jacky Lorenzetti, fou de rage de voir ses jolis Racingmen qui sentent bon le musc dominés par des montagnards tout moches, claquer son escort-girl comme Valentin Courrent claquait cette dernière pénalité.

A part ça, le Stade Français, leader-surprise du championnat après 9 journées, commençait à douter de sa capacité à rater la qualification pour les phases finales une 6ème fois d’affilée. L’équipe voulait se tester face à une grosse équipe, le déplacement à Toulouse tombait à point nommé. Les examens sont rassurants : ce n’était qu’une crise passagère, tout va rentrer dans l’ordre. Le tarif de la consultation est le même qu’à Castres il y a un mois : bonus offensif pour l’équipe adverse. En cas de rechute, penser à prendre rendez-vous à Toulon pour une nouvelle piqûre de rappel.

Mais la vraie surprise de la journée, c’est la fessée reçue par Castres à Brive. Quand le champion de France en titre prend 34-0 chez le promu, on se pose forcément des questions. Exemples : Castres a-t-il joué les yeux bandés sur un pied ?  La bouffe du Campanile de Brive est-elle dégueulasse au point de provoquer des épidémies de gastrogiovanni ? Romain Cabannes est-il tombé sur le chien ? Avait-on promis une double ration de poulet-coco à Sisaro à en cas de bonus offensif pour Brive ? Richie Gray admettra-t-il un jour qu’il porte une perruque ?

Et plus généralement, pourquoi est-il si difficile de gagner à l’extérieur ? Il était de coutume que les petites équipes se laissent piétiner par les grosses et qu’elles s’étripent entre elles pour survivre. Cette année, il n’en est rien. D’où vient cet intolérable manque de respect envers une hiérarchie établie à grands coups de pognon ? Il est possible que les grands aient sciemment laissé les petits se rebeller. Voici l’équation  : sachant que la formule débilissime du Top 14 permet d’être champion en terminant 6ème de la phase régulière, sachant que gagner tous ses matchs à domicile avec quelques bonus offensifs + le match cadeau à Biarritz suffit largement à être 6ème, sachant qu’il est déjà assez pénible comme ça de se taper l’aller-retour en bus à Oyonnax ou à Brive-la-Gaillarde, à quoi bon faire l’effort d’y gagner ?

Pendant ce temps là, un joueur continue d’étonner. Il est trop petit, trop maigre et trop intelligent pour jouer au rugby. Sa présence en Top 14 est donc le mystère le plus inexplicable que le rugby ait connu depuis l’agression d’un joueur obèse du XV de France par une table de nuit en forme de Louis Picamoles. Heureusement pour lui et pour Bordeaux-Bègles, il court vite, très vite. Il est adroit (et Talebula gauche, on l’a déjà dit). Il mystifie les défenses, marque et fait marquer des essais. Blair Connor, c’est Forrest Gump avec un cerveau.

Stade Toulousain : Le laid Lionel ose

Notre spécialiste rugby avait un défi : mettre moins de 10 jours pour écrire un résumé partiel et partial de Perpignan-Toulouse. Mission accomplie. A quand un retour sur la finale 1988 ?

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Par Gilles Grospaquet d’Avants

 La composition de la première ligne est un élément particulièrement révélateur de la stratégie choisie par l’entraineur.  Ce samedi, pour Toulouse, c’était Baille-van der Heever-Montès. Interrogé par nos soins, William Servat répond en soupirant que non, ce n’était pas un match amical face aux juniors de l’USAP, et que oui, il calerait mieux la mêlée à lui tout seul que ces trois-là ensemble. Le jeune Baille aura au moins appris que même un gentil adversaire ne fait pas de cadeau.

6ème minute. Sébastien se fait Bézy comme un bleu. Il pensait naïvement qu’être en couverture, au rugby, c’était servir de support masturbatoire à Max Guazzini. Ça veut aussi et surtout dire s’occuper de l’arrière de Terrain, ce qui plairait aussi beaucoup à Max Guazzini. Sofiane Guitoune, l’ailier perpignanais, savait ça. Il contre-attaque dans la zone désertée et marque sans opposition. Imperturbable, Guy Novès sort son célèbre petit carnet et griffonne: « Pour avoir le Beur, appeler l’agent du Beur« .

 15 ème minute. 11-0. Ça va mal pour Toulouse. Lionel Beauxis, dans un élan de lucidité, réalise  qu’il n’a aucun moyen d’arrêter le cours des choses. Ses plaquages font rire tout le monde et avant d’attaquer la ligne, il faudrait qu’il s’attaque à sa propre ligne. Reste ce pied qui lui a valu un titre de champion du monde des -21 ans, mais aujourd’hui, avant de tenter les pénalités, il faudra les obtenir. Tout semble perdu. À moins que… mais oui, il reste une chance! Lionel jette un œil au banc de touche, oublie de rater son plaquage sur Camille Lopez qui passait par là au même moment, et en voyant Luke Mc Allister faire coucou aux spectatrices du premier rang, se souvient que s’il est titulaire cet après-midi, c’est uniquement pour permettre à Luke d’être frais pour sortir en boîte ce soir. Lionel fait ce qu’il a à faire. Il simule une blessure à la cheville pour laisser rentrer le sauveur. C’est le tournant du match.

 Guy Novès le remercie chaleureusement: « Tu te prends pour qui? Tu penses vraiment que j’allais pas te sortir avant la mi-temps? Dégage« . Mais Guy y voit un signe: la partie doit commencer. Il sort les imposteurs et fait rentrer un maçon portugais pour consolider la mêlée toulousaine. Toulouse a maintenant un pack et un ouvreur. Toulouse va rattraper son retard en deuxième mi-temps. Toulouse va gagner.

62ème minute. Les commentateurs de Canal + sont surpris : « L’ouvreur toulousain avait la solution Poitrenaud mais il a préféré pousser au pied« . Tu m’étonnes. 17-16 pour l’USAP, Toulouse va gagner. À moins que Joe Tekori n’en décide autrement.

80ème minute. C’est déjà la dernière action, 20-16 pour l’USAP. Les 129 kg de Joe sont lancés à 5 mètres de la ligne, ils vont enfoncer les pauvres défenseurs comme des Max Guazzini, marquer et faire gagner leur équipe. Mais les gros Samoans sont des êtres délicats, sensibles à la beauté des choses. Joe se dit que c’est une fin bien peu romantique pour un si joli match, le jeu à la toulousaine mérite autre chose. Alors, il décide de faire une passe de merde et gâche magnifiquement un 3 contre 1 d’école.

Pendant ce temps-là, Lionel Beauxis se demande si jouer en ProD2 c’est si dégradant que ça. À ce rythme-là, ile le saura bientôt. Et si vous êtes arrivés jusque là vous pouvez aller lire tous nos articles rugby.

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Rugby, Top 14 : Un Botha de guignols

 Le méchant public n’arrête pas de siffler le gentil Delon Armitage, Bernard Laporte prend sa défense. Arrêtez, on va pleurer. De rire.

vieux

ad Par Gilles Gros-Paquet d’Avants

C’est bien connu, le public toulonnais est champion d’Europe de fair-play. Respect total des joueurs adverses tout au long du match. On entend les mouches voler et même chier pendant les pénalités. On va d’ailleurs souvent faire la sieste à Mayol le samedi aprem. C’est donc fort logiquement que les associations de supporters réclament plus de respect envers leur joueur. Les plus fins lecteurs du Vestiaire auront perçu la pointe d’ironie. En vrai, les seuls buteurs qu’on respecte là-bas, ce sont ceux qui butent des gens, comme Bakkies Butha ou Jocelino Buta. Ça en Delon sur leur mentalité. Et puis des Toulonnais qui s’auto-appellent les Fils de Bretagne n’en sont pas à une contradiction près.

 Mais revenons-en au sujet. Contrairement aux idées reçues, si les 13/14èmes des stades huent copieusement Delon Armitage à chaque fois qu’il touche la balle, ce n’est pas seulement à cause de sa petite facétie en finale de coupe d’Europe.  Ce n’est pas non plus parce qu’il est toulonnais et qu’il est très bon. C’est parce qu’il est toulonnais, très bon, chambreur et que c’est un grand abruti qui a le melon. Le contraste avec son frère Steffon est pour le moins frappant. Ce dernier joue lui aussi à Toulon, il est au moins aussi bon, mais il est globalement très apprécié du public français. L’absence de « chambrage » de sa part ne suffit pas à expliquer une aussi grande différence de popularité. La réponse se trouve bien évidemment du côté de son physique rondouillard et de sa bouille joufflue.  On préférera toujours les gros nounours bien moelleux aux grands escogriffes prétentieux tête-à-claques. A part si le gros c’est Matthieu Bastareaud, bien sûr.

 Et puis d’abord, au nom de quel principe à la con le public devrait-il arrêter de siffler un joueur ? Jacky Lorenzetti nous dira qu’il en est autrement au Racing-Métro-Champagne, mais la raison d’être du supporter qui va au stade n’est pas uniquement la pérennisation de la qualité des petits-fours dans les loges des sponsors. C’est aussi le bruit qu’il fait en tribune, par ses applaudissements, cris, chants, cornes de brume, machines-à-musique-anti-buteur-adverse et autres SIFFLEMENTS. Et qu’on ne nous parle pas de fair-play, il n’y a que Matthieu Lartot pour croire que ça existe ailleurs qu’au billard.

Conspuer un joueur, que celui-ci le mérite ou pas, est le droit le plus élémentaire du supporter. Le jour où les spectateurs se feront racketter 25 € pour se les geler pendant 2 heures une après-midi de février à Oyonnax, voir un match pourri et avoir le droit de se taire, les clubs auront les bourses aussi vides qu’un international français un soir de tournée en Nouvelle-Zélande. En plus, le supporter du rugby est beaucoup moins porté sur l’insulte raciste que son collègue du foot. Attention aux raccourcis : on n’a pas dit qu’il n’y a pas de fachos dans les tribunes au rugby. Simplement, une fois au stade, ils ont le bon goût d’oublier momentanément leur haine de tout le monde pour se concentrer sur celle de Delon Armitage.

 Pendant ce temps-là, il y avait une journée de championnat le weekend dernier. Vous voulez vraiment en parler ? Bon, allez.  Damien Traille veut faire les comptes à la fin de la saison. Nous on les tient à jour et l’ardoise commence à être salée : 7 matchs, 6 défaites. La maison Cap Gemini ne fera bientôt plus crédit. Jonathan Pelissié a décidément une accélération cancellaresque , attention ça va finir par se voir. Du coup, Morgan Parra, qui ne pensait pas devenir has been avant ses 25 ans, demande conseil à François Trinh-Duc. Et le meilleur n°8 du championnat est le même que la semaine dernière, enfin des automatismes qui se créent.

 Retrouvez tous nos articles rugby ici. Vous pouvez même twitter.

 

Top 14, Brive : Mon voisin Sisaro

Le meilleur troisième ligne centre de ce début de championnat est le pire de l’année dernière, il joue à Brive et en plus il pourrait partir  et même rester. Le rugby était déjà un sport compliqué mais là on n’y comprend plus rien.

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Par notre spécialiste Gilles GP

Après un passage mollasson à Toulon, une année en pantoufles à Lyon, suivie d’une saison en dents de Sisaro à Bordeaux-Bègles, le fidjien Koyamaibole a enfin décidé de croquer la vie à pleine dents, et pas seulement celle de ses adversaires.  C’est donc à l’âge déjà respectable de 33 ans qu’il a compris qu’il a le potentiel pour être autre chose qu’un gigantesque cimetière à poulets-curry-coco et un rugbyman poussif. Mieux vaut tard que jamais ? « Pour un Fidjien, il est incroyablement en avance », nous souffle Guy Novès en jetant un regard ému sur  le landau pour bébé-baleine qu’il avait fabriqué pour l’entrainement de Rupeni Caucaunibuca.

L’idole déjeune . Au mépris de toutes les coutumes de son pays, brisant la tradition millénaire des Hommes-Gros, trahissant l’esprit du Dieu-Poulet, Sisaro Koyamaibole a décidé de redevenir un joueur professionnel digne de ce nom. La sociologie nous dit que la peur de priver 42 frères et sœurs d’un revenu confortable dans le pays sous-développé que sont les îles Fidji est un remède puissant contre la flemme (doit-on déporter la famille de Matthieu Bastareaud ?). Alors « Sisa » s’est souvenu de ce jour de coupe du monde 2003 où il avait éparpillé le XV de France alors qu’il n’était encore qu’une jeune boule. Il s’est dit que Jérôme Thion ne s’était pas franchement amélioré depuis et qu’il pouvait le refaire. Son nouvel entraineur, Didier Casadei, a fait appel au grand Manitou pour le sortir de table. Sisaro a perdu une bonne quinzaine de kilos pendant l’été, ce qui, selon les estimations, correspond à environ 1 à 2 % de sa masse initiale.

Chicken Run. En 6 journées de championnat, il a davantage couru que toute sa famille sur 5 générations. On l’a vu tenir le ballon à deux mains devant lui, tête haute, faire une feinte de passe, prendre des intervalles, se relever des regroupements en moins d’une minute… inimaginable il y a un an. On l’aurait même aperçu faire un débordement de 40 mètres et servir impeccablement son ailier Voretamaya pour un essai imparable il y a quelques semaines contre le Stade Français. Jérôme Porical refuse de confirmer. Les charges dévastatrices de Sisaro sont pour beaucoup dans la bonne tenue du pack briviste. Il est l’arme de destruction massive dont le CAB a besoin et dont l’Union Bordeaux-Bègles avait besoin l’an dernier, pleurniche Raphaël Ibanez.

Pendant ce temps là, en Angleterre, le geste de Manu Tuilagi est un véritable coup de tonnerre dans le ciel tout bleu du sport professionnel. C’est avec un courage héroïque qu’il a refusé de continuer d’être complice d’un système totalement aseptisé, où les sportifs-objets sont n’ont le droit de s’exprimer que pour vendre du jambon de merde ou des produits dopants, où les hommes politiques sans scrupule récupèrent leurs exploits pour faire oublier leur bilan. En tant que citoyen du monde, Manu Tuilagi a pris ses responsabilités et a exprimé son profond désaccord envers la politique de la lâcheté menée par David Cameron sur la question syrienne.  Ou alors, il a simplement confirmé qu’il est complètement débile, à vous de voir.

Retrouvez tous nos articles rugby ici

Top 14 : Revol au-dessus d’un nid de Kockott

 A peine 4 journées de championnat et notre spécialiste rugby est déjà essoufflé. Il n’a pas tenu l’enchainement de 2 matchs en 4 jours, et ce débile de calendrier nous dit qu’il faut rejouer dans à peine 2 jours. Pas sûr qu’il survive jusqu’à la trêve. Le début de championnat a été intense, il est grand temps de faire le point. Un état des lieux du Top 14 s’impose.

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  Une chronique by Alfred Hitchcockott. Retrouvez ici tous nos articles rugby

Excellent état

Le stade Charles-Mathon est intact. L’USO a pris tous les points qui passaient à sa portée. Son rayon d’action fait donc 100 mètres sur 60, c’est pas très grand mais ça peut suffire pour rester en Top 14 un an de plus, et puis maintenant tout le monde sait où placer Oyonnax sur une carte. Ou pas.

 Bon état

Les joints sont comme neufs du côté de Toulon, nous dit l’exilé Eiffion Lewis-Roberts. Du côté du CO, les fondations sont solides. Les entraineurs, sûrs de leur force, ont tenté de raisonner le boss : « Mais, ô Président à Vie, nous n’avons pas besoin de l’arbitre pour gagner, le Stade Français a fait un beau match contre un Biarritz tout moche, Jannie Bornman anéantira Missoup et nous l’emporteront  haut la main ». Mais en matière d’arbitrage, Pierre-Yves Revol, à l’inverse de Guy Novès, préfère prévenir que guérir. Pierre Fabre se retourne dans sa tombe.

Pas de faille à Clermont non plus, le jeu est déjà en place. Trop en place, ça devient un casse-tête. Comment pourrait-on ne pas gagner cette année ? David Skrela n’est plus là, Morgan Parra préfère être mauvais en équipe de France. Tous les espoirs reposent sur un bon vieux pétage de plombs  de Jamie Cudmore en finale.

Toulouse, bah Toulouse quoi.

Grenoble assure à domicile, Brive assure à domicile et à l’extérieur.

 

Etat moyen

A Bègles, un trou, celui de Pierre Bernard mercredi soir face à Montpellier, qui coûte 3 points et vient gâcher un tableau jusque-là très correct. Wisniewski en a déjà marre de se faire traiter de petit Sexton par un chauve qui s’appelle Labit. En plus il ne comprend rien à son accent et le Racing a eu du mal à battre Oyonnax à domicile. Inquiétant.

 A Montpellier, la fissure dans le monument Gorgodze sera bientôt réparée. Deux mauvais matchs d’affilée, mais deux mauvais matchs remportés, tout ne va pas si mal.

 

Etat moyen mais on s’attendait pas à mieux 

Belles façades mais rien derrière. Bayonne a fait illusion contre Oyonnax. Le Stade Français a fait illusion contre Biarritz.

 

Etat lamentable

Faugeron va y laisser sa caution. Pour une fois il avait une excuse, la maison n’était pas en très bon état à son arrivée. Ce n’était pas non plus une raison pour tout saloper. Le dopage chez les joueurs est un problème, ce n’est un secret pour personne à part pour Serge Simon. Mais quand va-t-on parler de la consommation d’amphétamines chez les entraineurs ? N’importe qui à sa place aurait envie de se Taele veines, Didier Faugeron, lui, jubile.

Il arbore en toute circonstance ce sourire radieux et, au bord du gouffre, se prend à rêver de jours meilleurs, « lorsque les absents seront revenus » (!). Quelqu’un osera-t-il lui dire qu’Harinordoquy aura 34 ans dans 5 mois ?  Ce n’est certes pas la première fois qu’il coule une équipe, non, ce n’est  vraiment pas la première fois qu’il coule une équipe, mais aussi rapidement et avec autant de moyens, c’est une performance. Chapeau l’artiste.

Tant pis pour le suspense de ce Top 14, le Biarritz Olympique a plombé sa saison dès le 4 septembre. Ça ne fait jamais plaisir d’aller à Oyonnax, alors si en plus c’est pour perdre et se taper Barcella qui chante pendant 8 heures dans le bus du retour…  La suite, c’est la réception-branlée de Toulon et le voyage-suicide à Toulouse, qui devraient installer le BO à la première place qualificative pour la ProD2. Quand certains doivent attendre le printemps avant que leurs efforts finissent par payer, le BO récolte dès septembre les fruits pourris de son mauvais travail.

 

 Pendant ce temps-là, Serge Blanco n’a plus beaucoup de solutions. Les bons entraineurs ne courent pas les rues, et il n’a pas trop le temps de chercher, le rôti va refroidir. Faire revenir Jean-Michel Gonzalez n’est pas aussi impressionnant que rappeler William Servat.  Si Biarritz tombe contre des équipes italiennes en Top 14, est-ce que ça va se voir ?

 

Top 14 : Talebula gauche

Qui de Toulouse ou de Toulon alignera le premier pack de plus d’une tonne ? Comment Clermont réussira-t-il à ne pas gagner la coupe d’Europe cette année encore ? Comment peut-on devenir aussi riche en vendant des BD pourries ? Cette saison s’annonce aussi palpitante que la précédente, nous confirme François Carillo qui a décidé d’arrêter les arrêts cardiaques.

 

fils a jo

Tout va bien au Pays Basque sauf l’Etorki fabriqué désormais au Pakistan. Joe Rokocoko a dessaoulé des fêtes de Bayonne juste à temps pour jouer le premier match. Plus que deux saisons d’adaptation et il sera en forme, Mike Phillips en donne sa parole. Biarritz s’est fait une petite frayeur en deuxième mi-temps mais a assuré sa première défaite à domicile de la saison. La jeune garde a brillé face à Clermont, les prometteurs Yachvili et Traille ont tenu l’équipe à bout de bras, retenez bien ces noms.

 

Tout ira mieux. Pour le Stade Français, c’est bien évidemment la saison du renouveau, sixième du nom. Les ambitions sont revues à la hausse, on peut se permettre de viser le haut du ventre mou du championnat. Ni peur de descendre, ni adrénaline des phases finales, la vie à Paris est bien assez stressante comme ça. Le capitaine Papé était heureux de retrouver les terrains, voilà huit longs mois qu’il n’avait rien d’autre à étrangler que des espoirs à l’entrainement. Satisfait du comportement de son équipe face à Grenoble, « ça ne [le] dérange pas de perdre comme ça ». Ça tombe bien, ça arrivera encore une bonne quinzaine de fois cette saison.

 

Les râleurs du rugby, c’est sacré. Après un match moyen, pourquoi se contenter de rejeter la faute sur l’arbitre quand on peut aussi l’humilier ? Non, Guy Novès n’est pas un vieux con, il est très moderne. C’est un ordinateur à la main qu’il est venu rappeler aux arbitres, au cas où ils l’auraient oublié pendant l’été, qu’à chaque fois que le Stade sera victime d’une pseudo injustice, il sera là pour les démolir devant la presse et pour crever les pneus de leur Kangoo jaune. Il le sait bien Guitou, statistiquement, un arbitre qui rentre chez lui en pleurs dans la voiture d’Europe Assistance, ses chaussures encore mouillées par la pisse de ce farceur de Jean-Baptiste Elissalde, a 8 fois plus de chances de laisser jouer la dernière touche pour le Stade dans les 22 adverses.

Pendant ce temps-là, la Ligue ferme les yeux à chaque fois que Guy Novès vient fourrer son nez dans le corps arbitral. Et lui ?

 

 

Les Palmarès : Les demi de mêlées

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Le rugby ne se jugeant que sur deux compétitions, l’une européenne, que la France a déjà perdu, l’autre mondiale, que la France a déjà perdu, il ne suffisait pas d’avoir brillé en Currie Cup, Super 12 ou Top 14 (ça existe) pour y figurer. Voici les cinq meilleurs numéros 9 de ces vingt dernières années.

5. Ruppert Moon

Ceux qui n’ont pas vu le Tournoi des 5 nations 1994 ne savaient même pas qu’il existait. Les autres savent qu’il l’a gagné tout seul avec Scott Quinnell et un Pays de Galles cuillère de bois en 1993. Un des plus grands Quinze tricolores de tous les temps battu. La Coupe d’Europe n’existait déjà pas.

4. Justin Marshall

S’il n’y avait qu’une seule raison pour justifier sa présence, ce serait Byron Kelleher. Oublier ce que signifie jouer au rugby n’est pas condamnable à 36 ans. Il n’a pas gagné la Coupe du monde, mais ce n’est pas que de sa faute.

3. Fabien Galthié

Quatre Coupes du monde qu’il n’a pas gagnées. Une fin de carrière au niveau exceptionnel, voire jamais vu, à la tête d’ un Quinze de France sans équipe, ni jeu. Bernard Laporte était là.

2. George Gregan

L’Australie, c’était plus lui que Larkham ou Horan. Niveau égal toute sa carrière, un peu de génie dans son jeu lui aurait donné la première place. Il a failli se retrouver troisième, mais Bernard Laporte et Boudjellal étaient là.

1. Joost Van der Westhuizen

Le génie des 9. Le plus physique, la plus grande gueule. Une Coupe du monde qu’il gagne seul et un peu avec les organisateurs. Une efficacité hors norme. Une créativité inégalée et une technique inégalable dans le jeu, le sexe ou la drogue. Et en plus il va crever avant Gareth Edwards mais après Jacques Fouroux. La classe.

Egalement cités

Farr-Jones : fin de carrière. Troncon : Italien. Pichot : Argentin. Edwards, Gallion, Berbizier, Fouroux : on a dit vingt dernières années. Carbonneau : Jean-Claude Skrela ?

All Blacks – France : 30-0, deuxième service

Et dire qu’il a joué avec les Sharks et même deux fois. Ils s’en sont aussi débarassés deux fois. Ca ferait un beau proverbe.

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Pour commencer, rappelons qu’en novembre la France était redevenue les All Blacks du Nord. Le rappel n’est pas inutile puisque Michalak faisait partie de cette équipe, les preuves sont là. A 30 ans, il venait de réussir le premier match à peu près bon de sa carrière en bleu et arrivait à maturité, il était enfin le maître à jouer du XV de France. A ce niveau-là aucune sélection ne pouvait se passer de lui. Tout ça étaient évidemment des conneries de spécialistes incompétents que nous n’aurions pas osé écrire. A sa décharge, il paraît aussi que tout le monde s’arrache Bastareaud et que Fofana est un grand joueur avec ses appuis de feu. C’est le rugby ça : on peut essayer Fritz, Médard et Nyanga 50 fois, à la 51e le sélectionneur pensera toujours que ça peut venir. Et au milieu de tout ça, Dusautoir reste capitaine parce que c’est le seul qui ne parle pas beaucoup. A la fin du match, la France est rarement fière de son match et ils ont tous toujours pas loin de 32 ans. 

Dans ces conditions, et sachant que les Français se voyaient bien gagner parce que les mauvais remplaçants blacks avaient gagné de peu la semaine dernière et que les remplaçants des Reichel des Auckland Blues avaient mangé la poussière mardi, le drame du deuxième test d’hier était cousu du fil blanc qui a servi à recoudre Picamoles en fin de match.

Ducalcon manie

C’est simple à comprendre, et ça ne s’est pas joué hier. Au printemps, il existe toujours une compétition qui n’en est pas une, qui s’appelle le Tournoi. On y affronte quatre ou cinq adversaires, on y fait souvent de mauvais matchs et le sélectionneur commence à s’en prendre plein la gueule. Normal, la France y joue généralement plutôt mal. Michalak n’est pourtant pas sélectionneur mais pour lui aussi les choses se sont accélérées à ce moment-là. Accélérer, le mot est amusant puisque Fred ne le peut plus. Il peut en revanche tenter des drops, comme le lui a appris Wilkinson, c’était en 2003. Mais ça remonte à trop loin pour qu’il s’en souvienne alors il a été contré par des mecs en noir qui levaient les bras. Il a aussi été contré par un poteau blanc qui ne levait pas de bras sur une pénalité. Le 0 dans 30-0 n’est jamais très bon signe pour une équipe, mais encore moins pour un ouvreur. Saint-André, magnanime, a laissé son joyau sur le terrain jusqu’à ce qu’il se pète l’épaule. Il espérait le nez, ça aurait aidé le french flair. Pour provoquer la chance, le sanglotant patron des Bleus avait fait entrer un autre 10. Il s’appelle Rémi Talès, il est Castrais comme Nallet avant lui et pas comme Nallet avant lui il a soulevé un gros bouclier il y a deux semaines mais pas pour se protéger du jeu au pied de Fred. Bravo les Castrais, ils sont champions de France avec un buteur sudaf en ayant battu le Toulon de Wilkinson en finale et Clermont en demie. Mais Parra avait été nul. Rien à voir, mais quand on tape PSA et licenciement dans Google, il y a plein de réponses.

Pendant ce temps-là, PSA ou plutôt Saint-André a quand même réussi à retaper un joueur.

La Légende Castres : Un Teulet et trois tondus

A l’occasion du Brennus, Le Vestiaire rend hommage au seul Castrais dont il a jamais parlé. Il était remplaçant, ça compte.

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Romain Teulet a tout tenté. Mais le maillot bleu ne s’offre pas à n’importe qui, hormis Chabal peut-être, mais sûrement pas quand on joue au poste de François Gelez.

Naître en Dordogne était déjà un bon point. Morgan Parra le Messin applaudit, il faut savoir respecter les anciens. Se former à Bergerac et renoncer au foot quand Bordeaux l’a voulu c’était costaud, et faire toute sa carrière au Castres Olympique et mesurer 1,65m n’était plus recommandé du tout. Mais le petit avait vraiment soif de conquêtes, de celles que feu notre spécialiste rugby Peyo Greenslip n’a jamais vraiment su contenter.

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Alors, Teulet a cherché autre chose. Jouer à trois postes ça aurait pu marcher, mais Traille a déposé le brevet. Taper fort dans le ballon en prenant son élan comme un autiste jusqu’à se faire appeler Robocop, jouer la H-Cup, réussir la pénalité de la dernière chance à Montauban. C’était avant de sombrer dans la démence ces derniers temps en amenant Castres en tête du Top 14, meilleur buteur du championnat en prime. Désespéré, il a effectivement fini par se convertir en demi d’ouverture, mais au cas où il a gardé la taille d’un demi de mêlée et parfois le numéro d’un arrière. En fait, rien n’a changé, à son retour Marc Andreu lui dédicacera son maillot du Tournoi 2010. C’est pas comme si le Quinze de France n’avait plus d’ouvreur depuis la retraite de Deylaud et plus d’arrière depuis celle de Sadourny. Poitrenaud, Michalak et Castaignède aimeraient en savoir plus.

Clermont-Castres : La gueule de Travers

Combien de profs de maths de lycée privé ont accompagné leur fils journaliste de presse locale à la Beaujoire ce week-end ?

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On ne le saura sans doute jamais, ce qu’on sait en revanche c’est qu’ils n’y connaissaient rien. Cela ne les a pas empêché de commenter tout ce qu’ils ont vu, c’est la beauté du rugby. Mais si l’inculture rugbystique était un crime, on se demanderait s’il ne faut pas rétablir la peine de mort. Heureusement, lorsque les bandas se sont mis à jouer du Lady Gaga, tout originaire de Cognac qu’il est, le prof a apprécié. Il fallait bien ça pour que père et fils supportent leurs propres remarques sur les règles du jeu, les performances individuelles de chacun, la surprise castraise, l’ambiance très sympa où on peut facilement emmener des enfants c’est sans danger, les extérieurs décevants de Clermont qui suscitaient l’admiration à l’annonce des équipes, Parra qui craque. Tout ça en affirmant que Vern Cotter pousserait une gueulante à la mi-temps.

Sur Parra il avait pas tort, et on ne comptait plus dans le stade, qui a vu évoluer Bustos et Vulic, les « Parra il nous fait chier aujourd’hui. » Mais Patrick a-t-il vraiment compris que l’humiliation clermontoise n’est pas dû qu’à son système de procréation des demis de mêlée, à un clodo en calbut avec une peluche rose ou aux procédures de recrutement des stagiaires de leur fleuron médiatique Clermont première devenu ic1. Si les 2 kops de supporters jaunards, banquiers, journalistes ou conducteurs de clio ont fermé rapidement leur gueule, c’est parce qu’ils ont compris que chanter « ici ici c’est Montferrand » alors que c’est pas vrai, ça pouvait mal finir. N’en déplaise aux bobos du SNUC, de St-Nazaire et de Trignac qui vivaient leur heure de gloire parce qu’ils jouent en Fédérale et qu’ils se rendent compte que Parra aussi.

Labit au cul

Pour tous ceux qui voudront avoir vraiment l’explication technique sur la faillite clermontoise en dehors des mêmes raisons qui ont fait de Pioline un simple double finaliste de Grand-Chelem, l’expert rugby du Vestiaire, fils d’arbitre régional, visionnant tranquillement le match en streaming du haut de ses 90kg pour 1m65 nous a transmis ce texto :  « Ils ont aligné un pack qui pesait 20kg, Fofana n’a pas réussi à faire sa première passe de la saison, ils étaient cuits, Castres jouait avec un talonneur qui a pas joué un match avec Agen l’année dernière et pour conclure, se passer de Brock James n’est pas l’assurance de gagner a tout les coups. »

Un ami du fils de Patrick le prof de match, tout aussi cultivé, a alors demandé pourquoi James avait pas joué ?

« Parce que Delany (qui n’avait pas le droit de jouer en HCup) a un meilleur jeu au pied, court plus vite et n’est pas sensé porter la poisse.
L’ironie est là, c’est l’équipe de Clermont la plus forte depuis 10 ans, sauf dans les moments important. Non, là ils avaient l’air cuit, pragmatiquement on peut penser qu’ils se la sont collée après le match le weekend dernier, ils étaient pas foutu de pousser une mêlée, ce n’est pas uniquement les cuisses d’Ibrahim Diarra qui les a éclatés en mélée. »  Envoyé de mon iPhone.

Quinze de France : Parra pharmacie

Depuis qu’il a été viré de Stade 2, il n’est plus impossible de croiser la raie mouillée de Chamoulaud sous la pluie irlandaise. Mais sa raie était-elle plus humide que celle de Picamoles sur le premier ballon lâché du match ? C’était à la trentième seconde.


Que raconter aux médias lors de ces traditionnelles conférences de presse de semaine ? La réponse à cette question est de plus en plus difficile à trouver : les « bleus de chauffe », « le sauvetage d’honneur« , « le relevage de tête« , les « on va aller la chercher« , « l’esprit guerrier » tout ça avait déjà été éculé au cours des trois dernières branlées. Qu’importe, il faut bien remplir des pages et les avants-match de France 2, alors les joueurs se sont exécutés en venant raconter les mêmes conneries que d’habitude : à savoir ces promesses de victoires complètement farfelues. Comme si la Roumanie allait soudainement se mettre à battre l’Afrique du Sud. Mais bon ça suffisait. C’est comme ça qu’on a cru que si Michalak pouvait rattraper Camberabero c’est à cause de son talent et non parce que ça fait 15 ans qu’il joue. Ce qu’a pas fait Frédéric en 62 selections, Didier l’a fait en 36. Question prénoms ils sont à égalité, c’est déjà ça. Et Morgan alors ?

La miche à laque

Il faut croire que toute cette merde déballée devait faire chier Saint-André puisqu’il a proposé de démissionner en cas de défaite. Il serait en train de négocier son salaire avec un club anglais qu’il s’y serait pas pris autrement. Pour info on dit « resigned » ou « fired« , au choix. L’arrivée de Saint André aura eu un mérite : redonner de l’intérêt à voir l’équipe de France jouer. Après 10 ans et cette demi-finale anglaise, mouillée déjà, à supporter Laporte, Chabal et Lièvremont on avait fini par retrouver du jeu. Un régal, les blacks européens c’était nous. Et puis ce quinze est subitement devenu le plus nul de l’histoire en terme de résultat. C’est vrai que dans le jeu c’est pas dégueu non plus. Désormais on ne veut plus manquer un match de cette équipe. Les loupés aux placages, les réceptions ratées, les mauls défoncés, la vacuité du jeu et  les coups de pieds pathétiques de Michalak. Quel spectacle. On se prenait même à rêver du record de matchs perdus consécutivement. Ce sera pour une prochaine fois.

En fait, on l’a toujours dit : le haut-niveau ce n’est pas que le talent, c’est aussi le physique et le mental. Tout ça crée la régularité. Sinon c’est juste qu’on n’a pas le niveau. Et d’après vous la génération Michalak elle a le niveau ? En même temps quand son meilleur joueur est juste un bon demi de mêlée qui joue 10, ça vous classe une époque. Le reste c’est l’Irlande qui a cru les bleus si mauvais qu’ils pouvaient les écraser avec leurs propres chisteras. Ils étaient pas loin de la vérité

Angleterre-France : Baiser son frog

Ce n’est pas le quinze de France le plus nul de tous les temps mais on en n’est plus trop loin désormais.

Pourtant, les organisateurs de la branlée tricolore hebdomadaire avaient bien fait les choses: un arbitre un tout petit peu moins corrompu qu’en finale de coupe du monde, 6 placages anglais ratés sur la seule action française du match, un ouvreur mal peigné sur une jambe et Michalak remplaçant. Mais il faut croire que s’auto persuader qu’on joue mieux quand on a pris deux raclées ne suffit pas toujours à mieux jouer même si le cul de Bastareaud fait 200 kilos. Tout avait pourtant bien commencé, Lartot et Galthié semblaient décidés à dire moins de conneries que d’habitude. Ca partait d’une bonne intention, ensuite le match a débuté. Mêlée faible, touche ridicule, défense catastrophique, individualités défaillantes : n’importe qui aurait passé 50 points à ces Anglais-là. Mais ça aurait été trop facile. Trop facile de réussir une passe sans interception, de ne pas lâcher le ballon sur chaque impact, de ne pas se faire pénaliser dès qu’un joueur allait au sol, voire d’avoir un buteur correct à ce niveau. Dommage, à un moment les bleus ont mené, c’était sur la fameuse fois où ils sont entrés dans le camp adverse. Une action exceptionnelle : 3 minutes de circulation de balles sans interruption, 95 passes, deux passes au pied millimétrées. La quintessence du rugby. Un rêve.  Et oui un rêve, parce qu’en vrai c’est juste Fofana qui a défoncé 10 mecs.

Sky Fall

Heureusement qu’il y a eu ça sinon Lartot aurait eu du mal à justifier ses « les Anglais doutent« , « les Français font mieux que résister« . Il lui sera sans doute plus compliqué d’étayer cette « domination stérile » des rosbifs qui ont marqué sur chacune de leurs actions et passé toute la rencontre à camper sous les couilles de l’armée de Saint-André. Richard Escot y verra sans doute une équipe courageuse, qui n’a jamais baissé la tête et qui a bien défendu puisqu’ils n’ont pris qu’un ridicule petit essai. Après tout l’essentiel dans 23-13 c’est peut-être ni 23 ni 13.

Tout le monde aura évidemment vu les Français craquer à 20 minutes de la fin. La 48ème minute c’était bien à 20 minutes de la fin ?

XV de France : Le fils à Jo

C’était il y a  4 ans jour pour jour, le Vestiaire écrivait que neige de Saint-André peut 100 jours durer. Il avait raison


Saint-André est l’un des deux disciples, celui qui va trouver Simon pour le conduire au Seigneur. Serge Simon ?

Que s’est-il donc passé dans les bas-fonds de Cordoba ? Jusque-là, tout allait bien : l’équipe de France était battue par l’Argentine et Michalak effectuait tranquillement un septième retour sans lendemain. Et puis tout a basculé : Michalak a été moins mauvais que d’habitude, la France s’est mise à mettre des branlées, à l’Argentine, et puis pas qu’à l’Argentine, cinq mois plus tard. Ca n’aurait jamais dû arriver, et pourtant.

La miche à laque

De manière concomitante, Philippe Saint-André est sélectionneur. Cela aurait relevé de l’anecdote s’il n’avait pas entraîné Chabal, en Angleterre, pas sur le chemin du pognon de la lucrative ProD2. Un destin comme un autre, en tout cas pas celui de Yachvili qui n’est donc pas bon. Saint-André a fini par penser comme Deschamps : on n’entraîne jamais mieux que comme on jouait. Laporte a souffert de ce problème parce qu’il n’a jamais su à quel sport il jouait, et Lièvremont encore plus parce qu’il ne savait que trop comment il avait joué.  Pour qu’une équipe sache quoi faire du ballon il faut que l’entraîneur ait un jour su quoi faire du ballon : Fouroux le sortait de la mêlée, comme Berbizier,  Saint-André allait le foutre dans l’en-but adverse, alors ses joueurs font pareil. Il courait vite, c’est utile pour le contre, alors l’équipe de France contre. Il sanglote ses joies et ses colères, ses joueurs jouent comme des dépressifs dans un champ d’anxiolytiques. Dulin n’est pourtant pas plus prometteur que Medard, Mermoz n’est pas vraiment meilleur que Mermoz. La dernière fois que le quinze de France avait déployé autant de jeu à la main c’était en 1991 et 1994. Contre l’Angleterre et contre les Blacks: devinez qui aplatit et qui relance ? Saint-André a fait ce que Lièvremont avait rêvé. Tout est différent et rien n’est grâce à lui. A côté des test-matches de novembre, la finale du Mondial redevient la purge qu’elle a toujours été. Et les Samoa auront-ils un jour le jeu vidéo sanglant qu’ils méritent ? En rugby c’est pas sûr qu’on en est besoin, c’est comme Chabal.

Pendant ce temps-là, il va falloir trouver une place au meilleur joueur du monde.

La Légende Invictus (2/2), Lomu : Le café des dialyses

1 530 591 entrées en deux semaines. Le baltringue n’est pas forcément celui qu’on croit. Ou peut-être qui si quand même

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Il aurait pu être Tongien, comme le coiffeur de Finau Maka, et servir tous les 4 ans à faire le nombre en poules. Le sort et les flux migratoires pacifiques en ont décidé autrement : ses parents s’arrêtent à Auckland, la plus néo-zélandaise des villes asiatiques. En 1994 à Christchurch, il démontre une aptitude interessante à passer au travers contre les Français. On ne lui dira pas, mais Thierry Lacroix et Jean-Michel Gonzalez étaient sur le terrain, Delaigue entrera même en jeu.

Jonah l’homme mou

Mais le ridicule ne tue pas si souvent, puisque sa jeunesse et ses quatre essais en demi-finale du Mondial vont faire de l’autobus la première superstar du rugby pro. Son compteur reste pourtant bloqué en finale. La faute à une compétition trop bien organisée et une quinzaine d’oeufs trop frais. 4 ans plus tard, Bernat-Salles et Dourthe gâchent encore la fête,quand bien même l’ailier maudit sort ce qu’il fait de mieux : courir tout droit avec 8 mecs accrochés à son short. Chabal n’a rien inventé à part les cheveux dégueulasses peut-être. Cavenaghi veut comparer les dates. Le charges taurines lui valent quand même un jeu vidéo que son rein droit, son passage aux Cardiff Blues et Catherine Mégret ne pourront jamais lui enlever.

130 kg et une moitié de rein suffiront-ils à placer Vitrolles sur la carte du rugby provençal ?

Michalak/Castaignède : Le petit Boni menteur

Voici pourquoi l’équipe de France n’a plus été la meilleure depuis 1995 et pourquoi un vrai 10 a un Michalak dans chaque cheveu peroxydé.

Par Peyo Greenslip notre spécialiste rugby
« C’est le petit prince du rugby! »  20 Janvier 1996, Thomas Castaignède est assassiné par Pierre Salviac. Sa seule erreur : avoir battu les Anglais en tapant dans un ballon ovale qu’il venait de faire rebondir. Un instant funeste pour le rugby français qui perd à cette instant sa dernière véritable star. Son dernier prodige. Galthié était plus laborieux et Chabal un gros tas de pognon. Nos plus jeunes lecteurs auront du mal à le croire mais le succès du Vestiaire n’a pas toujours été dû à des filles à poil. Pardon, nos plus jeunes lecteurs auront du mal à le croire mais Michalak n’a pas été le premier joueur survendu. Sauf que Castaignède savait faire autre chose que des pubs à la con en bouffant d’excellents hamburgers. Une technique, une vista, une vitesse et une explosivité sans pareille mesure et des pieds. Ce n’était pas un demi de mêlée dévoyé mais le demi d’ouverture de la décénnie, peut-être un des plus grands de tous les temps. C’était ou plutôt il aurait dû être. Ou comment prendre une douche avec Aucagne quand on devrait cotoyer Gareth Edwards .

Le cas Castaignède

Tout s’arrêta à la Coupe du monde 99. Castaignède est attendu tel le messie, il jouera quand même un match face au Canada avec notre héros à l’ouverture. Celui qui était surnommé le « petit Boni » par ceux qui sont assez jeunes pour avoir connu les Boni, aura fait une Coupe du monde c’est déjà pas mal. La suite est belle comme un film de Yamina Benguigui, Sofia Essaidi en moins :  il se blesse durant un entrainement qui suit, sa carrière est terminée. Ou presque car d’autres blessures, succéderont à de douteux choix de clubs dont le fameux pont d’or de Saracens duquel son niveau se suicida. Le petit Prince de Salviac s’appelait désormais Frédéric, c’est pas très classe Frédéric. En 2003, il fut logiquement écarté par un Bernard à lunettes, d’une Coupe du monde, lamentablement perdue par l’équipe de France en demi-finale. Avec Frédéric à la baguette.
Thomas le moyen se reconvertit alors à l’arrière, Dourthe avait bien fait trois quart centre. En fait c’est qu’il était devenu trop mauvais pour postuler à d’autres postes plus naturels que ses cheveux et Sadourny n’était plus là. D’ailleurs il n’est toujours pas là.

Pendant ce temps-là Frédéric refuse toujours de retourner à la mêlée

France-Angleterre : Un maigre Buttin

Thierry Dusautoir devrait bientôt reprendre son rôle de sélectionneur.

William Servat, Julien Bonnaire, Lionel Nallet et Julien Dupuy ne l’avaient pas invité à leur jubilé, dimanche, et pour un peu son intrusion serait passée inaperçue. La fiche technique est pourtant formelle : Maxime Mermoz a bien remplacé Vincent Clerc à la 36e minute. C’est sa grand-mère qui a dû être contente.

Celle de Wesley Fofana aussi, mais pour d’autres raisons. Le petit a marqué contre le XV de l’arrose son quatrième essai en quatre matches. Promis, il essaiera aussi de faire des passes la prochaine fois.

L’indulgence Ouedraogo

Mais ne soyons pas trop dur avec ce XV de France encore en rodage. Les deux-tiers de l’équipe ne jouent ensemble que depuis quatre ans. Comment voulez-vous qu’elle trouve des automatismes dans ses lancements avec aussi peu de vécu ?

Contre les athlètes écossais, nos Bleus ont d’abord appris l’endurance. Puis la conservation du ballon contre l’Irlande et les coups de pied de plus dix mètres contre l’Angleterre. A Cardiff le week-end prochain, Philippe Saint-André leur montrera peut-être comment taper un drop. Les placages attendront la tournée d’été. Chaque chose en temps.

Fritz au four

Le moustachu sans moustache est toujours aussi sympathique avec les journalistes et c’est surtout ça qui compte. Pour leur faire plaisir, il a même été jusqu’à reconnaître ce lundi qu’il lui avait fallu un mois et demi pour se rendre compte que certains de ses joueurs n’avaient pas le niveau international. Patience, le jour viendra peut-être où il offrira à Rougerie la même sortie grandiose qu’à Lionel Nallet.

C’est à se demander ce qui est le plus inquiétant aujourd’hui. Que Clément Poitrenaud soit le meilleur arrière depuis deux matches ? Que les Anglais sachent jouer au rugby quand ils ne finissent pas leurs concours de lancers de nains à cinq du mat’ ? Que même Rhys Priestland est meilleur que Trinh-Duc au pied ? Ou que sept millions d’imbéciles continuent à regarder de telles daubes chaque week-end ?

Pendant ce temps-là, Yachvili se demande quelle excuse il va bien pouvoir trouver cette fois pour retourner sauver Biarritz.

France-Irlande : Maestri sans maestro

Encore un France-Irlande annulé, la malédiction ne quitte plus Saint-André.


Au coup de sifflet final Mathieu Lartot avait du mal à retenir ses larmes. Il allait enfin pouvoir pisser après s’être retenu pendant près de 40 minutes. C’est sans doute ce que Galthié retiendra du match puis qu’apparemment il ne l’a pas regardé. On ne peut pas lui en vouloir. Sinon comment expliquer le « match parfait de Clément Poitrenaud en attaque comme en défense. » En attaque pourquoi pas, si la France avait marqué 3 essais, peut-être en aurait-il mis deux. En défense aussi pourquoi pas, s’il n’est pas le Clement Poitrenaud de la 38ème minute, celui qui se fait lober, puis déposé par Bowe avant d’aller tranquillement se replacer entre les poteaux pour attendre la transformation.

Saint-André priez pour nous

Mais Galthié était assez lucide pour ne pas réclamer le talent d’or pour Blanco. Philippe Lafon aurait pu. Loin de son IUT tourangeau il s’est permis quelque libertés avec sa carte de presse qui pourrait terminer au même endroit que les reste du banquet de troisième mi-temps. Cette fois, il n’a pas servi la soupe salée à Marc Madiot mais s’est permis une offensante question à Maestri la star d’un jour : « Yoann vous avez été énorme aujourd’hui« . Que pouvait répondre Yoann qui lui se souvenait encore du score final même 15 secondes après la fin du match : « Si on avait été énorme on aurait gagné. » Le journalisme est un métier, rugbyman aussi. Officiellement, en tout cas, c’est celui de Morgan Parra et François Trinh-Duc. Désormais la touche, la possession et la mêlées sont bleues. Saint-André a une semaine pour leur apprendre à boire sans sans s’en foutre partout. Les attaques placées et le décalage ça peut attendre. En même temps, on ne peut pas leur en vouloir:  le « Première passe, tu percutes », marchait bien dans les bordels néo-zélandais. Ah, le french flair.

Ecosse-France : Poitrenaud faut

Que mangera Maxime Médard en famille dimanche ?

C’est un phénomène étrange, qu’on avait déjà semblé voir contre les Tonga en Coupe du monde. A chaque fois que le XV de France est sur un terrain, son adversaire hausse tellement son niveau de jeu qu’il lui est impossible d’en développer. Contre l’Italie, déjà, nos Bleus n’avaient pas le touché le  ballon pendant une demi-heure. Mais Saint-André, lucide, avait clairement identifié les lacunes de son équipe : « On a pu voir chez les Italiens la marque de leur nouvel entraîneur français. » On l’a un peu moins vue ce week-end en Irlande.

Pareil contre l’Ecosse. Pour éviter d’en perdre, la France n’a pas gardé le ballon. Il faut dire que les Ecossais, éliminés au premier tour de la Coupe du monde, sont devenus la référence internationale en quelques mois à peine. Saint-André : « S’il sont capables de tenir comme ça durant 80 minutes, ils vont être champions du monde. » Ne les confondez surtout pas avec ce vulgaire XV du Chardon qui avait déjà perdu contre l’Angleterre et le pays de Galles. Non, celui que Picamoles et Swarzeski ont regardé joué dimanche était sur une autre planète physiquement. « On va peut-être d’abord chercher des athlètes et ensuite leur apprendre à jouer au rugby. » Dommage que Dwain Chambers soit Anglais.

L’infériorité physique des Français n’a absolument rien à voir avec la moyenne d’âge d’un groupe qui regardera la prochaine Coupe du monde devant la télé. La preuve : Trinh-Duc n’a pas 26 ans et il a réussi à être un peu plus mauvais que Rougerie à Murrayfield. C’est fort. Médard ne craint plus les placages depuis qu’il suit le même régime que Poux et Clerc sait qu’il n’a plus le droit de marquer un essai s’il veut continuer à être appelé chez les Bleus. Il a toujours le droit de faire des placages, mais c’est un geste devenu tellement accessoire dans le rugby moderne que les Français ont commencé à s’en passer contre l’Ecosse. Prudence tout de même : si l’Irlande est capable de courir pendant 80 minutes sans faire tomber un ballon, ils seront certainement champions du monde en 2015.

6 nations : From Parisse with love

Philippe Saint-André va-t-il se laisser pousser la moustache ?

Toutes les civilisations ne se valent pas et le rugby nous l’a encore prouvé hier. Flaminio 2011 n’était qu’un accident : l’Italie est bien cette équipe sans trois-quarts et un ouvreur de Fédérale 1 capable d’avoir le ballon pendant une heure sans franchir une seule fois la défense adverse. On pourrait y voir la patte du nouveau staff tricolore, mais une semaine ne suffit pas pour réapprendre le rugby.

Alors, nos héros malheureux de l’Eden Park ont regardé les Italiens faire. Ca pousse fort en mêlée, ça pousse fort dans les mauls et ça n’oublie pas d’envoyer  des messages subliminaux à ses gonzesses. Et comme Castrogiovanni était trop occupé à montrer à Debaty que la Belgique est encore bien en dessous de l’Italie dans la hiérarchie des civilisations rugbystiques, il en a oublié que Rougerie courait encore un peu plus vite que Jauzion et Mermoz.

Clermont émerveille

On a tellement reproché à Saint-Marc de brader le Tournoi qu’on ne peut pas en vouloir à Saint-André d’avoir pris ce qui se fait de mieux pour préparer la Coupe du monde 2015. Avec des petites trouvailles comme Servat, Yachvili, Nallet, Dusautoir ou Rougerie, l’avenir est prometteur. Galthié et Castaignède se tiennent prêt au cas où.

Les leçons de l’ère Lièvremont ont été tirées en tout cas et ce n’est pas parce qu’on a toujours le même ouvreur incapable de taper un ballon sur plus de 10 mètres qu’il faut y voir la même équipe piteusement qualifiée pour la finale de la Coupe du monde. Non, celle là arrive parfois à faire une passe avant de marquer un essai, elle est imprégnée de la culture de la gagne clermontoise et son sélectionneur tape dans le dos de la moitié de la salle de presse. C’est tout ce qu’on lui demande.

Pendant ce temps-là, Chabal aime toujours aussi peu l’argent.

Nouvelle-Zélande-France : Les vaches Kiwis

Et dire que quatre millions de Néo-Zélandais ne sauront jamais qui est le père de l’enfant de Michel Polnareff.

Il n’y a décidément aucune justice dans ce sport de voyous. Cette équipe de France qui nous a tant fait rêver depuis un mois et demi a échoué à un point du Bonnaire au terme d’une empoignade monstrueuse. Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes : quinze points, un essai à un et cinq coups de pied ratés, on a bien vu ce matin la « finale de rêve » promise par les généalogistes de L’Equipe.

Paul Guarrigues et Marco Simoncelli ne se sont même pas levés pour voir ça. Et pourtant, pour la première fois depuis 2007, les Bleus n’ont pas avancé que sur le haka. Damien Traille a même récupéré une chandelle et Maxime Mermoz a eu le droit de toucher le ballon. Il faut dire que les All Blacks ont été grands seigneurs : pour remercier la France de leur avoir laissé leurs maillots noirs, ils ont joué tout le match sans charnière. Piri Weepu n’a réussi qu’un coup de pied, pour dégager le ballon en touche à la mi-temps, et Aaron Cruden a poussé le mimétisme avec Dan Carter jusqu’à se péter le genou.

Sons of a Hore

Malheureusement, la Parra-dépendance était trop forte dans le clan tricolore, qui après avoir marqué zéro point en deuxième mi-temps contre le Pays de Galles a marqué zéro point en première mi-temps contre la Nouvelle-Zélande. Belle régularité. Avec quatre victoires pour trois défaites, la France termine malgré tout la compétition avec un bilan positif. Il ne faudrait pas l’oublier à l’heure de se demander si le rugby n’est pas finalement le seul sport qui a régressé avec le professionnalisme. Les yeux humides pendant que ce tricheur de McCaw soulevait la coupe aux petites oreilles,  Marc Lièvremont aura au moins eu plus de chance que Cruden : après s’être laissé pousser la moustache et coupé les cheveux, il n’aura pas à se raser les poils des couilles.

Carte blanche : Le sud au cul

Devant l’avalanche de messages reçus à propos du voyage de la famille Joubert en Nouvelle-Zélande, le Vestiaire renoue avec ses cartes blanches qui flinguèrent en leur temps de trop nombreuses carrières de lecteurs qui souhaitaient devenir journalistes;


Pour succéder au sublime Peyo Greenslip, voici l’immense François Brulant, sans doute pas encore aussi drôle que Hulkmusclor, redevenu notre meilleur lecteur, mais  probablement à l’heure actuelle le plus grand spécialiste de l’Ovalie contemporaine : « Carbo, Carbo-Penaud, Penaud-Castaignède.« 

Par François Brulant qui nous autorise à le publier.

Si Marc Lièvremont n’a que très peu tenu sa langue durant ces quatre dernières années, et tout particulièrement ces quatre dernières semaines, il a encore perdu une nouvelle bonne occasion de se taire. 48 heures avant la finale, il a affirmé que M. Joubert était sans nul doute le meilleur arbitre du monde, et surtout reporté à ses amis journalistes qu’il lui avait dit en tête à tête, à 48 heures du match, qu’il ne lui tiendrait aucune rigueur d’une éventuelle erreur d’arbitrage. Mauvais présage…

Ceci n’est pas qu’une tribune facile et abrupte contre l’arbitre de la septième finale de coupe du monde de rugby. Ni même la présentation des regrets ou l’amertume d’un supporter invétéré du quinze de France… Non, simplement, aujourd’hui, je suis un peu triste pour le rugby.

Mauls croisés

Jamais dans le monde, et en France en particulier, autant de personnes n’avaient regardé un même match de ce sport. Quelle plus belle publicité pour un sport qu’une finale mondiale. Qu’elles soient de football en 98, qu’elles soient de judo avec Douillet ou Riner, de handball dans les deux dernières décennies… Hier, en dehors de la (récurrente et attendue) défaite en finale du XV de France, les non-initiés ou -pas encore totalement – conquis par ce sport ont perdu une bonne occasion d’y adhérer totalement. J’y verrai deux raisons principales : l’une logique, la défaite tricolore. La seconde, l’une de ses causes, certes minime, la prestation du corps arbitral.

Je ne remets pas ici en cause les qualités du référé. Les arbitres du Sud ont, ou du moins avaient, cette capacité à être d’une logique implacable et laisser faire vivre le jeu. On savait que le premier quart d’heure serait primordial, on avait déjà vu les prémices de douteux errements lors du match de poule que les Néo-Zélandais jouaient à domicile et ce, lorsque la France aurait mérité deux ou trois pénalités que seul l’arbitre n’avait pas vu. La demi-finale avait confirmé que Mc Caw et Kaino, pour ne citer qu’eux, faisaient ce qu’ils souhaitaient dans les regroupements, mais l’ultra-domination des Blacks avait masqué l’indulgence arbitrale… On sait depuis dimanche que ce n’était pas une vue de l’esprit.

Si vous regardez de nouveau le match, vous verrez ( malgré l’absence de ralentis sur les actions douteuses), surtout dans les 20 premières minutes, que la troisième ligne néo-zélandaise entre en travers à plusieurs reprises sur des regroupements, vous verrez un renversement d’attaque ou toute la ligne de trois-quarts noire est hors-jeu… Vous verrez, si l’on veut pousser un peu loin, qu’Harinordoquy était retenu par le maillot sur l’essai de Woodcock.

Craig Jobard

Ensuite, les Bleus se sont adaptés à l’arbitrage et, du coup nous n’avons pas vu le rugby total que l’on voit parfois ; c’est ce que je regrette profondément. On me répondra qu’une finale est tactique. Oui, certes, mais en 2011, on pouvait espérer mieux que les deux dernières finales technico-soporifiques de 2003 et 2007 entre Anglais, Sud-Africains et Australiens. Si le non-initié regarde un match de Top 14 ou de Super 15, il verra que le rugby moderne n’est pas celui de la finale. Il verra que M. Garces, M. Cardonna ou M. Walsh se font aujourd’hui respecter sur cette zone cruciale pour la beauté du jeu et son équité par la même occasion.

Ne vous méprenez toujours pas, je n’associerai pas uniquement la défaite française à cet arbitrage du premier quart d’heure. Et puis, M. Joubert a peut-être mieux fait de rester aveugle et muet sur ces fautes grossières, car les Blacks sont les plus beaux ambassadeurs de ce sport, année après année. Je dis cela ainsi pour confirmer cet adage : les grandes équipes sont toujours arbitrés avec ce petit plus… Dimanche, c’était tout de même un GROS plus. M. Joubert ne passera donc pas ses vacances en France comme on dit, et notre star du patinage, Brian n’est, c’est certain, pas de sa famille.

Mais Brian a bien un point commun avec notre équipe de France de rugby, très souvent champion d’Europe, mais jamais consacré sur le toit du monde… Si j’oubliais, une fois en 2007 à Tokyo. Tokyo… Tiens tiens, ce sera le théâtre de la finale de la coupe du monde de rugby 20…19.

Si seulement on pouvait y voir un signe… La France a désormais 8 ans pour être LE favori de cette lointaine et hypothétique finale.

Tant que vous y êtes allez faire un tour chez nos amis du rugbynistère et après promis on ne vous emmerde plus avec ces conneries.

L’Edito : Un jeu Parralympique

Aucun fonds de jeu, aucune expérience, aucun coaching, pas de nerfs, pas de joueurs. Un capitaine et quelques paires de testicules ont donc suffi au quinze de France pour réaliser le plus grand exploit de l’histoire du rugby : perdre une finale de Coupe du monde en étant presque la meilleure équipe sur le terrain. Autopsie.

Jonah l’homme mou

En 2011 comme en 1995, les Blacks ont chié tout mou la nuit d’avant, empoisonnés, comme le veut la légende, par de gentils maîtres d’hôtels locaux. Les locaux étaient cette fois encore en finale mais ne parlaient pas un mot d’afrikaaner et pourtant les Blacks ont encore eu mal au ventre. Heureusement le prochain film bien-pensant de Clint Eastwood ne contiendra pas Morgan Freeman. En tout cas on l’espère.

Soulette it be

Contrairement à 1999, Lamaison, Dominici et Magne n’avaient pas tout donné durant l’exploit des demi-finales. D’ailleurs ils n’ont rien foutu de toute la compétition. La finale ne pouvait être que la leur. Sinon ils sont ou très mauvais, ou retraités. Ça peut faire penser à pas mal de personnes en short hier.

Panier de crabos

A la différence de 1987, tout le monde croyait publiquement que la victoire était possible mais secrètement qu’ils allaient prendre une grosse taule. Dans cette hypothèse complètement folle, le record de Sella, Blanco, Mesnel, Dubroca et autre con de sort aurait été battu. Il  l’a été. En 87, les Bleus avaient atteint les 9 points et pourtant en face c’était pas l’équipe B des blacks.

Evidemment, la spirale de la chance aurait pu tourner encore une fois en faveur de Lièvremont, jusqu’à provoquer des excuses du spécialiste rugby du Vestiaire. Rassurez-vous, le sport est incertain mais jusqu’à un certain point seulement. Les Français ont perdu en bons Français, ils ont été nuls comme depuis 4 ans. Mais grâce à  eux, on a retrouvé les valeurs qui ont fait notre pays : perdre et s’en féliciter. Heureusement ils ne nous ont pas proposé de déporter quelques millions de compatriotes. C’est déjà ça.

France-Galles : Le temps des cathédrales

« C’est certainement la demi-finale la plus vilaine de l’histoire de la Coupe du monde. » Marc Lièvremont connaît donc un peu le rugby.

C’était peut-être la couleur des maillots gallois. Ou la coiffure de Toby Faletau. Toujours est-il que ce France-Galles a beaucoup ressemblé à France-Tonga, avec quelques repris de justice en moins dans les tribunes. Pour passer en finale, nos Bleus ont usé des mêmes stratagèmes que pour se hisser en quarts : un jeu stéréotypé, beaucoup de suffisance et des coups pieds ratés en enfilade. Il n’y a pas de secrets.

Maxime Médard a allumé au-dessus de l’Eden Park assez de chandelles pour éclairer Auckland pendant deux mois. Plutôt bien vu quand on a en face un ailier de près de 2 mètres. Mais dans un souci d’équité, on ne s’arrêtera pas trop longtemps sur les cas personnels : Mermoz et Rougerie n’ont pas eu la chance de toucher le ballon.

Des quiches au Poireau

Ceux qui s’inquiétaient de la vilaine tournure prise ces dernières années par le rugby mondial sont aujourd’hui rassurés. On peut toujours gagner un match avec trois pénalités et deux franchissements en quatre-vingt minutes. On peut aussi marquer zéro point en deuxième mi-temps et se qualifier pour une finale de Coupe du monde. L’amateurisme n’est pas mort.

Les choses ont heureusement un peu évolué depuis 1987 en matière de sécurité. Pour que plus jamais un joueur de Fédérale 3 n’ait à rentrer chez lui en fauteuil roulant le dimanche après-midi, les méchants placages cathédrale sont désormais interdits et on va bientôt supprimer l’impact en mêlée. Jean-Baptiste Poux a de l’avenir.

Halfpenny lane

Il faudra surtout retenir de ce match l’abnégation collective grâce à laquelle les Français ont pu résister pendant plus d’une heure à quinze contre quatorze. La mêlée bleue a à peine reculé quand Jamie Roberts a fait semblant de pousser à la place de Warburton et Vincent Clerc, Alexis Palisson, Thierry Dusautoir, Pascal Papé, Lionel Nallet, Morgan Parra et Dimitri Yachvili, entre autres, ont gardé leurs forces pour les All Blacks.

Heureusement, le Pays de Galles avait un buteur prognathe ce matin et Demicentime a raté pour la première fois depuis ses quinze ans une pénalité à moins de 70 mètres des poteaux. Et si les Poireaux ont tant vanté les bienfaits de la cryogénie pendant leur préparation, l’équipe de France, de son côté, a sans doute privilégié la lacrimogénie : elle est nulle à pleurer.

France-Angleterre : Moody soient-ils

La barre sera très haute pour Philippe Saint-André et Michel Polnareff en 2015.

De notre envoyé spécial permanent à Dargaville

Héroïques ! Incroyables ! Irréductibles ! On se demande avec quel adjectif L’Equipe va bien pouvoir barrer la Une de son édition Pdf aujourd’hui. La France a piétiné le champion d’Europe en titre et le monde lui tend maintenant les bras. Comment le trophée Webb et lisse pourrait échapper à une équipe aussi courageuse et solidaire ? Elle a retrouvé en une semaine des valeurs qu’elle n’avait plus montré depuis les cinq dernières minutes de son match contre le Canada. Toute la Nouvelle-Zélande tremble déjà et pas seulement autour de Christchurch.

Les fines bouches regretteront peut-être le point de bonus défensif abandonné aux Anglais en fin de match. Ce serait oublier trop vite cette copie parfaite rendue par nos Bleus : deux essais partout, seulement quinze placages ratés et trois points enquillés après la pause. Rien que ça ! Yachvili n’a même pas eu besoin de passer ses coups de pied. A quoi bon risquer des crampes après vingt-cinq minutes de jeu quand son équipe domine autant son sujet ? Les All Blues se sont retrouvés cette semaine autour d’une bière et ce n’est pas un arbitre alcoolique qui allait empêcher leurs gros d’entrer systématiquement en mêlée avant la fin du commandement.

Un Poux dans la tête

La grande Histoire de la Coupe du monde retiendra surtout l’abnégation de cette belle équipe d’Angleterre, qui y a cru jusqu’au bout après avoir lâché en première mi-temps autant de ballons que pendant toute sa campagne victorieuse de 2003. Wilkinson était déjà là et on se demande aujourd’hui s’il vaut mieux avoir à l’ouverture un faraud avec deux matches dans les jambes à ce poste ou un autre qui en a joué cinquante de trop ? Toby Flood a bien une idée, mais ses copains préfèrent le lancer de nains et Ashton réserve son plongeon Superman pour la partouze de ce soir.

Marc Lièvremont, lui, n’aura pas besoin d’échanger son ADN avec les femmes de chambre néo-zélandaises. Son caleçon est déjà bien humide, tant il a apprécié la performance de ses anciens joueurs. Sa stratégie était aussi fine que sa moustache naissante : emmener son équipe au casse-pipe et l’abandonner en cours de compétition pour qu’elle se débrouille toute seule. Il fallait y penser. Harinordoquy était tellement absorbé par ses nouvelles responsabilités de sélectionneur qu’il en a oublié de faire des placages. Mais tant que Dusautoir gardera son oeil du tigre et sa joie si communicative dans la victoire, tant que Rougerie ne se fera pas pénaliser plus de cinq fois par match et tant que Poux aura une colonne vertébrale, la France peut aller très loin dans ce Tournoi des 6 Nations.

Pendant ce temps-là, le Pays de Galles joue et gagne. Ce n’est donc pas incompatible.