Marchons ensemble à Twickenham

allez

Ce n’était pas une demi-finale de Coupe du monde, mais ça y ressemblait. Ce n’était pas non plus un Australie-Portugal. C’était quoi, alors ?

De notre envoyé spécial permanent dans les faubourgs de Bristol

Faudra-t-il que Le Vestiaire réserve à Marc Lièvremont le même traitement qu’à Domenech et Forget pour que les instances dirigeables du rugby tricolore prennent enfin conscience de son manque de légitimité à la tête de l’équipe de France ? Ses deux haltères ego ont davantage de vécu, il n’y a pas de quoi en faire un Show, mais on a sûrement vu dimanche la pire sortie des Bleus depuis que les Six Nations se jouent à cinq et demi.

Le XV de France a pris la campagne publicitaire de Nike un peu trop au sérieux : à force de vouloir marcher sur Twickenham, il en a oublié qu’il était aussi parfois utile de courir un peu. A son manque d’engagement se sont en plus ajoutés les deux pieds gauches de Parra et des lacunes défensives plus vues depuis la petite finale argentine. Il n’y a bien que le niveau jeu de son équipe que Lièvremont a réussi à faire reculer.

Pour Wilkinson le Glas

Dans son hommage à William Gallas, Le Vestiaire avait évidemment refusé de céder à la facilité il y a deux semaines, après une victoire en trompe l’oeil contre la Nouvelle Zélande d’Europe. La France, dans son chaudron de Saint-Denis, venait alors d’humilier de cinq points la meilleure équipe du monde. Son Tournoi était fini. A quoi bon aller risquer une blessure en Angleterre alors que les phases finales du Top14 approchent ?

Le trio fédéral parachuté à Marcoussis a su trouver les mots pour motiver ses troupes. Il aurait peut-être pu y ajouter quelques abstractions : dignité, envie, combativité. Placage et replacement n’auraient pas non plus été de trop sur la fiche de Chabal : il a plaqué en première mi-temps trois fois moins d’Anglaises que Cipriani au lycée.

La pluie et le pied de Wilkinson n’y sont cette fois pour rien. Le fond de jeu français est si bien en place qu’on en craindrait presque les rouflaquettes de Griffen. Espérons seulement que le résultat en Italie, quel qui soit, n’influence pas la seule issue logique de ce Tournoi : l’éviction de Lièvremont.

Pendant ce temps-là, le premier qualifié de la zone Asie tremble déjà. Il ouvrira sa Coupe du monde contre la France de Fabien Galthié, le 10 septembre 2011.

2 réflexions au sujet de « Marchons ensemble à Twickenham »

  1. La rivalité Nike-Adidas ne connaît plus de limites. Nike 2009 mieux que Adidas 2002 ? Ils auront tenté, en tout cas.
    Comment ne pas être d’humeur morose après la lecture de cet article, et je pense notamment à ceux qui pensaient que Griffen ne jouait plus au rugby. Cependant, la conclusion ne peut être autre que celle énoncée ici ; malheureusement, on va parer au plus pressé et naviguer à vue comme toujours dans le rugby français. Tournoi Lièvremontesque, donc. On a pas avancé d’un pouce depuis Laporte. Qui a dit reculé ? La défense chère au ministre, n’est même plus là (au moins pendant le tournoi mais cela reste juste des matches de préparation pour les trois mousquetaires), Bastareaud fera-t-il oublier Liebeneberg ?
    Cet été, nouvelles branlées donc. On ne bronchera pas, après tout, 95, c’est qu’une fois par siècle. Notre bonhomme va donc se pointer en novembre, avec de nouvelles désillusions mais un public en rogne qui va se manifester. Il ne faudra pas perdre la face du côté de la fédé et donc on enverra un autre gogo au casse-pipe.
    Pendant ce temps, match des Barbarians. C’est bien la preuve qu’on ne joue pas trop de matches.

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